Genette commune

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Genetta genetta · Genette (Stricto sensu)

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Genetta genetta
Description de cette image, également commentée ci-après
Genette commune près de Ávila, dans la province d’Ávila, en Espagne.
2.58–0 Ma
6 collections
Gélasien, du Pléistocène moyen à l’Holocène (Présent).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Viverridae
Sous-famille Genettinae
Genre Genetta

Espèce

Genetta genetta
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image The range of the Common Genet.png.

Synonymes

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La Genette commune (Genetta genetta), est une espèce de mammifères carnivore de la famille des Viverridés. Il s’agit de la Genette au sens strict. Morphologiquement proche du chat mais dotée d'un corps plus allongé et d'un museau pointu, elle se distingue des autres espèce de son genre Genetta par son pelage gris tacheté de noir et sa longue queue annelée à extrémité blanche.

Originaire d'Afrique, elle occupe une vaste aire de répartition incluant le Maghreb, l'Afrique subsaharienne et une partie de la péninsule Arabique. Introduite en Europe par l'Homme, elle est aujourd'hui bien établie dans la péninsule Ibérique et dans une grande moitié sud-ouest de la France, où elle continue de progresser vers le nord et l'est. Animal nocturne et solitaire, la genette est un prédateur agile, capable de grimper aux arbres avec aisance. Son régime alimentaire est principalement composé de petits rongeurs, complété par des oiseaux, des insectes et quelques fruits. Elle est aujourd'hui une espèce protégée en Europe, classée comme préoccupation mineure (LC) par l'UICN[2].

Dénominations

Taxonomie

Histoire

Illustration de la Genette vulgaire (Genetta vulgaris) dans Atlas de poche des mammifères de France, de la Suisse romane et de la Belgique, 1910.

Dans son Histoire Naturelle, Buffon prend la genette pour un animal exotique ne vivant qu’en Espagne, en Afrique et en Turquie, mais ne vivant pas en France ni ailleurs en Europe[6].

L’intégration de la genette dans le système taxonomique moderne ne s’effectura qu’à la dixième édition du Systema Naturæ proposé par Carl von Linné en 1758, sous le nom scientifique de Viverra genetta [7]. L’espèce Genetta genetta, en est l’espèce type et la localité type se situe à El pardo, à proximité de Madrid, en Espagne[8]

Aux côtés d'autres membres de sa famille, les genettes font partie des carnivores actuels considérés comme étant les plus proches morphologiquement de l'ancêtre commun éteint de l'ordre tout entier[9],[10].

Sous-espèces

Selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) (3 janvier 2026)[11], la genette commune se décline en plusieurs sous-espèces, présentées ici avec leurs localités types et leurs synonymes :

Sous-espèces actuelles

Par la suite, la genette féline, anciennement G. g. felina, fut reclassée en tant qu'espèce distincte : Genetta felina, sur la base de diagnostics morphologiques comparant 5 500 spécimens de Viverridés issus de collections zoologiques[12].

Davantage d’informations Taxon et nom vernaculaire, Description et répartition ...
Liste des sous-espèces selon ITIS (12 janvier 2026)[13]
Taxon et nom vernaculaire Description et répartition
Genetta genetta genetta
Linnaeus, 1758
Genette d'Europe
Sous-espèce type. Présente dans la péninsule Ibérique, en France, aux Baléares et au Maghreb. Pelage gris clair avec des taches noires bien définies.
Genetta genetta dongolana
Hemprich et Ehrenberg, 1832
Genette de Dongola
Présente en Afrique de l'Est (Soudan, Éthiopie, Érythrée, Somalie). Son pelage est plus terne et plus jaunâtre que celui de la forme nominale.
Genetta genetta grantii
Thomas, 1902
Genette de Grant
Localisée sur les hauts plateaux d'Éthiopie et dans certaines zones de la péninsule Arabique. Se distingue par des marques faciales sombres.
Genetta genetta pulchra
Matschie, 1902
Genette d'Afrique australe
Afrique australe (Namibie, Botswana, Afrique du Sud, Zimbabwe). Pelage souvent plus roux ou fauve avec un contraste marqué.
Genetta genetta senegalensis
J. B. Fischer, 1829
Genette du Sénégal[14]
Afrique de l'Ouest et centrale (du Sénégal au Tchad). Adaptée aux milieux de savanes sèches et zones sahéliennes.
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Description

Squelette de genette commune exposé au Musée des Sciences de l'Université de Coimbra, au Portugal.

