George Grossmith
comédien, écrivain, compositeur, acteur et chanteur anglais
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George Grossmith est un acteur, chanteur, auteur et compositeur britannique né le à Londres et mort le à Folkestone.
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George Grossmith (d) |
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Emmeline Rosa Noyce (d) (à partir de ) |
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George Grossmith fils Cordelia Rosa Grossmith (d) |
Sa carrière s'étend sur plus de quatre décennies. Il est l'auteur de dix-huit opéras-comiques, près de cent saynettes musicales, quelque six-cents chansons et œuvres pour piano. Il écrit également trois livres, de nombreux articles de journaux et magazines, et un roman comique, Journal d'un homme sans importance, en collaboration avec son frère Weedon.
Grossmith est surtout connu pour avoir créé en tant qu'acteur-chanteur neuf personnages mémorables dans les opéras-comiques de Gilbert et Sullivan entre 1877 et 1889, dont Sir Joseph Porter dans H. M. S. Pinafore (1878), le Major-général dans Les Pirates de Penzance (1880) et Ko-Ko dans Le Mikado (1885-1887).
Grossmith jouit de son temps d'une grande notoriété, aussi bien avant qu'après sa collaboration avec Gilbert et Sullivan. Il est un soliste dans les années 1890. Certaines de ses chansons comiques sont toujours populaires, telle Regarde-moi danser la Polka (See Me Dance the Polka.
Son fils, George Grossmith Jr, devient lui-même un acteur, dramaturge et producteur de comédies musicales pendant l'Époque édouardienne.
Biographie
Enfance et adolescence
George Grossmith naît le à Islington, Londres, et grandit à St Pancras et à Hampstead.
Son père, également nommé George (1820-1880), est chroniqueur judiciaire pour le Times et autres journaux au tribunal de Bow Street, et donne des conférences tout en menant une carrière d'artiste. Sa mère s'appelle Louisa Emmeline Grossmith, née Weedon (d. 1882). Au fil des ans, le père de Grossmith délaisse Bow Street pour faire des tournées en tant qu'artiste[1]. Jeune homme, Grossmith fils est généralement crédité de « Jnr » pour le distinguer de son père, surtout quand ils jouent ensemble. Pendant la plus grande partie de sa carrière, il ne sera plus appelé que George Grossmith. Plus tard, son propre fils devient Grossmith Jr. Certaines sources les confondent. L'autre fils de George, Laurent Grossmith, est également acteur, principalement en Amérique[2].
George Grossmith est l'aîné d'une fratrie qui comporte une sœur, Emily, et un jeune frère, Weedon. En 1855, les deux garçons fréquentent l'internat Massingham House d'Haverstock Hill dans le quartier de Hampstead. George y étudie le piano et commence à amuser ses amis et ses professeurs avec ses pantomimes ; il finit par jouer du piano à l'oreille. La famille déménage pour Haverstock Hill lorsque le jeune Grossmith a dix ans ; il quitte l'internat et devient externe[3].
À l'âge de douze ans, il est transféré à la North London Collegiate School de Camden Town. Une année plus tard, vers treize ans, il est de retour à Saint-Pancras[4]. Il est amateur de photographie et de peinture durant son adolescence ; son frère Weedon fréquente l'école des beaux arts. La famille Grossmith a des amis artistes, dont J. L. Toole, Ellen Terry, Henry Irving, qui apparaît dans le Journal d'un homme sans importance, H. J. Byron, Tom Capot, T. W. Robertson et John Hollingshead (plus tard, gestionnaire du Gaiety Theatre, Londres).
George Grossmith voulait devenir avocat. À partir des années 1880, il travaille avec son père en tant que reporter au Times et autres périodiques, et le remplace pendant ses tournées de conférences. Il couvre entre autres l'explosion de Clerkenwell par les Fenians en 1867. Dans le même temps, il commence à écrire des articles humoristiques pour différents périodiques et à fréquenter des compagnies de théâtre amateur[5]. Il collabore avec son père, sur scène, dans ses spectacles, ses conférences et ses imitations, et commence à ajouter de la musique lors des représentations, ce qui est nouveau[6].
