Fluxys
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Fluxys est un groupe d’infrastructures basé en Belgique, actif dans le transport, le stockage et la distribution de gaz naturel, de biométhane, d'hydrogène et de CO2.
| Fluxys SA | |
Locaux de Fluxys. | |
| Création | 1929 |
|---|---|
| Personnages clés | Pascal De Buck (CEO) ; Andries Gryffroy (Président) |
| Forme juridique | Société anonyme (d) |
| Action | Bourse de Bruxelles (FLUX)[1] |
| Slogan | Shaping together a bright energy future |
| Siège social | Bruxelles |
| Actionnaires | Publigas (77.43%), EIP (15.22%), [SFPI] (3.44%), AG Insurance (1.97%), Ethias (1.31%), personnel et management (0.62%)[2] |
| Activité | Infrastructures de transport par canalisations, de stockage et de distribution |
| Produits | Gaz naturel, biomethane, hydrogène, CO2 |
| Filiales | Fluxys Belgium, Fluxys hydrogen, Fluxys c-grid, Fluxys c-grid Antwerpen, Nextgrid Holding, Interconnector, Dunkerque LNG, Fluxys TENP, Fluxys Byte-it, GMSL, Fluxys Deutschland, FluxSwiss, Fluxys Brasil, Fluxys Chile (liste non exhaustive) |
| Effectif | 1 381 collaborateurs (2024) |
| BCE | 0827783746 |
| Site web | www.fluxys.com |
| Chiffre d'affaires | 1 267 millions d'€ (2024) |
| Résultat net | 377 millions d'€ (2024) |
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Depuis le début des années 2000, le groupe Fluxys a développé ses activités au-delà des frontières belges et est présent en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Grèce, en Suisse, en France, en Albanie et au Portugal. Plus récemment, le groupe a étendu ses activités hors Europe, avec des participations au Brésil, au Chili, et à Oman.
Au travers de ses filiales et de ses participations dans différentes sociétés, Fluxys exploite 28 000 kilomètres de canalisations, des terminaux de GNL qui totalisent une capacité de regazéification annuelle de 485 TWh ainsi qu’un stockage souterrain de gaz naturel d’une capacité totale de 1.5 milliard de m³.
En Belgique, le pendant de Fluxys pour le réseau électrique est Elia.
Historique
En Belgique, l'achat, la vente, le stockage, le transport de gaz naturel ainsi que la distribution étaient historiquement pris en charge par la société Distrigaz[3], fondée en 1929. En mars 2001, la Commission européenne publie une proposition en vue d'accélérer l'ouverture du marché gazier intérieur[4]. Le 16 juillet 2001, Le parlement fédéral belge approuve plusieurs amendements à la loi gazière du 29 avril 1999[5].
Le , la scission partielle de Distrigaz[6] mène à la constitution de Fluxys. Les participations de Fluxys étaient détenues à l'époque par Belgian Shell, Tractebel (filiale de Suez), Fluxhold et Publigaz (holding de communes belges), tandis que 16,71 % des parts sont listées sur le Premier Marché de Euronext Brussels. L’État Belge détient une action spécifique[7], dénommée Golden share.
En 2010, 89,97 % des parts sont détenues par Publigaz[8], tandis que le solde (10,03 %) se trouve sur le marché secondaire de NYSE Euronext Brussels. Cette même année, la structure du groupe est revue pour tenir compte des dernières évolutions de la législation belge en matière d’indépendance des gestionnaires de réseau vis-à-vis des fournisseurs de gaz naturel[9].
En , la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), acquiert une participation de 10 % dans le capital de Fluxys G, la société mère de Fluxys SA, à travers une augmentation de capital de 150 millions €[10].
Le , Fluxys change de nom et devient Fluxys Belgium. Réglementée par la loi, Fluxys Belgium est un monopole ; elle gère seule le réseau de distribution gazier belge. Pour la fixation des tarifs, le gouvernement a désigné la CREG, la Commission de régulation de l'électricité et du gaz, comme régulateur. La société mère Fluxys G est rebaptisée Fluxys. Fin 2012, Fluxys procède à une augmentation de capital de plus de 140 millions €[11]. La Société Fédérale de Participations et d'Investissement (SFPI) acquiert une participation d’environ 2 % dans l’entreprise[11].
Depuis le début des années 2000, le groupe Fluxys a développé ses activités au-delà des frontières belges avec des participations notamment :
- Au Royaume-Uni : canalisation Interconnector en 2004 et société GMSL[12] en 2002
- Aux Pays-Bas : canalisation BBL[13] en 2006
- En France : terminal de regazéification de GNL Dunkerque LNG[14] en 2011
- En Suisse : société FluxSwiss en 2011
- En Allemagne : canalisations NEL et TENP en 2011, EUGAL[15] en 2017, et OAL en 2024, société OGE[16] en 2023
- En Albanie : canalisation TAP[17] en 2013
- En Grèce : société DESFA[18] en 2018 et canalisation TAP[19] en 2013
- Au Portugal : centre de service ICT Fluxys Byte It en 2024.
