Hemigalus derbyanus
espèce de mammifères
From Wikipedia, the free encyclopedia
Hémigale zébré, Civette palmiste à bandes de Derby
![]()
![]()
NT : Quasi menacé
Répartition géographique
- Viverra Hardwickii (J. E. Gray, 1830) (Protonyme)
- Paradoxurus Derbyànus (J. E. Gray, 1837) (Protonyme valide)
- Paradoxurus? Zebra (J. E. Gray, 1837)
- Paradoxurus Derbianus (J. E. Gray, 1838)
- Viverra Boiei (S. Müller, 1838)
- Viverra Derbyi (Temminck, 1841)
- Viverra (Paradoxurus) Derbyana (de Blainville, 1842)
- Hemigalea zebra Lesson, 1842
- Hemigalea derbiana E. Blyth, 1863
- Hemigalea hardwickii J. E. Gray, 1865
- Hemigalea Boiei A. Murray, 1866
- Hemigalea hardwickei Bonhote, 1901
- Hemigale minor G. S. Miller, 1903
- Hemigalus hardwickii Lyon, 1908
- Hemigalus derbianus incursor O. Thomas, 1915
- Hemigalea derbyana sipora Chasen & Kloss, 1928
- Hemigalus derbyanus invisus Pocock, 1933
- Hemigalus derbyanus boiei Chasen, 1940
- Hemigalus derbyanus Chasen, 1940
- Hemigalus derbyanus derbyanus Chasen, 1940
- Hemigalus derbyanus minor Chasen, 1940
- Hemigalus derbyanus sipora Chasen, 1940
- Hemigalus derbyanus incursor Ellerman & Morrison-Scott, 1951
L’Hémigale zébré (Hemigalus derbyanus), également connue sous le nom de Civette palmiste à bandes de Derby, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des viverridé originaire d’Asie du Sud-Est.
Cette espèce habite principalement les forêts et les plaines, voit son habitat menacé par l'activité humaine. On estime que sa population a diminué d'environ 30 % en seulement trois générations. De la taille d'un chat domestique, elle possède une fourrure pâle marquée de bandes sombres sur le dos.
Dénominations
- Nom scientifique valide : Hemigalus derbyanus (Gray, 1837)[1] ;
- Noms vulgaires : Hémigale, Hémigale zébré[2], Civette palmiste à bandes, Civette de Derby, Civette palmiste à bandes de Derby[3] ;
- Noms vernaculaires : Civette, Civette palmiste, Martre des palmiers.
Taxonomie

Le genre Hemigalus a été nommé et décrit pour la première fois en 1837 par Claude Jourdan à partir de la peau et du squelette d'un individu ayant vécu assez longtemps dans la ménagerie du musée de Lyon. Grâce à cette observation en captivité et au naturel très docile de l’animal, l'auteur a pu rendre compte d’éléments supplémentaires comme son régime alimentaire ainsi que d’éléments déterminant permettant d’établir le genre[2].
M. Jourdan, ne détaille pas explicitement les racines grecques du mot dans ce texte, mais il justifie la création du genre Hémigale (Hemigalus) par la nature "mixte" de l'animal[2], mais le nom dérive du grec hemi (demi) et galus (belette), en raison de son apparence physique.
La même année, John Edward Gray décrit un spécimen de la péninsule Malaise sous le nom de Paradoxurus derbyanus. Une vive controverse taxinomique éclate alors entre les deux naturalistes : Gray conteste la création du genre Hemigalus par Jourdan, affirmant que l'animal n'est qu'une espèce de paradoxure qu'il avait lui-même déjà identifiée sous le nom de Viverra boiei sept ans auparavant. Il soutient que les spécificités dentaires observées par Jourdan ne justifient pas l'établissement d'un nouveau genre et précise, contrairement aux indications de l'auteur français, que l'espèce est originaire de Bornéo et non de l'Inde[4].
Sous-espèces
Le genre Hémigale est un taxon monospécifique.
