Imedi
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Imedi Media Holding, plus connue sous le nom de Imedi (en géorgien : იმედი) ou Imedi TV, est une chaîne de télévision généraliste de la Géorgie, créée en 2003. Elle est membre associée de l'UER. Sa ligne éditoriale est favorable au pouvoir et au parti Rêve géorgien.
Histoire
Premières années et prise de contrôle par le gouvernement
Radio Imedi a d'abord diffusé ses programmes sur 105,9 FM en décembre 2001 à Tbilissi. Depuis décembre 2003, Radio Imedi diffuse ses émissions en continu sur l'ensemble du territoire de la Géorgie. Les émissions de télévision ont rapidement suivi.
En novembre 2007, dans le cadre de la répression contre les manifestations d'opposition au gouvernement — alors mené par le Mouvement national uni (MNU) — la police attaque les locaux d'Imedi TV[2]. Le gouvernement prend le contrôle de la chaîne, qui appartient alors à Badri Patarkatsichvili, après avoir accusé le média de soutenir une « tentative de coup d'État »[3].
Outil du Rêve géorgien
Dès 2012 et l'arrivée au pouvoir du parti Rêve géorgien, Imedi TV est à nouveau possédée par la famille Patarkatsichvili. Par la suite, en 2018, elle passe entre les mains de Hunnewell Partners, une société britannique gérant des actifs, et notamment des groupes médiatiques, dans les pays du Caucase[4]. Irakli Rukhadze, un citoyen américain vivant au Royaume-Uni, est le principal propriétaire de la chaîne, aux côtés de Benjamin Albert Marson et Igor Alekseev.
Au cours des années 2010 puis 2020, Imedi TV devient un outil du pouvoir géorgien ; cette politique de non-neutralité, assumée par la chaîne, pousse de nombreux journalistes et animateurs à démissionner au cours des années 2020. Lors des manifestations post-électorales de 2024-2025, certains manifestants critiquent l'orientation prise par des slogans, des affiches, s'en prenant à la chaîne et à sa couverture biaisée de l'actualité[3].
Vente du groupe et sanctions
En février 2026, le groupe est vendu par son propriétaire Irakli Rukhadze pour un somme symbolique de 1 000 laris. Selon l'ancien propriétaire, la société Prime Media Global obtient 50 % des parts. La directrice générale Mariam « Maka » Lomidze et ses quatre adjoints se partagent les 50 % restants[5].
Le , quatre ans après le lancement par la Russie de l'invasion de l'Ukraine, le gouvernement britannique place sous sanctions Imedi TV ainsi que POSTV, une autre chaîne télévisée géorgienne pro-gouvernementale, les désignant comme des « entités engagées dans la désinformation russe »[2]. Ces sanctions font notamment risquer à toute banque faisant affaire avec ces entreprises, incluant les banques géorgiennes, des représailles. Afin d'éviter de mettre en difficulté les différentes banques du pays, Imedi annonce créer sa propre banque, Imedi Bank, pour assurer les services bancaires du média. Cependant, la création d'une banque et l'utilisation de ce terme est réglementée par la loi du pays et nécessite l'autorisation de la Banque nationale de Géorgie[6].
Le lendemain de l'annonce des sanctions, 4 des 5 membres du conseil de surveillance du groupe démissionnent, ne laissant que la directrice Maka Lomidze à la tête du groupe[7].
Dans le même temps, le gouvernement géorgien défend résolument les deux chaînes privées et convoque l'ambassadeur britannique. Selon OC Media, cette réaction pourrait indiquer que les autorités géorgiennes s'attendent à de nouvelles sanctions plus larges, dans un contexte de rapide dérive autoritaire du pays[8].
Ligne éditoriale
À partir de sa reprise en main 2007, la chaîne devient favorable au pouvoir, jusqu'en 2012 et sa récupération par ses anciens propriétaires. La chaîne adopte, en 2013 et 2014, une position généralement neutre, malgré quelques reportages favorables au gouvernement[3].
Une orientation pro-gouvernementale s'installe à partir du milieu des années 2010 et la chaîne se fixe un nouvel objectif, à la suite des élections législatives de 2016 (lors desquelles la performance de Rêve géorgien est moins forte qu'espérée par le parti) : « veiller à ce que la MNU ne retourne jamais au pouvoir ». Pour cela, elle multiplie les attaques contre ses militants[3]. Par la suite, elle ne couvre plus uniquement le MNU négativement, mais s'en prend aussi à Radio Free Europe/Radio Liberty en 2022. Auparavant ouverte sur les sujets sociétaux, la chaîne se met à produire du contenu homophobe et transphobe et s'en prend à toute personne « qui critique les politiques du gouvernement », qu'elle qualifie de « natsi ». Imedi commence à « répéter les théories du complot de Rêve géorgien et attaquer les critiques du gouvernement tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Géorgie ». La rédaction est de plus en plus soumise à des ordres venant du pouvoir politique et influant directement sur les sujets traités, l'angle et le ton employé[3].
En septembre 2023, Imedi TV affiche publiquement son soutien au gouvernement dans l'annonce de sa nouvelle saison, en vue des élections législatives de 2024[3]. En décembre 2024, dans le contexte de la crise post-électorale, le député britannique Blair McDougall accuse la chaîne d'être devenue le « bras de la propagande » de la Russie en Géorgie, ce que la société Hunnewell Partners nie[4].
Programmes
- Kronika : journal télévisé diffusé tous les jours à 8h, à 11h, 14h et à 20 h.
- Imedis Kvira (« La semaine d'Imedi ») : programme d'analyse de l'actualité, multithématique[3]