Intoxication au mercure

hydrargyrisme From Wikipedia, the free encyclopedia

L'intoxication au mercure est également appelée hydrargisme, hydrargyrie ou hydrargyrisme. Le mercure est un métal très toxique mais il est important de distinguer les effets des sels de mercure (mercure sous forme ionisée) Hg2+ et Hg+ du mercure métallique Hg0, des effets des composés organiques du mercure (méthylmercure CH3Hg notamment) beaucoup plus toxiques. Cet élément est d'autant plus nocif qu'il s'évapore facilement et que ses vapeurs sont aisément assimilées par l'organisme. De plus, l'absorption simultanée de cuivre, de zinc ou de plomb tend à accroître le pouvoir nocif du mercure.

Faits en bref Causes, Symptômes ...
Intoxication au mercure
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L'extraction du mercure est depuis l'Antiquité une première source de pollution, mais aussi de contamination humaine (ici Mine néerlandaise de mercure de Tegorah, première moitié du XXe siècle, Sambas, Bornéo).
Causes MercureVoir et modifier les données sur Wikidata
Symptômes Irritation oculaire (d), protéinurie, amaigrissement, anorexie, trouble gastro-intestinal (en), stomatite, fatigue, indécision (d), irritabilité, insomnie, tremblement, pneumopathie chimique (en), bronchite, dyspnée, douleur thoracique, toux, dermatite irritative (en), irritation (en), œdème du poumon, insuffisance respiratoire, néphropathie, insuffisance rénale chronique, tachycardie, hypertension artérielle, dysgueusie, salivation, dysphagie, crampe abdominale, diarrhée, céphalée, asthénie, altération visuelle (d), exanthème et dermite de contactVoir et modifier les données sur Wikidata
Traitement
Traitement Thérapie par chélationVoir et modifier les données sur Wikidata
Médicament PénicillamineVoir et modifier les données sur Wikidata
Spécialité Médecine d'urgenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CIM-10 T56.1
CIM-9 985.0
DiseasesDB 8057
MedlinePlus 002476
eMedicine 1175560
MeSH D008630

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Mécanisme

Le mercure interfère avec la cystéine et le groupe thiol de nombreuses molécules, avec des effets oxydants, une apoptose, une modification des réactions d'oxydo-réduction[1].

Symptômes

Ils sont nombreux et variés, et dépendent des formes et de la gravité de l'intoxication, car la toxicité du mercure ou de certains de ses composés varie selon les composés ou la forme (liquide ou vapeur) du mercure.

Cette toxicité affecte principalement :

Certaines intoxications dont l'intoxication aiguë au mercure[10] peuvent aussi affecter le champ visuel (voire conduire à la cécité), et il a été récemment (2015) confirmé que le risque de glaucome augmente statistiquement chez les personnes ayant un taux sanguin de mercure plus élevé que la moyenne (cette étude a aussi mis en évidence un risque accru en cas de faible taux sanguin de manganèse, alors qu'aucune association n'a été découverte pour le plomb et le cadmium sanguin ou l'arsenic dans les urines, selon une étude basée sur 2 600 Coréens de 19 ans et plus[11].

Une étude dans la revue Environmental Health Perspectives de juillet 2023 établit un lien entre l'intoxication au mercure et les tentatives de suicide[12].

Histoire

À l'époque romaine, les criminels condamnés à travailler dans les mines de cinabre (sulfure de mercure(II), HgS) avaient une courte espérance de vie. Au Ier siècle, Pline l'Ancien décrivait déjà les symptômes de l'empoisonnement au mercure.

Ce problème reste actuel : aux États-Unis, aujourd'hui, près de 12 % des femmes en âge de procréer ont un taux de mercure sanguin supérieur aux recommandations de l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis. En 2006 une étude menée par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments avait établi qu'en France 32% des femmes en âge de procréer dépassaient la dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP)[13].

