Aoutibrê Hor

pharaon égyptien From Wikipedia, the free encyclopedia

Aoutibrê Hor Ier est un roi de la XIIIe dynastie. Il est surtout connu par sa fabuleuse statue du Ka qui se trouve au Musée égyptien du Caire.

Fonction principaleroi
PrédécesseurAmenemhat-Renséneb
Faits en bref Période, Dynastie ...
Aoutibrê Hor Ier
Image illustrative de l’article Aoutibrê Hor
Statue du Ka du roi Aoutibrê Hor, Musée égyptien du Caire
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIIIe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Amenemhat-Renséneb
Successeur Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou ?
Sedjéfakarê Kay-Amenemhat ?
Famille
Conjoint Noubhetepti ?
Enfant(s) Noubheteptikherd ?
Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou ?
Horus Djedkheperou ?
Sépulture
Nom Tombe d'Aoutibrê Hor
Emplacement Dahchour
Date de découverte 1894
Découvreur Jacques de Morgan
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Attestations

Aoutibrê Hor est mentionné à la position 7.17 du Canon royal de Turin, une liste de rois compilée au début de l'époque ramesside[1],[2],[3]. Au-delà du canon de Turin, Aoutibrê Hor est resté inaperçu jusqu'à la découverte en 1894 de sa tombe presque intacte à Dahchour par Jacques de Morgan[4],[2],[5].

D'autres attestations d'Aoutibrê Hor ont été mises au jour depuis lors :

Famille

Vision de Kim Ryholt

Selon Kim Ryholt et sa théorie des noms filiaux, l'absence de double-nom pour ce roi indiquerait qu'il n'est pas fils de roi[11]. Sur la base d'une architrave découverte à Tanis où apparaissent les noms d'Horus des rois Aoutibrê Hor et Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou, Kim Ryholt a supposé qu'ils ont été corégents, et donc père et fils[11]. Quant à Horus Djedkheperou, donné comme successeur de Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou, son règne est situé chronologiquement à proximité immédiate de celui de Khâbaou ; de plus, sur le Lit d'Oriris qui atteste de son existence, le nom de Sa-Rê a été martelé mais Kim Ryholt a reconstruit le début de ce nom par Hor-, ce qui en ferait un nom filial et donc le fils d'Aoutibrê Hor[12].

Enfin, la princesse Noubheteptikherd a été enterrée près du roi Aoutibrê Hor, ce qui fait très probablement d'elle sa fille[12]. Par homonymie, la reine Noubhetepti a été proposée comme épouse d'Aoutibrê Hor et mère de Noubheteptikherd. Cependant, selon Ryholt, les attestations d'une reine Noubhetepti sont assez distinctes pour qu'on puisse distinguer deux reines homonymes : la première serait épouse d'Aoutibrê Hor et mère de Noubheteptikherd et d'au moins un roi (la reine de porte pas le titre de « mère de deux rois »), la seconde serait plus tardive[13].

Vision de Julien Siesse

Julien Siesse réfute cette théorie des noms filiaux car la pratique des doubles-noms était courante à cette époque, y compris parmi les familles royales de la dynastie, et permettait simplement de distinguer les personnes d'une même famille qui auraient été autrement parfaitement homonymes[14]. S'il réfute donc tout lien généalogique avéré avec Khâbaou et Djedkheperou, il considère comme probable la parenté immédiate entre Aoutibrê Hor et la princisse Noubheteptikherd[15]. Cependant, concernant la reine Noubhetepti, il ne distingue pas deux reines mais considère plutôt que la datation des scarabées repousserait plutôt vers le milieu de la dynastie l'existence de cette reine, qui est dite d'ailleurs mère d'un roi Sobekhotep, qu'il suppose être Khâânkhrê ou Khâneferrê[16].

Durée du règne

Certains pensent qu'il pourrait être un usurpateur, étant donné son apparent manque de lien avec ses prédécesseurs[17],[18]. La durée du règne d'Aoutibrê Hor est en partie perdue à cause d'une lacune du Canon royal de Turin et est donc inconnue. Selon la dernière lecture du papyrus par Ryholt, les traces qui subsistent indiquent le nombre de jours comme étant […] et 7 jours[18]. Dans la précédente lecture du canon par Alan Henderson Gardiner, qui date des années 1950, cela était lu comme étant […] 7 mois[19]. Cela a conduit des chercheurs comme Miroslav Verner et Darrell D. Baker à croire que le règne d'Aoutibrê Hor était éphémère, alors que la lecture de Ryholt laisse envisager un règne plus long qu'il évalue à deux années de règne[17],[18]. En tout cas, Aoutibrê Hor n'a probablement régné que peu de temps, en particulier pas assez longtemps pour préparer une pyramide, qui était encore le lieu de sépulture commun des rois du début de la XIIIe dynastie. Quelle que soit la durée de son règne, Aoutibrê Hor semble avoir été remplacé par ses deux fils Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou et Horus Djedkheperou[18].

Sépulture

Dessins de Jacques de Morgan des sceptres d'Aoutibrê Hor.

Aoutibrê Hor est surtout connu pour sa tombe presque intacte, découverte en 1894 par Jacques de Morgan en collaboration avec Georges Legrain et Gustave Jéquier à Dahchour[20]. La tombe n'était rien d'autre qu'un puits construit à l'angle nord-est de la pyramide d'Amenemhat III de la XIIe dynastie[21]. La tombe était à l'origine destinée à un membre de la cour d'Amenemhat III et a été agrandie par la suite pour Aoutibrê Hor, avec l'ajout d'une chambre funéraire et d'une antichambre en pierre[17].

Bien que la tombe ait été pillée dans l'Antiquité, elle contenait encore un naos avec une rare statue en bois grandeur nature du Ka du roi. Cette statue est l'un des exemples les plus fréquemment reproduits de l'art égyptien antique et se trouve aujourd'hui au Musée égyptien du Caire sous le numéro de catalogue CG259[21]. C'est l'une des statues en bois de l'Antiquité les mieux préservées et les plus accomplies qui aient survécu, et elle illustre un genre artistique qui devait autrefois être courant dans l'art égyptien, mais qui a rarement survécu en aussi bon état.

Plan de la tombe d'Aoutibrê Hor.

La tombe contenait également le cercueil en bois  pourri  du roi, partiellement doré. Le masque funéraire du roi en bois, ses yeux de pierres sertis de bronze[20], avait été dépouillé de sa dorure mais contenait toujours le crâne du roi. Les vases canopes d'Aoutibrê Hor ont également été retrouvés complets. La momie du roi avait été saccagée pour ôter ses bijoux et seul le squelette du roi était resté dans son sarcophage[20]. Parmi les autres objets provenant de la tombe, on trouve de petites statues, des vases en albâtre et en bois, quelques bijoux, deux stèles en albâtre portant des hiéroglyphes peints en bleu et un certain nombre de fléaux, sceptres en bois qui avaient tous été disposés dans un long coffret en bois. Le tombeau contenait également des armes telles qu'une tête de masse en granit[20], un poignard à feuilles d'or et de nombreuses poteries.

À côté de la sépulture d'Aoutibrê Hor, on a trouvé le tombeau totalement intact de la Fille du roi Noubheteptikherd. Elle était probablement une fille d'Aoutibrê Hor[22] ou bien une fille d'Amenemhat III[21].

Titulature

Notes et références

Bibliographie

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