Gilette Ziegler
femme de lettres et journaliste française
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Gilette Ziegler (née Gauthier), née à Nice le et morte dans la même ville le , est une femme de lettres et une journaliste française, auteur de nombreux romans policiers, ainsi que d'études historiques. Elle utilise les pseudonymes de Gilles Grey, Tony Guildé, G. G. Ziegler, Elton Jones, Patrick Regan, Gisèle Singrist.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Gillette Fanny Madeleine Gauthier |
| Pseudonymes |
Gilles Grey, Tony Guildé, G. G. Ziegler, Elton Jones, Patrick Regan, Gisèle Singrist |
| Nationalité | |
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| Activités |
| A travaillé pour | |
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| Genre artistique |
Roman policier, étude historique |
Biographie
Formation
Reçue première en 1923 au concours d'entrée[1] à l'École nationale des chartes, Gilette Gauthier y obtient le diplôme d'archiviste paléographe[2] en 1927 avec une thèse sur les institutions communales de Grasse[3],[4].
Carrière journalistique et littéraire
Dans l'entre-deux-guerres, sa signature apparait dans plusieurs périodiques, comme la revue féminine Minerva (articles et contes). Elle est une féministe déclarée, réclamant notamment le droit de vote[7],[8],[9]. Elle collabore aussi à la page destinée aux femmes du quotidien parisien Le Petit Journal, à partir de 1937, quand ce journal est l'organe d'un parti politique de la droite nationaliste, le Parti social français (PSF), fondé en 1936. Elle y plaide à nouveau la cause du droit de vote des femmes et borne leur rôle à celui de « la ménagère attentive [...] dans la grande maison de l'État »[10]. Membre du PSF[11], elle célèbre ce parti « également éloigné d'un féminisme agressif et d'une opposition systématique aux revendications féminines »[12]. Elle y vante aussi un centre social du PSF[13], un parti dont le mot d'ordre est « Social d'abord ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle participe à la résistance[2] dans les Basses-Alpes où elle publie le journal clandestin Tenir.
Dès 1941, elle publie « de nombreux romans d'énigmes classiques habilement composés, avec un goût certain pour les intrigues complexes et les longues explications finales »[14]. Elle est d'abord publiée à partir de 1941 par l'éditeur toulousain Laclau, qui se lance dans l'édition de romans populaires au début de la Seconde Guerre mondiale, avec succès. Ses romans sont publiés sous divers pseudonymes ou sous le nom de « G. G. Ziegler » (Gilette Gauthier Ziegler)[6].
Après la guerre, elle fait partie des écrivains, journalistes et artistes proches sinon membres du Parti communiste français (PCF). Elle collabore à des journaux communistes. Tout d'abord au quotidien niçois Le Patriote de Nice et du Sud-Est[15], à partir de 1944 ou 1945. Elle y publie surtout des reportages et des romans[16] mais elle a pu y écrire des articles politiques[17]. Elle collabore ensuite au quotidien parisien Ce soir, à la revue Europe puis, régulièrement (années 1960-1975), à l'Almanach Ouvrier et Paysan, édité par L'Humanité, l'organe du PCF. Elle donne encore des articles à L'Humanité dans les années 1970. Elle a aussi collaboré à l'émission radiophonique « Ce soir en France »[18], diffusée depuis les pays du Bloc de l'Est[19]. Au temps de la guerre froide, elle participe en 1951, comme représentante française de la Fédération démocratique internationale des femmes, liée au monde communiste alors dominé par Staline, à la délégation internationale qui se rend en Corée pour enquêter sur les atrocités commises selon la propagande communiste par l'armée américaine durant la guerre de Corée[20],[21],[22]. Elle en rapporte des photos et un témoignage publiés dans les quotidiens Ce soir [23] et L'Humanité[24].
Elle écrit deux romans publiés par une maison d'édition liée au PCF : J'étais au P.S.F. (1950), qui valorise le patriotisme des communistes durant la Seconde Guerre mondiale[25],[26], et Meurtre à Kang-Sé, paru en 1953, qui évoque la guerre de Corée[27].
