Françoise Boze

femme française du XVIIIe siècle From Wikipedia, the free encyclopedia

Françoise Boze, née Madeleine Françoise Clétier (ou Clétiez) le 17 juin 1751 à Alès (Languedoc) et morte en 1835, est une femme française du XVIIIe siècle. Longtemps ignorée par l’historiographie, elle est aujourd’hui connue comme une figure controversée de l’entourage de Louis XVI, certains travaux contemporains suggérant qu’elle aurait pu être sa confidente, voire sa maîtresse.

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Françoise Boze
Portrait de Françoise Boze, épouse du peintre Joseph Boze.
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Biographie

Origines

Françoise Boze naît le 17 juin 1751 à Alès, fille de Charles Clétier (ou Clétiez), horloger, et de Marie Brès. Bien que la famille se conforme aux rites catholiques, elle est vraisemblablement d’origine calviniste, à l’image d’une partie de la population d’Alès, marquée par la tradition protestante du Languedoc[1].

Mariage et vie familiale

Le 27 janvier 1770, elle épouse à Avignon, en l’église Saint-Agricol, le peintre en miniatures Joseph Boze (1745-1826), connu pour ses portraits de la famille royale. Le couple a huit enfants.

En 1776, la famille s’installe à Nîmes, où Françoise aurait été nourrice. En 1778, elle s’installe avec sa famille à Paris, en lien avec la carrière artistique de Joseph Boze.

En 1785, les Boze sont hébergés dans l’appartement du prince de Conti au château de Versailles, une faveur exceptionnelle dont seuls deux précédents sont connus sous l’Ancien Régime : Lauzun sous Louis XIV et la comtesse du Barry.

Cette installation, documentée par une lettre de Joseph Boze à son ami Gibert du 29 mai 1785, est inhabituelle : les logements à Versailles étaient réservés à la famille royale ou à des titulaires de charges officielles. Joseph Boze, ni noble ni académicien, n’aurait normalement pu bénéficier d’un tel logement, ce qui a conduit certains historiens à se demander si Françoise Boze elle-même était la véritable bénéficiaire de cette faveur royale[2].

Proximité avec Louis XVI

Françoise Boze était réputée pour être bien informée de la vie intime du roi. Elle est interrogée par Henriette Simon-Viennot, s’appuyant sur d’anciens domestiques du château, pour son ouvrage Marie-Antoinette devant le dix-neuvième siècle (1843), au sujet du phimosis de Louis XVI. Elle déclare : « Que ce dernier bruit se répandit en effet parmi les subalternes du service ; mais qu’ailleurs on ne fit que rire d’une naïve plaisanterie, qui ne méritait d’être ni démentie ni réfutée. »[3] Ce témoignage atteste d’une proximité réelle avec le roi, connue et reconnue dès le XIXᵉ siècle.

La correspondance de la "confidente" du roi

Une lettre conservée à la Bibliothèque nationale de France (BNF, NAF 6578, f°263-266), attribuée à une certaine Madame Dupont de La Motte née Waldburg-Frohberg, montre qu’une femme écrivait à Louis XVI sur un ton intime, mêlant attachement personnel et souci de son image morale :

« Sire, un attachement au-delà de toute expression, un amour sans égal, oui Sire, tous les sentiments réunis dans une seule âme pour Votre Majesté et sa gloire me font enfin rompre un cruel silence qui deviendrait criminel si je le gardais plus longtemps (...). Oh mon Louis, vous m’avez donné le titre de “votre fée bienfaisante”. Oh que je le sois cette fois plus que jamais. (...) Encore un mot que Votre Majesté ne dénie pas qu’Elle me voie, qu’Elle me croie, entend avec bonté aux petits appartements. Un de mes esprits familiers m’a mandé une nouvelle qui me tourmente, qui m’afflige. Sire, j’ai entendu le petit-fils de Louis XV protester que jamais il ne s’adonnait au vice, il l’avait même en horreur. »

Le dossier contient également des lettres d’amour attribuées à un homme anonyme étant accompagné par un porte-manteau comme domestique — un indice qui le situe parmi les membres de la famille royale[2].

Ces éléments nourrissent l’idée que la correspondance met en scène un échange entre Louis XVI et une femme de son entourage proche, restée jusqu’ici anonyme. Cependant, l’identité de la correspondante demeure incertaine. La femme connue sous le nom de Madame Dupont de La Motte était apparemment une espionne, active à la fin de l’Ancien Régime et sous la Révolution, qui utilise une dizaine d’identités différentes dans le même dossier. Cette multiplicité d’alias rend très improbable qu’elle soit la véritable auteure des lettres adressées au roi[4].

Hypothèse d'identification à Françoise Boze

L’historienne Aurore Chéry a proposé de réattribuer ces lettres à Françoise Boze, épouse du peintre Joseph Boze, sur la base d’un faisceau d’indices cohérents :

  • en 1785, le couple Boze est logé dans l’appartement du prince de Conti au château de Versailles, une faveur tout à fait exceptionnelle, n’ayant eu pour précédents connus que Lauzun sous Louis XIV et la comtesse du Barry ;
  • Joseph Boze, bien qu’il peigne des portraits de la famille royale, ne disposait d’aucune charge ni titre lui permettant d’obtenir un tel privilège ;
  • Françoise Boze faisait référence, auprès des anciens domestiques du château de Versailles, en ce qui concerne la vie intime de Louis XVI[4].

Ces indices suggèrent que le logement à Versailles pourrait avoir eu pour véritable bénéficiaire l’épouse du peintre, et qu’elle aurait pu entretenir avec le roi une relation de confiance. Cependant, aucune preuve directe ne permet d’établir formellement cette identification : le lien entre Françoise Boze et la “confidente du roi” demeure une hypothèse, fondée sur la cohérence de plusieurs éléments d’archives plutôt que sur un document explicite.

L’hypothèse d’une relation entre Françoise Boze et Louis XVI a suscité des réserves de la part de l’historien Jean-Clément Martin, qui la considère comme spéculative[5].

Bibliographie

  • Aurore Chéry, L’Intrigant, nouvelles révélations sur Louis XVI, Paris, Flammarion, , 592 p. (ISBN 9782081407916)
  • Aude Perraud-Rousselet, Les femmes à Versailles XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Ellipses, , 376 p.
  • Florence Mothe, Louis XVI, secrets, ombres et mystères, Paris, Regards, , 320 p.
  • Gérard Fabre, Xavier Salmon et Laurent Hugues, Joseph Boze, 1745-1826, Portraitiste de l’Ancien Régime à la Restauration, catalogue de l’exposition présentée à Martigues, au musée Ziem, du au , Somogy (ISBN 2-85056-768-X).

Notes et références

Voir aussi

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