Plus récemment, le groupe a étendu ses activités hors de l’Europe, avec des participations au Brésil (canalisation TBG en 2021)[20], au Chili (terminal de regazéification de GNL de Quintero en 2022)[21], et à Oman (société OQGN en 2023)[22].
Fin 2018, EDF privatise le Dunkerque LNG au profit de Fluxys qui augmente sa participation de 25 à 36% avec AXA et Crédit agricole[23].
Fin 2022, Energy Infrastructure Partners (EIP), AG Insurance, Ethias et la Société Fédérale de Participations et d'Investissement reprennent les parts de CDPQ au sein de Fluxys[21].
En 2023, Fluxys fonde la filiale Fluxys c-grid, en partenariat avec Socofe, Pipelink et SFPIM, afin d’assurer la planification, le développement et la gestion de l’infrastructure de transport de CO₂ en Belgique. Le , le Gouvernement wallon a désigné Fluxys c-grid comme gestionnaire pour le développement et l’exploitation d’un réseau de transport de CO₂ (CNO) en Wallonie[24]. Fin 2023, l’Allemagne prend la décision de construire un réseau central d’hydrogène (Kernnetz) de près de 9 000 km d’ici 2032[25]. Ce réseau sera construit par les gestionnaires de réseaux de transport de gaz allemands dont OGE (dont Fluxys détient 24 %), Fluxys TENP GmbH et Fluxys Deutschland GmbH.
Le , les premiers volumes de biométhane sont injectés directement dans le réseau de transport de gaz naturel de Fluxys Belgium. Les molécules sont produites par Green Logix Biogas à Lommel[26]. Le , Fluxys hydrogen, filiale de Fluxys Belgium, est désignée comme gestionnaire pour le développement et l’exploitation du réseau de transport d’hydrogène en Belgique[27].
Début 2025, Fluxys constitue la société Nextgrid Holding en partenariat avec Publi-T. Au travers de Nextgrid Holding, le groupe Fluxys détient une participation minoritaire au sein du groupe belge de transport d’électricité Elia[28]. En , Fluxys commence la construction d'un réseau d'hydrogène dans le port d'Anvers et d'une connexion entre les ports d’Anvers et de Gand comme premières étapes du développement du réseau belge d’hydrogène[29][source insuffisante]. Par ailleurs, Fluxys est impliqué dans des projets d’importation d’H2 tant en Belgique[30] qu’à l’étranger (Chili[31], Oman).
En 2025, Fluxys Belgium, Pipelink et Air Liquide constituent la société Fluxys c-grid Antwerp, chargée de construire et de développer un réseau de pipelines de CO₂ dans la zone portuaire d’Anvers afin de connecter les acteurs industriels à des solutions de stockage souterrain permanent. La pose des premières canalisations de transport de CO2 dans le port d’Anvers a démarré en mai 2025[32]. Fluxys est également impliquée dans des projets d’exportations de CO2 tant en Belgique qu’en France (projets Antwerp@C[33] et D’Artagnan[34]).
À travers ses filiales et participations, Fluxys exploite 28 000 kilomètres de canalisations, des terminaux de GNL (Zeebrugge - BE, Dunkerque - FR, Revithoussa - GR et Quintero - CL) qui totalisent une capacité de regazéification annuelle de 485 TWh, ainsi qu’un stockage souterrain de gaz naturel (Loenhout – BE) d’une capacité totale de 1.5 milliard de m³[29][source insuffisante].
Actionnaires
Au 31 décembre 2024
| Nom | % |
| Publigaz - Publigas | 77.43 % |
| EIP Neon Holding I | 15.22 % |
| Société Fédérale de Participations et d’Investissement | 3.44 % |
| AG Insurance | 1.97 % |
| Ethias & EthiasCo | 1.32 % |
| Membres du personnel et management | 0.62 % |
Le président des conseils d'administration de Fluxys et de Publigaz-Publigas est Andries Gryffroy[29].
Grands projets
En 2013, Fluxys devient actionnaire du Trans Adriatic Pipeline[35], un projet de gazoduc qui devrait acheminer du gaz en provenance d'Azerbaïdjan vers l'Italie. Ce projet a fait l'objet d'une solide opposition critique de la part de groupes de citoyens locaux dans la région du Salento dans les Pouilles où a été fixé le point de connexion[36]. Le Trans Adriatic Pipeline a été mis en service à la fin de l’année 2020.