Sa production de romans policiers est abondante. L'auteure utilise six pseudonymes, dont quatre masculins. Parmi ses romans policiers, quelques-uns ont pour héros l'irascible commissaire Gervais et son fidèle Fred Lièval ; d'autres, le médecin détective londonien Leslie Roy qui séjourne souvent en France où il contribue à faire la lumière sur de mystérieux assassinats. Elle a également créé le détective privé Raoul Lancy de l'agence Nolo. Ses romans opposent des détectives professionnels ou amateurs, aux opinions divergentes. Elle se met parfois en scène sous les traits de jeunes femmes archivistes paléographes ou journalistes et n'hésite pas à réécrire ses premiers romans des années 1940, en modifiant le nom de ses personnages et la résolution de l'énigme[28].
Dans les années 1950, Gilette Ziegler est l'un des piliers des éditions Ferenczi & fils. Son dernier roman policier paraît en 1963. Elle revient à partir de cette date à l'écriture et à la publication d'ouvrages historiques.
Œuvre
Romans
Signé Gilette Ziegler
- J'étais au P.S.F., Les Éditeurs français réunis (1950)
- Meurtre à Kang-Sé, Les Éditeurs français réunis (1953)
- Hors de cette ombre, Éditions Julliard (1960)
- Les Mauvais Tours, Éditions Julliard (1968)
Signés G. G. Ziegler
- Sera puni de mort, Laclau, coll. « L'Aigle » (1941), réédition Laclau (1945)
- La Voie sanglante, Laclau (1942)
- L'Homme au mantelet d'or, Éditions Chantal, coll. « Collection verte » no 1 (1942)
- La police est sur les lieux, Laclau, coll. « le Chien-loup » (1942)
- L'Épine rouge, Laclau (1944)
- Choisis le poison, Le Livre de Minuit (1944)
- La Mission de Martin Faublas, Laclau (1944)
- La mort donne des numéros, Éditions Chantal, coll. « Les Trois As » (1945)
- L'Heure de la justice, Laclau, coll. « Vigilance » (1946)
- Le Meurtre des studios Dundee, Éditions Chantal, coll. « Collection verte » no 8 (1947)
- Le Bar du jockey, Laclau (1947)
- Jeux de mort, Éditions Jacquier, coll. « Collection La Loupe » no 13 (1952)
- Le Seul Témoin, Éditions Julliard (1958)
- Le Bois du silence, Les Éditeurs français réunis (1963)
Signés Gilles Grey
- Le Film du mort, Laclau (1941)
- Les Diamants de Nossi Bé, Laclau (1941)
- L'Erreur de Ramon, Laclau (1941)
- Celui qu'elle aimait, Laclau (1941)
- Ne tirez pas sur le pianiste, coll. « Sélection policière » no 9 (1944)
- Les Yeux bandés, Laclau (1945)
- Un cri dans les ténèbres, Laclau (1945)
- Meurtre au village, Laclau (1945)
- Du sang au visage, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 92 (1954)
Signés Tony Guildé
- Les morts ne parlent pas, Laclau, coll. « Policia » (1941)
- La Poursuite sans merci, Laclau, coll. « le Chien-loup » (1942)
- Un mort sur la plage, Éditions Chantal coll. « Les Trois As » no 8 (1942)
- Le piano s'est tu, Laclau (1944)
- Les Vengeurs d'octobre, Le Livre de minuit (1944)
- Crime au refuge, Laclau (1945)
- Le Moulin qui pleure, Éditions Chantal coll. « Les Trois As » no 15 (1945)
- Le professeur est amoureux, Laclau (1946)
- Le maître d'hôtel ne parlera pas, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 295 (1953)
- À l'Ombre du crime, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 303 (1954)
- Trois coups de feu, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 322 (1954)
- Le Dernier Film de Bertrand Diaz, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 328 (1954)
- L'Heure de la justice, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 343 (1954)
- Une histoire de fous, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 356 (1955)
- Du poison et du sang, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 363 (1955)
- Kidnapping, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 378 (1955)
- Du sang à la une, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 391 (1955)
- Le professeur était tombé, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 408 (1956)
- Tu mourras avant le 30, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 416 (1956)
- Pas de vacances pour les tueurs, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 430 (1956)
- Charlie n'est pas un assassin, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 436 (1956)
- Pourquoi tuer un inspecteur ?, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 448 (1956)