Or, le méthylmercure, transmis à l'enfant entre autres lors de la grossesse, affecte le fonctionnement de son cerveau. Par exemple, une étude espagnole (2010) a relié la présence de mercure dans les cheveux des enfants (en moyenne 1 μg/g) à des résultats inférieurs lors des tests de langage et de mémoire[14]. Une autre étude () a porté sur les effets socio-psychopathologiques de l'exposition à de faibles doses de plomb et/ou de mercure chez des enfants lors de la puberté (sur un échantillon bi-racial de 203 enfants de 9 à 11 ans) ; celle-ci a inclus des tests de réactivité vagale face au stress, réactivité réflexe qui est contrôlée par le système parasympathique, concluant que chez adolescents, plus le taux de mercure sanguin est élevé, plus il est associé à un troubles du spectre autistique (si l'enfant fait partie de ceux qui présentent un tonus vagal prolongé lors d'un stress aigu (alors que le plomb ne semble pas modifier la réactivité vagale). Ceci n'est pas une preuve que le mercure cause l'autisme, il se pourrait que des comorbidités liées à l'autisme rende le corps moins capable d'excrêter les métaux traces ; les auteurs invitent donc à prolonger ces recherches pour confirmer cette causalité ou préciser les mécanismes en jeu[15].

En 2025, les villes de Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes annoncent supprimer le thon des menus de cantines scolaires, dans l'attente de normes sanitaires plus strictes (« Cette mesure ne pourra être revue sans que la limite maximale de mercure autorisée dans le thon ne soit abaissée à la teneur la plus stricte existant pour le poisson, à savoir 0,3 mg/kg »). Ceci fait suite aux alertes d'ONG (dont BLOOM et Foodwatch en octobre 2024, qui dénonçaient pour le thon, un seuil maximal relevé à 1 mg/kg, en outre calculé sur le « produit frais », alors que selon ces ONG, ce mercure se concentre une fois le produit déshydraté, et alors qu'on en trouve jusqu'à 2,7 mg/kg dans le thon commercialisé)[16],[17], sous sa forme la plus toxique (méthylmercure). Ces ONG déploraient que les seuils autorisés par la Commission européenne et les États membres pour le thon étaient artificiellement supérieurs à ceux appliqués à d'autres poissons (pour maximiser le taux de conformité des poissons et les maintenir sur le marché au lieu de protéger la santé des consommateurs, notamment des enfants et foetus ainsi exposés à des risques accrus[17],[18]. Selon un communiqué du ministère de l'agriculture repris par CNews : « Aucune défaillance sanitaire relative au respect des teneurs maximales réglementaires dans le thon n'a été identifiée par les services de l'Etat, ni remontée par les professionnels dans le cadre des autocontrôles »[19] .

Les maladies professionnelles

Des solutions de nitrate de mercure ont servi à préserver et traiter les peaux et feutres en vue de la fabrication de chapeaux. Cela aurait inspiré Lewis Carroll pour le personnage du chapelier fou dans Alice au pays des merveilles. En France, les maladies liées au mercure ont été parmi les premières reconnues comme maladies professionnelles dès 1919.

À la suite des progrès de la chimie analytique et pour mieux détecter les intoxications chroniques ou aiguës par des métaux et métalloïdes toxiques, des praticiens et chercheurs hospitaliers ont récemment (2010) proposé de compléter les bilans sanguins et bilans de santé classiques par un profil métallique incluant notamment le mercure, le plomb et le cadmium, mais aussi d'autres métaux ou métalloïdes toxiques[20].

Les intoxications aiguës accidentelles

  • Incendie d'Idrija (Slovénie) en 1803 : 900 personnes intoxiquées.
  • Accident à bord du navire Triumph en 1810 : ce navire transportait des vessies de mercure. Leur ouverture accidentelle et les vapeurs de mercure consécutives causèrent la mort de trois personnes. Deux cents autres tombèrent malades.
  • Mort en juin 1997 d'une professeur de chimie américaine, Karen Wetterhahn, par diffusion transcutanée de diméthylmercure après que quelques gouttes de ce liquide aient traversé son gant de latex, et pénétré sa peau[21], en moins de 15 secondes[22].