Vie privée
En 1873, George Grossmith épouse Emmeline Rosa Noyce (1849-1905), fille d'un médecin de quartier, rencontrée des années plus tôt lors d'une fête d'enfants. Le couple aura quatre enfants : Georges, Sylvia (1875-1932), qui se marie avec Stuart James Bevan en 1900, Lawrence et Cordelia Rosa (1879-1943)[7].
La famille vit d'abord dans le quartier de Marylebone puis déménage vers 1885 à Dorset Square.
Début de carrière
Les jeunes Grossmith commencent à se faire un nom lors de soirées privées, en tant qu'animateurs musicaux non professionnels. À partir de 1864, ils participent aux nouvelles Penny Lectures, divertissements ou événements culturels consacrés à la lecture, à des représentations comiques et des chansons ; le prix est d'un penny, pour permettre aux ouvriers d'y assister. George tient quelques rôles lors de représentations théâtrales, par exemple celui de John Chodd, Jr., personnage de la pièce de Robertson : Society, donnée à la Gallery of Illustration en 1868. Le reste de la soirée est consacré à une comédie burlesque, écrite par Mr Grossmith père, sur la pièce de Dickens et Collins L'abîme (No Thoroughfare: A Drama: In Five Acts)[8].
En 1870, il devient titulaire du rôle-titre dans Paul Pry, comédie de Poole, également produite par la Galerie de l'Illustration[9].
George et son père pense que son talent est mieux employé dans les sketches qu'au théâtre. Le jeune Grossmith admire les dessins humoristiques, le jeu et le talent de John Orlando Parry. Parry est à la fois peintre et pianiste, il crée de nombreux divertissements et les interprète. Ils sont montés par la compagnie German Reed Entertainements, fondée en 1855, par Thomas German Reed (1817–1888) et son épouse Priscilla German Reed. George s'inspire de Parry pour créer des sketches humoristiques, avec un commentaire légèrement satirique ; il se livre à des improvisations libres et compose des chansons comiques qu'il accompagne au piano[10].
Entrée dans la vie professionnelle
Grossmith devient professionnel dans les années 1870 avec un sketch, Bizarreries humaines (Human Oddities), écrit par son père, et une chanson, Le Photographe insouciant (The Gay Photographer), sur des paroles de Mr Grossmith père, et une musique de ses deux fils. C'est l'histoire d'un photographe, qui brise le cœur d'une jeune Miss Jenkins, elle avale ses produits chimiques et en meurt[11].
À la fin de 1870, le jeune Grossmith apparaît en solo lors d'une émission de nuit à la Polytechnic de l'université de Westminster à Regent Street ; des intermèdes comiques s'intercalent entre les cours[6]. Bizarreries humaines et un autre sketch, Le Nain jaune, deviennent des succès (le premier est présenté lors d'une tournée de six mois). En 1871, il a un nouveau succès avec C'était était un homme de précaution (He was a Careful Man)[10].
Son biographe Tony Joseph fera remarquer qu'à part quelques morceaux de jeunesse, presque tout le répertoire de Grossmith est de sa propre composition, paroles aussi bien que musique. Les sketches de l'artiste sont décrits comme[CCom 1] :

Grossmith fait une tournée pendant l'été 1871, avec Henry Howard Paul et, occasionnellement, Mrs Paul[N 1]. Mrs Howard Paul quitte son mari vers cette date. Howard Paul a pris comme maîtresse l'actrice, chanteuse, danseuse et acrobate Letitia Elizabeth Rudge, dite Letty Lind (en), qui lui donnera deux enfants illégitimes.
