HAL Tejas

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Le HAL LCA Tejas (du mot tejas signifiant « éclat, brillance » en sanskrit) est un avion multirôle monoplace développé par l'Inde appartenant, selon la presse indienne, à la catégorie des avions de chasse de la quatrième génération[2]. Le premier avion de série a été livré le , une version non définitive de la tranche SP1[3].

Faits en bref Constructeur, Rôle ...
HAL LCA Tejas
Vue de l'avion.
Un avion d'essais en 2007.

Constructeur Hindustan Aeronautics Ltd.
Rôle Avion multirôle
Statut En développement
Premier vol
Mise en service
Coût unitaire • Annoncé (en 2006) : 21 millions de US$
• Estimé (en avril 2018) : 4,63 milliards de roupies, soit ~ 58,2 millions d'€[1]
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur General Electric F404 F2J3
puis
Kaveri (conception indienne)
Nombre 1
Type Turboréacteur à double flux avec postcombustion
Poussée unitaire à sec : 53,9 kN
avec PC : 90 kN
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 8,2 m
Longueur 13,2 m
Hauteur 4,4 m
Surface alaire 38,4 m2
Masses
Avec armement 5 500 kg
Maximale 8 000 kg
Performances
Vitesse maximale 2 000 km/h (Mach 1,6)
Plafond 16 600 m
Rayon d'action 500 km
Rapport poussée/poids 0,99
Armement
Interne Un canon automatique de calibre 23 mm avec 220 coups
Externe 8 points d'emport, charge maximale de 4 tonnes d'armements incluant des missiles air-air R-60 et R-73 et une large gamme d'armement air-sol et antinavire.
Avionique
radar multimode EL/M 2032/ 2052
commande de vol électrique
affichage tête haute
HOTAS
Fermer

Conception

Un Tejas en démonstration en 2013.

Alors que l'Inde n'avait produit jusque-là qu'un seul avion militaire de conception nationale (le HAL HF-24 Marut, développé au début des années 1960 avec l'aide d'ingénieurs allemands), New Delhi décide en 1983 de se lancer dans la production d'un appareil entièrement national, apte à participer à son indépendance dans le domaine aéronautique.

C'est la société Hindustan Aeronautics Ltd. (HAL), sous la supervision de cinq centres de recherches, qui est chargée de ces travaux, lesquels débouchent sur la fixation du design du Light Combat Aircraft (LCA), en 1990, et sur son vol inaugural le , un délai imposé par l'embargo temporaire décidé par les États-Unis à la suite de la série d'essais d'armes nucléaires indo-pakistanaises de 1998.

Considéré comme le plus petit appareil de combat polyvalent au monde[réf. nécessaire], le HAL Tejas est prévu pour remplacer les MiG-21 de la force aérienne indienne à partir de 2015.

Développement

Construction du prototype de la version biplace d'entraînement, à Bangalore. Cet exemplaire allait ensuite subir des tests de résistance structurelle.

Le LCA, rebaptisé « Tejas » en 2001, cache sous une apparente simplicité une technologie relativement avancée. Faisant appel aux matériaux composites, l'appareil a été spécifiquement conçu afin d'opérer hors des bases aériennes équipées en matériel d'entretien ou de maintenance. En conséquence, la simplification des opérations de maintenance a fait l'objet d'un soin particulier, alors que l'appareil décolle et atterrit sur des distances relativement courtes et qu'une perche de ravitaillement en vol peut également être installée, augmentant son rayon d'action.

Naturellement instable et très manœuvrant (notamment par la disposition d'une aile en double delta), il est équipé de commandes de vol électriques fournies par Lockheed Martin, d'un affichage tête haute et d'un système mains sur manche et manette (en anglais : Hands On Throttle And Stick, acronyme « HOTAS ») facilitant son pilotage. Les appareils de série Mark II seront dotés d'un turboréacteur de conception nationale, le Kaveri. En attendant, en raison de nombreux retards et problèmes techniques dans son développement, les tests sont effectués en utilisant un General Electric F414-GE-INS6 vendu à l'Inde en 2010, pour motoriser le HAL Tejas Mk.II. Ces moteurs, dont la livraison a lieu à partir de 2015, équiperont les vingt premiers appareils de la série Mark II entrant en service.

Le HAL Tejas, à l'origine, est doté d'un radar israélien multimode à effet Doppler Elta Systems EL/M-2032 (en) disposant de modes air-air et air-sol. Selon son constructeur, il permet la détection et le suivi jusqu'à 150 km en modes air-sol et air-air. Le système radar pèse entre 72 et 100 kg. En , un contrat a été signé afin qu'il soit remplacé à l'avenir par le radar à antenne active EL/M-2052 (en)[4].

L'avion peut être doté d'une nacelle d'imagerie infrarouge frontale (acronyme anglais FLIR) et d'un désignateur laser. Il pourrait également recevoir des liaisons de données. Tout concourt donc à faire de lui, à l'origine, un appareil moderne pour un coût relativement « faible », estimé en 2006 à 21 millions de dollars. Mais en 2011, celui-ci est alors estimé à 42 millions de dollars par avion pour la version de base Mark I et 46 millions de dollars pour la version Mark II. Reste toutefois que l'avion n'a, au début de 2006, été présenté qu'avec des munitions classiques (bombes lisses et paniers de roquettes) et des missiles air-air de courte portée.

