In-Ear Monitors
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Les In-Ear Monitors, IEM ou écouteurs intra-ariculaires sont des écouteurs se plaçant dans l'oreille et permettant aux musiciens d'avoir un retour audio en concert. Ils peuvent être filaires (reliés par un câble audio à la table de mixage) ou bien sans fil (avec un émetteur radio pour transmettre le son et un récepteur porté par les musiciens). Certains in-ear monitors sont moulés sur mesure.


Inventés dans les années 1980, les in-ear monitors se généralisent dans les années 2000. Ils apportent plus de confort pour les musiciens en leur permettant de bien s'entendre jouer, et réduisent le volume sonore sur scène. Néanmoins, de par leur conception, ils peuvent atteindre des niveaux sonores élevés potentiellement dangereux. Les ear monitors permettent également de jouer avec un métronome.
Fonctionnement
Principe


Les IEM sont une paire d'écouteurs insérés dans les oreilles d'une personne. Ils sont reliés, soit par un câble audio, soit par un système sans fil, à la table de mixage d'où est envoyé un mixage personnalisé des différentes source sonores sur scène[1]. Ils permettent de remplacer les retours sous forme d'enceintes (aussi appelés bain de pieds)[2],[3].
Les IEM sans-fil permettent de se déplacer sur toute la scène tout en entendant toujours le même son, contrairement à un retour bain de pieds qui est fixe[4].
Le mixage des in-ear monitors est souvent géré par un ingénieur du son dédié[1].
La plupart des écouteurs sont construits en résine acrylique, et certains en silicone. Certains in-ear monitors sont moulés à l'oreille de la personne qui les porte[4].
Prix
Les premiers modèles d'ear-monitors des années 1980 sont généralement assez onéreux et réservés à des artistes d'envergure faisant de grosses tournées[5]. En 2015, les prix vont d'une dizaine d'euros à plusieurs milliers d'euros en fonction des modèles[4].
Historique
Les in-ear monitors apparaissent dans les années 1980. La paternité de leur invention est débattue, plusieurs personnes pouvant être considérées comme à l'origine des systèmes in-ear[4]. En 1987, Chris Lindop, ingénieur du son pour Stevie Wonder, construit une station radio FM qui transmet le son des retours à un récepteur radio FM walkman et des écouteurs porté par l'artiste : ce système est appelé Radio Station. Dans les années qui suivent, Lindop développe de nouveaux systèmes pour des artistes internationaux[5]. En 1995, l'ingénieur du son américain Jerry Harvey (en) construit des écouteurs intra-auriculaires pour Alex Van Halen, batteur de rock souffrant de perte d'audition[6]. Parmi ceux ayant contribué à la création des in-ears figurent également Steven Ambrose, Michael Santucci ou encore Marty Garcia[4]. Ces premiers systèmes utilisent la bande de fréquence VHF et rencontrent souvent des problèmes techniques de transmission radio : interférences, bruits parasites... L'arrivée de systèmes basés sur la bande UHF améliore la situation[5].
Dans les années 2000, les in-ear monitors se généralisent et deviennent plus accessibles financièrement[5]. Ils sont d'abord utilisés par les chanteurs et chanteuses, qui gagnent en confort d'écoute et peuvent se déplacer sur scène en gardant le même son partout avec des systèmes sans fil. Par la suite, leur usage se généralise à l'ensemble des musiciens ainsi qu’aux techniciens[5]. Cette période voit également l'arrivée sur le marché d'in-ear monitors moulés à l'oreille des artistes[4].
Impacts auditifs
Santé auditive


