Ghorides
dynastie perse
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La dynastie des Ghorides (Ghurides ou Ghourides) (غوریان) est une dynastie afghane issue de la province de Ghôr en Afghanistan). Ils établirent un empire éphémère entre la Perse et le nord de l'Inde aux XIIe et XIIIe siècles.
| Statut | Monarchie héréditaire |
|---|---|
| Capitale |
Fîrouz-Kôh[1] Hérat[2] Ghazni (années 1170 - 1215)[3] Lahore (1176 - 1215 ; capitale d'hiver)[4] |
| Langue(s) | Persan (langue de la cour)[5] |
| Religion |
Bouddhisme (jusqu'en 1011)[6] Islam sunnite (à partir de 1011)[7] |
| 1099 | Les Ghorides deviennent les représentants des Ghaznévides |
|---|---|
| 1151 | Prise de Ghazni, capitale des Ghaznévides |
| 1186 | Conquête des derniers territoires ghaznévides |
| 1202 | Incursions dans le Pendjab et le Gujarat |
| 1215 | Morcellement de l'empire entre les Khwarezmchahs et le sultanat de Delhi |
| (1er) IXe siècle-Xe siècle | Amir Suri (en) |
|---|---|
| (Der) 1214-1215 | Ala al-Din (en) |
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Histoire
Émergence du pouvoir
Islamisée sans doute dans le courant du Xe siècle, cette région fut soumise à partir de 1010 aux Ghaznévides. En 1099, les Ghorides devinrent les représentants des Ghaznévides à Ghazni. Sous le règne d’Ala ad-Dîn Husayn (1150–1175), Ghazni fut conquise et détruite par les Ghorides chassés du Khorassan. À partir de 1178, les Ghorides entreprirent la conquête de la vallée de l’Indus et renversèrent en 1186 les derniers Ghaznévides du Pendjab.
Sous les Ghorides, un double pouvoir coexistait : Ghiyath al-Din Muhammad (en) (1163 – 1203) occupait le Khorassan. L'une de ses capitales était située à proximité de Djâm (province de Ghôr). Le minaret de Djâm, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO [8], haut de 65 mètres, est un des rares vestiges artistiques de la période ghoride[9].
Son frère Mu`izz ad-Dîn Muhammad (1173 – 1206) régnait sur l'actuel Afghanistan oriental jusqu'en Inde, depuis Ghazni jusqu'à Lahore.
Conquêtes
En 1198, Muhammad Ghûrî, l'un des souverains Ghorides, s'empare de Balkh au détriment d'un vassal des Khitans. Tekish, qui est également en conflit avec les Ghorides, profite de la situation pour exhorter les Kara-Khitans à ne pas laisser passer cette occasion, car l'autre souverain Ghoride, Ghiyath al-Din Muhammad (en), tente de s'emparer du Khwarezm et de la Transoxiane. Les Kara-Khitans répondent favorablement à sa demande et envahissent les terres Ghorides situées autour de Kurzuban, un citée située à proximité de l'actuelle ville de Tâloqân. Ils sont d'abord victorieux, tuant et capturant de nombreux soldats Ghorides, mais ils sont surpris par une attaque nocturne et subissent une cuisante défaite lorsque les renforts de Ghiyath al-Din arrivent au matin, laissant 12 000 morts sur le champ de bataille. Les Kara-Khitans se tournent vers Tekish pour obtenir une compensation pour les dommages subis et envoient Xiao Duolubu au Khwarezm pour collecter l'argent. Tekish réagit en demandant de l'aide aux Ghorides. Ghiyath al-Din accepte de contribuer au dédommagement, à condition que Tekish offre son obéissance au calife et restitue les territoires pris précédemment par les Qara Khitai. En conséquence, le Khwarezm réussit à fournir une sorte de compensation aux Kara-Khitans pour les pertes qu'ils ont subies en combattant les Ghorides, en utilisant des fonds Ghorides. Tekish meurt en 1200 et son fils Ala ad-Din Muhammad devient le nouveau Chah du Khwarezm. Il commence son règne en tant que tributaire des Kara-Khitans[10].
Les Ghorides profitent de la mort de Tekish pour conquérir certaines parties du Khorasan, dont Merv et Sarakhs, où ils installent Hindu Khan, un neveu de Muhammad, comme nouveau dirigeant et vassal. En septembre 1201, Muhammad marche sur Merv. Hindu Khan tente de s'échapper pour rejoindre les Kara-Khitans, mais il est tué avant de les atteindre. Le conflit au Khorasan entre Muhammad et les Ghorides se poursuit pendant plusieurs années. En 1204, Muhammad Ghûrî change de tactique et attaque directement le Khwarezm. Muhammad retourne précipitamment dans son domaine, ouvre les digues et brûle les prairies afin de ralentir l'avancée des Ghorides. Mais cela ne suffit pas et les troupes khwarazmiennes subissent une lourde défaite contre les Ghorides, près d'un canal, à l'est d'Ourguentch. Muhammad survit à la bataille et s'enfuit en direction des territoires des Kara-Khitans. Ces derniers réagissent en envoya à son secours une armée de 10 000 ou 40 000 hommes commandée par Tayangu et deux souverains Qarakhanides : Uthman ibn Ibrahim et son cousin Taj al-Din Bilge Khan, le dirigeant d'Otrar. Lorsqu'ils apprennent l'arrivée de ces renforts, les Ghorides se retirent vers le sud[11].