On distinguait quatre sous-espèces : H. derbyanus derbyanus, H. d. boiei, H. d. minor et H. d. sipora. H. d. derbyanus est présente au Myanmar, en Malaisie péninsulaire ainsi qu'à Sumatra ; H. d. boiei n’était connue qu'à Bornéo ; H. d. minor se trouve à South Pagai et dans les îles Mentawai ; et H. d. sipora est originaire de Sipora et des îles Mentawai. Il existe également une population sur l'île de Siberut, mais elle n'a été attribuée à aucune sous-espèce[5].
On estime que H. d. minor et H. d. derbyanus ont divergé l'une de l'autre il y a environ 2,7 millions d'années[6].
Actuellement trois sous-espèces sont néanmoins reconnues, H. d. borei étant devenue invalide selon ITIS (28 décembre 2025)[7] :
- Hemigalus derbyanus derbyanus (Gray, 1837)
- Hemigalus derbyanus minor Miller, 1913
- Hemigalus derbyanus sipora Chasen & Kloss, 1928
Description
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 40 | |||||||
| Dentition de l'hémigale zébré. | |||||||
L'Hémigale zébré est un carnivore svelte de taille moyenne. La longueur tête-corps varie de 41 à 56,5 cm, celle de la queue de 23,5 à 37,5 cm, pour une masse comprise entre 1 et 3 kg[8] . La longueur de l'oreille est de 3,6 à 5,5 cm et celle des pattes antérieures est de 7,5 à 8,2 cm[8].
Sa fourrure, dont la teinte oscille entre le chamois, le brun pâle et le gris, se distingue par une série de bandes transversales sombres sur le dos (généralement entre sept et huit, bien que Jourdan en dénombre jusqu'à quatorze sur l'ensemble du corps)[2],[8]. Ces marques, en forme de triangles allongés dont la pointe est dirigée vers le ventre, lui donnent un aspect « zébré », avec des bandes obliques en forme de croissant sur la nuque[2],[8]. Une particularité notable de son pelage est l'orientation des poils du coup, qui sont dirigés vers l'avant[8].
Sa tête, effilée, porte également des lignes brunes sur le front et le museau[2],[8]. Le crâne est long et étroit, caractérisé par une région post-orbitale resserrée et une bulle tympanique présentant une chambre postérieure ovale et allongée[8]. La queue, qui représente environ les trois quarts de sa longueur totale, est brune sur ses deux tiers postérieurs[2],[8] et a la particularité d’hérisser en cas de menace.
Sur le plan anatomique, l'espèce possède des glandes odorantes périnéales formées de deux replis cutanés longitudinaux recouverts de poils soyeux[8]. Elle possède également des poils sensoriels entre les coussinets de ses pattes pour détecter ses proies, tandis que la plante de ses pieds, parfaitement lisse et de couleur chair, est semi-plantigrade[2]. Les membres se terminent par cinq doigts munis de griffes entièrement rétractiles, bien que dépourvues de gaines protectrices[8]. Si Jourdan insiste sur l'originalité de sa dentition de 40 dents pour justifier la création d'un genre distinct[2].
Répartition et habitat
L'Hémigale zébré est originaire du Myanmar, de la Thaïlande, de la Malaisie péninsulaire, de Sumatra, des Îles Mentawai et de Bornéo, depuis le niveau de la mer jusqu'à une altitude de 1 660 m[9]. Au Myanmar, seuls deux individus avaient été enregistrés entre le début du XXe siècle et les années 1960, tous deux dans l'extrême sud[10]. En 2022, l'espèce a été photographiée par un piège photographique pour la première fois dans une forêt réservée de la Région de Tanintharyi[11]. En Thaïlande, elle a été photographiée lors d'inventaires par caméras-pièges entre 1996 et 2013 dans le sanctuaire de faune de Khlong Saeng, ainsi que dans les parcs nationaux de Khao Sok, de Kui Buri et le sanctuaire de Hala-Bala, principalement dans des forêts persistantes à des altitudes comprises entre 162 et 695 m[12]. En Malaisie péninsulaire, l'espèce n'a été enregistrée que dans deux localités lors d'études menées en 2011-2012 dans une forêt de diptérocarpes vallonnée du Terengganu[13]. À Sumatra, sa présence a été notée à 150 m d'altitude dans la forêt primaire du Parc national de Kerinci Seblat et à 800 m sur la côte ouest[14]. Dans le Parc national de Bukit Barisan Selatan, elle a été photographiée en 2011 dans une forêt primaire persistante entre 800 et 1 089 m d'altitude[15]. Dans la Régence de Solok du Sud, elle a été observée en 2015 dans des fragments forestiers au sein d'une plantation de palmiers à huile adjacente au parc de Kerinci Seblat[16]. L'espèce s’est éteinte de Singapour au début du XXe siècle[17].