En 1871, Grossmith donne à l'école Polytechnique trois de ses sketches, The Puddleton Penny Readings, Theatricals at Thespis Lodge[10] et The Silver Wedding[12] ; le dernier comprend l'une de ses chansons les plus populaires, Je suis si volatile (I am so Volatile), écrite par son père[13]. Le , Grossmith donne une parodie des conférences à un penny au Gaiety Theatre, à Londres — il est de tradition que les théâtres ne donnent pas de représentations costumées le mercredi des Cendres —. À l'époque, le théâtre de la Gaieté présente Thespis de Gilbert et Sullivan. Ce sera le début de la collaboration entre Grossmith et ces deux compositeurs[14]. Tout au long de ces années, Grossmith continue de travailler à Bow Street pour les matinées.

En 1873, Grossmith père et fils commencent des tournées dans tout le pays pour trois années, avec des retours à la maison chaque week-end. Le programme se compose de sketches comiques et de textes humoristiques ; ils sont présentés dans différents cercles littéraires et théâtres publics, des institutions religieuses et plusieurs maisons de la YMCA. Les sketches de George comprennent The Puddleton Penny Readings, Our Choral Society et In the Stalls[15].
À cette période, Grossmith rencontre Fed Sullivan et se lie d'amitié avec lui. Plus tard, il fait la connaissance de son frère Arthur[16] ; par son intermédiaire, il entre dans le cercle intime du compositeur, est invité à participer à des représentations privées, ce qu'il fera tout au long de sa carrière. Ces événements ont parfois lieu après les représentations au Savoy Theatre[17].
En 1876, il part en tournée avec Florence Marryat, écrivaine et conteuse, dans un programme de divertissement intitulé Entre Nous. C'est une suite de sketches au piano, de récitations costumées, avec un petit opéra comique à deux personnages Cups and Saucers[15]. Ils donnent de nombreux récitals privés[13]. En 1877, Lionel Brough fait connaître un autre succès de George Grossmith The Muddle Puddle Junction Porter[14].
Il est l'ami de nombreux gens du spectacle et musiciens, y compris Arthur Sullivan et l'impresario Richard D'Oyly Carte. Il se voir offrir un rôle dans Trial by Jury et autres compositions de Gilbert et Sullivan lors de galas caritatifs[18].
Après sept années en tournées, Grossmith voit ses revenus diminuer. Une lettre d'Arthur Sullivan, en , lui offre un rôle dans une nouvelle oeuvre, Le Sorcier (The Sorcerer, écrit avec W. S. Gilbert[15].
Les années « Oyly Carte »
Gilbert et Sullivan ont apprécié Grossmith dans Trial by Jury lors de plusieurs galas[19]. Gilbert avait réalisé l'une des représentations alors que Grossmith tenait le rôle du juge[20].

Le rôle-titre de l'opérette, le personnage John Wellington Wells, lui est donné[21]. Le succès est au rendez-vous. Grossmith est titularisé dans la compagnie D'Oyly Carte. Il va créer neuf des principaux rôles de baryton comique de Gilbert et Sullivan au Savoy de Londres de 1877 à 1889 : le pompeux Premier Lord de l'Amirauté, Sir Joseph Porter, dans H. M. S. Pinafore (1878) ; le major général Stanley dans Les Pirates de Penzance, expert en tout sauf dans la chose militaire (1880) ; l'esthète Reginald Bunthorne dans Patience (1881) ; le Lord Chancelier, amoureux solitaire, dans Iolanthe (1882) ; le Roi de Gama, à la fois sarcastique et boiteux, de la Princesse Ida (1884) ; Ko-Ko, le petit tailleur élevé à la dignité de Son Excellence le Bourreau dans Le Mikado (1885) ; le maudit Robin Oakapple dans Ruddigore (1887) ; et le bouffon pathétique, Jack Point, dans Les Yeomen de la Garde (1888).
Le , une semaine après la soirée d'ouverture de Ruddigore, Grossmith tombe malade[22]. Le , les médecins le déclare convalescent[23], et Grossmith reprend son rôle de Robin le 18[24]. Pendant son absence, sa doublure Henry Lytton le remplace et deviendra titulaire du rôle[25].
