Holmium

élément chimique de numéro atomique 67 et de symbole Ho From Wikipedia, the free encyclopedia

L'holmium est l'élément chimique de numéro atomique 67, de symbole Ho.

Faits en bref Position dans le tableau périodique, Symbole ...
Holmium
Image illustrative de l’article Holmium
Éclats d'holmium.
DysprosiumHolmiumErbium
  Structure cristalline hexagonale compacte
 
67
Ho
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
   
                                           
Ho
Es
Position dans le tableau périodique
Symbole Ho
Nom Holmium
Numéro atomique 67
Groupe
Période 6e période
Bloc Bloc f
Famille d'éléments Lanthanide
Configuration électronique [Xe] 4f11 6s2
Électrons par niveau d’énergie 2, 8, 18, 29, 8, 2
Propriétés atomiques de l'élément
Masse atomique 164,930 33 ± 0,000 02 u[1]
Rayon atomique (calc) 247 pm
Rayon de covalence 192 ± 7 pm[2]
État d’oxydation 3
Électronégativité (Pauling) 1,23
Oxyde Base
Énergies d’ionisation[3]
1re : 6,021 5 eV 2e : 11,80 eV
3e : 22,84 eV 4e : 42,5 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
163Ho{syn.}4 570 aε0,003163Dy
165Ho100 %stable avec 98 neutrons
Propriétés physiques du corps simple
État ordinaire solide
Masse volumique 8,795 g·cm-3 (25 °C)[1]
Système cristallin Hexagonal compact
Couleur blanc métallique
Point de fusion 1 472 °C[1]
Point d’ébullition 2 700 °C[1]
Enthalpie de fusion 11,76 kJ·mol-1
Enthalpie de vaporisation 241 kJ·mol-1
Volume molaire 19,01×10-3 m3·mol-1
Vitesse du son 2 170 m·s-1 à 20 °C
Chaleur massique 160 J·kg-1·K-1
Conductivité électrique 1,24×106 S·m-1
Conductivité thermique 16,2 W·m-1·K-1
Divers
No CAS 7440-60-0[4]
No ECHA 100.028.335
Précautions
SGH[5]
État pulvérulent :
SGH02 : Inflammable
Danger
H228 et P210
Transport[5]
État pulvérulent :

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
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L'holmium est un métal du groupe des terres rares. Comme les autres lanthanides, il est malléable et ductile à température ambiante, s'oxyde lentement dans l'air sec mais rapidement dans l'air humide.

Le nom de cet élément provient de la latinisation après aphérèse du toponyme Stockholm, ville natale de son découvreur Per Thodor Cleve[6].

Il est extrait, comme la plupart des terres rares, de la monazite qui en contient environ 0,05 %. Parmi les éléments de terres rares, c'est l'un des seuls à être vraiment rare. Son prix est d'environ 1 000 $/kg[7].

Caractéristiques

Échantillon d'holmium.

L'holmium est septième membre de la série des lanthanides. Dans le tableau périodique, il se trouve dans la période 6, entre les lanthanides dysprosium à sa gauche et erbium à sa droite, et au-dessus de l'actinide einsteinium.

Propriétés physiques

Avec un point d'ébullition de 3 000 kelvins (2 727 °C), l'holmium est le sixième lanthanide le plus volatil après l'ytterbium, l'europium, le samarium, le thulium et le dysprosium. Dans des conditions normale de température et de pression, l'holmium, comme une grande partie de la seconde moitié des lanthanides, adopte normalement une structure hexagonale compacte (hcp)[8]. Ses 67 électrons sont disposés selon la configuration [Xe] 4f11 6s2, de sorte qu'il a treize électrons de valence remplissant les sous-couches 4f et 6s[9].

L'holmium, comme tous les lanthanides, est paramagnétique dans les conditions normales de température et de pression[10] Cependant, l'holmium est ferromagnétique à des températures inférieures à 19 kelvins (−254,15 °C)[11]. Il possède le moment magnétique le plus élevé de tous les éléments (10,6 µB), ce qui permet de l'utiliser pour concentrer les flux magnétiques.

Propriétés chimiques

L'holmium métallique se ternit lentement dans l'air, formant une couche d'oxyde jaunâtre qui a une apparence similaire à celle de la rouille de fer. Il brûle facilement pour former l'oxyde d'holmium(III)[12] :

4 Ho + 3 O2 → 2 Ho2O3

C'est un élément relativement mou et malléable qui est assez résistant à la corrosion et chimiquement stable en air sec dans les conditions normales de température et de pression. Cependant, dans l'air humide et à des températures plus élevées, il s'oxyde rapidement, formant un oxyde jaunâtre[13]. Sous forme pure, l'holmium possède un éclat argenté métallique et brillant.

