La Lettre à Élise

pièce musicale pour piano en la mineur composée par Ludwig van Beethoven From Wikipedia, the free encyclopedia

La Bagatelle en la mineur, WoO 59, « La Lettre à Élise » (Für Elise) est une pièce musicale pour piano en la mineur composée par Ludwig van Beethoven en 1810[1],[2],[3].

GenreBagatelle
EffectifPiano
Dates de composition1810
Faits en bref Genre, Musique ...
Bagatelle en la mineur
WoO 59
« La Lettre à Élise » (Für Elise)
Image illustrative de l’article La Lettre à Élise
Beethoven vers 1811, par Carl Schloesser.

Genre Bagatelle
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Piano
Dates de composition 1810
Fichier audio
Bagatelle en la mineur (« Für Elise »)
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Qui était Élise ?

En 1865, le musicologue Ludwig Nohl retrouve la partition de l'œuvre. Celle-ci est en si mauvais état que seules les deux dernières lettres du titre (« SE ») sont encore visibles. Nohl les aurait ainsi probablement rapprochées de manière arbitraire du nom d'« Élise ». Néanmoins la partition est imprimée et publiée en 1867 sous le titre Für Elise Pour Élise »)[4],[5].

A priori, aucune jeune femme de l'entourage du compositeur ne portait le prénom d'Élise. Selon une des hypothèses les plus probables et la plus retenue par les musicologues, Beethoven aurait en réalité appelé ce morceau Für Therese Pour Thérèse »)[6], prénom que portaient deux femmes qui comptèrent énormément dans la vie sentimentale du compositeur : son élève Thérèse de Brunswick (1775-1861) avec qui il entretint une idylle durant deux ans et Therese Malfatti von Rohrenbach zu Dezza (1792–1851), qui était la fille du Viennois Jacob Malfatti von Rohrenbach (1769–1829). Beethoven la demanda en mariage en 1810[7],[8], mais celle-ci rejeta sa requête et épousa en 1816 le noble autrichien Wilhelm von Droßdik (1771–1859)[9]. La partition a été trouvée dans ses papiers[10].

Une autre hypothèse, récente, de Klaus Martin Kopitz, est que la dédicataire était la soprano Elisabeth Röckel dont le nom de baptême était « Maria Eva Elise ». Elle fut présentée au compositeur par son frère, le ténor Joseph August Röckel (en), qui chantait dans Fidelio à l'époque où Beethoven dirigeait l'orchestre[11]. Selon Kopitz, Beethoven et Röckel entretenaient des liens d'amitié très étroits, la véritable nature de leur relation restant toutefois incertaine. Kopitz mentionne que la cantatrice avait relaté qu'« au cours d'un dîner, Beethoven avait pincé son bras dans un geste de pure affection »[12]. En 1813, elle épouse le compositeur Johann Nepomuk Hummel, l'ami et néanmoins rival de Beethoven. Peu avant la mort de ce dernier, elle obtint cependant de lui une boucle de ses cheveux[13].

Structure

Cette petite pièce est de forme rondo[3]: Poco moto,
, en la mineur[3]. Elle comporte 103 mesures[3] et sa durée d'exécution est d'environ 3 minutes[14].

La structure de la pièce, très marquée, est A–A–B–A–C–A. La partie principale, A, en la mineur, de caractère chantant est elle-même de structure très carrée a1–a2+reprise+a3–a1–a2+reprise avec a1 comme antécédent, a2 comme conséquent et a3 comme imitation, en do majeur. Elle consiste en un motif développé à la main droite, formant presque une succession de rosalies, accompagnée par les arpèges de la main gauche.


version "2.14.2"
header {
  tagline = ##f
}
upper = 
elative c'' {
  clef treble 
  key a minor
  	ime 3/8
  	empo 4 = 72
  %autoBeamOff
  set Staff.midiInstrument = #"piano"
   
   partial 8 e16 dis e dis e b d! c a8 r16
   c,16 e a b8 r16 e, gis b c8 r16
}

lower = 
elative c' {
  clef bass
  key a minor
  	ime 3/8
  set Staff.midiInstrument = #"piano"

   s8 s4.
   a,16 e' a r16 r8 e,16 e' gis r16 r8 a,16[ e' a]
    
}

score {
  
ew PianoStaff <<
    set PianoStaff.instrumentName = #""
    
ew Staff = "upper" upper
    
ew Staff = "lower" lower
  >>
  layout {
    context {
      Score
      
emove "Metronome_mark_engraver"
    }
  }
  midi { }
}
Incipit de la bagatelle.

La section B, en fa majeur, est de caractère badin, en style galant, dix-huitiémiste, sur une basse d'Alberti, la mélodie n'étant énoncée qu'une seule fois et aboutissant directement à la transition en do avec des triples croches à la main droite. Après un jeu sur l'introduction de la pièce (alternance mi – rédièse) nous retrouvons la partie principale A pour une énonciation sans reprises (a1–a2–a3–a1–a2).


version "2.14.2"
header {
  tagline = ##f
}
upper = 
elative c'' {
  clef treble 
  key a minor
  	ime 3/8
  	empo 4 = 68
  %autoBeamOff
  set Staff.midiInstrument = #"piano"
   
   partial 8. < c e, >16 < c f, > < c g e > grace { f,16( a) } c4 f16. e32 e8( d) 
   bes'16.( a32 a16 g f e d c bes8( a) ) 
   acciaccatura bes8 a32[ g a bes] c4 d16 dis e8. e16[ f a,] c4  d16. b32 
   
epeat unfold 2 { c32[ g' g, g'] a,[ g' b, g'] c,[ g' d g] e[ g c b] a[ g f e] d[ g f d] }
   e32[ f e dis] e[ b e dis] e[ b e dis] e8.
   