- L'inspecteur connaît la musique, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 137 (1956)
- De quoi vous empoisonner, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 150 (1956)
- Édition spéciale, Ferenczi & fils, coll. « Police et Mystère » no 92 (1956)
- Ne jouez pas au détective !, Ferenczi & fils, coll. « Police et Mystère » no 100 (1956)
- Je connais l'assassin, Ferenczi & fils, coll. « Police et Mystère » no 106 (1957)
- Un vrai jeu de massacre, Ferenczi & fils, coll. « Police et Mystère » no 112 (1957)
- Meurtre en clair-obscur, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 155 (1957)
- Les Assassins d'abord, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 165 (1957)
- Le Match de la mort, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 457 (1957)
- Pas de deuil pour Mayo, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 475 (1957)
- Troisième Degré, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 484 (1957)
- Cherchez la brune, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 490 (1957)
- Des frères à tuer, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 497 (1957)
- Un fou s'est évadé, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 505 (1957)
- La Mort au "Bois Dormant", Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 516 (1958)
- Allez au diable !, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 524 (1958)
- Pas besoin d'avocat, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 534 (1958)
- Une dose de poison, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 539 (1958)
- Le brigadier est mort à l'aube, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 554 (1958)
- Deux morts dans les bois, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 180 (1958)
- Du plomb dans l'aile, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 184 (1958)
- Faux Visages, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 200 (1958)
- Le Gang des experts, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 204 (1958)
Signés Elton Jones
- Meurtres aux studios, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 312 (1954)
- J'ai peur de devenir folle, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 353 (1955)
- Deux boules d'or, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 370 (1955)
- Ce gosse est dangereux, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 380 (1955)
- Le mort allait parler, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 410 (1955)
- Duel à mort, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 442 (1956)
- La danseuse étoile est morte, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 447 (1956)
- Crime passionnel, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 467 (1957)
- Tu vas payer, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 519 (1958)
- Où sont les gangsters ?, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 550 (1958)
- Le tueur manque à l'appel, Ferenczi & fils, coll. « Police et Mystère » no 121 (1958)
- Ronde de nuit, Ferenczi & fils, coll. « Mon roman policier » no 558 (1958)
Signés Patrick Regan
- Préméditation, Romans & Nouvelles coll. « Sélection policière » no 6 (1944)
- Le Rôle de minuit, Laclau (1945)
Signé Gisèle Singrist
- Crime sur commande, Ferenczi & fils, coll. « Le Verrou » no 99 (1954)
Études historiques
- Gilette Gauthier-Ziegler, Histoire de Grasse au Moyen âge, 1155-1482, Picard, 1935[29]
- Les Coulisses de Versailles, Éditions Julliard (1963)
- Histoire secrète de Paris, Éditions Stock (1967)
- Le Défi de la Sorbonne. Sept siècles de contestation, Éditions Julliard (1969)
- Paris, un guide raconté aux jeunes, Éditions Stock (1969)
- Paris et ses révolutions, Les Éditeurs français réunis (1970)
- Amours, complots et révolutions, Le Pavillon (1972)
- Les Templiers, Culture, art, loisirs, cop. (1973)
- Curie Marie et Joliot-Curie Irène, Correspondance, choix de lettres (1905-1934), établie par Gilette Ziegler, Paris, Les Éditeurs réunis, 1974
- Gerbert, Culture, art, loisirs, cop. (1975)
- Les Femmes et le Travail : du Moyen Âge à nos jours, Éditions de la Courtille (1975) (en collaboration[30])
- Christine de Pisan, dans Collectif, Femmes extraordinaires, Paris, Éditions de la Courtille, 1979