Guilers
commune française du département du Finistère
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Guilers [gilɛʁ] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont appelés les Guilériens et les Guilériennes.
| Guilers | |||||
L'église Saint-Valentin de Guilers. | |||||
Héraldique |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Finistère | ||||
| Arrondissement | Brest | ||||
| Intercommunalité | Brest Métropole | ||||
| Maire Mandat |
Matthieu Séité 2025-2026 |
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| Code postal | 29820 | ||||
| Code commune | 29069 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Guilériens | ||||
| Population municipale |
8 268 hab. (2023 |
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| Densité | 436 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 25′ 31″ nord, 4° 33′ 24″ ouest | ||||
| Altitude | 90 m Min. 6 m Max. 96 m |
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| Superficie | 18,98 km2 | ||||
| Type | Ceinture urbaine | ||||
| Unité urbaine | Guilers (ville isolée) |
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| Aire d'attraction | Brest (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Brest-4 | ||||
| Législatives | Deuxième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Finistère
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | Site officiel de la ville de Guilers | ||||
| modifier |
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Commune de la couronne brestoise, Guilers est membre de Brest Métropole. Guilers est reconnue pour son dynamisme associatif. Ainsi, la commune s'est dotée en d'un centre socio-culturel, « l'espace Jean Mobian » ou « l'Agora » jusqu'en , offrant ainsi des locaux adaptés aux activités de ses associations. De plus, l'école de musique de Guilers fête ses dix ans en . Enfin, la commune accueille depuis le festival Astropolis sur le site du manoir de Keroual, situé dans le bois de Keroual.
Géographie
Communes limitrophes
La "Petite Russie"
La région des sources actuelles de l'Aber Ildut, aux confins des communes de Plouzané, Guilers et Brest, est surnommée "Petite Russie" en raison de sa platitude, de ses marécages et de ses brouillards fréquents. La carrière de Bodonou, vaste de 140 hectares, exploite les sables et graviers pliocènes, avec une obligation de restauration en zone naturelle au fur et à mesure de l'exploitation[1].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'aber Ildut, la Penfeld et divers autres petits cours d'eau[2],[Carte 1].
L'Aber-Ildut, d'une longueur de 24 km, prend sa source dans la commune de Plouzané et se jette dans la mer d'Iroise en limite de Plouarzel et de Lanildut, après avoir traversé six communes[3].
La Penfeld, d'une longueur de 16 km, prend sa source dans la commune de Gouesnou et se jette dans la rade de Brest à Brest, après avoir traversé quatre communes[4].

Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le lac de Pontavennec, d'une superficie totale de 12,8 ha (2,4 ha sur la commune) et l'étang de la Villeneuve (2,3 ha)[Carte 1],[5].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[8]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[9]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 080 mm, avec 17,1 jours de précipitations en janvier et 8,6 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Guipavas à 12 km à vol d'oiseau[12], est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 229,8 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,3 °C, atteinte le ; la température minimale est de −14 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Guilers est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Guilers, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[16],[17]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[17]. Cette aire, qui regroupe 68 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[18],[19].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (42 %), terres arables (24,3 %), zones urbanisées (16,3 %), forêts (3,9 %), mines, décharges et chantiers (3,4 %), prairies (3,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,7 %), eaux continentales[Note 4] (1,5 %)[20]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Guicler[21] et Guider[22] en 1350, Guiller en 1446, Guillar en 1458, Guiler en 1467, Guillier en 1516, Guylerz en 1536, Guicler en 1539, Guyller en 1540, Guyler en 1541, Guiller en 1544, Guillier en 1544, Guilier en 1544, Guyler en 1592, Guillez en 1630, Guic-Ler en 1636, Guiler Leon en 1644, Guycler en 1647, Guiler en 1661, Guiller en 1665, Guiller en 1678, Guiler en 1682, Guiller en 1687, Guyler en 1687, Guiler en 1690, Guiler en 1691, Guiler en 1693, Guyler en 1693, Guiller en 1694, Guiler en 1694, Guiler en 1694, Giller en 1694, Guyler en 1694, Guiler en 1695, Guyler en 1695, Guiler en 1695, Guiller en 1697, Guiler en 1698, Guyler en 1699, Guiler en 1699[21].
En breton, le nom est Gwiler-Leon. C'est également la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne[21].
Le nom Guilers, à l'instar de Guilliers et Guiler-sur-Goyen, dérive du latin villare en évolution bretonne[23], désignant un domaine rural gallo-romain de grande taille. Il a été adopté par le vieux breton sous la forme uuiler, avant d'évoluer en guiler en moyen breton, puis en gwiler en breton moderne[24]. Guilers est une évolution française très récente du même mot : le -s final n'est pas étymologique[23]. Dans le langage courant, la localité est simplement dénommé Gwiler en breton[21].
Histoire
Temps modernes
Au XVIe siècle, Guilers faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan[25].
Louise de Keroual (1649-1734), fille d'Hervé de Penancoët, seigneur de Keroual, fut la maîtresse du roi d'Angleterre Charles II et duchesse de Portsmouth. Sa sœur, Henriette Mauricette (1655-1728), fut comtesse de Pembroke et, en secondes noces, marquise de Tual. En 1680 la seigneurie de Keroual appartient à Guillaume de Penancoët, qui possédait aussi Menovalet, le Stiffel et Kerovalze.
En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Guillier [Guilers] et Bohars de fournir 22 hommes et de payer 144 livres tournois pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[26].
