Forêt de Concise
forêt française
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La forêt de Concise, dans le département français de la Mayenne, est une forêt privée de 650 hectares (6,5 km²) qui s'étend sur le territoire des communes de Saint-Berthevin (500 ha) et d'Ahuillé (150 ha), situées à l'ouest de Laval, toutes deux membres de l'intercommunalité Laval Agglomération. La forêt de Concise est partagée entre cinq propriétaires privés.
| Forêt de Concise | |
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées | 48° 03′ 03″ nord, 0° 50′ 42″ ouest |
| Pays | |
| Compléments | |
| Statut | Forêt privée |
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Ses limites actuelles datent du début du XVIIIe siècle. Elle était plus étendue au Moyen Âge, époque où elle appartenait aux seigneurs de Laval (comtes de Laval à partir de 1429). En 1605, la forêt échoit à la maison de La Trémoille-Laval, dont les représentants vendent peu à peu la forêt à des particuliers.
Géographie
Localisation et voies de communication
La forêt de Concise couvre le sud du territoire de la commune urbaine de Saint-Berthevin, partie de l'unité urbaine de Laval, dont elle constitue la banlieue Ouest[1].
La commune d'Ahuillé est située au sud-ouest de Saint-Berthevin ; la forêt couvre le nord du territoire communal.
La forêt est bordée à l'est par une voie de chemin de fer désaffectée, qui reliait Saint-Berthevin à Craon, aujourd'hui devenue un chemin piétonnier.
Importance en superficie
Cette forêt représente environ 7 %[réf. nécessaire] de la superficie forestière du département. Les principales forêts du département sont notamment celles de Mayenne (41 km²) ; de Pail (27 km²) et de Monnaie (20 km²).
À Saint-Berthevin, les 500 ha (5 km²) de forêt représentent environ 15 % de la superficie communale (32,5 km²), et les 150 ha d'Ahuillé (1,5 km²) environ 6 % de la superficie communale (29 km²).
Étymologie et signification du nom
On trouve d'autres exemples du toponyme « Concise » : par exemple, la commune de Concise en Suisse (canton de Vaud), mentionnée en 1179 en latin (Concisa), une ancienne commune proche de Montmorillon dans la Vienne (« rue de Concise »), etc.
Le mot « concise » vient du participe passé (concisus, concisa, concisum) du verbe latin concidere (« couper », « morceler »[2]). En français actuel, ce mot ne s'emploie plus que pour désigner une façon de s'exprimer : « un texte concis », « un discours concis » (= court).
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Des fouilles archéologiques ont mis au jour des silex taillés[réf. nécessaire] témoignant d'une présence humaine dès la Préhistoire.
Les premiers défrichements ont lieu durant la période gallo-romaine[réf. nécessaire]. Plusieurs voies romaines traversaient la forêt et des fermes y étaient implantées.[réf. nécessaire]
Selon un historien local[3] du XIXe siècle, « la forêt de Laval porte le nom de Concise, ce qui semble accuser une origine latine. Le mot concisus signifie coupé, tranché, partagé. Cette forêt ne serait-elle originairement qu'un démembrement à l'époque romaine, de la grande forêt du pays, la forêt de Mayenne ? »[4]
Une possession des seigneurs de Laval (Moyen Âge)
Au Moyen Âge, la forêt couvre la totalité de Saint-Berthevin, empiète sur le territoire des paroisses de Saint-Pierre-la-Cour, du Genest-Saint-Isle et s'étend jusqu'à Laval au pied de la Porte Beucheresse.
La forêt appartient alors aux seigneurs de Laval. Emma de Laval (1200-1264), fille de Guy V (mort en 1210) et héritière de Guy VI en 1211, accorde vers 1260 l'usage du bois dans sa forêt de Concise au prieuré Sainte-Catherine de Laval « pour leur chauffage, celui de leurs domestiques, pour la cuisson de leur pain, de même que pour édifier et réédifier les maisons de leurs enclos (viridenemus ad edificandum et reedificandum pro dicto loco quantum necesse fuerit[pas clair]) ». Le ségrier de la forêt devait leur marquer le bois.
Ces droits d'usage forestiers sont parfois la cause de conflits avec les seigneurs de Laval.
Un accord de 1494 entre Guy XV de Laval et le prieuré règle les « droits honorifiques et utiles » du prieuré. Il y est dit que « à l'avenir le prieur et les religieux jouiront de leur usage dans la forêt sans en abuser c'est à savoir à bois mort et à mort bois et bois dérincé pour leur chauffage ainsi que bois vert pour les réparations et entretenement de leur maison. »
Une autre sentence de la table de marbre (haute juridiction des eaux et forêts) du Parlement de Paris, à propos d'un conflit entre Guy XIX de Laval (1555-1586) et Geoffroy Vincent, prieur de Sainte-Catherine, maintient les moines dans leurs droits, et ordonne que « délivrance sera faite de bois dans la forêt de Concise, suivant les anciens droits qui leur ont été accordés ».
Une possession de la maison de La Trémoille-Laval (1605-1789)
En 1605, Henri de La Trémoille (né en 1604) succède (sous le nom de Guy XXI) à son cousin Guy XX comme comte de Laval, sous la tutelle de sa mère, Charlotte-Brabantine d'Orange-Nassau (1580-1631), fille du prince Guillaume d'Orange-Nassau (1543-1584) et épouse de Claude de La Trémoille (1566-1604), duc de Thouars.
Le 11 juillet 1629, la duchesse Charlotte fait un reniement[pas clair] précisant « qu'il sera délivré aux religieux de Sainte-Catherine 24 cordes de bois, la corde réglée à 8 pieds de long, le bois coupé de 4 pieds de longueur, chaque corde bien et dûment remplie ».
La famille de La Trémoille vend plusieurs parcelles au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.
La grande tempête de 1705 décoiffe une centaine de maisons à Laval et abat dans la forêt de Concise « tant de chênes et de fouteaux ... qu'il semblait qu'on eut pris plaisir à les entasser les uns sur les autres... »[réf. nécessaire].
Époque contemporaine (depuis 1789)
Au cours de la Révolution française, à l'époque de la Première République, le fils de René-François Plaichard Choltière (1740-1815), député à la Convention nationale (1792-1795), Joseph Plaichard Choltière, ex-capitaine des grenadiers du corps législatif et adjudant général dans l'armée d'Italie commandée par le général Bonaparte, est tué par des hommes armés (sans doute des chouans) dans la forêt de Concise lors d'une partie de chasse (4 août 1798, 17 thermidor an VI, selon le calendrier alors en vigueur la France républicaine.
Au XIXe siècle, les dernières parcelles sont cédées à des propriétaires privés.
La forêt à l'heure actuelle
Paysage
- Principales essences d'arbres
Économie
- Utilisation commerciale du bois
Tourisme
Utilisation touristique :
- sentier de Kerbrune (anciennement chemin de Laval à La Guerche-de-Bretagne), rattaché au circuit de randonnée de Laval Agglomération[5]