Gerhard Wagner

médecin allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Gerhard Wagner (Neu-Heiduk, Munich, ) est un médecin nazi, l'un des fondateurs en 1929 et le président en 1932 de la Ligue nationale-socialiste des médecins allemands. Il est nommé Reichsärzteführer (équivalent à ministre de la santé) en 1933.

Décès
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MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
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Gerhard Wagner
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Député du Reichstag
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MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
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Wilhelm Wagner (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Il occupe de hautes fonctions sous le Troisième Reich, en collaborant avec Heinrich Himmler à une loi de stérilisation contrainte (1933) et aux lois antijuives de Nuremberg (1935).

Il meurt en 1939 d'une maladie hépatique, en étant remplacé par Leonardo Conti.

Biographie

Fils d'un médecin professeur de chirurgie, Wagner effectue ses études en médecine à Munich. Au cours de la Première Guerre mondiale, il sert comme médecin en étant décoré de la croix de fer de première classe.

À partir de 1919, Wagner exerce comme médecin à Munich ; entre 1921 et 1923, il est membre des corps francs von Epp and Oberland. De par ses origines silésiennes, il devient l'un des dirigeants des associations de la communauté allemande de Haute-Silésie (Deutschtumsverbände Oberschlesiens). Il rejoint le parti nazi en [1].

En 1929, Wagner est l'un des fondateurs de la Ligue nationale-socialiste des médecins allemands Nationalsozialistischer Deutscher Ärztebund (NDSÄB) dont il devient le dirigeant en 1932. À partir de 1933, il est membre du Landtag (parlement régional) du Palatinat[1].

En 1933, il est nommé Reichsärzteführer dirigeant des médecins du Reich et de la commission pour la santé nationale : il en dirige le bureau principal à partir de 1936. En , il est nommé dirigeant de la chambre des médecins du Reich (Reichsärtzekammer)[1].

En 1937, il est promu Obergruppenführer au sein de la SA, dont il est membre depuis 1929.

Wagner meurt d'un cancer du foie à 50 ans en 1939. Leonardo Conti, son second, lui succède comme Reichsärzteführer[2].

Actions et doctrine

La Ligue des médecins nazis compte près de 14 500 membres en 1935[3], 30 000 en 1938 et 46 000 en 1942[4].

Créée en 1929, Cette ligue représentait, avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler, près de 6 % des médecins allemands[5]. En 1942, plus des deux tiers des médecins allemands sont membres de cette ligue, et jusqu'à 80 % chez les professeurs d'universités de médecine[4].

Au début de 1933, 13 à 17 % des médecins allemands sont juifs, cette proportion atteignant près de 60 % à Berlin[4].

En tant que dirigeant des médecins nazis, Wagner prône une nouvelle politique de santé axée sur l'hygiène raciale. Dès l'arrivée des Nazis au pouvoir, le corps médical est réorganisé par un processus de Gleichschaltung ou « synchronisation ». Les oppositions sont éliminées par exclusion, intimidation et violence. Des programmes de cours sur la pureté héréditaire et la supériorité raciale sont mis en place[6].

Le 23 mars 1933, il signe en tant que Reichsärzteführer un « appel au corps médical allemand » pour exclure les médecins juifs de la profession médicale[7]. Fin 1933, 2800 médecins juifs sont renvoyés des cliniques et hôpitaux dirigés par l'assurance maladie[4].

En juillet 1933, il supervise avec Heinrich Himmler l'élaboration d'une loi sur la prévention des maladies héréditaires dressant une liste de maladies autorisant la stérilisation forcée des patients qui en sont atteints[3].

En 1935, il participe la rédaction des lois de Nuremberg (loi de protection du sang allemand) interdisant le mariage et les relations sexuelles entre juifs et non juifs[3].

De 1934 à 1938, près de 6 000 médecins juifs quittent l'Allemagne ; émigrent aussi les médecins homosexuels et les médecins opposés politiquement au nazisme[3].

Pour Wagner, « le judaïsme est une maladie incarnée »[3] : l'antisémitisme n'est pas une haine raciale, c'est un « pur et simple instinct de survie » car ce sont les juifs qui menacent la patrie allemande par le mélange des Aryens et des Juifs. Il rejette la culture « morbide » du christianisme comme néfaste au peuple allemand ; il reconnaît l'inégalité des hommes et la hiérarchie des races (où la race germanique-nordique domine) comme des faits de nature[8].

Être médecin, ce n'est pas s'occuper d'une personne privée, c'est servir un peuple, le peuple allemand, « le flux héréditaire du peuple allemand, gouverné par des lois éternelles ». Le médecin est un ingénieur de la santé et un combattant biologique pour « l'éternité de l'Allemagne »[9]. Selon Yves Ternon le médecin nazi soigne non pas un corps individuel, mais le corps du peuple ou Volkskörper (de), « un corps dont il faut préserver les cellules saines et extirper les cellules malades »[4].

Wagner déteste le système hospitalier moderne et les spécialités médicales. Dans un monde organique autosuffisant, le médecin doit pratiquer une médecine générale naturelle (néo-hippocratisme), honnête et simple, proche de la famille et du peuple[3]. Chez les femmes « supérieures », il faut favoriser la natalité par la création de pouponnières, le soutien aux familles nombreuses, l'interdiction de la contraception et l'avortement, mais pour les femmes « inférieures » des mesures inverses sont prises pour les empêcher de se reproduire[6].

Bibliographie

Références

Articles connexes

Liens externes

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