Fnac Darty

groupe de distribution français issu du rachat de Darty par la Fnac From Wikipedia, the free encyclopedia

Fnac Darty est un groupe français spécialisé dans la distribution de matériel électroménager, électronique et de produits culturels. La reprise de Darty par la Fnac en 2016 a donné naissance à un leader européen de la distribution omnicanale.

Création
Siège social9 Rue des Bateaux-Lavoirs
94200 Ivry-sur-Seine
Drapeau de la France France
Faits en bref Création, Forme juridique ...
Fnac Darty
logo de Fnac Darty

Création
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : FNAC
CAC Small
Siège social 9 Rue des Bateaux-Lavoirs
94200 Ivry-sur-Seine
Drapeau de la France France
Direction Enrique Martinez (directeur général)
Actionnaires Drapeau de la Tchéquie Daniel Křetínský (via Vesa Equity Investment) : 28,22 %
Drapeau de l'AllemagneDrapeau de la République populaire de Chine Ceconomy : 21,29 %
Activité Grande distribution spécialisée
Filiales Fnac
Darty
Nature et Découvertes
WeFix
Unieuro
Vanden Borre
Mistergooddeal (disparu)
Effectif 25 147 en 2018
SIREN 055 800 296
TVA européenne FR460558002967Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web fnacdarty.com

Capitalisation 1 370 millions d'euros fin novembre 2019
Chiffre d'affaires en augmentation 7,474 milliards d' (2018)
Résultat net en augmentation 149 millions d' (2018)
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Fnac Darty, avec ses enseignes Fnac, Darty, Vanden Borre et Mistergooddeal, a réalisé, en 2018, 7,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires consolidé. En 2025, Fnac Darty rassemble près de 30 000 employés et possède plus de 1 500 magasins dans douze pays, en ajoutant les enseignes acquises depuis, telles que Nature et Découvertes, Unieuro en Italie et MediaMarkt au Portugal[1].

Historique

Origines de Darty

Les Établissements Darty et Fils sont créés en 1957 par trois frères, Natan, Marcel et Bernard Darty (1934–2018), des commerçants en textile Porte de Montreuil, à Paris[2],[3]. L'entreprise se fait connaître pour son « Contrat de Confiance » et par sa dimension nationale dans les années 1970.

En 1993, Darty est racheté par le groupe britannique Kingfisher et intègre en 1994 à sa filiale européenne Kingfisher Electricals, qui regroupe toutes les enseignes spécialisées en électrodomestique du groupe. En 2003, le groupe se sépare de sa filiale européenne Kingfisher Electricals qui regroupe alors les magasins français BUT et Darty, britanniques Comet (en), belges Vanden Borre, néerlandais BCC et tchèques Datart. La nouvelle entité est alors renommée Kesa Electricals.

En 2004, l'entreprise compte 200 magasins en France et au Luxembourg, et plus de 10 000 salariés. Elle poursuit son développement international et s'implante en Italie en 2004, en Suisse en 2005 et en Turquie en 2007[réf. nécessaire]. En 2007, elle rachète l'enseigne Menaje del Hogar en Espagne et au Portugal qui est rebaptisée Darty en 2010.

Kesa Electricals se sépare par la suite de nombreuses enseignes : BUT en 2008 qui est revendu au consortium français Decomeubles Partners[4], ses quatre magasins ouverts en Suisse en juillet 2009 revendus au groupe Coop[5], le réseau de magasins Comet au Royaume-Uni cédé au groupe Hailey en 2011[6], ses magasins en Espagne en avril 2013 et ses magasins luxembourgeois en juin revendus à HIFI international pour ces derniers.

Le , le groupe Kesa Electricals fait le choix de changer de nom pour celui de Darty plc. En , le Groupe Darty finalise le rachat de 100 % du capital de Mistergooddeal auprès du Groupe M6[7].

Origines de la Fnac

La Fnac a été fondée en France en par Max Théret, rejoint ensuite par André Essel. Le sigle FNAC signifie alors « fédération nationale d'achats des cadres ».

