Haspres
commune française du département du Nord
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Haspres est une commune française située dans le département du Nord (59), en région Hauts-de-France.
| Haspres | |||||
Haspres, centre-ville avec clocher. | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Hauts-de-France | ||||
| Département | Nord | ||||
| Arrondissement | Valenciennes | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut | ||||
| Maire Mandat |
Jean-François Delattre 2020-2026 |
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| Code postal | 59198 | ||||
| Code commune | 59285 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Haspriens | ||||
| Population municipale |
2 626 hab. (2023 |
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| Densité | 215 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 15′ 32″ nord, 3° 25′ 03″ est | ||||
| Altitude | Min. 36 m Max. 80 m |
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| Superficie | 12,2 km2 | ||||
| Type | Bourg rural | ||||
| Unité urbaine | Haspres (ville isolée) |
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| Aire d'attraction | Valenciennes (partie française) (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton d'Aulnoy-lez-Valenciennes | ||||
| Législatives | Dix-neuvième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Nord
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
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Géographie
Haspres est située à 15 km au sud-ouest de Valenciennes et à 17 km au nord-est de Cambrai, dans la région de l'Ostrevant. La commune est traversée par la Selle.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Avesnes-le-Sec, Douchy-les-Mines, Monchaux-sur-Écaillon, Noyelles-sur-Selle, Saulzoir, Thiant, Verchain-Maugré et Villers-en-Cauchies.
Toponymie
Haspra, cartulaire de Saint-Vaast; 1044. Hasprum, bBlderic. Aspra, Meyer. Hasprensis villa,cella prœpositura[1]
Hydrographie
Réseau hydrographique
La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Selle ou Escaut et le Riot Monneral[2],[3],[Carte 1].
La Selle, d'une longueur de 46 km, prend sa source dans la commune de Molain et se jette dans le canal de l'Escaut à Denain, après avoir traversé 17 communes[4]. Les caractéristiques hydrologiques de la Selle sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 2,24 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 11,6 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 9,77 m3/s, atteint le [5].

Gestion et qualité des eaux
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Escaut ». Ce document de planification concerne un territoire de 2 005 km2 de superficie, délimité par le bassin versant de l'Escaut. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte Escaut et Affluents (SyMEA)[6].
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité[Carte 2].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré[9] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[10]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 732 mm, avec 11,9 jours de précipitations en janvier et 9,4 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Valenciennes à 13 km à vol d'oiseau[13], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 694,1 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,9 °C, atteinte le ; la température minimale est de −14,9 °C, atteinte le [Note 3].
Paysages
La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 4],[16]. Ces paysages, qui concernent 205 communes réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers[17].
Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à 350 terrils et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable[17].
Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de 80 kilomètres de long sur 15 kilomètres, dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe[17].
Urbanisme
Typologie
Au , Haspres est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle appartient à l'unité urbaine de Haspres[Note 5], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[19],[20]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Valenciennes (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 6],[20]. Cette aire, qui regroupe 102 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[21],[22].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (90,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (84,9 %), zones urbanisées (9,5 %), prairies (4,9 %), forêts (0,7 %)[23]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Voies de communications et transports
La commune est desservie par la ligne 103 du réseau urbain Transvilles et par la ligne 824 du réseau interurbain Arc-en-Ciel 3. Sur son territoire se trouve le secteur pavé de Haspres à Thiant.
Toponymie
Hasprum (v.1040), Haspre (1150), Haspra (1162), Haspere (1162), Haspram (1195), Haspro (1198).
Le nom viendrait de la langue d'oïl, aspre (« (terre) âpre, raboteuse »)[24].
Histoire
Jules César bat les Nerviens dans la région d'Haspres en -57 (bataille du Sabis).
Pendant la période gallo-romaine, le village se trouve sur la route reliant Bavay (Bagacum) à Amiens (Samarobriva).
Les Francs envahissent la région dès le IIIe siècle, puis au Ve siècle à nouveau.
Vers le VIIIe siècle est fondée la Prévôté, prieuré dépendant de l'Abbaye de Jumièges.
Vers 840, lorsque les Vikings déferlent sur ce qui deviendrait la Normandie, les moines de Jumièges s'enfuient à Haspres en emportant avec eux les reliques de Saint Hugues et Saint Achaire. Ces deux saints sont toujours les patrons du village.
La charte de 1176, accordé par Baudouin V de Hainaut, donne au Prévôt de l'Abbaye les pouvoirs de juridiction. Jusqu'à la Révolution, c'est l'Abbaye qui détiendra le pouvoir à Haspres. Le village passe au Duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1433, puis devient espagnol en 1502 lorsque son arrière-petit-fils Philipe le Beau devient roi de Castille. À l'extrême sud des Pays-Bas espagnols, le village reçoit des fortifications dont il reste encore quelques traces. Durant ces deux siècles de présence espagnole, les guerres se succèdent : François Ier, Henri II, puis Louis XIII et Louis XIV tentent successivement de reprendre le Hainaut. C'est au traité de Nimègue, en 1678 qu'Haspres devient française.