Intoxications d'origine alimentaire

Consommation de semences empoisonnées

On a utilisé dès 1890 des composés à base de mercure pour une meilleure conservation des semences. Cette pratique s'est généralisée à partir de 1915. Cela a donné lieu depuis à de nombreux accidents. Des personnes furent empoisonnées en consommant par erreur des semences traitées. Voici les exemples connus :

Le traitement des semences à l'aide de composés mercuriques est interdit depuis 1982 en Europe de l'Ouest.

Les composés utilisés pour le traitement étaient notamment : le chlorophénylmercure, l'acétate de phénylmercure, le chlorure de méthylmercure, le phosphate d'éthylmercure, etc.

Consommation de poissons et fruits de mer

Le problème d'une contamination parfois très excessive par le méthylmercure de ces aliments a été porté à la connaissance du grand public par la tragédie de la baie de Minamata au Japon. Le poisson et les fruits de mer restent l'une des premières sources de mercure alimentaire au Japon et dans le monde.

Ceci a notamment été confirmé par une étude de 7 années, au milieu de laquelle est survenu le grand séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku (magnitude 9,0), sur la contamination par le mercure (suivi de près de 500 couples mère-enfant : 157 enfants suivis avant la catastrophe et 335 après la catastrophe). Les niveaux totaux de mercure (THg) ont été suivis pour cette cohorte, ainsi que le lien entre niveaux de THg à la naissance et le moment de l'étude. Les 2 groupes (pré-désastre et post-désastre) ne présentaient pas de différences pour le sang de cordon (16,3 et 16,1 ng g-1, respectivement) de même pour le mercure dans les cheveux maternels à la parturition (2,57 et 2,55 μg g-1, respectivement), par contre le THg mesuré dans les cheveux des enfants de 7 ans étaient nettement plus bas dans le groupe post-catastrophe (1,79 μg g-1) que dans l'autre groupe (2,51 μg g-1) et cette différence restait significative après ajustement pour le niveau d'exposition prénatale de THg. Dans tous les cas le THG sang-cordon était significativement corrélé au THg des cheveux maternels à l'accouchement et des cheveux des enfants de 7 ans, cependant une diminution moyenne de 29 % du taux de mercure des cheveux des enfants était observé après la catastrophe ; elle ne semble pouvoir s'expliquer que par le fait que ces enfants n'ont pas pu consommer de poisson et fruits de mer comme d'habitude, en raison des effets du tremblement de terre sur la pêche (bateaux et infrastructures détruites par le tsunami et crainte de manger des poissons radioactifs). Les auteurs insistent sur le fait que le taux de mercure à 7 ans reflétaient néanmoins encore « dans une certaine mesure » le niveau d'exposition prénatale.

Ailleurs, l'utilisation du mercure dans l'exploitation aurifère (en forêts tropicales, généralement) pose aussi de graves problèmes de santé publique pour les populations indigènes (entre autres chez les Amérindiens de Guyane et du Surinam ou du Brésil, qui consomment beaucoup de poissons contaminés par les sites d'orpaillage).

Certaines populations inuit et/ou insulaires qui dépendent beaucoup du poisson ou des produits de la mer pour la ration protéique et leur alimentation sont également très concernées (aux Seychelles par exemple[24]).