La Fnac est rachetée en 1985 par la GMF, elle sera finalement cédée en 1994 à François Pinault[8] pour PPR (devenu Kering en 2013). En avril 2013, Kering réalise une scission de la Fnac avec distribution des titres de sa filiale sous forme de distribution de dividendes en titres (« spin-off » dans le langage boursier) avant sa mise en bourse[9].

Rachat du groupe Darty par la Fnac

En , le groupe Fnac, présidé par Alexandre Bompard, propose au conseil d'administration du groupe Darty, le rachat du groupe de droit britannique pour un montant de 720 millions d'euros[10]. Le 6 octobre de la même année, les actionnaires des deux groupes parviennent à un accord. Lors du rachat, Darty plc opère plus de 400 magasins dans trois pays d'Europe, sous l'enseigne Darty en France, Vanden Borre en Belgique et BCC aux Pays-Bas et est coté à la bourse de Londres sous le symbole DRTY.L[11].

Cependant, le , Conforama présente une contre-offre pour 125 pence par titre en cash (contre 105 pence, essentiellement en titres pour la Fnac)[12] susceptible d'intéresser les actionnaires et notamment les fonds d'investissement présents au capital de Darty. Le , le conseil d'administration de Darty recommande donc l'offre de Conforama[13]. Les offres et contre-offres de la Fnac et de Conforama se bousculent.

Finalement, le , Conforama abandonne et la Fnac remporte le duel en annonçant contrôler 51 % du capital du groupe Darty, le valorisant à près de 1,2 milliard d'euros[14].

Le , l’Autorité de la concurrence autorise l'acquisition du groupe Darty par la Fnac, à condition que la Fnac cède six magasins en région parisienne[15], nait ainsi le groupe Fnac Darty.

Liens avec Indexia (ex-Sfam)

En , la Société française d’assurances multirisques (Sfam) devenue Indexia Group, fondée par le milliardaire Sadri Fegaier devient le deuxième actionnaire du groupe groupe Fnac Darty[16].

Le , l'UFC-Que Choisir annonce porter plainte pour « pratiques commerciales trompeuses »[17],[18]. L'entreprise SFAM se voit infliger en juin 2019 une amende de 10 millions d'euros pour « pratiques commerciales trompeuses »[19].

Les clients achetant un téléphone dans un magasin Fnac se voyaient en effet proposer une offre de remboursement de 30 euros, ce qui les amenait à laisser leurs coordonnées bancaires pour pouvoir en profiter, signant sans le savoir un contrat d'assurance mêlé aux documents. Celui-ci les engageait alors pour un an à payer 15,99 euros par mois, les mensualités passant ensuite à 37,99 euros, les clients ne se rendant souvent compte de la situation que plusieurs mois après[19].

Les vendeurs d'enseignes de distribution spécialisées auraient également été incités par leur hiérarchie à placer un maximum de ce type d'assurances très lucratives pour l’enseigne de distribution[20]. Des vendeurs de la Fnac et d’autres distributeurs dénoncent ainsi la pression qu’ils subissent au quotidien pour vendre les produits d'assurance de la Sfam[21].

Le , la Fnac cesse sa collaboration avec l'entreprise[réf. nécessaire] qui reste son deuxième actionnaire[22].

Fnac Darty

Fin , le groupe allemand Ceconomy, premier actionnaire de Fnac Darty depuis l'été 2017, devait lancer une offre de rachat de 2,7 milliards d'euros sur Fnac Darty. Mais ses difficultés commerciales rencontrées durant l'été l'ont poussé à renoncer[23].

Le , le groupe annonce vouloir racheter le groupe Nature et Découvertes avec lequel il est entré en négociations exclusives[24]. Le groupe justifie cette orientation à travers un communiqué où il explique vouloir « renforcer son offre de produits autour des segments du bien-être et de la consommation engagée de produits naturels »[25],[26].

Au premier trimestre 2019, grâce à une croissance soutenue du commerce en ligne, le groupe enregistre une hausse de 1,7 % de son chiffre d'affaires à 1,715 milliard d'euros[27].