Extraits de presse
Dans sa notice nécrologique, The Times note « la vivacité, les tours amusants, la dignité encore plus amusante — la dignité d'un homme de quelques centimètres de haut et d'un peu de rondeurs — et son incomparable talent pour la parole et le chant rapides. »
Le Daily Telegraph écrit à propos d'une de ses interprétations : « Qu’il s’agisse d’exprimer l’esprit professionnel du pauvre Jack ou de cacher un cœur triste derrière des mots légers… M. Grossmith était maître du rôle qu’il interprétait. »[26]
En 1883, le Times analyse une représentation d'Iolanthe : « L'imitation du Lord Chancelier par M. Grossmith est devenue une satire d'une finesse exquise. »[27]. Son expérience dans le comique lui avait appris à improviser. Gilbert et son interprète eurent un échange resté fameux lors des répétitions du Mikado : dans une improvisation, Jessie Bond, agenouillée devant le Mikado, poussait Grossmith, qui roulait par terre. Gilbert demanda qu'on coupe la scène. Grossmith répondit : « Mais la salle a éclaté de rire ! » Gilbert rétorqua : « Tout comme si vous vous alliez vous asseoir sur une pork-pie (tourte au porc)[28] ».
L'acteur est célèbre pour son trac les soirs de première. Hesketh Pearson écrit, en 1935, que Grossmith s'injectait de la drogue (probablement de la morphine) pour calmer ses nerfs[29]. Dans le film biographique Topsy Turvy, on le voit, en coulisses, s'injecter un produit le soir de la première du Mikado. Dans son journal, Arthur Sullivan écrit après la première : « Tout s'est très bien passé, sauf pour Grossmith, dont la nervosité a failli faire capoter la pièce[30] ».
Grossmith parlait de ses capacités vocales avec autodérision. Beaucoup, dont Sullivan, n'étaient pas d'accord[31] :
Durant son passage à la D'Oyly Carte Opera Company, le père et la mère de Grossmith sont morts (en 1880 et 1882). Grossmith continua à jouer ses sketches, souvent tard le soir, après ses représentations au Savoy. Il en écrivait toujours de nouveaux : Amateur Theatricals (1878), A Juvenile Party (1879), A Musical Nightmare (1880), et A Little Yachting (1886)[32].
Il composa la musique de l'opéra-comique d'Arthur Law, Oncle Samuel (1881), pièce en un acte qui précédait Patience au programme de l'Opéra-Comique. Son œuvre Cups and Saucers fut reprise et jouée avec Pinafore, puis interprétée par la compagnie en tournée. Parmi les autres oeuvres comiques de Grossmith composées durant ces années, on peut citer Mr Guffin's Elopement (L'Évasion de M. Guffin) (1882), A Peculiar Case (Un Cas Insolite) (1884, les deux sur un livret d'Arthur Law) et The Real Case of Hide and Seekyll (1886). Il composa la musique de Le Grand Tay-Kin, et d'une autre œuvre, sur des livrets d'Arthur Law, qui furent jouées au Toole's Theatre en 1885[33].
Grossmith a également écrit, composé et interprété plusieurs saynètes de salon pour un seul personnage, de courts opéras-comiques ou des monologues. Ils étaient présentés à l'Opéra-Comique ou au Savoy Theatre à la place des « levers de rideaux » lors des programmes courts. Parmi ces œuvres : Beauties on the Beach (1878)[12], Five Hamlets (1878), une reprise de A Silver Wedding (Noces d'Argent, 1879), The Drama on Crutches (1883). À propos de cette pièce, The Times écrit :
Il faut compter aussi Homburg, or Haunted by The Mikado (1887-88)[34], et Holiday Hall (1888). Grossmith s'est également produit lors d'événements caritatifs, notamment dans le rôle de Bouncer dans Cox and Box en 1879, à l'Opéra Comique.
La chanson humoristique de Grossmith, écrite en 1886, « See me dance the polka », connut un grand succès. Elle a été utilisée dans de nombreux films, a été citée ou mentionnée dans la littérature et la musique, notamment dans le poème/chanson « Polka » extrait de Façade d'Edith Sitwell et William Walton. Parmi les autres chansons qu'il a écrites durant cette période, on peut citer : An Awful Little Scrub (1880), The Speaker's Eye (1882), The Bus Conductor's Song (1883), How I Became an Actor (1883), See Me Reverse (1884), The Lost Key (1885), et The Happy Fatherland (1887)[32].