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Guilers en 1778 :
« Guillœr ; à 11 lieues et demie au sud-ouest de Saint-Pol-de-Léon, son évêché ; à 47 lieues de Rennes et à 1 lieue et demie de Brest, sa subdélégation et son ressort Cette paroisse, dont la cure est présentée par l'évêque, relève du Roi et compte 1 000 communiants[Note 5], y compris ceux de Bohars, sa trève. Il s'y exerce trois basses-justices. Ce territoire, plein de vallons et de montagnes [sic] est fertile en froment et autres grains. Il est assez bien cultivé, et les landes y sont rares. On y cueille beaucoup de lin et de cidre. Les maisons nobles sont Traomeur et Ker-ouale[27]. »
Révolution française
Le XIXe siècle
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Guilers en 1843 :
« Guiler (sous l'invocation de saint Valentin) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, moins sa trève Bohars, devenue commune ; aujourd'hui succursale. (...) Principaux villages : Coat-ty-Bescont, Keraudren, Kernoalet, Kerfily, Kervarziau, Styvel, Kérédern, Penfeld. Objets remarquables : forges de la Villeneuve, manoirs de Kermérien, de Kéroual, fort Penfield, chapelle Saint-Fiacre. Superficie totale 1 898 hectares, dont (...) terres labourables 1 210 ha, prés et pâturages 170 ha, bois 54 ha, canaux, étangs et marais 4 ha, landes et incultes 339 ha (...). Moulins 13 (Gouez, Tridour, Kerboronnès, de la Tour, de Penantraon). Le bourg de Guiler est situé au centre de la commune, et au point le plus élevé entre Brest et Saint-Renan. Il y a deux pardons à l'église paroissiale, l'un le 14 février, l'autre le 15 août : ce dernier est le plus fréquenté. L'agriculture est florissante dans cette commune v on y fait, entre autres, beaucoup de pommes de terre, qui sont exportées à Brest. Le bois, et surtout le bois de chêne, est rare ; l'orme est beaucoup plus répandu. La population de Guiler est en grande partie composée d'ouvriers qui travaillent à l'arsenal de Brest. Beaucoup de femmes exercent l'état de blanchisseuses, et leur industrie est alimentée par le voisinage de la même ville. On exporte quelques tourbes au voisinage des marais de Baudonnou. La route départementale n°10 du Finistère, dite de Brest à Saint-Renan, traverse cette commune du sud-ouest au nord-est. Géologie et minéralogie : constitution granitique ; gneiss au sud du bourg. Il y a quelques argiles} propres à la fabrication de la poterie ; eaux minérales ferrugineuses près de Keroualle. Il n'y a à parler français que ceux qui fréquentnt les marchés de Brest[28]. »
En 1892 Jean-Marie Trébaol[Note 6] rencontre sur le bateau transatlantique qui l'emmène aux États-Unis Jeanne de Kersauson[Note 7] qui émigre avec sa mère, 3 sœurs et un frère ; il l'épouse et devient professeur de français, s'installant à Hollywood, et le couple a 15 enfants. Après la mort de Jean-marie, Jeanne et ses enfants font de la figuration dans des films de cinéma ; la famille Trébaol détient, selon le Guinness Book, le record mondial de membres (treize !) d'une même famille dans un même film. Certains, notamment Édouard et Jean-Marie (junior) firent une assez belle carrière[29].
Le XXe siècle
La Belle Époque
Le recteur de Guilers refusait l'absolution aux parents qui mettaient leurs enfants à l'école publique[30].
Le , « des commissaires de police et des agents du fisc ont procédé ce matin aux inventaires [des biens d'église] dans les communes de Guilers, Milizac et Bohars. (...) Dans les trois communes les portes |de l'église] ont été enfoncées »[31].
De 1969 à 1972, le poète et chanteur Robert Joubin tint une auberge-cabaret, Ar Stivel, au vieux manoir, jadis relais de poste sur le chemin des diligences Recouvrance-St Renan.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Le conseil municipal de Guilers est composé de 29 membres. À la suite des élections municipales de 2014, 24 de ses membres sont issus de la liste de droite « Continuons Guilers Autrement » conduite par Pierre Ogor (maire sortant), et 5 membres de la liste d'union de la gauche « Guilers avenir » conduite par Pascale Mahé (au moment de l'élection, vice-présidente du conseil général du Finistère).
Liste des maires
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[39].
En 2023, la commune comptait 8 268 habitants[Note 8], en évolution de +3,6 % par rapport à 2017 (Finistère : +2,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Le maximum de la population a été atteint en 2016 avec 8 010 habitants.
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 33,6 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (32,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 27,3 % la même année, alors qu'il est de 29,8 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 3 821 hommes pour 4 166 femmes, soit un taux de 52,16 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,41 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Jumelages
Personnalités liées à la commune
Langue bretonne
Lieux et monuments

- Le bois de Keroual, magnifique parc de 48 hectares, composé de centaines d'essences locales et exotiques, lieu de promenade apprécié par les habitants de Brest et de sa communauté urbaine.
- Le manoir de Keroual, dans le bois du même nom : belle bâtisse de la Renaissance ancienne résidence de Louise de Keroual et restauré après la Seconde Guerre mondiale (il était alors en ruine) par Albert Cortellari, architecte qui fut l'un des grands acteurs de la reconstruction de Brest et père de l'artiste peintre Jacques Cortellari. Le lieu sert désormais de résidence de création et héberge le festival de musique électronique Astropolis.
- La ville possède un monument aux morts commémorant chaque année les disparus de la Première Guerre mondiale ainsi que l'anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie[45].
- L'église Saint-Valentin de Guilers.