Écologie et comportement

C'est un animal nocturne et solitaire qui mène une vie discrète. Son activité, confirmée par des observations en caméras-pièges, ne semble pas dépendre de la présence humaine et chevauche celle d'autres espèces comme la Pagume masquée, certains rongeurs ou encore la Panthère nébuleuse, qui est l'un de ses prédateurs potentiels[17] . Face à une menace ou un prédateur, l'Hémigale a pour particularité de faire gonfler sa queue pour paraître plus impressionnant[17]. Durant la journée, il se repose dans des trous d'arbres bas ou des troncs évidés[8],[18]. Bien que capable de grimper (il a été observé jusqu'à 8 m de hauteur), il chasse principalement au sol, sur le dôme de la forêt ou à proximité immédiate de l'eau[8],[18]. Il ne semble pas effectuer de migrations[9].
Régime alimentaire
L’Hémigale est un carnivore spécialisé, principalement insectivore. Son régime se compose de crustacés, de vers, de rats, de grenouilles, de petits reptiles, d'oiseaux et d'insectes. À Bornéo, l'analyse des contenus stomacaux révèle que les invertébrés constituent 90 % de son alimentation[9]. Dans le détail, on trouve 65 % d'insectes (coléoptères, orthoptères, larves de papillons, fourmis), 22 % de vers de terre, 9 % d'autres arthropodes (araignées, mille-pattes, scorpions, crabes), ainsi que des mollusques et des amphibiens[8]. Bien que considéré comme un carnivore strict, il lui arrive occasionnellement de consommer des fruits ou des matières végétales[17]. Pour attaquer des proies imposantes, il mord la victime à la nuque et la secoue vigoureusement ; il utilise ensuite ses pattes avant pour maintenir la proie tout en continuant l'attaque avec ses dents[19] .
Reproduction

Les femelles possèdent trois paires de glandes mammaires et peuvent avoir une à deux portées par an, composées d'un ou deux petits[8]. La gestation dure entre 32 et 64 jours[19]. À la naissance, les jeunes pèsent environ 125 g pour une longueur de 25 cm ; ils sont encore peu développés, capables de ramper mais naissent les yeux et les oreilles fermés[8]. Le développement est ensuite rapide : ils ouvrent les yeux entre le 8e et le 12e jour, commencent à marcher vers 18 jours et sont capables de grimper aux arbres dès l'âge de 4 semaines[8]. L'allaitement dure environ 70 jours, moment où ils débutent leur alimentation autonome, et ils atteignent leur taille adulte à l'âge de 6 mois[8]. La coloration fauve caractéristique du cou et du ventre n'apparaît qu'à la maturité sexuelle. L'espérance de vie peut atteindre 12 ans dans la nature et jusqu'à 18 ans en captivité, tandis que la durée d'une génération est estimée à 5 ans[9].
Santé
L'étude de spécimens victimes de collisions routières au nord de Bornéo a révélé la présence de divers parasites intestinaux, notamment des nématodes, des œufs de trématodes, des acariens et des oxyures[20] .
Menaces et conservation
L'espèce est classée comme Quasi menacée (NT) par l'UICN. La menace principale est la perte d'habitat due à l'exploitation forestière et à la conversion des terres en plantations (huile de palme) ou en zones agricoles. Elle est également chassée pour sa viande dans certaines régions comme le Sabah ou capturée pour servir d'animal de compagnie[21].