De manière générale, il convient par précaution d'éviter que les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans consomment plusieurs fois par mois des gros poissons de haute mer, surtout ceux situés tout au sommet de la chaîne alimentaire (notamment, dorade, espadon, marlin, grenadier, bar, requin et thon) : un poisson contaminé peut contenir 23 mg de mercure par kg de poids humide. Le contenu intracellulaire en mercure dans le phytoplancton peut être 100 000 fois supérieur à la concentration de l'eau environnante[25]. Les poissons prédateurs d'eau douce peuvent également être contaminés. La concentration en mercure des mollusques bivalves filtres, est de 50 mg par kilo en moyenne pour les moules : la prudence reste de mise, les moules et les huîtres peuvent en outre présenter des concentrations de polluants en particulier des taux de cadmium particulièrement élevés[26] — jusqu'à 19 mg par kilo[27].

Normes sur la présence de mercure dans les poissons

Les normes varient d'un pays à l'autre.

L'OMS a adopté en 2003 une dose hebdomadaire totale provisoire (DHTP) de 1,6 μg meHg/kg mc/sem[28].

Aux États-Unis, le seuil de méthylmercure à ne pas dépasser est de 0,7 μg meHg/kg mc/sem[28].

En France, en 1972 le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) a fixé par avis la teneur maximale autorisée en mercure total (Hgt) dans les poissons à 0,5 μg/g de poids frais, avec une exception portée à 0,7 μg/g pour les espèces prédatrices, en raison de leur position dans la chaîne alimentaire et de leur tendance à bioaccumuler davantage de mercure[29]. Puis en 2004 l'AFSSA a estimé qu'il n'était pas nécessaire de modifier une recommandation de 2002 (3,3 μg meHg/kg mc/sem.). La teneur des aliments doit être surveillée par la DGCCRF au sein de la DGAL (Direction Générale de l'Alimentation du ministère de l'Agriculture), en partenariat avec l'ANSES), avec obligation de résultats et non de moyens[30], et un suivi affiné pour la triade mercure-plomb-cadmium, conformément à la réglementation européenne, ce suivi reposant sur des plans d'échantillonnage normalisés et obligatoires[31], no 852/2004[32] et no 882/2004[33]... du « Paquet hygiène » de l'UE, relatifs aux denrées alimentaires destinées à la consommation humaine. Le Laboratoire de sécurité des aliments implantée sur deux sites, à Maisons-Alfort et à Boulogne-sur-Mer (pour ce qui concerne les produits de la mer (poissons, coquillages, crustacés) a été désigné[34] Laboratoire National de Référence (LNR) pour le mercure (et autres métaux lourds et métalloïdes) dans les denrées alimentaires d'origine animale (produits du « groupe B3c ») [35]. Mi 2005, son dernier rapport d'activité en ligne date de 2025 ; et ce rapport ne mentionne pas le nombre ni les résultats d'analyses faites pour le mercure dans les produits de la mer[36], bien que citant une publication faite en 2020[37].

En Europe, sous l'effet du lobby de la pêche, les normes pour la commercialisation du poisson varient suivant les espèces : pour certains poissons, qui se trouvent être parmi les plus pollués  raie, thon, espadon, dorade…  la dose de mercure admissible est deux fois plus élevée que pour les autres espèces commercialisées dans l'Union européenne[13],[38]. En 2011, un règlement européen reprécise les méthodes de prélèvement des échantillons et d'analyses du mercure lors des contrôles officiels et obligatoires de denrées alimentaires[39].

Alors qu'au Japon (pays grand pêcheur et consommateur de thon, y compris cru), la limite en mercure total est de 0,4 μg/g et de 0,3 ppm pour le MeHg[40].

Du mercure comme remède

Le calomel (chlorure mercureux) était autrefois utilisé comme diurétique et purgatif. Un tel traitement pourrait avoir causé la mort d'Agnès Sorel, dont l'autopsie, effectuée en 2004, révéla une grave intoxication au mercure.

Le mercure et la syphilis

En 1527, Paracelse préconisait déjà le mercure en poudre comme principe actif d'onguent (pommade grise) pour guérir la syphilis. Ce remède a malheureusement été plus ou moins utilisé jusqu'à l'arrivée de la pénicilline.