Dernières années
Grossmith quitte la compagnie D'Oyly Carte vers la fin des premières représentations de The Yeomen of the Guard, le 17 août 1889, et reprit sa carrière de spectacles avec piano[35], qu'il fera pendant 15 ans[36]. Il fait des tournées en Grande-Bretagne, en l'Irlande, et, cinq fois en Amérique du Nord. Ses programmes incluaient ses chansons populaires : See me Dance the Polka, The Happy Fatherland, The Polka and the Choir-boy, Thou of My Thou, The French Verbs, Go on Talking – Don't Mind Me, I Don't Mind Flies, puis Modern Music and Morals (1889), On Tour ; or, Piano and I (1891), A Seaside Holiday (1892), Fashionable Music (1892) and Is Music a Failure ? (1892)[32].
Selon The Times, « sa satire bon enfant était appréciée même par ceux qui en étaient la cible »[6].
Lors de sa tournée en Écosse, à l'automne 1890, Grossmith donne une représentation privée pour la reine Victoria au château de Balmoral[19]. Il compose la musique pour un pièce en trois actes, sur un livret de Gilbert, Haste to the Wedding (1892). Dans cette pièce, son fils George Grossmith Jr fait ses débuts à la scène. Musicalement plus difficile que toutes ses compositions auparavant, ce travail reste inachevé. Plus tard, Grossmith dira que l'écriture avec Gilbert a été l'une des plus heureuses de sa vie[37]. En 1892-93 il fait une deuxième tournée en Amérique du Nord, écrivant de nouveaux sketches à succès, How I Discovered America et Baby on the Shore (1893)[38].

En 1892, Grossmith collabore avec son frère Weedon Grossmith pour développer une série de chroniques humoristiques qu'ils avaient écrites en 1888-1889 pour Punch. Le Journal d'un homme sans importance est publié en tant que roman[39], et n'a jamais cessé d'être réédité depuis. Il offre une analyse fine de l'insécurité sociale, et Charles Pooter, du pub The Laurels, Brickfield Terrace, Holloway, fut immédiatement reconnu comme l'un des plus grands personnages comiques de la littérature anglaise[6]. Le roman a été adapté et mis en scène pour la télévision, en 1964[40], 1979[41] et 2007[42].

Grossmith deviet l'artiste de one-man-show le plus populaire de son époque ; ses tournées lui rapportent beaucoup plus que ce qu'il avait gagné dans la D'oyly Carte Opera Company[1]. Il continue à composer de la musique, Château Bang (1894) et les sketches The Ibsenite Drama (1895) et Do We Enjoy Our Holidays? (1897), des chanson comme The Baby on the Shore (1893), Johnnie at the Gaiety (1895), Tommy's First Love (1897), et The Happy Old Days at Peckham (1903)[32].
En 1894-95, Gilbert réussit à convaincre Grossmith de tenir le rôle de George Griffenfeld dans Son Excellence, musique de Frank Osmond Carr. En 1897, il joue brièvement le Roi Ferdinand V de Vingolia dans His Majesty de F. C. Burnand, au Savoy Theatre ; il fait deux brèves apparitions dans le rôle de Scoones dans Young Mr Yarde (1898) et dans The Gay Pretenders (1900)[43].
Dans une interview en 1896, il avoue qu'il ressent le poids des années, envisage la fin de sa carrière, et veut passer du temps chez lui avec sa famille, ses chiens et sa collection de pianos anciens[44]. Sa femme meurt d'un cancer en 1905. Il souffre de dépression ; sa santé commence à décliner, il annule de plus en plus d'engagements. Il raréfie ses spectacles, jusqu'en novembre 1908[6]. L'année suivante, Grossmith se retire à Folkestone, dans le Kent, qu'il avait visitée pendant de nombreuses années. Il y écrira son deuxième volume de mémoires, Piano and I (1910).
