Mur de l'Hexamilion
bâtiment du Dème de Corinthe, Péloponnèse, en Grèce
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le mur de l'Hexamilion (grec ancien : Ἑξαμίλιον τεῖχος, « mur de six milles ») est une muraille de défense datant de la fin de l'Empire romain, barrant l'isthme de Corinthe et destinée à défendre la seule route terrestre existant entre la péninsule du Péloponnèse et la Grèce continentale.
Histoire
Les premières fortifications
L'édification de l'Hexamilion se situe à la fin d'une longue série de tentatives visant à fortifier l'Isthme, qui remonte peut-être à la période mycénienne. Beaucoup de villes du Péloponnèse voulaient protéger et fortifier l'Isthme, au lieu de devoir résister au niveau des Thermopyles, comme lors de l'invasion de la Grèce par Xerxès, en -480 (Hérodote, Histoires VII, 206). La question se posa à nouveau avant la bataille de Salamine (Hérodote VIII, 40,49,56). La fortification de l'Isthme pouvait paraître séduisante de prime abord, mais comme le fait remarquer Hérodote (VII, 138), elle n'était d'aucune utilité sans la maîtrise maritime.
Histoire de l'Hexamilion


Le mur a finalement été construit très tardivement, entre 408 et 450, sous le règne de Théodose II, lors des grandes invasions de la fin de l'Empire romain. L'attaque d'Alaric sur la Grèce en 396 ou le sac de Rome en 410 par les Wisigoths peuvent avoir motivé la construction de l'Hexamilion, qui comprend des tours, des bastions côtiers et au minimum une forteresse[1].
La seule forteresse connue comprenait deux portes (nord et sud), dont celle du nord tenait lieu d'entrée officielle vers le Péloponnèse[2]. Le mur est constitué de deux parements de pierre taillée enserrant un blocage de mortier et gravats. Le temps nécessaire à sa construction est inconnu, mais l'ampleur de l'entreprise est telle que l'Hexamilion est de fait la plus importante structure archéologique de toute la Grèce.
Toutes les pierres des constructions des environs furent cannibalisées à cet effet, soit intégrées directement dans le mur, comme ce fut cas pour le temple de Poséidon à Isthmia, soit réduites à l'état de chaux, sort réservé aux temples de l'Héraion de Pérachora et à une importante partie de la statuaire antique de Corinthe.
Sous le règne de Justinien, le mur a été fortifié de tours supplémentaires, pour atteindre le nombre total de 153. L'usage militaire semble avoir diminué après le VIIe siècle, et au XIe siècle, des constructions domestiques vinrent se greffer sur la muraille. En 1415, l'empereur byzantin Manuel II Paléologue supervisa personnellement des restaurations sur une période de quarante jours, et le coût élevé de cet effort provoqua des troubles parmi l'élite locale. Les Ottomans y ouvrirent une brèche en 1423. Le despote Constantin Paléologue restaura de nouveau le mur en 1444, mais les Turcs le franchirent encore en 1446. Après la conquête ottomane du Péloponnèse en 1460, le mur fut abandonné. Il fut ensuite restauré en septembre 1463 lors du siège de Corinthe par les Vénitiens avant que ceux-ci n'abandonnent la ville, épuisés, lorsque des renforts ottomans sous le commandement du grand vizir Mahmud Pacha furent envoyés[3]. Le mur de l'Hexamilion fut ensuite définitivement détruit[3].
Au cours de son histoire, le mur n'a jamais réussi à remplir la fonction pour laquelle il avait été construit, si ce n'est comme moyen de dissuasion. Des éléments importants du mur sont conservés au sud du canal de Corinthe et près du sanctuaire de Poséidon à Isthmia.
