Howl

poème d'Allen Ginsberg From Wikipedia, the free encyclopedia

Howl est un poème d'Allen Ginsberg paru dans son recueil de poème de 1956 intitulé Howl and Other Poems. Ce poème est considéré comme l'une des œuvres majeures de la Beat Generation, avec Sur la route de Jack Kerouac (1957), Gasoline de Gregory Corso (1958) et Le Festin nu de William S. Burroughs (1959).

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Howl
Couverture de la première édition de Howl and Other Poems (1956).
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Genèse et composition du poème

Allen Ginsberg, alors âgé de vingt-huit ans, commence l'écriture de Howl Hurlement ») à l'automne 1954, à une époque où il confie dans une lettre à Jack Kerouac : « J'écris entre autres quelques poèmes pornographiques[1]. » Il écrit dans son appartement de San Francisco. Il poursuit l'écriture de Howl en 1955. Le poème est dédié à Carl Salomon, futur écrivain américain de deux ans plus jeune que lui, qu'il a rencontré lors d'un séjour en hôpital psychiatrique. Dans Howl, Ginsberg multiplie les références à Salomon. Howl se présente sous la forme d'un long poème en versets d'une douzaine de pages comprenant trois parties suivies d'un texte qui clôt le poème (titré : « Footnote to Howl »). Dans Howl, il est question de marginalité, de démence, de drogues et de sexe. Le vers le plus célèbre du poème en est le premier : « I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving, hysterical, naked." » Ginsberg déclarera en 1966 dans une interview : « Je me suis dit, en écrivant Howl, que c'était quelque chose qui ne pouvait pas être publié car je ne voulais pas que mon père voie ce qu'il y avait dedans[2].  »

En septembre 1955, Allen Ginsberg et d'autres amis poètes de la Côte Ouest - ceux qui vont bientôt être les représentants de la San Francisco Poetry Renaissance (ou Renaissance de San Francisco) - préparent activement des soirées poétiques. Ils préparent particulièrement une lecture publique de poèmes dans un ancien garage de réparation automobile de San Francisco, un endroit dénommé la Six Gallery. Le soir du 7 octobre, devant une centaine de personnes, plusieurs poètes sont conviés à lire quelques unes de leurs compositions. Parmi ceux-là figure le jeune adepte du bouddhisme Gary Snyder qui interviendra en dernier. Jack Kerouac assiste à la séance tout en faisant le choix de ne rien lire, ainsi que Neal Cassady[3]. Quand vient le tour d'Allen Ginsberg, l'auditoire est très vite médusé par la force et l'audace du texte qu'il entend ; il s'agit de Howl, poème inachevé dont le poète lit ce soir-là la première partie. L'émotion devient de plus en plus intense et l'on entend Kerouac crier « Yeah ! Go ! Go !  » du fond de la salle pour encourager son ami Allen et exprimer son admiration. La lecture de Howl, par son intensité avant-gardiste, va faire entrer dans la légende cette soirée poétique à la Six Gallery. Un homme ébloui, Lawrence Ferlinghetti, directeur de la librairie City Lights de San Francisco et éditeur de poésie, est présent à la lecture. Le lendemain, il envoie un télégramme à Ginsberg : « Je te salue à l'aube d'une grande carrière. Quand puis-je avoir le manuscrit[4] ? » La lecture du poème de Ginsberg à la Six Gallery est racontée par Jack Kerouac dans son roman Les Clochards célestes, où Ginsberg apparaît sous le nom d'Alvah Goldbook. Dans ces mêmes lignes, Kerouac remarque que cette soirée à la Six Gallery a été « la première manifestation de la Renaissance poétique de San Francisco. (...) Ce fut une nuit de folie[5] ». Le poète Philip Walen, qui a assisté à cette soirée, a déclaré plus tard que la lecture de Howl avait été « une révélation pour tout le monde[6] ».

Publication et procès

L'année suivante, en 1956, Lawrence Ferlinghetti publie Howl and other poems de Ginsberg. La San Francisco Poetry Renaissance est alors en plein bouillonnement. Les publications poétiques se multiplient, ainsi que les rencontres et les lectures assurées par des poètes en quête de reconnaissance. La diffusion de Howl est au cœur de cette effervescence et fait accéder Ginsberg à la célébrité. Mais quelques mois plus tard, le 21 mai 1957, Howl and other poems est saisi par la police[7]. Une plainte est déposée contre l'éditeur pour obscénité, et également contre Shig Murao, libraire travaillant à City Lights. A ce moment-là, Ginsberg est à Paris ; il réside dans le fameux Beat Hotel de la rue Gît-le-Cœur. Il écrit à son éditeur, l'encourageant à contacter des médias et à collecter des soutiens pour le procès[8]. Ferlinghetti est anxieux et craint la prison. Mais, heureusement pour lui et pour son associé, le juge W. J. Clayton Horn qui a été choisi pour présider lors du procès se montre très attentif à la cause qui est plaidée, pragmatique et compréhensif, ouvert aux arguments de la défense. Le 4 octobre, le juge annonce son verdict : le poème Howl ne présente pas un caractère obscène. A cet effet, il déclare : « Je ne pense pas que Howl soit dépourvu de toute valeur rédemptrice. La première partie de Howl donne l'image d'un monde cauchemardesque ; la deuxième accuse ces éléments de la société moderne qui détruisent les meilleures qualités de la nature humaine ; ces éléments sont principalement le matérialisme, le conformisme et la mécanisation qui conduisent à la guerre. La troisième partie présente l'image d'un individu qui est une représentation spécifique de ce que l'auteur considère comme une condition générale. (...) Le thème de Howl présente des idées non-orthodoxes et controversées. Le langage cru et vulgaire utilisé dans les descriptions et les actes sexuels sont mentionnés mais, quand bien même le livre n'ait aucune valeur sociale, cela ne peut pas être considéré comme obscène[9]. » Et de la sorte, le juge déclare les accusés non coupables.

Extrait du poème

Howl [premiers vers]

I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,
dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix,
Angel-headed hipsters burning for the ancient heavenly connection
to the starry dynamo in the machinery of night,

[traduction en français[10]]

J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus,
se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre,
initiés à tête d’ange brûlant pour la liaison céleste ancienne
avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,

Pierre Guglielmina traduira « J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie » par « J’ai vu les meilleurs esprits de ma génération détruits par la folie » dans l'édition parue chez Denoël.

Postérité

La chanson Spell de Patti Smith est un poème inspiré de Howl[réf. nécessaire]. La période de la vie de Ginsberg durant laquelle il rédige Howl a fait l'objet du film biographique américain Howl, de Rob Epstein et Jeffrey Friedman (scénario et réalisation), sorti en 2010, où Allen Ginsberg est incarné à l'écran par l'acteur James Franco. Ce film relate la saga judiciaire à propos du poème de Ginsberg qui en donne une brillante lecture.

Bibliographie

  • Jack Kerouac (trad. Pierre Guglielmina), Anges de la Désolation Desolation Angels »], Paris, Denoël, , 522 p. (ISBN 978-2-207-24532-3, BNF 37039906)
    Seconde traduction, complète, sous un nouveau titre. La couverture comporte la mention « roman inédit », qui fait allusion au fait que la première traduction se limitait à la seule seconde partie du roman, Passing Through, la première partie étant restée inédite en français jusqu'en 1998.

Notes et références

Liens externes

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