Hiroyuki Aoki

calligraphe et karatéka japonais From Wikipedia, the free encyclopedia

Hiroyuki Aoki (青木 宏之, Aoki Hiroyuki?), né en 1936 à Yokohama, est un artiste martial et artiste et japonais.

Naissance
Nom dans la langue maternelle
青木宏之Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Aoki Sensei
Nationalité
Faits en bref Naissance, Nom dans la langue maternelle ...
Hiroyuki Aoki
source: Me. Aoki's instagram page, 2025
Aoki Sensei Praticing Kenbu Tenshinryu, at the age of 90
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
青木宏之Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Aoki Sensei
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Tenshinkai
Autres informations
Sports
Premier Assistant de Shigeru Egami
Élève
Associations de Shintaido; dojos de Kenbu Tenshinryu; Ken Waight et Joel Mucci (Seishin Kitaido); Tenshin Institute (japon)
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Biographie

On sait peu de choses de l'enfance d'Hiroyuki Aoki. L’essentiel provient d’un petit fascicule non publié, rédigé par l’un de ses élèves de la première heure, Shiko Hokali[1] à partir de ses conversations avec Hiroyuki Aoki. D’après Shiko Hokali, Hiroyuki Aoki aurait été un enfant chétif, timide et doux jouant en solitaire avec de petits animaux et aimant particulièrement dessiner son entourage. En butte aux tracasseries des autres garçons, il ne se défendait jamais. Doté d'une extrême empathie et sensibilité, il aurait donc rapidement eu des prédispositions spiritualistes et philosophiques.

La Seconde Guerre mondiale a profondément marqué son enfance : il a en effet perdu sa mère, un frère et une sœur lors des bombardements américains de Yokohama. Ces évènements dramatiques auraient inspiré plus tard à Hiroyuki Aoki le désir de trouver un moyen de ranimer chez les hommes la confiance et l’espoir, et de diffuser le pacifisme dans le monde.

De par sa faible constitution et en raison de ses malheurs familiaux, il aurait conçu un fort sentiment d'infériorité et d'inutilité de la vie et aurait souvent pensé à mourir à cette époque. Intellectuellement précoce, il lisait beaucoup. Un jour alors qu'il ouvrait une bible au hasard, il tomba sur le passage suivant : « S'il faut me glorifier, je me glorifierai de mes faiblesses ».

Compte tenu de son état d'esprit, cette phrase lui fit l'effet d'une révélation. Il s'intéressa au christianisme et, y trouvant l'espoir qui lui manquait, s'y convertit à l'âge de 15 ans. Cette démarche était inhabituelle à l’époque : les Chrétiens formaient une minorité peu appréciée au Japon.

Carrière de Karatéka

À 21 ans, passionné par la recherche et l'expression de la beauté, il avait décidé de se consacrer à l'art. Comme ses activités para-universitaires au sein d'un club de théâtre nécessitaient qu'il devînt physiquement plus résistant, il chercha à s'inscrire dans un club de gymnastique. N'en trouvant pas dans l'université, il s'inscrivit au club de karaté local.

Une dureté confinant au sadisme régnait au sein de ce club, comme dans beaucoup d'autres au Japon. Sur le conseil d'un prêtre qui lui suggéra que « les lumières de la Bible devaient être portées là où elles étaient nécessaires », il aurait abandonné très rapidement. Heureusement pour lui, son « calvaire » prit fin avec l'arrivée d'un nouvel instructeur dans sa localité, et pas des moindres : Shigeru Egami, grand maître de l’école de karaté Shotokai et premier assistant du fondateur du Karaté Shotokan, Gichin Funakoshi.

Aux côtés de Shigeru Egami, Aoki atteint progressivement le grade maximal et devint lui-même le premier assistant de ce dernier.

Aoki pratiquant le Shotokai-ryu

Toutefois Hiroyuki Aoki n’était pas totalement satisfait par le karaté et gardait une curiosité ouverte sur les autres arts martiaux et leur pertinence à chaque époque, il en a donc étudié d'autres, en atteignant là aussi régulièrement un grade maximal.

Création du Shintaido

En s'appuyant sur les bases du Karaté, il entama un travail exigeant de restructuration d'un nouvel art martial, en appliquant les recommandations de recherche que Egami lui avaient indiqué.

Épris d’un idéal de liberté, de beauté et de paix, il était à la recherche d’une nouvelle discipline qui, tout en se situant dans la lignée des arts martiaux, soit représentative des enjeux de son époque. Durant plusieurs années, avec un groupe de pratiquants de haut niveau, il s’investit dans un travail d’étude approfondi après avoir constitué un large groupe de maîtres de haut niveau. Cette recherche passa aussi bien par des pratiques physiques et martiales intensives que par l’expérimentation de nombreuses techniques de méditation bouddhiste ou de médecine chinoise. Ce collectif de recherche porta le nom de Sogo-budo Renmei.

À l’issue de cette intense période de recherches et développement, les découvertes d’Hiroyuki Aoki et de son groupe étaient tellement radicales qu’elles ne pouvaient être intégrées dans les écoles de karaté existantes. Il fut donc amené à créer à la fin des années 1960 sa propre discipline, le Shintaido.