À la Révolution, les biens de la Prévôté sont déclarés biens nationaux (l'abbaye deviendra une ferme), les moines chassés et le curé guillotiné sous la Terreur. Le , c'est le combat d'Haspres : l'artillerie autrichienne positionnée à Iwuy bombarde les troupes françaises, puis, la cavalerie autrichienne partie des hauteurs d'Haspres et d'Avesnes se précipite sur les Français et les taille en pièces. Les fuyards durent se diriger vers Bouchain et, à la faveur de la nuit, se glissèrent dans les fossés de la Sensée pour rejoindre Cambrai[25].
Après le Premier Empire, des soldats russes occupent Haspres pendant 2 ans. Le village connaît un essor industriel au XIXe siècle grâce aux filatures, qui emploient un grand nombre d'habitants.
Lors de la Première Guerre mondiale, Haspres est envahie par les Allemands le au matin. 35 Territoriaux de la Mayenne trouvent la mort lors des combats. Les Haspriens vivent 4 années de couvre-feu et de privations. Le village est repris par les Britanniques le , au prix de plusieurs centaines de morts et la destruction de plusieurs dizaines de maisons.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, après la drôle de guerre, le village est à nouveau envahi, le , lors d'une violente bataille de chars. Haspres subit à nouveau l'occupation, jusqu'au , date de la libération par une division blindée américaine.
York Cemetery, Haspres cimetière britannique de la Première Guerre mondiale. Haspres Coppice Cemetery, cimetière britannique de la Première Guerre mondiale. - Les monuments aux morts auprès de la mairie
- Le monument aux morts dans l'église
Haspres connaît ensuite la fermeture des filatures, puis des mines et des entreprises sidérurgiques et voit sa population stagner depuis les années 1980.
Héraldique
Les armes de Haspres se blasonnent ainsi :"Parti : au 1, d'azur semé de fleurs de lys d'or ; au 2, de sinople à la fasce d'argent." |
Politique et administration
Liste des maires successifs

Maire en 1802-1803 : Ch. Raoult[26].
Maire en 1807-1808 : Lagrue[27],[28].
Ainsi est dressée la liste des maires de la commune[29] :
| Identité | Période | Durée | Étiquette | |
|---|---|---|---|---|
| Début | Fin | |||
| Jean-Baptiste Marouzé (d) (né le ) | 33 ans | |||
| Henri Forget (d) ( - ) | 31 ans | |||
| Lucien Busin (d)[30] | 13 ans | Parti communiste français | ||
| André Dagniaux (d)[31] | 12 ans | divers droite | ||
| Francis Stievenard (d)[32] | 13 ans | Parti socialiste | ||
| Jean-François Delattre (d)[33] (né le ) | En cours | 12 ans | Parti socialiste | |
Instances judiciaires et administratives
La commune relève du tribunal d'instance de Valenciennes, du tribunal de grande instance de Valenciennes, de la cour d'appel de Douai, du tribunal pour enfants de Valenciennes, du conseil de prud'hommes de Valenciennes, du tribunal de commerce de Valenciennes, du tribunal administratif de Lille et de la cour administrative d'appel de Douai.
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[34]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[35].
En 2023, la commune comptait 2 626 habitants[Note 7], en évolution de −4,13 % par rapport à 2017 (Nord : +0,43 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 34,2 %, soit en dessous de la moyenne départementale (39,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 27,0 % la même année, alors qu'il est de 22,5 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 1 317 hommes pour 1 392 femmes, soit un taux de 51,38 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,77 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Revenu des ménages
En 2021, le revenu médian disponible par unité de consommation s'établit à 21 260 € [40]:
Associations
Lieux et monuments
- Les remparts, construits sous les Espagnols
- La Mairie du XIXe siècle
- L'Église Saints-Hugues-et-Achaire du XIXe siècle et son clocher de 1904. Les reliques des deux saints sont le but d'un vieux pèlerinage.
- L'église
- La pietà
- Buste de saint Hugues
- Buste de saint Achaire
- Vitrail de saint Hugues
- Vitrail de saint Achaire
- Le Prieuré d'Haspres (la Prévôté), dont il ne reste que quelques bâtiments du XVIIe siècle
- L'ancienne abbaye de femmes des Prés-Porchains de 1233, dite Le vieux couvent, maintenant La cense de maugré.
- L'ancien moulin sur la Selle
- Un pigeonnier de la fin du XVIIIe siècle
- La Maison de la typographie d'Haspres
- Deux cimetières de la Commonwealth War Graves Commission, le "Haspres Coppice Cemetery" avec 64 tombes[43] et le York Cemetery avec `123 tombes[44]
- Plusieurs monuments aux morts: un grand monument et un petit monument communal, le monument dans l'église. Le monument aux morts de la guerre 1914-1918, œuvre du sculpteur Émile Guillaume, fut inauguré le dimanche 10 juin 1923[45],[46].
- Un calvaire et cinq chapelles-oratoires disposées aux différentes sorties du villages.
- Le calvaire
- Chapelle Notre Dame de la Délivrance, chemin de Cambrai.
- Chapelle Notre Dame de Foy, route de Valenciennes
- Chapelle notre Dame de Lourdes, 1874, rue Jules Boucly
Personnalités liées à la commune
Pour approfondir
Bibliographie
- Haspres et son passé, écrit par M. Guy Morelle, instituteur à la retraite, permet de connaître l'histoire de cette toute petite ville de l'Antiquité aux années 1980.
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.