Grossmith meurt à son domicile de Folkstone, à l'âge de 64 ans. Il est enterré au cimetière de Kensal Green, dans le quartier londonien de Brent[45].
Dans son testament, daté du 26 octobre 1908, Grossmith lègue de petits montants à diverses œuvres caritatives et plusieurs personnes ; 2 000 livres sterling, des œuvres d'art et des objets de famille à chacun de ses enfants (sauf Lawrence, qui ne reçoit pas de legs en espèces) ; son fils, George, reçoit également « deux coupes en argent qui lui ont été offertes par [Gilbert, Sullivan et] Carte [et] la baguette en ivoire avec laquelle il a dirigé l'orchestre à l'occasion de la première apparition de son fils sur scène » dans Haste to the Wedding ; il y a des legs plus modestes aux conjoints de ses enfants, et à ses nièces, neveux, petits-enfants et quelques cousins. Le reste de la succession, minime, est partagé à parts égales entre ses enfants[46].
Postérité

Articles
Grossmith a écrit de nombreux articles humoristiques pour le magazine Punch ; dix sketches ont été, en 1884, inspirés de ses expériences à Bow Street. Il les a qualifiées de « très éprouvantes »[1]. Il a également écrit deux lives de souvenirs, A Society Clown: Réminiscences (1888) et Piano and I: Further Reminiscences (1910), 18 opéras-comiques, près de 100 sketches musicaux, 600 chansons et pièces pour piano, trois livres, des articles de journaux et de magazines, dans un large éventail de styles[6].
Interprétation
Dans les rôles comiques de Gilbert et Sullivan, d'autres artistes lui ont succédé : Henry Lytton, Martyn Vert, Pierre Pratt, John Reed, etc. qui doivent beaucoup au créateur des rôles.
Chansons
Le baryton Leon Berger (chanteur britannique, spécialiste de Gilbert et Sullivan et de Grossmith) enregistre plus de quarante chansons de Grossmith. Il est accompagné par Selwyn Tillett (également spécialiste de G&S), sur deux CD publiés par le label Divine Art, A Society Clown: The Songs of George Grossmith et, The Grossmith Legacy. Ce dernier album contient l’enregistrement de la voix de George Grossmith Jr[47].
Il n'existe aucun enregistrement de la voix de Grossmith même si la technologie d’enregistrement sur cylindre de cire existait de son vivant[48]. Cups and Saucers est enregistré par Retrospect Opera en 2016, en même temps que Pickwick de F. C. Burnand et Edward Solomon[49].
Oeuvres
- A Society Clown : Reminiscences, Bristol/London, Arrowsmith, (lire en ligne) Consulté Le
- avec Weedon Grossmith, The Diary of a Nobody, Bristol, Arrowsmith,
- Piano and I : Further Reminiscences, Bristol, Arrowsmith,
- The George Grossmith Birthday Book, Los Angeles, David Trutt, (1re éd. 1904) (lire en ligne)
- avec David Trutt (ed.), George Grossmith Songs and Sketches, Los Angeles, David Trutt, (lire en ligne)
Interprétation à l'écran
Grossmith est interprété par Martyn Green dans le film de 1953 The Story of Gilbert and Sullivan[50] ; par Martin Savage dans le film de 1999 Topsy-Turvy[51] ; par Simon Butteriss dans le documentaire télévisé de 2006 A Salaried Wit : Grossmith, Gilbert and Sullivan[52] ; et dans le drame en cinq parties de 2015 : I Am the Very Model of a Modern Major-General sur BBC Radio 4[53],[54].
Interprétation sur scène
Des acteurs l'incarnent dans des revues et des sketches : en Grande-Bretagne, Martyn Green, John Reed, dans A Song to Sing, O, au Savoy Theatre en 1981, Simon Butteriss[55]. Butteriss présente également un documentaire sur Grossmith en bonus du coffret DVD Sky Arts de 2010, A Motley Pair[56] et Leon Berger[57], ou l'Australien Anthony Warlow dans A Song to Sing, O en 1987[58].