Livre des Han
livre de Ban Gu
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Le Han shu ou Livre des Han (chinois simplifié : 汉书 ; chinois traditionnel : 漢書 ; pinyin : ) est un livre classique d'histoire chinoise qui couvre l'histoire des Han occidentaux de -206 à 25. On l'appelle aussi parfois Livre des Han antérieurs pour le distinguer du Livre des Han postérieurs qui couvre l'histoire des Han orientaux (25-220)[1].
Cette histoire fut commencée par Ban Biao (班彪). À sa mort, Ban Gu (班固) le fils aîné de Ban Biao, a continué à travailler à l'ouvrage qui finit par atteindre cent volumes, incluant des sections sur le droit, les sciences, la géographie et la littérature. Sa sœur Ban Zhao (班昭) termina le Livre en 111, dix-neuf ans après l'emprisonnement de son frère. Elle rédigea aussi les volumes mineurs de chronologie (vol. 13-20) et d'astronomie (vol. 26)[2]. À la manière des Mémoires historiques de Sima Qian, Zhang Qian, un général chinois célèbre pour avoir voyagé loin vers l'Occident, est la source principale des données culturelles et socio-économiques sur les confins occidentaux de la Chine (vol. 96)[1].
Structure et contenu
Structure
Le Hanshu comprend environ 800 000 caractères répartis sur une centaine de chapitres, en réalité 120 sections en raison de chapitres subdivisés. Il est organisé en quatre grandes parties : Annales (ji) consacrées aux empereurs Han ; Tableaux chronologiques (biao) recensant rois régionaux, princes, ministres et personnages notables ;Traités (zhi) abordant les institutions, le calendrier, les rites, la musique, l’astronomie, les sacrifices, la géographie, l’économie, le droit et l’armée ; Biographies (zhuan) consacrées à des figures marquantes[1].
Deux traités sont des innovations majeures : le Fangzhi, consacré aux régions et à leur administration, et le Yiwenzhi, une bibliographie de 596 ouvrages conservés dans la bibliothèque impériale[1].
Méthode et style
Le Hanshu s’appuie largement sur le Shiji de Sima Qian, en particulier pour les débuts des Han, allant parfois jusqu’à reprendre des passages entiers. Toutefois, il adopte une méthode différente, privilégiant la compilation systématique de faits autour des personnages plutôt que le suivi continu des chaînes causales. L’ouvrage utilise abondamment les archives impériales et cite de nombreux édits, lettres et documents officiels, souvent reproduits intégralement. Il intègre également des traditions orales et des récits de cour pour expliquer certains événements[1].
Le Hanshu adopte une perspective confucéenne plus orthodoxe que le Shiji. Ban Gu y critique explicitement Sima Qian pour son manque de respect envers les sages et les normes morales. L’ouvrage vise également à affirmer la légitimité de la dynastie Han, notamment par l’organisation des chapitres et le traitement réservé à certaines figures historiques. Sur le plan stylistique, le Hanshu se distingue par une écriture dense, érudite et impersonnelle, contrastant avec le ton plus narratif et émotionnel du Shiji[1].
Postérité
Le Hanshu est la première histoire chinoise consacrée à une seule dynastie et la première à bénéficier d’un soutien officiel de l’État. Il établit un modèle durable pour les histoires dynastiques ultérieures, une tradition qui perdure jusqu’au début du XXe siècle. Il constitue également une source majeure pour l’étude de la politique, de l’administration, de la littérature et de la société des Han occidentaux[1].
De nombreux récits issus du Hanshu sont repris dans la littérature, le théâtre, la fiction et les productions audiovisuelles chinoises. Des figures comme Su Wu (en), Wang Zhaojun ou Dongfang Shuo (en) deviennent des personnages emblématiques de la culture populaire. De nombreux idiomes encore en usage aujourd’hui trouvent leur origine dans ces récits[1].
Traduction
- [Extraits] Jacques Pimpaneau, Anthologie de la littérature chinoise classique, Philippe Picquier, 2004 — L'Histoire des Han antérieurs de Ban Gu (Biographie de Li Ling et Biographie de Su Wu, p. 201-217