En avril 2020, confronté à la crise sanitaire liée à la pandémie mondiale de Covid-19, Fnac-Darty est la première entreprise française à recourir à un prêt garanti par l'État (PGE) d'un montant de 500 millions d'euros[28].

Le 16 mars 2021, la direction annonce le remboursement intégral du PGE d'un montant de 500 millions d'euros[29].

Le 30 avril 2021, une centaine de salariés se rassemble devant le siège de Fnac-Darty afin de demander de meilleures conditions de travail à la direction[30].

En juillet 2021, Mediapart révèle qu'une information judiciaire a été ouverte contre Fnac-Darty pour « blanchiment d'infractions commises en bande organisée »[31]. Certains magasins situés à proximité de Paris auraient perçu de l'argent liquide au-delà des plafonds autorisés pour de l'achat de matériel. La direction du groupe reconnaît l'existence des perquisitions et indique en avoir été à l'origine en contactant le procureur de la république de Paris après avoir constaté des irrégularités au sein d'une de ses filiales[32].

En 2022, Fnac Darty termine l'année dans le rouge avec une perte nette de 32 millions d'euros, plombée par une condamnation au Royaume-Uni qui a coûté 101,7 millions d'euros[33].

En avril 2023, le groupe annonce l'acquisition de MediaMarkt Portugal, entreprise située sur un segment similaire à Darty[34].

En juillet 2024, Fnac Darty annonce l'acquisition d'Unieuro, une chaîne italienne de magasins sur un segment similaire, valorisé à 249 millions d'euros[35].

En janvier 2026, l'homme d'affaires tchèque Daniel Křetínský, déjà actionnaire majoritaire du groupe, lance une offre publique d'achat (OPA) visant à prendre le contrôle de Fnac Darty. L'initiative s'inscrit dans un contexte de pressions économiques du groupe chinois JD.com. La publicité de l'OPA fait réagir dans le milieu des affaires[36],[37].

Identité visuelle (logo)

À partir de l'été 2014, le groupe Darty utilise le logo de son enseigne Darty pour sa communication.

Le logo Fnac Darty est réalisé en 2016 par l'agence de communication visuelle Seenk et garde le nom et les couleurs des deux marques : le rouge de Darty et le jaune de la Fnac[38].

Activités

L'activité du groupe s'organise autour de 4 pôles :

  • la distribution de produits culturels, informatiques et électroniques grand public : livres, jouets, consoles de jeux, disques de musique, téléphones, produits informatiques (ordinateurs, tablettes, périphériques, logiciels, etc.), produits hi-fi (télévisions, chaînes hi-fi, lecteurs et enregistreurs de DVD), appareils photos et caméscopes, baladeurs MP3, films DVD, appareils électroménagers, etc. L'activité est assurée à travers un réseau de magasins (780 points de vente fin 2018, dont 571 en France et Suisse) et par le biais d'Internet ;
  • la vente de services de développement de photos ;
  • la distribution de billets de spectacles : concerts, pièces de théâtre, opéras, expositions, cirques, musées, etc. ;
  • la vente de voyages (Fnac Voyages).

Le groupe réalise 78,1 % de son chiffre d'affaires en France et en Suisse, contre 12,5 % au Benelux et 9,4 % dans la Péninsule Ibérique.

Chaînes de magasins

Le groupe possède 1 500 magasins dans le monde sous ses différentes marques (Fnac et Darty entre autres) dont[39] :

  • 880 magasins en France et Suisse :
  • 625 magasins dans le monde :
    • 460 Unieuro en Italie
    • 70 Fnac dans la péninsule Ibérique
    • 14 Fnac et 70 Vanden Borre en Belgique et au Luxembourg
    • 3 Fnac au Maroc
    • 2 Fnac au Qatar[40]
    • 2 Fnac en Côte d’Ivoire
    • 1 Fnac au Congo[41]
    • 1 Fnac au Cameroun[41]
    • 2 Fnac et 2 magasins Darty en Tunisie[42],[43]

Régie publicitaire

En septembre 2021, Fnac Darty lance My Retailink[44], une plateforme destinée aux professionnels qui permet l'accès à des données et à l'activation media. En beta test pendant l'été 2021, l'enseigne propose un outil qui intègre ses données clients dans un objectif marketing à destination des marques[45],[46].