Morphologie et biométrie

Appartenant à la famille des Viverridés, la genette commune présente une morphologie longiforme et une élégance qui rappelle superficiellement celle d'un petit félin, bien que son museau pointu, ses pattes courtes et son corps très allongé l'apparentent davantage, par convergence évolutive, aux Mustélidés comme la fouine. Sa tête est relativement petite avec des oreilles larges, semi-arrondies et très mobiles, tandis que ses membres se terminent par des pieds digitigrades munis de griffes semi-rétractiles, protégées par des fourreaux cutanés sans être totalement cachées. En termes de dimensions, l'espèce mesure de 40 à 60 cm de longueur tête-corps, auxquels s'ajoute une queue de 35 à 52 cm, pour une longueur totale pouvant dépasser 90 cm[15]. Le poids de l'adulte varie généralement entre 1,5 kg et 2,5 kg, bien que des spécimens exceptionnels puissent atteindre des valeurs légèrement supérieures selon les régions paléarctiques[16]. Un léger dimorphisme sexuel est observé, rendant les mâles en moyenne environ 10 % plus massifs que les femelles[17].

Pelage et ornementation

Une genette commune, sur le toit d’un restaurant au Kenya.

La fourrure est courte, dense et douce, affichant une coloration de fond gris pâle à gris-jaune, parsemée de nombreuses marques noires ou brun foncé organisées selon un motif précis et constant. Le corps est marqué de quatre ou cinq rangées de taches longitudinales de chaque côté de la colonne vertébrale, les taches les plus hautes étant les plus larges, tandis que celles situées sur les flancs inférieurs et les pattes s'avèrent plus petites et plus diffuses. Une caractéristique diagnostique majeure réside dans la présence d'une ligne médiane noire continue s'étendant du garrot à la base de la queue, composée de poils légèrement plus longs formant une crête érectile que l'animal peut hérisser en cas de stress ou de défense[12]. La queue est quant à elle ornée d'une alternance de 8 à 13 anneaux noirs, avec une extrémité systématiquement blanche ou très claire, critère spécifique permettant de distinguer Genetta genetta de certaines espèces africaines à l'extrémité caudale noire[18]. La face présente un masque facial net, composé de taches blanches sub-oculaires et de marques claires sur les côtés du museau, contrastant avec une fine bande sombre verticale qui remonte sur le front.

Détails anatomiques et variations

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 40
Denture caractéristique des Viverridae

Sur le plan ostéologique et physiologique, la genette dispose d'une denture adaptée à un régime carnivore polyvalent. Les dents carnassières sont particulièrement tranchantes pour la découpe des chairs, tandis que les molaires conservent une surface broyeuse permettant une certaine plasticité alimentaire[19]. L'espèce possède également des glandes périanales développées, sécrétant un musc utilisé pour le marquage territorial et la communication intraspécifique. Bien que la livrée tachetée soit la norme, des cas de mélanisme sont documentés, comme celui observé en 2019 dans le sud du Portugal, prouvant que ce variant génétique s'étend sur une large partie de son aire de répartition européenne[20]. Enfin, ses capacités sensorielles sont dominées par une vision nocturne excellente grâce à la présence d'un tapetum lucidum et une audition fine, capable de capter les hautes fréquences émises par les micromammifères, ses proies principales[21].

Diagnostic différentiel

La genette féline (Genetta felina), présente une coloration plus claire.

