Fuzouli
poète turc du 16e s
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Fuzûlî ou Fuzouli[1] (en azéri : فضولی / Füzuli) ou Fouzouli[2][a] (en turc ottoman : فضولی ; en turc moderne : Fuzûlî) ou Mehmet Süleymanoglu Fuzulî est le nom de plume du poète azérophone (l'azéri était sa langue maternelle)[4], persanophone[4], arabophone[4] et turcophone Muhammad bin Suleyman (en arabe : محمد بن سليمان, en turc : Mehmet bin Süleyman) (vers 1494 - 1556).
Biographie
On ne connaît pas précisément sa date ni son lieu de naissance[5]. Il naît en Iraq alors dominé par la dynastie Aq Qoyunlu[6]. Quand le shah safavide Ismail Ier prend Bagdad, Fuzuli lui dédie son premier masnavi[6]. Lorsque Soleyman conquiert l'Iraq en 1534, il lui adresse à son tour des qasidas. Il semble avoir passé la majeure partie de sa vie à Najaf[6].
Il est souvent considéré comme un des plus grands contributeurs à la tradition du divan dans la littérature turque[7], mais il écrivait en fait ces recueils de poèmes (dîvân) dans trois langues différentes : turc azéri, persan et arabe[6]. Bien que ses œuvres turques soient écrites en azéri, il était aussi intégré dans les traditions littéraires Djagataï et ottomanes. Il est à l'origine du Hadikatüssuade (Hadikatü's-Süada) considéré comme un des plus beaux « mersiyes (en) » ou élégies retraçant le décès de Hussein, fils d'Ali et petit-fils du prophète Mahomet à Kerbela[8],[9]. Le livre a été souvent illustré. Il a écrit aussi une version turque de Layli wa Madjnun[6].
La question de sa religion est sujette à débat parmi les historiens[5]. Il semble être plutôt un chiite modéré[6]. De la même façon, en tant que soufi, il ne semble avoir adhéré à aucun ordre en particulier[6].
Il meurt en 1556 lors d'une épidémie de peste. Il est enterré à Kerbala[6]. Il laisse un fils, Fazli Çelebi (en), poète lui aussi[5].
Sa renommée s'explique par le fait qu'il maîtrisait les trois langues de l'Orient - arabe, persan et turc. Le turc azéri, assez proche du turc ottoman, lui permet d'être populaire aussi bien en Azerbaïdjan qu'en Turquie[5].
Sa poésie, par l'expression des thèmes de la solitude et de la souffrance, se caractérise par une forme de pessimisme[5]. Elle a été mise en musique par Hüseyin Sadeddin Arel[5].

Œuvre
Fuzuli a laissé une quinzaine d'œuvres.
En arabe
Un Divan, assez court et Maṭlaʿu’l-iʿtiḳād : réflexions à caractère religieux, en prose[6],[5].
En persan
Un volumineux Divan, Heft Jam (masnavi, éloge de sept instruments de musique), Anis al-kalb (qasida), Risala-yi mu'ammayat (compilation d'énigmes), Rind wa Zâhid (dialogue avec un ascète) et Husn wa ‛ishk (œuvre soufie)[5].
En turc
Divan (composé de qasidas, ghazals et rubaiyat), Leylâ vü Mecnûn (un masnavi d'après l'histoire de Layla et Majnun), Beng-ü Bâde (masnavi qui met en scène un combat entre l'opium et le vin), Kirk hadith terdjemesi (traduction de quarante hadiths), Hadikat al-su‛adda (marsiya). On a conservé aussi des lettres dont il est l'auteur. On lui attribue un Sohbet al-Asmar, sans certitude sur sa paternité[5].
Hommages
La ville de Fizouli en Azerbaïdjan a été nommée en son honneur en 1959.