Le , le prototype PV1 a tiré avec succès son premier missile air-air courte portée R-73E Archer. Il s'agit du début de la phase d'intégration des systèmes d'armes, qui devrait être suivie par les essais du missile moyenne portée russe Vympel R-77. La prochaine étape portera sur l'intégration du radar multimode (multicible, TWS et suivi de terrain) de fabrication nationale. En 2011, les performances du Tejas sont annoncées à la baisse par rapport aux prévisions : Mach 1,6 à haute altitude et Mach 1,15 à basse altitude, contre Mach 1,8 annoncé, et son rayon d'action est affiché à 300 km pour une autonomie de 850 km avec 3 000 litres de carburant interne. Le premier tir d'un missile BVR a lieu le [5]. En 2022, il est adapté afin d'emporter les bombes planantes AASM[6] produites en Inde[7].

HAL Tejas NP-1 en essai sur la base aérienne de tests INS Hansa à Goa.
Un Tejas II navalisé décollant du INS Vikrant en 2023 durant des essais.

La navalisation de l'appareil est fréquemment évoquée afin d'équiper les porte-avions de classe Vikrant de la marine indienne mais, au début de 2011. Le commandant de la marine indienne s'inquiète des fréquents retards et des profondes modifications de la version navale, alors qu'elle aurait dû n'avoir que 15 % de différence avec la version terrestre. De son côté, un ancien chef de l'armée de l'Air indienne déclare en 2012 qu'il est certain que cette version n'entrera pas en service[8]. Le premier prototype de la version navale, un biplace, a finalement effectué son premier vol le , avec cinq ans de retard. L'objectif à cette date est que les premiers Tejas LCA de la marine soient opérationnels en 2014~2015[9]. Début 2013, un total de treize prototypes et avions d'essais ont été construits.

Le , le second prototype, un monoplace, prend son envol et la date d'entrée en service est repoussée à une échéance indéterminée. Une version Mk. 2 équipée d'un moteur plus puissant General Electric F414/INS6 devait voir son envol en 2017[10]. Au total, l'Inde prévoit, à cette date, un total de 180 Tejas[4].

À terme, l'armée de l'air indienne (IAF) avait envisagé d'en acheter 260 exemplaires, alors qu'il serait également proposé à l'exportation. Mais en , elle confirme son intention de commander 83 autres Tejas MKI (10 biplaces et 73 monoplaces) à la suite d'une commande antérieure de 40 appareils dans ce standard[5]. Le contrat en attente est alors estimé à 5,3 milliards de dollars.

Le , le prototype NP2 HL effectue le premier vol avec l'ensemble des équipements spécifiques à la version embarquée et réussit un atterrissage avec brin d'arrêt. Considéré comme un démonstrateur technologique, il effectue son premier appontage le sur le INS Vikramaditya[11], En , une version biréacteur navalisée est a l'étude. Le Twin Engine Deck Based Fighter (TEDBF), également connu sous le nom de « Tejas Mk2 », devait effectuer son premier vol en 2023[12].

Le , un mois après que l'Inde a passé une commande d'une valeur de 7 milliards de dollars auprès de HAL pour 97 Mk1A, Hindustan Aeronautics Ltd. annonce avoir signé un accord avec General Electric pour la livraison de 2027 à 2032 de 113 moteurs destinés à ses avions de chasse Tejas[13].

Carrière opérationnelle

Flying Bullets en octobre 2021.
Flying Daggers en octobre 2021.
En 2022 lors de Garuda VII avec des Rafale français et des Sukhoi Su-30MKI indiens.

Le premier avion de série Mk. 1 est livré à l'armée de l'air indienne le et le premier escadron entre officiellement en service le . Il s'agit du No. 45 Squadron IAF (en) « Flying Daggers » qui a deux appareils à cette date[14] et doit en avoir dix-huit en 2018. L'aviation indienne a planifié la mise en service de six appareils en 2016 et huit en 2017. Tous les escadrons de Tejas seront théoriquement composés de vingt appareils, dont quatre serviront d'appareils de réserve[15]. Le , l'avionneur Industan Aeronautics Ltd a effectué le premier vol d'un Tejas en configuration opérationnelle finale. À cette date, le 45e Escadron « Flying Daggers » exploite 16 LCA Mk1. L'escadron no 18 « Flying Bullets » devrait être la deuxième unité dotée du Tejas MkI également basée à Sulur[16].

L'annonce de mai 2016 se concrétise le , Le Gouvernement de l'Inde annonce pour l'équivalent de 6,4 milliards de dollars l'acquisition de 73 monoplaces HAL Tejas au standard Mk1A et de 10 biplaces LCA T (Tandem) Mk1A. La production du Mk1A devrait démarrer en 2022, les livraisons débuter en 2024 pour se terminer en 2028[17].

Les livraisons ont pris du retard, le général Amar Preet Singh chef d'état-major de l'IAF tance le fabricant lors du salon Aero India de février 2025 : « Pour le moment, je n'ai tout simplement pas confiance en HAL, ce qui est une très mauvaise chose »[18].

Avions livrés à l'armée :

En 2024 : le 12 mars, un avion de combat HAL Tejas de l'escadrille no 18 Flying Bullets[21],[22] s'écrase dans la ville de Jaisalmer dans le Rajasthan. Le pilote s'est éjecté, c'est le premier accident entrainant une perte totale concernant ce type d'avion[23]. Le 13 août, lors de l'Exercice Tarang Shakti, le général Stéphane Mille et son collègue Ingo Gerhartz font un vol sur la version Mk1[24].

En un nouvel appareil s'est écrasé lors d’une démonstration aérienne au salon aéronautique de Dubaï, aux Émirats arabes unis en effectuant un tonneau à basse altitude, tuant son pilote indien[25].

Notes et références

Voir aussi

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