}

lower = 
elative c' {
  clef bass
  key a minor
  	ime 3/8
  set Staff.midiInstrument = #"piano"
  set Score.currentBarNumber = #36

   < c bes >16 < c a > < c g > 
   f,16 a 
epeat unfold 2 { c a }  f bes 
epeat unfold 2 { d bes }  f e' 
epeat unfold 2 { < bes g f > e }
   
epeat unfold 2 { f,16 a 
epeat unfold 2 { c a } } e16 a c a < d d, > f,
   g16 e' g, f' g, f'  clef treble  < e c >8 r16 < g f >16 < g e > < g f e > < g e c >8 clef bass < a, f >8[ < b g >] 
   clef treble c8 r16 < g' f >16 < g e > < g f d > < g e c >8 clef bass < a, f >8[ < b g > < b gis >] r8 r8 s4
}

score {
  
ew PianoStaff <<
    set PianoStaff.instrumentName = #""
    
ew Staff = "upper" upper
    
ew Staff = "lower" lower
  >>
  layout {
    indent = #0
    context {
      Score
      
emove "Metronome_mark_engraver"
override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
    }
  }
  midi { }
}
Début de la seconde section de la bagatelle (mesures 36 et suivantes).

La section C, de caractère dramatique sur une pédale obstinée sur la, s'ouvre à la main droite sur un accord de septième diminuée, pour une idée mélodique quelque peu fiévreuse dans le contexte des autres sections, en deux parties, le début de la seconde partie répétant le début de la première et aboutissant par chromatisme en un sibémol majeur napolitain (quoique cassé par le sibécarre) qui permet de revenir en la mineur. La transition se fait sur des arpèges montants en triolets de doubles croches suivie d'une gamme chromatique descendante permettant de revenir à la partie principale.


version "2.14.2"
header {
  tagline = ##f
}
upper = 
elative c'' {
  clef treble 
  key a minor
  	ime 3/8
  	empo 4 = 68
  %autoBeamOff
  set Staff.midiInstrument = #"piano"
   
   partial 8. e,16 c' b a8 r8 r8
   < cis bes g e >4. < d a f >4 < e cis >16 < f d >
   < f d gis, >4 < f d gis, >8 < e c a >4. < d f, >4
   < c e, >16 < b d, > < a fis c >4 < a c, >8 < a c, > < c e, > < b d, > < a c, >4.
   
}

lower = 
elative c' {
  clef bass
  key a minor
  	ime 3/8
  set Staff.midiInstrument = #"piano"
  set Score.currentBarNumber = #72

   s8. 
epeat unfold 5 { a,,16 
epeat unfold 5 { a' } }
   
epeat unfold 3 { d,16 a' }
   
epeat unfold 3 { dis,16 a' }
   
epeat unfold 2 { e16 a } e gis
    a,16 
epeat unfold 5 { a' }
}

score {
  
ew PianoStaff <<
    set PianoStaff.instrumentName = #""
    
ew Staff = "upper" upper
    
ew Staff = "lower" lower
  >>
  layout {
    indent = #0
    context {
      Score
      
emove "Metronome_mark_engraver"
      override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
    }
  }
  midi { }
}
Début de la troisième section de la bagatelle (mesures 72 et suivantes).

Repères discographiques

Dans la culture populaire

En chanson

  • En 1948, Armand Mestral chante Aux derniers rayons du soleil d'or sur la musique orchestrée de la Lettre.
  • En 1959, Dario Moreno reprend le thème avec des arrangements latinos pour son tube Tout l'amour, interprété également par Dalida la même année.
  • En 1973, Anne Sylvestre en chante le thème principal dans Lettre ouverte à Élise et s'imagine en train de lui écrire.
  • En 1982, Mireille Mathieu enregistre Élise, un texte de Claude Lemesle sur une musique d'Alain Goraguer qui reprend le thème de la Lettre à Élise en introduction et en conclusion et imagine Ludwig van Beethoven en train de composer l’œuvre. Restée inédite jusqu'alors, la chanson est sortie en 2017 dans la compilation Made in France.
  • En 1985, le thème principal est utilisé dans le solo de guitare du morceau Metal Heart du groupe Accept.
  • En 1987, le groupe californien The Residents reprennent également le thème dans une version d' une demi-heure.
  • En 2000, Whitney Houston interprète Same Script, Different Cast en duo avec Deborah Cox sur le thème de la Lettre à Élise.
  • En 2003, le rappeur Nas utilise le morceau dans sa chanson I Can[23].
  • En 2004, le premier motif du thème principal est utilisé dans le morceau The Stillborn One du groupe Necrophagist
  • En 2017, Maia Reficco interprète Key of Life, un mashup contenant notamment la Lettre à Elise. Cette chanson est extraite de la série télévisée Kally's Mashup : La Voix de la pop.
  • En 2020, sur son album Notre-Dame des sept douleurs, Klô Pelgag reprend la partie mélodique de la ballade dans sa chanson Für Élise. Elle y explore le mythe entourant le personnage de Élise : « elle est figée dans l'histoire qu'on a inventée sur elle ».
  • En 2024, Faouzia reprend la partie mélodique de la balade pour sa chanson Fur Elise, dans laquelle elle y transmet son désir intense pour son bien-aimé, au point qu’elle sacrifierait sa vie et accepterait la tromperie. Elle souligne son souhait qu’ils la « jouent » et la trompent, comme si elle jouait des touches du piano, ou « Für Elise ». Même si au fond d'elle même, elle sait que quelles que soient les promesses faites, il finira par l’abandonner.

Au cinéma

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par le générique de fin de l'œuvre audiovisuelle présentée ici, ainsi que par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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