L'identification de la genette commune (Genetta genetta) par rapport à ses congénères repose sur une combinaison de caractères morphologiques stabilisés par la taxonomie intégrative, permettant de la distinguer des espèces aux morphologies proches. Contrairement à la genette féline (Genetta felina) d'Afrique australe, avec laquelle elle a longtemps été confondue, la genette commune possède une extrémité de queue systématiquement noire (ou très sombre), alors que celle de G. felina a une pointe blanche ou claire[12]. Le pelage de fond de l'espèce commune tire sur le gris-jaunâtre, contrastant avec le gris-blanc plus pâle de la genette féline. Vis-à-vis de la genette tigrine (Genetta tigrina), la distinction s'opère par la nature des taches et de la parure dorsale : G. genetta appartient au groupe des genettes à « petites taches » noires et pleines, tandis que G. tigrina présente des taches plus larges, souvent dotées d'un centre roussâtre, et se distingue surtout par l'absence d'une crête dorsale érectile de longs poils noirs, un attribut pourtant saillant chez la genette commune[12],[22]. Enfin, sur le plan biogéographique, la genette commune est la seule représentante du genre naturellement présente en Europe et au Maghreb, ce qui exclut toute confusion avec ces deux espèces strictement subsahariennes.

Répartition et habitat

  • Présence et répartition naturelle.
  • Introduite et présente.
  • Introduite et éteinte.

En Afrique du Nord, la genette commune est présente le long de la côte méditerranéenne occidentale, ainsi que dans une large bande s'étendant du Sénégal et de la Mauritanie à l'ouest, à travers toute la zone de savane au sud du Sahara, jusqu'en Somalie et en Tanzanie à l'est. Sur la péninsule Arabique, elle a été signalée dans les régions côtières de l'Arabie saoudite, du Yémen et d'Oman. Une autre population discontinue habite l'Afrique australe, du sud de l'Angola jusqu'au Mozambique en passant par la Zambie et le Zimbabwe. Elle occupe une grande variété d'habitats caducifoliés et sempervirents offrant de nombreux abris, tels que des terrains rocheux percés de grottes et des zones de broussailles denses, mais elle s'approche également des habitations et des terres agricoles[23].

La genette commune est fréquente au Maroc[24] et en Algérie, mais rare en Libye, en Égypte et en Zambie[15]. En Afrique du Sud, elle est commune dans le centre-ouest du KwaZulu-Natal[25], dans la province du Cap[26] et dans le parc national de QwaQwa dans la province de l'État libre[27].

Dans la savane soudanienne orientale, sa présence a été enregistrée dans le complexe d'aires protégées transfrontalier DinderAlatash lors d'inventaires menés entre 2015 et 2018[28]. Dans le nord de l'Éthiopie, elle a été observée dans le district montagneux du Degua Tembien[29].

La genette commune préfère les zones à végétation dense, telles que les buissons, les fourrés et les forêts de chênes sempervirents[30]. Pour ses sites de repos, elle utilise des arbres au feuillage dense dans la canopée ou des fourrés épais envahis par des plantes grimpantes[19]. Dans les zones septentrionales, elle privilégie les basses altitudes avec des températures élevées et de faibles précipitations[31]. Dans le parc de Manzanares, au centre de l'Espagne, elle vit principalement entre 1 000 et 1 200 m d'altitude, dans des zones riches en rochers et en arbustes. Elle tolère la proximité des établissements humains[32].

Aire d'introduction

La genette commune a été introduite dans le bassin méditerranéen depuis le Maghreb comme animal semi-domestique il y a environ 1 000 à 1 500 ans. Elle s'est propagée de la péninsule Ibérique aux îles Baléares et dans le sud de la France[33]. Historiquement, son aire de répartition en Europe était considérée comme limitée par la Loire et le Rhône, censés constituer des barrières à son expansion respectivement vers le nord et l'est. Par conséquent, les spécimens rencontrés au-delà du sud-ouest de la France étaient considérés comme des individus échappés de captivité plutôt que comme le signe de populations reproductrices.

Cependant, des genettes ont été enregistrées à l'est du Rhône en nombre trop important pour relever de simples cas de dispersion d'animaux de compagnie exotiques. Pour cette raison, et compte tenu de la présence de populations reproductrices importantes à la limite de leur aire de répartition traditionnelle, les spécimens situés au-delà du Rhône sont considérés comme des populations établies issues d'individus ayant traversé le fleuve via des ponts en zones urbaines. Des observations sporadiques ont été signalées jusqu'en Italie, notamment dans les zones montagneuses du Piémont et de la Vallée d'Aoste. Les individus aperçus en Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas sont toujours considérés comme des animaux échappés ou relâchés[34].