Organisation

Capital

Avant le rachat par la Fnac en 2016, les principaux actionnaires du groupe Darty étaient Knight Vinke (18 %), Capital Research and Management Company (filiale de The Capital Group Companies) (12,07 %), Standard Life Investments (filiale de Standard Life) (7,24 %), Aviva (4,98 %), Axa (4,84 %), BlackRock Investment Management (4,76 %), Aberdeen Asset Management (4,74 %), Legal & General (4,06 %), Norges Bank Investment Management (3,02 %).

Le Groupe Darty était coté à la bourse de Londres sous le code DRTY.

En , Artémis cède sa participation de 24,33 % dans le groupe Fnac Darty à Ceconomy, la division d'équipements électroniques du groupe allemand de distribution Metro[47].

En , le fonds Knight Vinke cède ses 11 % de participation dans le groupe Fnac Darty à la Société française d'assurances multirisques, société de courtage en assurances[48].

Le troisième actionnaire est Vivendi avec 11 % du capital[49].

Le 10 novembre 2025, le groupe allemand Ceconomy, 2e actionnaire de Fnac Darty après l'homme d'affaires Daniel Křetínský (28,22 %), voit 45,5 % de son capital racheté par JD.com[50],[51]. L'État français craint une éventuelle prise de contrôle du groupe, une invasion de produits chinois, une suppressions d'emplois et un siphonnage des données des clients par le géant asiatique du e-commerce, ce qui conduit ce dernier à prendre des engagements à ce sujet auprès de Bercy[52],[53].

Actionnaires

Liste de principaux actionnaires au 12 novembre 2025[54],[55].

Davantage d’informations Nom, Actions ...
Nom Actions Part
Drapeau de la Tchéquie Vesa Equity Investment S.à r.l (Daniel Křetínský) 8 375 767 28,22 %
Drapeau de l'Allemagne Ceconomy AG 6 501 845 21,9 %
Drapeau du Royaume-Uni Intermediate Capital Group (ICG)[56],[57] 3 026 422 10,2 %
Drapeau de l'Espagne Cobas Asset Management 1 313 870 4,42 %
Auto-détention 680 552 2,29 %
Actionnariat salarié 633 892 2,14 %
Drapeau de la France HMG Finance SA 231 030 0,92 %
Drapeau de la France Dorval Asset Management 228 389 0,77 %
Drapeau de la France La Financière de l'Échiquier SA 78 123 0,26 %
Drapeau de la France Kirao SAS 41 400 0,14 %
Autres 8 861 068 29,85 %
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Lobbying

En 2011, le groupe quitte le Syndicat des Distributeurs de Loisirs Culturels, et dispose en interne d'une direction des relations institutionnelles, laquelle est chargée de toutes les questions de lobbying et de communication[58]. En 2015, Alexandre Bompard le PDG du groupe organise un lobbying lui permettant d'obtenir l'ouverture dominicale de ses magasins, contre la position des syndicats de l'entreprise[59]. En 2019, le poste de responsable des affaires publiques du groupe est confié à Claire Piérot-Bichat, ancienne lobbyiste pour Philip Morris[60]. Le groupe Fnac Darty est membre de la Fédération du commerce et de la distribution, qui entend mener un « lobbying de combat » au service des grandes enseignes[61].

Enquête en cours pour transactions frauduleuses et blanchiment

Selon des informations publiées par Mediapart, le groupe fait l'objet d'une enquête concernant des activités illicites de ventes de produits contre de l'argent liquide. Ce média a collecté plusieurs témoignages d'anciens salariés du groupe qui ont été évincés et ont perdu leur emploi, en lien avec le fait qu'étant témoin de ces pratiques illicites, ils les avaient signalées sans succès à leur hiérarchie[62].

Notes et références

Annexes

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