Harrespil

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Harrespil d'Okabe à Lecumberry (Pyrénées-Atlantiques).
Répartition géographique des harrespils dans le Pays basque.
Harrespil d'Arritxurieta (Pays basque espagnol).
Harrespil d'Izurriztiko (Gipuzkoa).


Harrespil (/hareʂpil/) est le nom basque, pouvant être traduit par « cercle de pierres », donné aux petits cercles de pierre qui abondent sur les reliefs pyrénéens, notamment au Pays basque. Ces petits édifices, soigneusement construits mais de dimensions modestes ont été édifiés, du Bronze Moyen à la fin de l'âge du fer, en altitude dans des zones pastorales qui n'étaient accessibles qu'une partie de l'année.

Les rares fouilles archéologiques réalisées n'ont livré que peu de mobilier archéologique et de rares ossements humains calcinés. Plutôt que de véritables sépultures, il pourrait s'agir de monuments symboliques.

Les cercles de pierre du Pays basque sont généralement mentionnés sous le nom de « cromlech » par analogie avec les enceintes mégalithiques d'Europe de l'ouest. Or, au cas particulier, le terme est particulièrement inadapté car il ne s'agit pas de mégalithes mais de pierres de dimensions très modestes. Compte tenu qu'ils ont été édifiés par une population pastorale certains auteurs (Vegas Aramburu, Ruperez, Blot) considèrent que la notion « d'enclos » (baratze en basque) serait plus appropriée, d'autant que le terme baratze, désignant un enclos situé près des maisons où on cultive des fleurs, désignait aussi traditionnellement un espace funéraire où était inhumés les jeunes enfants morts avant d'avoir été baptisés[1].

Description

Plus spectaculaire par son agencement que par la taille des pierres utilisées, le cercle de pierres est constitué de petites dalles verticales (de 0,30 à 0,50 m de hauteur) ou d'une murette, formant une sorte d'enceinte plus ou moins circulaire. Le diamètre moyen varie entre 4 et 7 m[1], les plus grands peuvent atteindre 10 m mais c'est exceptionnel[2]. La forme du cercle est souvent approximative, un tracé plus ou moins ovale est assez fréquent[2]. Les pierres délimitant le cercle ne sont jamais jointives[3]. Certains cercles sont tangents, d'autres sécants[3].

Le nombre de pierres est très variable mais 50% des monuments ont entre 5 et 12 pierres. Les pierres sont d'origine locales (grès, calcaire, poudingue, quartzite), il est tout à fait exceptionnel de trouver une pierre provenant d'un lieu éloigné. La recherche esthétique est souvent évidente mais les structures réalisées avec des blocs sont plus grossières que celles réalisées avec des dalles parfois sommairement régularisées[3]. La mise en place des pierres est précédée d'un décapage du sol jusqu'à la première couche résistante du terrain. Les monuments sont soignés mais n'ont rien de monumental. L'édifice permet d'assurer deux objectifs: signaler un lieu et délimiter une aire[4].

L'aire délimitée par le cercle est souvent au niveau du sol mais peu prendre l'allure d'un tertre peu élevé[1]. Tous les harrespils ont été édifiés en zone montagneuse, sur des crêtes à 1 000 m d'altitude en moyenne, et non près des villages. La faible hauteur des tertres ne peut donc résulter d'un arasement liés à des activités agricoles ou domestiques destructrices[1]. Au-delà de 0,30 m de hauteur, on peut considérer qu'il s'agit d'un tumulus[1].

La structure centrale, quand elle existe, est destinée à recevoir un dépôt rituel dans un petit caisson, le plus souvent du type ciste, fait de blocs ou de petites dalles[5]. Les caissons en dalles, rectangulaires et disposant d'une couverture sont les plus spectaculaires. Quel que soit leur type, ces structures centrales ne comportent aucune orientation privilégiée[4].

Répartition

Les harrespils sont parfois isolés ou par groupes de 2 à 3 monuments, les associations de 4 monuments et plus peuvent constituer de véritables nécropoles[6].

Tous les harrespils ont été édifiés sur des pâturages d'été à proximité de pistes pastorales dans des zones dégagées bénéficiant généralement d'un panorama grandiose[5]. Cette répartition diffère totalement de celle des dolmens généralement édifiés sur des replats à flanc de montagne, en basse ou moyenne altitude[7]. La répartition géographique des monuments sur des sites en altitude, donc inaccessibles une partie de l'année en raison de la couverture neigeuse, semble indiquer que les constructeurs des harrespils appartenaient à une population de semi-nomades[5],[7].

Mobilier funéraire et datation

Compte tenu de leur localisation en altitude, les monuments fouillés sont rares et les fouilles ont souvent été exécutées dans l'urgence, en conséquence les contextes archéologiques sont mal connus et incomplets[1].

A première vue, les cercles de pierre ont une fonction funéraire mais ce ne sont pas des ossuaires. L'harrespil est un type de sépulture protohistorique, qui se distingue des sépultures néolithiques précédentes par le recours à la crémation : la présence de charbons de bois est quasi constante mais celle d'ossements calcinés est exceptionnelle[8],[5]. La crémation n'était pas réalisée dans l'enceinte mais probablement à proximité (absence de sole d'incinération)[9],[5].

Le mobilier archéologique est très pauvre[5]. La céramique n'est présente que dans un seul harrespil fouillé (Apatesaro 1 bis). Le mobilier lithique se limite à des silex (éclats, petites lames, grattoirs) peu caractéristiques et on ignore s'il s'agit de dépôts volontaires rituels ou involontaires (perte, présence antérieure à la construction du cercle). Les objets en métal sont aussi très rares (fragments de lame, fragment de talon de lance)[10].

Les datations obtenues sur quelques rares ossements calcinés et charbons de bois semblent permettre de les rattacher à un rite d'incinération pratiqué du Bronze Moyen à la fin de l'âge du fer[8].

Essai d'interprétation

Notes

Voir aussi

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