Dans le sud-ouest de l'Europe, elle prospère dans les forêts de chênes et de pins, mais habite également les oliveraies, les zones ripariennes, les frênaies, les zones rocheuses et les maquis. Elle est rare dans les milieux ouverts, les marécages et les cultures céréalières. Malgré son abondance le long des cours d'eau, la présence d'eau n'est pas jugée essentielle[15]. Des spécimens ont été rencontrés à haute altitude dans les Alpes, bien qu'il ne soit pas encore établi s'il s'agit d'une présence fortuite ou d'un habitat réellement favorable[34].

Écologie et comportement

Genette cachée dans les broussailles

Activité

La genette commune est un animal solitaire. Les adultes sont nocturnes et crépusculaires, avec des pics d'activité suivant le coucher du soleil et précédant l'aube ; les juvéniles peuvent cependant être actifs durant la journée. Ils se reposent le jour dans des arbres creux ou au sein de fourrés épais, et réutilisent fréquemment les mêmes sites de repos[35].

Lors d'une étude menée dans le nord-est de l'Espagne, il a été observé que les mâles sont plus actifs que les femelles la nuit en raison de leur taille plus imposante, ce qui implique des besoins énergétiques et physiologiques plus élevés. Les femelles, généralement plus légères, se révèlent globalement moins actives. Leurs domaines vitaux sont également plus restreints que ceux des mâles[36]. Les mâles occupent un domaine vital annuel moyen de 113 ha, contre 72 ha pour les femelles. Bien que les territoires des mâles soient plus vastes en toute saison, les différences entre les sexes sont plus marquées durant l'hiver. Les domaines vitaux s'étendent légèrement au printemps en raison d'une activité accrue, non seulement nocturne, mais aussi liée à la recherche de partenaires. Cette augmentation d'activité nécessite davantage d'énergie, poussant les individus à chasser plus activement pour subvenir à leurs besoins[37].

Alimentation

La genette commune possède un régime alimentaire varié composé de petits mammifères, de lézards, d'oiseaux et de leurs œufs, d'amphibiens, de centipèdes, de diplopodes, de scorpions, d'insectes et de fruits, notamment des figues et des olives. Le Mulot sylvestre est sa proie favorite[38]. Les genettes repèrent leurs proies principalement à l'odorat et les tuent d'une morsure au cou, à la manière des félidés. Les petits rongeurs sont saisis par le dos et tués d'une morsure à la tête, puis consommés en commençant par la partie céphalique[15],[39].

Principalement carnivore, la genette chasse tout ce qui est plus petit qu'elle : surtout de petits rongeurs (mulot sylvestre en particulier), dans une moindre mesure des oiseaux (petits passériformes notamment), ainsi que de nombreux arthropodes (coléoptères et dermaptères essentiellement) ; elle ne dédaigne pas l'occasion d'améliorer ponctuellement son ordinaire de quelques fruits ou baies, démontrant un certain opportunisme alimentaire. La consommation de végétaux comme les graminées a de son côté pour but d'améliorer le transit intestinal[40],[41].

Parasites et prédateurs

En Espagne, la genette commune peut être infestée par des vers parasites, ainsi que par des tiques, des puces et des poux. Elle héberge notamment les espèces de poux Eutrichophilus genettae et Lorisicola (Paradoxuroecus) genettae[42].

En Afrique, ses prédateurs incluent le Léopard, le Serval, le Caracal, le Ratel et de grandes espèces de rapaces nocturnes[43]. En Europe, le Renard roux et l'Autour des palombes comptent également parmi ses prédateurs potentiels[19].

En Europe, la genette peut vivre jusqu’à une dizaine d’années à l’état sauvage[44].

La genette et l’Homme

Introduction

Grandes zones de la répartition géographique de la genette commune en France d'après l'ONCFS :
  • Zone de présence régulière.
  • Zone de présence irrégulière.
  • Zone avec observations diffuses.