Le mercure dans la vie quotidienne

Dans les amalgames dentaires

Un amalgame dentaire contient en moyenne environ un gramme de mercure.

Il s'agit de la « première source d'exposition au mercure des Européens et particulièrement des Français »[41]. 15 à 17 tonnes de mercure sont utilisées chaque année en France pour la fabrication des amalgames dentaires[42]. Un amalgame dentaire contient environ g de mercure, dont une partie est progressivement relarguée dans la bouche[43],[44],[45]. La quantité de mercure libérée dépend des conditions : qualité de l'amalgame et en particulier polissage, acidité et température des aliments, présence d'autres métaux dans la bouche, mastication de chewing gum…

  • En fin de vie, de nombreux patients ont entre 5 et 10 amalgames, voire plus.
  • Le doute sur la toxicité de l'amalgame, couplé au risque environnemental lié à la présence de mercure, a conduit certains pays d'Europe (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark) à limiter son emploi[46].

La Russie et le Japon ont respectivement interdit l'usage d'amalgames dentaires au mercure en 1975 et 1982[41]. Depuis le la Norvège a interdit l'utilisation du mercure dans les amalgames dentaires (et « interdit l'usage du mercure dans toutes les applications »[47])[48].

La Convention de Minamata sur le mercure de [49] n'a pas banni l'utilisation des amalgames dentaires au mercure, mais demande aux signataires de prendre des mesures pour éliminer progressivement leur utilisation. De nombreux pays, même parmi les plus pauvres du monde, ont signé la convention et se sont engagés à passer à une dentisterie sans mercure d’ici 2015 : l'Uruguay, le Cameroun, les Philippines, le Bangladesh, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, etc.[50].

Cosmétiques

Le « mercure et ses composés » entrent dans la « liste des substances interdites dans les produits cosmétiques » (Journal officiel de l’Union européenne, Annexe II, numéro d’ordre 221), « sauf exception reprise dans l’annexe V ».

Annexe V : Liste des agents conservateurs admis dans les produits cosmétiques.

Type de produit (uniquement dans les) : « Produits pour les yeux ».

Concentration maximale dans les préparations prêtes à l'emploi : « 0,007 % en Hg ».

Ce composé a toutefois été largement utilisé dans certaine crèmes pour éclaircir la peau[51], notamment en Chine[52].

Thermomètre et tensiomètre

Les thermomètres et tensiomètres à mercure sont interdits à la vente depuis 1998, mais ils sont encore très fréquents chez les particuliers.

Ampoules fluorescentes

Chacune de ces lampes contient environ mg de mercure, souvent indiqué sous la forme [<mg Hg].

Conservateur mercuriel dans les vaccins

On utilise depuis les années 1930 le thiomersal (thimérosal aux États-Unis et Canada) comme agent conservateur dans les vaccins. En 1999, à la suite d'une enquête de la FDA sur la quantité de mercure dans les aliments, le service de la santé publique américain recommandait la suppression des dérivés de mercure dans les vaccins. Début 2009, plusieurs études scientifiques sont revenues sur le sujet, mais aucune ne montre de lien évident entre la présence de thiomersal et l'apparition de trouble neuropsychologique[53],[54].

Au Québec, le mercure a été supprimé en 1996[55] de tous les vaccins administrés aux enfants, à l’exception de celui contre la grippe. Cela a été fait car combiné avec quatre autres vaccins dans la même injection, celui contre la polio ne survivrait pas en présence de mercure. Le mercure a aussi été retiré en 1992 au Danemark et en 2001 aux États-Unis, pour les mêmes raisons. Dans tous les cas, ce retrait n’a eu aucun effet[55] sur les taux d’autisme. Le Dr Fombonne précise [56]: « Du point de vue scientifique, la question est entièrement réglée depuis des années, mais il y a un contexte légal aux États-Unis où plusieurs familles continuent à poursuivre le gouvernement et les fabricants de vaccins dans l’espoir d’obtenir des compensations financières extrêmement juteuses. Il y a également des centaines de firmes d’avocats impliquées dans ces causes qui veulent s’en mettre plein les poches et qui ont intérêt à ce que la controverse persiste même si les scientifiques l’ont réglée »