Par contre, toutes les versions des événements s'accordent sur le fait que les Khitans ont poursuivi les Ghorides jusqu'à Andkhud, un village situé entre Merv et Balkh, où Muhammad Ghûrî se réfugie dans un château. Alors que les Kara-Khitans s'apprêtent à le capturer, Uthman intervient et négocie la reddition des Ghorides. Cet acte est attribué à une forme de solidarité entre les chefs musulmans. Selon un récit, Uthman conseille aux Ghorides de faire entrer et sortir leurs troupes du château pendant la nuit, pour donner l'impression que des renforts arrivent, renforçant ainsi leur position dans les négociations. Tayangu et les Kara-Khitans acceptent de laisser partir Muhammad Ghûrî en échange d'une rançon. Le montant exact de cette rançon est plutôt flou ; certaines sources indiquant qu'il correspond à la totalité de ce que Muhammad Ghûrî a en sa possession, tandis que d'autres indiquent un montant beaucoup plus modeste, à savoir un éléphant et une somme d'argent. Les Ghorides gardent la ville de Balkh et l''Amou-Daria devient la frontière officielle entre les deux royaumes[12].
Mais la paix ne dure qu'un temps et Muhammad Ghûrî revient quelque temps plus tard pour se venger des Khitans. Au cours de l'été 1205, le vice-roi ghoride de Balkh s'empare de Termez et détruit une armée Kara-Khitane qui y était stationnée. Le souverain Ghoride planifie la construction d'un pont sur l'Amou-Daria afin de faciliter l'invasion de la Transoxiane par ses troupes, mais avant que son projet ne se concrétise, il est tué le 13 mars 1206 et l'invasion Ghoride prend fin[13].
Pendant que Ghiyath al-Din Muhammad (en) conquérait le Khorassan et remportait des succès contre les Khwarezmchahs, Mu`izz ad-Dîn avait entrepris la conquête du nord de l’Inde après sa victoire à la bataille de Thaneswar sur les princes indiens dirigés par Prithivîrâja Châhumâna III (1192). À partir de 1202, les Ghorides poussèrent leur conquête jusqu’au Bengale et au Gujarat.
En 1203, Mu`izz ad-Dîn devint le seul souverain ghoride, mais l’empire se désagrégea vite après son assassinat survenu vers 1206. Les régions d’Iran tombèrent alors 1215 sous le pouvoir des Khwarezmchahs et, en Inde, les généraux esclaves (« mamelouks ») dirigés par Qûtb ud-Dîn Aibak se rendirent indépendants et fondèrent le sultanat de Delhi.
Liste de souverains


Selon Clifford Edmund Bosworth, la succession des souverains ghorides serait la suivante[14] :
Lignée principale de Ghôr puis de Ghazni
- Muhammad ben Sûrî (?- ?)
- Abu `Alî (1011-?)
- Shîth (?- ?)
- Abbâs (?- ?)
- Muhammad (?- ?)
- Qutb ad-Dîn Hasan (?- ?)
- `Izz ad-Dîn Husayn (1100-1146)
- Sayf ad-Dîn Sûrî (1146-1149)
- Baha ad-Dîn Sâm Ier (1149-1149)
- `Ala' ad-Dîn Husayn (1149-1161)
- Sayf ad-Dîn Muhammad (1161-1163)
- Ghiyath al-Din Muhammad (en) (1163-1203)
- Shihâb ad-Dîn ou Mu`izz ad-Dîn Muhammad (1203-1206), règne à Ghazni à partir de 1173
- Ghiyâth ad-Dîn Mahmâd (1206-1212)
- Bahâ’ ad-Dîn Sâm II (1212-1213)
- `Alâ’ ad-Dîn Atsiz (1213-1214)
- Ala al-Din (en) ou Diyâ’ ad-Dîn Muhammad (1214-1215)
Conquête des Khwârazm-Shahs
Lignée de Bâmiyân et du Tokharestan
- Fakhr ad-Dîn Mas`ûd (1145-1163)
- Shams ad-Dîn Muhammad (1163-1192)
- Bahâ’ ad-Dîn Sâm (1192-1206)
- Jalâl ad-Dîn `Alî (1206-1215)

Conquête des Khwarezmchahs