Fluxys détient une participation de 16,5 % dans le projet EUGAL (European Gas Pipeline Link) en Allemagne. Les deux gazoducs transportent du gaz du nord de l'Allemagne jusqu'à la frontière avec la République tchèque. La construction du premier gazoduc a commencé en août 2018 et le second à la mi-2019. Le pipeline a été mis en service entre 2020 et 2021[37].
Un cinquième réservoir de stockage a été construit à Zeebrugge pour l'approvisionnement supplémentaire de Gaz Naturel Liquéfié en provenance de Russie. Le réservoir est entré en service fin 2019[38].
En 2019, Fluxys s'associe avec Colruyt Group pour un projet d'installation de 12 à 25 MW (extensible) d'une usine de conversion en hydrogène d'électricité issue de l'éolien en mer, à échelle industrielle[39].
Entre 2023 et 2025, Fluxys Belgium travaille au dédoublement de sa canalisation entre Zeebrugge et Bruxelles pour augmenter la capacité de transport de gaz naturel vers l'Allemagne, tout en permettant la circulation de l'hydrogène[40].
Depuis 2024, à la suite de la baisse de production des champs gaziers néerlandais de Groningue, la Belgique est intégralement passée du gaz à faible pouvoir calorifique (dit "pauvre") au gaz à fort pouvoir calorifique (dit "riche")[41].
Accident majeur en 2004
Le 30 juillet 2004, l'entreprise a fait la une des journaux en raison d'une forte explosion de gaz ayant fait 24 morts et 123 blessés et brûlés (principalement des travailleurs et des pompiers) dans la ville de Ghislenghien dans la commune d'Ath.
Controverses
Énergie fossile et lobbying
Le gaz est une énergie fossile et d'après l'Agence internationale de l'énergie, il est responsable en 2017 de 20,5 des émissions de CO2 dues à l'énergie. Sa progression dans le mix énergétique est de 79,5 % depuis 1990[42]. Fluxys continue pourtant à augmenter sa demande[43] et à financer des infrastructures pour les décennies à venir[44] alors que c'est une menace importante de contribution au réchauffement climatique.
Les sociétés gazières et leurs groupes d'intérêt ont investi plus de 100 millions d'euros (en 2016) dans la lobbying pour promouvoir le gaz en tant que carburant propre de transition vers les énergies renouvelables[45]. En 2018, collectivement, Snam, Fluxys, Enagás et GRTgaz, les 4 plus gros fournisseurs d'Europe ont dépensé 900 000 euros en lobbying à Bruxelles[46]. Fluxys a participé à ces tractations en dépensant entre 50 et 100000 € avec 4 lobbyistes internes et en participants à 8 groupes d'intérêt[47], entre autres Gas Infrastructure Europe ou Gas for Climate[48].
Trans Adriatic Pipeline
Depuis 2013, Fluxys possède 19% de la société qui met en place le projet très controversé du Trans Adriatic Pipeline. En particulier dans la région du Salento dans les Pouilles où il fait l'objet d'une solide opposition critique de la part de groupes de citoyens locaux[49].
Importation de gaz russe
Les terminaux de Zeebruges et Dunkerque sont parmi les principaux ports européens à accueillir des navires méthaniers en provenance du Grand nord russe depuis que le projet gazier Yamal LNG est entré en activité fin 2017. Le transport utilise le passage du Nord-Est en dehors des périodes de gel et compte sur le réchauffement climatique pour être disponible de plus en plus longtemps dans l'année. Ce qui met à mal une région déjà très fragile[47].
Importation de gaz de schiste des Etats-Unis
Via le port de Dunkerque, Fluxys importe du gaz nord-américain issu de la fracturation hydraulique vers l'Europe. Celles-ci avaient commencé au Portugal en 2016 et ont continué à augmenter en 2018, notamment via Dunkerque[47]. Ces importations encouragent l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis, avec des conséquences environnementales et sanitaires dévastatrices[50].
Azerbaïdjan et corruption
En 2013, le rapport Strässer sur la situation des prisonniers politiques en Azerbaïdjan est rejeté par le Conseil de l'Europe sous l'influence de lobbys de défense des intérêts du pays surnommé « Caviar Democracy ». Ce lobbying aurait un lien direct avec le projet Trans Adriatic Pipeline[51].
Reversement des dividendes aux intercommunales wallonnes
Les structures intercommunales wallonnes, à travers la société Nethys, sont tellement nombreuses que les communes du sud du pays ne profite presque pas des reversement élevés en dividendes de Publigaz. Ce qui n'est pas du ressort direct de Fluxys mais bien de Nethys qui passe par la société Socof, actionnaire directe de Publigaz elle même actionnaire de Fluxys[48].