Merbromine

La merbromine (Mercurochrome) a longtemps été utilisée comme antiseptique. Cependant, des craintes concernant sa toxicité font qu'on lui préfère des molécules plus récentes comme la povidone iodée (Bétadine). La marque « Mercurochrome » continue à fabriquer des antiseptiques, mais sans mercure. Par exemple, au Québec, Jean Coutu vend un produit du nom de « Mercurochrome » dont l'ingrédient actif est en fait de la chlorhexidine.

Règles et seuils de précaution

Sauf précisions, on parle ici de mercure inorganique sous forme de sels Hg2+ et Hg+ [57]. Les valeurs concernant les formes organiques du mercure sont en général inférieures. Les valeurs ne sont données qu'à titre indicatif. Le mercure élémentaire Hg0 étant peu réactif et peu toxique, sauf si inhalé sous forme de vapeur.

L'OMS fixe la dose hebdomadaire tolérable provisoire (en) (DHTP) de mercure à 5 μg par kg de poids corporel[58].

En France, le ministère du Travail a fixé[59] des valeurs limites moyennes d'exposition VME (sur 8 heures, et en milieu professionnel) de :

  • 0,10 mg/m3 (exprimé en Hg) pour les composés minéraux du mercure[60] ;
  • 0,05 mg/m3 pour les vapeurs de mercure (car pénétrant facilement la barrière pulmonaire) ;
  • 0,01 mg/m3 pour les formes organiques du mercure (dérivés alkylés), car beaucoup plus toxiques[58].

On ne doit pas dépasser une concentration de 0,3 µg/m3 pendant 24 heures consécutives pour l'air ambiant[réf. nécessaire].

L'eau potable ne doit pas contenir plus de µg de mercure par litre d'eau[61].

Pour l'adulte, les premiers effets visibles d'une intoxication au mercure ont lieu à partir de 100 µg/L de sang, avec des symptômes neurologiques à partir de 200 à 500 µg/L[60].

La valeur limite pour les travailleurs exposés est généralement fixée à 15 µg/L de sang, 5 µg/L de sang pour la population générale (soit µg/g de créatine pour l'urine)[62].

En France, et dans de nombreux pays, les maladies professionnelles dues au mercure sont à déclaration obligatoire[63]. Les travailleurs exposés doivent faire l'objet d'une surveillance spéciale[64]. L'utilisation de cet élément polluant est aujourd'hui proscrite pour presque tous ses anciens usages, et son rejet est contrôlé[60].

L'étiquetage fait aussi l'objet d'une réglementation et certains travaux nécessitant de manipuler du mercure sont interdits aux femmes, aux moins de 18 ans et aux salariés intérimaires ou temporaires[60].

Traitement

Le traitement se fait avec un chélateur : DMSA, DMPS. Mal pratiqué, il peut s'avérer plus nocif que bénéfique et doit être effectué sous le suivi d'un médecin expérimenté.

Une étude japonaise a en 2000 conclu à un effet protecteur de la mélatonine chez des souris de laboratoire exposées à des doses mortelles de chlorure de mercure (meilleure survie et symptômes retardés)[65].

Produits naturels

La chlorelle a la réputation d'éliminer les métaux lourds de l'organisme, mais aucune étude scientifique ne l'a encore démontré. Des tests en laboratoire ont montré au contraire que des lots de chlorelle du commerce pouvaient être contaminés par de l'aluminium, de l'étain, du plomb et de l'arsenic[66]
L'ail des ours, la coriandre, etc. sont également mentionnés, mais là encore aucune étude scientifique ne semble avoir confirmé leur efficacité.

Notes et références

Voir aussi

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