Gaby Wolff
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Gaby Ernestine[1] Wolff (parfois écrit Wolf), mieux connue comme Gaby Wolff (dite Nini), épouse Cohen ( à Strasbourg - à Paris 15e[2]) est une assistante sociale, jardinière d'enfants juive orthodoxe, résistante, qui aidera les enfants survivants du camp de Buchenwald et dont Elie Wiesel se souviendra avec affection.
15e arrondissement de Paris
| Naissance | |
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| Décès |
(à 89 ans) 15e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Gaby Ernestine Wolff |
| Nationalité | |
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Biographie
Gaby Wolff est née le [3] à Strasbourg (Bas-Rhin) dans une famille juive orthodoxe[4]. Elle est la fille d'Edmond et Sophie Wolf. Son père est marchand de grains et farines à Saverne (Bas-Rhin). Elle a trois frères : Raymond, Lazare et Francis[5].
Elle grandit à Ingwiller (Saverne)[6].
En 1940, sa famille se replie à Gannat (Allier)[6].
Elle passe son baccalauréat en philosophie à Limoges en 1941, en même temps[4] que Marcel Mangel, le futur mime Marcel Marceau[7], elle réussit mais Marcel Mangel rate[6].
Elle rejoint les "éclaireuses aînées".
Gaby Wolff connaît l'existence des maisons d'enfants de l'Œuvre de secours aux enfants (OSE)[8], mais Andrée Salomon, qu'elle rencontre sur un quai de gare, lui conseille d'acquérir une formation avant de s'engager.
Elle passe donc le diplôme de jardinière d'enfants, à l'école Montessori de mademoiselle Brandt, école de Strasbourg évacuée à Vichy. Elle fait ses premières armes avec tous les enfants du personnel politique vichyssois : le petit-fils de madame Pétain, les enfants du docteur Bernard Ménétrel (médecin personnel du maréchal Pétain) et le fils de Charles du Paty de Clam (dernier Commissaire au Commissariat général aux questions juives)[9].
Brout-Vernet
En mai 1943, Jacques Cohn devient directeur pédagogique de la Maison d'enfants de Broût-Vernet au château de Morelles, à Broût-Vernet (Allier), maison d’enfants de stricte observance religieuse, fondée en 1940 par l’O.S.E.[10].
Il recrute Gaby Wolff, rencontrée à la boucherie cacher de Vichy[10].
En novembre 1943, la Gestapo arrête le directeur, le Dr Joseph Cogan, avec ses deux jeunes enfants. L’O.S.E. décide de fermer la maison et de disperser les enfants, en les plaçant sous une fausse identité, ou en les faisant passer en Suisse[10].
Les enfants survivants de Buchenwald
Gaby Wolff s'occupe de l'accueil et de l'insertion des enfants survivants du camp de Buchenwald[11],[12]. Avec Judith Hemmendinger, elle aide, en particulier, Elie Wiesel, Naphtali Lau-Lavie, Israel Meir Lau et Menashe Klein.
Elie Wiesel et Gaby Wolf
Elie Wiesel se souviendra avec affection d'elle[13] et elle de lui[14].
Voici ce qu'écrit Wiesel :
"Comment as-tu fait, Judith (Judith Hemmendinger) , comment avez-vous fait pour nous apprivoiser ? Niny (Gaby Wolf), cette jeune éducatrice si belle et si dévouée, comment a-t-elle-fait pour tenir tant de semaines parmi nous, avec nous ? (...) Rationnellement, Judith, nous étions condamnés à vivre cloîtrés, comme de l'autre côté de la muraille. Et pourtant, en peu de temps, nous réussîmes à nous retrouver du même côté. Ce miracle là, à qui le devons-nous? Comment l'expliquer ? À quoi l'attribuer ? À nos affinités religieuses ? Aux vôtres ? Le fait est que tous ces enfants auraient pu basculer dans la violence ou opter pour le nihilisme : vous avez su les diriger vers la confiance et la réconciliation." [4].
Lors de la célébration de son 80e anniversaire, Elie Wiesel mentionne Nini:
"De tous les événements qui dominent les festivités de mon 80e anniversaire, celui qui nous réunit ici à Taverny est le plus émouvant. J'y retrouve les amis du passé avec qui j'ai un lien très puissant même si je ne les vois pas très souvent. Je retrouve Nini (Gaby Cohen) et Judith Hemmendinger et, avec elles, une période de ma vie où j'avais tant besoin de leur présence, Je parle de tous ces gens dans mes mémoires."[15],[16],[1].
Bibliographie
- (en) Judith Hemmendinger & Robert Krell. The Children Of Buchenwald. Child Survivors of the Holocaust and their post-war Lives. Gefen: Jérusalem, New York. 2000. Préface d'Elie Wiesel pour l'édition de 1984. (ISBN 965-229-246-X)
- Judith Hemmendinger. Revenus du Néant. Cinquante ans après: l'impossible oubli. 23 témoignages. L'Harmattan[17]
- (en) Naphtali Lau-Lavie. Balaam's. Prophecy: Eyewitness to History: 1939-1989. Cornwall Books: New York, Londres, 1998. (ISBN 0-8453-4860-4)
- (en) Judith Hemmendinger & Robert Krell. The Children Of Buchenwald. Child Survivors of the Holocaust and their post-war Lives. Gefen: Jérusalem, New York. 2000. Préface d'Elie Wiesel pour l'édition de 1984. (ISBN 965-229-246-X)
- Judith Hemmendinger, La vie d'une Juive errante : de Bad-Homburg vor der Höhe à Jérusalem, Paris, L'Harmattan, , 385 p. (ISBN 978-2-296-06796-7, lire en ligne)
- Rav Israël Meïr Lau, Loulek, l'histoire d'un enfant de Buchenwald qui devient grand-rabbin d'Israël, Jerusalem Publications, (ISBN 978-965-91368-4-1), 2009, traduit de l'hébreu par Sarah Aboudharam
- (en) Steven Katz & Alan Rosen. Elie Wiesel: Jewish, Literary, and Moral Perspectives. Indiana University Press, 2013. (ISBN 0253008123), (ISBN 9780253008121)
- Laura Hobson Faure. L'Enfant-Shoah. Presses universitaires de France, 2014. (ISBN 9782130592280)
- (en) Zvi Jonathan Kaplan & Nadia Malinovich. The Jews of Modern France: Images and Identities. Brill, 2016. (ISBN 9004324194), (ISBN 9789004324190)