Ayant des bases dans le shotokai, elle se distingue par une originalité particulière, une recherche de mouvements amples et intenses, des katas spécifiques et un travail systématique en main ouverte.

Prémices de la création du Kenbu Tenshin-ryu

Créateur prolifique, Hiroyuki Aoki, continue de développer des sous-ensembles de techniques. À partir de ses katas de base: Tenshingoso, Eiko, Hikari, et la création du Shintaido dans les années 60, il a ainsi créé au fur et à mesure un programme complet de sabre, le Kenbu[2] (école polyvalente : Iaidō et Kenjutsu), de bâton long ou court (Bojutsu ou Jōdō de style Shintaido, orienté sur la recherche de fluidité, de portée et d'intensité).

Ayant notoirement créé le Shintaido dans les années 60, avec comme idée d'en faire une poursuite du Karaté de Egami à la demande directe de celui-ci sur les trajectoires à suivre, cette discipline novatrice a rencontré une grande popularité lors des années 70 à 90. Mais, vu qu'elle était originellement très exigeante physiquement (car destinée à des artistes martiaux accomplis), cette discipline a ensuite évoluée pour devenir plus accessible à toute personne en recherche de bien être et de relachement. En Europe, la portée 'martiale' restant à cet enseignement est contrastée selon les enseignants et les approches. En France, premier pays d'importation de cet art, la dimension martiale reste globalement assumée[3]. Mais par exemple, aux Etats-Unis, cette dimension a presque entièrement disparu de la pratique de l'association Shintaido Of America[4], dont la pratique est plus proche d'une forme de Qi Gong.

Evolution des enseignements et officialisation du Kenbu Tenshinryu

Etant donné que Hiroyuki Aoki avait parcouru la plupart des écoles de sabre du japon, il a donc a créé la sienne et l'a integré officiellement à l'Institut Tenshin en 2008, en la revendiquant comme l'aboutissement de sa recherche: Kenbu Tenshinryu[5],[6].

De plus, du fait de l'évolution plus 'douce' du Shintaido à travers le temps, une variante destinée à revenir à ses origines martiales a été créé en Europe sous l'appellation Kitaido. Celle ci a été fondée par deux artistes martiaux européens (Ken Waight[7], Joel Mucci[8]), qui avaient été directement formés par Me. Aoki. Cette approche sous entend également de placer en son centre un enseignement du Kenbu Tenshinryu, qui est actuellement absent des fédérations de Shintaido.

Aoki en démonstration de Kenbu

Cette école forme des instructeurs et des élèves partout dans le monde par le biais de la Tenshinkai, qui coordonne l'enseignement depuis le Japon, notamment par le biais membres de la famille de Aoki Sensei. Ce dernier chargea Joel Mucci et plusieurs maitres européens de diffuser son enseignement en Europe.

La principale innovation de la discipline est notamment d'avoir su organiser par écrit, à la manière d'un enseignement universitaire, un savoir jusque là transmis oralement. Tout en respectant les traditions japonaises, cet enseignement se veut, comme pour celui du Shintaido, ouvert à toutes les personnes en quête de perfectionnement intérieur et physique.

En France, un travail par un collège d'instructeurs est actuellement en cours afin d'effectuer une structuration pédagogique écrite du Kitaido (main libres et BoJutsu), avec une démarche pédagogique similaire, pour poursuivre l'héritage et la recherche de Aoki.

Autres activités de l'institut Tenshin

Hiroyuki Aoki est également reconnu comme un grand maître en calligraphie. Ses fils et lui dirigent aujourd'hui l'institut Tenshin[9], consacré à l'enseignement de la calligraphie, de la méditation et donc depuis 2008, du Kenbu Tenshinryu, dont ils ont une approche très culturelle, avec l'organisation de nombreux spectacles.

Aujourd'hui encore, lui, sa famille, et ses nombreux disciples donnent des stages de formation continue à destination de ses élèves-formateurs du monde entier, donc cela concerne en particulier ceux qui ont intégré le Kenbu Tenshinryu et les enseignements plus récents de Me Aoki. En occident, ceux-ci sont plus particulièrement originaires de France, puis de Suisse et d'Italie[10].

Bibliographie

  • Shiko Hokali, Les origines du shintaido[11], 1981
  • Hiroyuki Aoki, Shintaido: A New Art of Movement and Life Expression, 1982
  • Hiroyuki Aoki, Tenshingoso Eiko, 1986[12]
  • Hiroyuki Aoki, Original Sintaido Gorei-Jutsu 1995[12]
  • Hiroyuki Aoki, Total Stick Fighting - Shintaido Bojutsu, 2000
  • Hiroyuki Aoki, Sintaido , chiei o hiraku shintai giho, 2003[12]
  • Hiroyuki Aoki, Kenbu Tenshin Ryu, 2008 (DVD et livre pédagogique)[13]
  • Hiroyuki Aoki, Karada wa ushu no message, 2008 [12]
  • Hiroyuki Aoki, Philosophie Tenshin (Tenshin Shiso), 2017[12]

Notes et références

Liens externes

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