Les in-ear monitors apportent un plus grand confort sur scène, car ils permettent de mieux entendre les différents instruments et sources sonores par rapport à des retours bain de pieds[7]. Leur impact sur la protection auditive des artistes sur scène est complexe. Une étude (Federman 2008) a montré que les musiciens utilisant des ear monitor ont besoin de moins de volume sonore pour être confortable par rapport à ceux utilisant des retours bain de pieds[8], tandis qu’une autre en 2017 recommande plutôt l'utilisation de retours traditionnels avec des bouchons d'oreille pour une meilleur protection auditive[7].
L'isolation des ear monitors est d'autant plus grande que les écouteurs sont correctement insérés dans le canal auditif, et adaptés à l'oreille de la personne qui les porte. Des IEM sur mesure protègent donc d'avantage[9].
Les ear monitors peuvent atteindre des niveaux sonores très élévés (120 dBA) et causer des dommages auditifs (acouphènes, perte d'audition, hyperacousie...), étant placés au plus près du tympan[9]. L'étude de Federman de 2008 indique que les musiciens doivent être sensibilisés à ces risques pour ne pas monter le niveau trop fort dans leurs écouteurs[9]. Pour diminuer les risques, certains systèmes d'ear monitors sont équipés d'un limiteur[10], même si cela ne protège pas d'une exposition prolongée à un volume trop élevé.
Isolation et bruits ambiants
Les ear-monitors transforment l'expérience sonore des chanteurs et musiciens : certains se plaignent de ne plus pouvoir entendre le public ou les bruits ambiants et se sentent isolés sur scène. Il est fréquent pour des artistes d'enlever un des deux écouteurs pour mieux entendre le public ou le son autour d'eux. Toutefois, cette pratique est dangereuse, car une des oreilles se retrouve exposée au son sur scène sans protection. En outre, la sommation binaurale (qui donne l'impression d'entendre un son plus fort lorsqu’il est dans les deux oreilles en même temps) disparaît, et l'artiste peut chercher à compenser en montant le volume de son récepteur[11].
En réponse à ce souci, des micros d'ambiance pointés vers le public sont utilisés pour redonner les sons environnants aux artistes dans leurs oreilles[5]. Certains modèles d'ear monitors intègrent des microphones pour restituer le son environnant en trois dimensions[11].
Performance musicale
Les in-ear monitors permettent aux musiciens de jouer un métronome, dont le son est uniquement envoyé dans leurs oreilles et pas dans les enceintes de façade. Cela est particulièrement utile lorsque des pistes additionnelles (backing track (en)) sont jouées en même temps que les instruments live, et que tous les instrumentistes doivent se caler précisément sur le tempo[12].
En plus de permettre aux musiciens de mieux entendre leur instrument ou leur voix, les in-ear monitors permettent d'entendre les autres instruments sans la latence (en) inhérente à la vitesse de propagation du son (environ 3 millisecondes pour 1 mètres). Sur les grandes scènes (auditoriums, stades, amphithéâtres...), si les musiciens ou leurs amplis sont très éloignés les uns des autres, le son acoustique peut mettre plusieurs dizaines de millisecondes à arriver à l'oreille des autres musiciens, ce qui devient perceptible et peut affecter la performance. Avec des ear-monitors, le son arrive en même temps aux oreilles de tous les artistes sur scène[13].
Sonorisation et in-ear monitors
Larsen
Les in-ear monitors permettent de réduire le son sur scène en enlevant les retours bain de pieds, des enceintes tournées vers les musiciens. Le risque de larsen sur scène est fortement réduit[2]. Les IEM permettent d'avoir plus de gain avant larsen (en) sur un microphone, et il est plus facile d'amplifier des instruments ou une voix avec un faible niveau sonore. Avec un retour bain de pied, une personne chantant à faible volume, mais qui souhaite entendre sa voix assez fort dans son retour, risque de provoquer un larsen avec son micro. Si cette personne porte des ear monitors, son micro chant n'a aucun risque de réamplifier le son du retour, et le larsen disparaît[4].
Systèmes sans fil

La généralisation des retours intra-auriculaires pour les musiciens et les techniciens oblige les ingénieurs du son à fournir des mixes individuels pour chaque personne, en tenant compte des préférences individuelles, ce qui complique leur travail. Certaines grosses productions peuvent ainsi compter plusieurs dizaines de mixes différents d'in-ear monitors[5].

La plupart étant des systèmes sans-fil, il faut également répartir les fréquences radio de chaque émetteur pour éviter les interférences[14]. Lorsque plusieurs émetteurs sans fil sont rassemblés au sein d'un rack, il devient nécessaire d'utiliser un combineur d'antenne pour éviter l'intermodulation entre les différentes antennes radio. Certaines antennes sont directionnelles et pointées directement vers les personnes sur scène, afin d'améliorer la réception du signal transmis[14]. Les ingénieurs retours doivent également tenir compte des fréquences autorisées par la législation du lieu où se déroule le concert, et des plages disponibles. Lors d'une tournée dans plusieurs villes et pays différents, la répartition des fréquences entre les différents émetteurs sans fil doit se faire à chaque concert. Certains logiciels permettent de visualiser d'un seul coup l'ensemble des fréquences disponibles et de les répartir[14].