Les genettes d'Europe, même si elles sont connues depuis l'aube de la civilisation, ont probablement été importées d'Afrique du nord par l'homme :

Hérodote l'aurait évoqué il y a plus de deux mille ans, mais on soupçonnait depuis longtemps que les populations européennes actuelles aient comme origine des genettes introduites et naturalisées par les Romains ou les Maures pour défendre les récoltes contre les rongeurs. De plus, son aire de répartition très limitée laissait supposer que sa survie aurait pu avoir été favorisée dans ces régions par l'Homme.

Une étude du génome mitochondrial a montré que la genette dite « d’Europe » était génétiquement proche des souches du Maghreb[45]. Cette analyse laisse penser que les genettes européenne actuelles auraient pour ancêtres communs des genettes africaines, plus particulièrement des sujets originaires de la zone côtière algérienne. La dynastie des Almohades pourrait avoir été à l'origine – au XIIe siècle – de telles introductions car la diversité génétique de la genette européenne est plus élevée dans les zones qu'ils ont conquises et où ils ont longtemps vécu (Baléares, Espagne méridionale et Catalogne). Mais quelques introductions plus précoces ou tardives seraient également possibles. En France, l'espèce est essentiellement présente dans un grand quart sud-ouest. Elle s'est montrée capable de traverser le Rhône, peut-être grâce aux ponts. Elle a colonisé la Provence à partir d'Arles[réf. nécessaire], où elle est de plus en plus présente depuis les années 1970. Elle s'est établie assez récemment dans l'île de Camargue où des animaux ont été observés et des « crottiers » importants découverts. Dans l'Ouest, l'espèce est présente jusqu'au sud de la Bretagne, elle a donc traversé la Garonne, la Loire et de nombreux autres cours d'eau qui ne semblent pas gêner son expansion. Elle est observée sporadiquement un peu partout en France jusqu'en Alsace et dans le Pas-de-Calais. Elle semble globalement en expansion[46].

Conservation

En Europe

À l'échelle internationale, la Genette commune est protégée par la convention de Berne du où elle figure à l'annexe III. Ce statut impose que toute exploitation de l'espèce soit réglementée afin de maintenir les populations hors de danger, notamment par l'instauration de périodes de fermeture de la chasse, d'interdictions locales ou temporaires et d'un encadrement du transport et de la vente. Au niveau de l'Union européenne, elle est inscrite à l'annexe V de la directive habitats (92/43/CEE) du , la classant comme une espèce d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l'exploitation peuvent faire l'objet de mesures de gestion. À l'inverse, elle n'est soumise à aucune réglementation au titre de la convention de Bonn.

En France, la Genette commune bénéficie d'une protection totale depuis l'arrêté ministériel du relatif aux mammifères protégés sur l'ensemble du territoire. Il est par conséquent interdit de la détruire, de la mutiler, de la capturer, de l'enlever ou de la perturber intentionnellement. Sa naturalisation, ainsi que la destruction, l'altération ou la dégradation de son milieu de vie sont également proscrites. Qu'elle soit vivante ou morte, il est strictement interdit de la transporter, de la colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter[47].

La genette dans la culture

Une genette sur : détail de la tapisserie la vue, de La Dame à la licorne, début du XVe siècle

Dans la culture populaire, la genette est souvent associée à un animal récurrent dans les périodes passées, d’où son surnom de « Chat du Moyen âge ». En réalité, le viverridé était relativement absent des textes et les représentations de l’époque, notamment antiques comme le Physiologus, ce qui lui a préservée des interprétations morales et religieuses souvent associées négativement aux animaux. Ce n’est qu’à la fin du Moyen âge où elle deviendra une créature associée à la pureté : dans le roman Perceforest, une genette blanche est représentée sur un écu d’Azur de Camille, pouvant être interprété comme un symbole de pureté, de virginité et d’Amour véritable. Elle est associée à la figure de la pucelle et de la vierge Marie, et est notamment, souvent représentée aux côtés de la licorne symbolisant le Christ, durant les XVe et XVIe siècles. Elle fut également utilisée dans des jeux de mots, comme le prénom Jeannette ou encore une fleure (Lychnis dioica) appelée janette[48].

Notes et références

Voir aussi

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