Gruyer
officier ayant compétence en matière de forêts
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Un gruyer est, dans la France du Moyen Âge et des Temps modernes, un agent seigneurial, chargé de s'occuper des forêts et rivières d'un domaine ou de plusieurs domaines. La circonscription du gruyer est appelée « gruerie ».
Il met en réserve les domaines boisés (« hagis »), contrôle les usages coutumiers et juge en première instance les délits commis dans les forêts et les rivières de sa gruerie, notamment les déprédations ou les mésusages des paysans.
Ce titre est resté longtemps utilisé en Bourgogne, en Franche-Comté et en Bretagne, ainsi qu'en Lorraine où les grueries subsistent jusqu'en 1747. La réformation des forêts[pas clair] met un terme à cette fonction.
Histoire du mot
Le mot « gruyer » vient d'un mot latin utilisé en Gaule romaine, grodiarius, qui désigne un forestier. On trouve d'autres formes du mot en français : « groyer », « grayer », « grurin »,
Ces mots sont à l'origine de noms de famille ou de lieux. Par altération, ils ont donné « Ruyer », « Royer », « Rayez ».
La ville de Gruyères en Suisse, partie du grand royaume de Burgondie ou Bourgogne pourraient être décrites comme une réunion de circonscriptions sous l'autorité de gruyers ou grueries. Mais le toponyme renommé pour son fameux fromage est gallo-romain même s'il est encore compris au Moyen Âge.[pas clair]
Le mot « gruerie » désigne la circonscription du gruyer, mais aussi le droit du seigneur de contrôler à son profit les bois et forêts de son domaine.
Histoire de la fonction
Le mot « gruyer » désigne un maître forestier chargé de gérer la partie non cultivée d'un domaine, c'est-à-dire la manse domaniale principalement mise en réserve.[pas clair] Elle comporte le capital réservé d'un domaine, soit le cheptel nourri à la bonne saison et les bois de valeur.
Si le saltus gallo-romain est un espace à usage et à prédation ouverte et commune, la foresta mérovingienne est étymologiquement "en dehors des états", donc du domaine ou villa. L'espace de la foresta est simplement géré à part, pour préserver bois, clairière, prairie, flore et faune sacrées. Le roi germanique et sa cour, peut-être la noblesse gallo-romaine y avaient des privilèges de chasse. Le francique gruoli, ce qui est vert, a influencé par rapprochement la fonction. Désormais, les forestiers ou forestarii, habillés de façon reconnaissable en vert, exercent une fonction collective de protection de l'ordre du monde. Un sens collectif d'espace mis en commun, où chacun a des droits définis, apparaît. Si les pauvres n'ont pas de droit de chasser le grand gibier, ils peuvent ramasser le bois mort et capturer certains petits animaux.
Le mot féodal s'est appliqué par essence à une possession privée. Il peut s'agir d'un garde privé au service d'un seigneur propriétaire[1]. Le terme a aussi fini par désigner un noble qui possède un droit d’usage et de justice sur les bois d’un vassal.
L'officier gruyer intervient dans la récupération des épaves. Celles-ci peuvent être un troupeau ou un animal domestique divagant, un gibier imprévu, un chariot délaissé par des pilleurs de bois en fuite, une attelage saisi en délit de traînage, une voiture de bois dérobé... Les procès verbaux rédigés depuis la généralisation de cette fonction de protection des forêts témoignent de la vie quotidienne dans les forêts.
Voir aussi
Bibliographie
- Ariette Smolard-Meynart, La Justice ducale du plat-pays, des forêts et des chasses en Brabant (XIIe-XVIe siècles) : sénéchal, maître des bois, gruyer, grand veneur, t. 60, Bruxelles, Annales de la Société royale d'archéologie, , 624 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
- Édouard Decq, L'Administration des eaux et forêts dans le domaine royal en France aux XIVe et XVe siècles, Paris, Bibliothèque de l'école des chartes, 1922, tome 83. pp. 65-110, en ligne sur le site Persée première partie