L'holmium est assez électropositif : sur l'échelle d'électronégativité de Pauling, il a une électronégativité de 1,23[14]. Il est généralement trivalent. Il réagit lentement avec l'eau froide et rapidement avec l'eau chaude pour former l'hydroxyde d'holmium(III)[15] :

2 Ho (s) + 6 H2O (l) → 2 Ho(OH)3 (aq) + 3 H2 (g)

L'holmium métallique réagit avec tous les halogènes stables[16] :

2 Ho (s) + 3 F2 (g) → 2 HoF3 (s) [rose]
2 Ho (s) + 3 Cl2 (g) → 2 HoCl3 (s) [jaune]
2 Ho (s) + 3 Br2 (g) → 2 HoBr3 (s) [jaune]
2 Ho (s) + 3 I2 (g) → 2 HoI3 (s) [jaune]

L'holmium se dissout facilement dans l'acide sulfurique dilué pour former des solutions contenant les ions jaunes Ho(III), qui existent sous forme d'un complexe [Ho(OH2)9]3+[16] :

2 Ho (s) + 3 H2SO4 (aq) → 2 Ho3+ (aq) + 3 SO42- (aq) + 3 H2 (g)

Isotopes

L'holmium ne possède qu'un isotope stable, 165Ho. Parmi ses radioisotopes, celui de plus longue demi-vie est 163Ho, de demi-vie égale à 4 570 ans. Tous les autres ont des demi-vies inférieures à deux jours dans leur état stable (l'isomère 166mHo a cependant une demi-vie d'environ 1 200 ans).

Découverte

Découvertes des terres rares.
Yttrium (1794)

Yttrium



Terbium (1843)



Erbium (1843)
Erbium

Erbium



Thulium (1879)



Holmium (1879)

Holmium



Dysprosium (1886)






Ytterbium (1878)

Ytterbium

Ytterbium



Lutécium (1907)




Scandium (1879)








Cérium (1803)

Cérium


Lanthane (1839)

Lanthane


Didyme (1839)
Didyme

Néodyme (1885)



Praséodyme (1885)



Samarium (1879)

Samarium

Samarium



Europium (1901)





Gadolinium (1880)







Prométhium (1947)


Diagrammes des découvertes des terres rares. Les dates entre parenthèses sont les dates d'annonces des découvertes[17]. Les branches représentent les séparations des éléments à partir d'un ancien (l'un des nouveaux éléments conservant le nom de l'ancien, sauf pour le didyme).

En 1789, le chimiste finlandais Johan Gadolin identifie un nouvel oxyde (ou « terre ») dans un échantillon d'ytterbite (rebaptisée plus tard « gadolinite » en son honneur). Cette nouvelle roche avait été découverte deux ans auparavant par le lieutenant Carl Axel Arrhenius près du village d'Ytterby en Suède. Ces travaux sont confirmés en 1797 par Anders Gustaf Ekeberg qui baptise le nouvel oxyde yttria[18].

Près d'un demi-siècle plus tard, le Suédois Carl Gustav Mosander parvient à isoler trois composés distincts à partir de l'yttria grâce à de nouveaux procédés de cristallisation fractionnée. Il décide de conserver le terme yttria pour la fraction incolore (oxyde d'yttrium pur) et nomme la fraction jaune erbia et la fraction rose terbia, toujours en rappel du village d'Ytterby. Pour d'obscures raisons, les successeurs de Mosander intervertiront ces deux termes. C'est ainsi que erbia (l'erbine) finit par désigner l'oxyde d'erbium (rose) et terbia (la terbine) l'oxyde de terbium (jaune)[19].

En 1878, le chimiste suisse Marc Delafontaine croit découvrir dans la samarskite un nouvel élément qu'il nomme philippium (symbole Pp), en l'honneur de son bienfaiteur Philippe Plantamour. Par ailleurs, ses recherches sur l'yttria issue de la gadolinite sont analysées par son compatriote Jacques-Louis Soret qui y confirme la présence d'un quatrième oxyde, aux côtés de l'erbine et de la terbine. Il lui donne provisoirement le nom de « terre X »[20]. Parallèlement, Jean Charles Galissard de Marignac découvre à Genève que l'erbine n'est pas homogène et il parvient à en extraire un nouvel élément, qu'il nomme ytterbium. À Uppsala, Per Thodor Cleve décide de concentrer ses recherches sur les sels d'erbium restant après cette séparation. En 1879, il obtient trois fractions distinctes qu'il soumet à un examen spectroscopique. L'une correspond bien à l'erbium, mais les deux autres sont inconnues. En l'honneur de son pays, Cleve propose de les nommer holmium, d'après le nom latin de Stockholm, et thulium, d'après le nom légendaire de la Scandinavie[19].

En observant le spectre obtenu par Cleve pour l'holmium, Soret réalise qu'il correspond parfaitement à celui de sa « terre X », mais accepte en 1880 le nom choisi par le chimiste suédois. Il est probable que le philippium de Delafontaine était également de l'holmium impur et les trois scientifiques sont donc crédités de la découverte de cet élément[20].

Quelques années plus tard, en 1886, Paul Émile Lecoq de Boisbaudran découvre que l'holmium de Cleve n'est pas homogène. Après un long processus de séparation, il en isole un nouvel élément, baptisé dysprosium en raison des difficultés rencontrées dans ce processus (du grec δυσπρόσιτος / dysprósitos, « difficile à obtenir »)[18]. L'oxyde d'holmium(III) pur (jaune) est obtenu par le chimiste suédois Otto Holmberg en 1911[21].

Applications

Peu d'applications spécifiques malgré des caractéristiques magnétiques inhabituelles.

Notes et références

Voir aussi

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