Georg Lilienthal
historien allemand
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Georg Lilienthal, né le 9 décembre 1948 à Darmstadt (Allemagne), est un historien allemand spécialisé dans l’histoire de la médecine, de l’eugénisme et de la politique raciale sous le national-socialisme. Il s’est particulièrement intéressé aux politiques nazies de rassenhygiene (hygiène raciale) et à leurs implications sociales et médicales. Lilienthal a étudié l’histoire, la germanistique et la byzantinistique à l’Université de Mayence, où il a ensuite travaillé comme assistant scientifique. Il a soutenu sa thèse de doctorat en histoire en 1982 et a été habilité en 1991. Par la suite, il a enseigné comme Privatdozent (maître de conférences) et a dirigé de 1999 à 2014 la grande Gedenkstätte Hadamar, un mémorial consacré aux victimes de l’euthanasie nazie.
Travaux et contributions scientifiques
Georg Lilienthal est réputé pour ses travaux pionniers sur l’eugénisme, la politique raciale du Troisième Reich et, en particulier, l’organisation Lebensborn — une institution SS créée par Heinrich Himmler dans les années 1930 comme instrument de la politique raciale nazie.
Thèse et travaux sur le Lebensborn
Bien que Lilienthal n’ait pas consacré l’intégralité de sa thèse de doctorat à la seule question du Lebensborn, il a été le premier historien moderne à analyser en profondeur cette institution, au point qu’on considère souvent ses recherches des années 1980 comme les travaux fondateurs sur le sujet. Avant ses travaux, l’existence même du Lebensborn — ces foyers où des femmes jugées d'« origine aryenne » pouvaient accoucher et où l’on cherchait à encourager les naissances considérées comme « racialement supérieures » — était souvent traitée comme une rumeur ou entourée de mythes. C’est avec son livre Der “Lebensborn e.V.”: Ein Instrument nationalsozialistischer Rassenpolitik (Stuttgart/New York, 1985, réédité par Fischer en 2003) que Lilienthal a clairement documenté et analysé cette institution comme un instrument concret de la politique raciale du régime nazi.
Son étude historique démontre que le Lebensborn n’était pas une simple politique nataliste passive, mais une politique d’État intégrée à l’idéologie raciale de la SS :
- encourager les naissances d’enfants jugés « racialement purs » nés de femmes et d’hommes sélectionnés selon les critères nazis ;
- fournir des services de maternité et de soutien matériel aux mères « racialement valides » ;
- favoriser l’adoption d’enfants « aryens » par des familles SS ou germanophones ;
- et, à partir de 1942, procéder dans certains cas à l’enlèvement d’enfants dans les territoires occupés pour les germaniser.
Lilienthal a souligné que cette institution s’inscrit dans la logique globale de la politique raciale nazie qui cherchait non seulement l’élimination des individus jugés « indignes », mais aussi la promotion et la reproduction politiques de ce que les nazis considéraient comme la « race supérieure ». Il a ainsi montré comment le Lebensborn visait à renforcer l’idéologie aryenne par la reproduction et la socialisation contrôlée.
Autres domaines de recherche
Outre le Lebensborn, Lilienthal a publié de nombreux travaux sur l’euthanasie nazie, la médecine sous le Troisième Reich et la « rassenhygiene » dans divers contextes institutionnels.
Publications principales
- Der “Lebensborn e.V.”: Ein Instrument nationalsozialistischer Rassenpolitik (1985, avec rééditions ultérieures).
