Innocent XII

242e pape de l'Église catholique, de 1691 1700 From Wikipedia, the free encyclopedia

Antonio Pignatelli, né à Spinazzola, près de Bari (Italie) le , et décédé à Rome le , issu de la grande famille aristocratique Pignatelli et descendant des familles princières Carafa et Caracciolo, est le 242e évêque de Rome et donc pape de l’Église catholique qu'il gouverne de 1691 à 1700 sous le nom d’Innocent XII (en latin Innocentius XII, en italien Innocenzo XII). Il succède à Alexandre VIII.

Nom de naissanceAntonio Pignatelli
PèreFrancesco Pignatelli
MèrePorzia Carafa
Faits en bref Biographie, Nom de naissance ...
Innocent XII
Image illustrative de l’article Innocent XII
Tableau peint par Antonio Zanchi vers 1691-99. Localisation inconnue.
Biographie
Nom de naissance Antonio Pignatelli
Naissance
Spinazzola, Basilicate (royaume de Naples)
Père Francesco Pignatelli
Mère Porzia Carafa
Ordination sacerdotale
Décès (à 85 ans)
Rome (États pontificaux)
Pape de l'Église catholique
Élection au pontificat (à 76 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(9 ans, 2 mois et 15 jours)
Évêque de l'Église catholique
Archevêque titulaire de Larissa-en-Thessalie
Nonce apostolique à Vienne
Nonce apostolique en Pologne
Nonce apostolique à Florence (en)
Inquisiteur à Malte

Blason
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Il est principalement connu pour avoir mis fin au népotisme, pratiquée jusqu'alors très régulièrement par ses prédecesseurs dont le pape Paul IV, par la bulle Romanum decet pontificem de 1692, qui interdit la nomination de cardinaux-neveux et limite les privilèges accordés aux familles des papes. Il entreprend également un assainissement des finances pontificales et réduit les dépenses de la cour romaine. En 1693, il apaise le conflit entre la papauté et Louis XIV en reconnaissant les évêques nommés par le roi de France. Enfin, en 1700, il soutient de manière décisive l’accession de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, au trône d’Espagne, avant de mourir la même année, peu avant le déclenchement de la guerre de Succession d’Espagne[1].

Issu de la haute aristocratie, Innocent XII se distingue par son humilité et sa simplicité, refusant les privilèges excessifs pour lui-même et pour sa famille. Il développe des politiques d'aides envers les plus démunis et soutient de nombreuses oeuvres caritatives et sociales[2].

Biographie

Médaille annuelle en or du Vatican à l'effigie du Pape Innocent XII, 1695.

Antonio Pignatelli est le fils de Francesco, marquis de Spinazzola, et de Porzia Carafa, princesse de Minervino, fille de Fabrizio Carafa, duc d'Andria (la famille Carafa a déjà donné un pape au 16e siècle, Paul IV). Il est donc issu de la très haute noblesse italienne. Il est baptisé dans l'église San Giovanni Battista di Regina di Lattarico (Cosenza).

Le jeune Antonio fait ses études au Collegio Romano des Jésuites de Rome. À vingt ans, il reçoit un poste à la cour du pape Urbain VIII. Pendant les pontificats suivants, il sert comme vice-légat d'Urbino, puis comme gouverneur de Pérouse.

Il devient ensuite inquisiteur à Malte du au . Deux ans plus tard, on le retrouve gouverneur de Viterbe. Le 27 octobre 1652, il est ordonné évêque. Fin 1652, il devient nonce apostolique, c'est-à-dire ambassadeur du Vatican, à Florence, en 1660 en Pologne puis en 1668 à Vienne. Pendant onze ans, sa carrière diplomatique le mène dans toute l'Europe, en particulier en dans le Saint-Empire romain germanique et dans la république des Deux Nations.

En 1671, il reçoit la charge de diriger le diocèse de Lecce, mais pour deux ans seulement du fait qu'il a la charge du secrétariat de la Congrégation des évêques et des réguliers.

Le , il est créé cardinal par Innocent XI, puis l'année suivante est nommé archevêque de Faenza et légat apostolique de Bologne. En 1687, il devient archevêque de Naples. Il participe en tant que cardinal à deux conclaves. Le premier en 1689 qui élit Alexandre VIII puis en 1691 qui l'élut pape[3],[4].

Le conclave de 1691

Innocent XII fut élu pape le 12 juillet 1691 au Palais apostolique et couronné le 15 juillet par le cardinal Urbano Sacchetti.

Ouvert le 12 février, ce conclave fut le plus long depuis plus de 300 ans : pour trouver une élection papale plus longue, il faut remonter à 1314-1316, c’est-à-dire au conclave qui élut Jean XXII.

Soixante-cinq cardinaux participèrent au conclave et, conformément à la tradition, formèrent trois groupes : les pro-français, les pro-espagnols et les « zelanti ». Ce dernier groupe était mené par le cardinal Giovanni Francesco Negroni, qui joua un rôle déterminant dans l’échec de Giovanni Dolfin, détesté par les pro-espagnols. Les deux favoris restaient Gregorio Barbarigo et Antonio Pignatelli.

La candidature de Barbarigo était contestée par les Français ; les négociations en vue de son élection se poursuivirent jusqu’en juillet, date à laquelle sa candidature fut retirée et Pignatelli élu. Le nouveau pape, âgé de soixante-seize ans, prit le nom pontifical d'Innocent XII en l'honneur d'Innocent XI, grâce auquel il avait reçu la pourpre cardinalice[1].

Le pontificat

Relations avec les institutions ecclésiales

Décisions ecclésiastiques générales

Le 12 novembre 1691, le nouveau pontife proclama un jubilé extraordinaire pour implorer l'aide divine. Durant son pontificat, la vie des peuples européens fut souvent marquée par des guerres. Innocent XII proclama un jubilé extraordinaire le 8 septembre 1693 et un autre le 4 décembre 1695 pour appeler à la paix entre les monarques chrétiens.

Innocent XII

Par la constitution apostolique Speculatores du 4 novembre 1694, Innocent XII établit les normes canoniques concernant le bas clergé. Par une autre constitution en date du 6 octobre 1696, il confirma que tous les prêtres réguliers et les jésuites devaient obéir au pape[5].

Convaincu de la nécessité pour le clergé de se montrer exemplaire aux fidèles, le pape publia la constitution apostolique Sanctissimus in Christo Pater (18 juillet 1695), exigeant de chaque ordre religieux une observance plus stricte de ses règles et une préparation plus attentive de ses jeunes novices. Il créa ensuite une commission spéciale de cardinaux chargée de veiller à l'application de cette constitution. Le 4 août 1698, par la constitution Debitum pastoralis, il supprima la Congrégation pour le Statut des Réguliers, établie en 1649, et pérennisa la commission créée en 1695, la transformant en un dicastère à part entière, la « Congrégation pour la Discipline des Réguliers », dont les attributions étaient distinctes de celles de la Congrégation pour les Évêques et les Réguliers. Avec la constitution apostolique Nuper (De celebratione missarum) de 1697, il rend obligatoire l'enregistrement des legs et des messes selon leur typologie[6].

Le 20 août 1692, Innocent XII publia un décret sur la musique dans la liturgie. Cette mesure, dissipant la confusion engendrée par les différentes interprétations et éclairant la question, interdisait généralement le chant de toute cantilène ou motet. Lors des messes solennelles, il n'autorisait que le chant de l'introït, du graduel et de l'offertoire, en plus du Gloria et du Credo. Aux vêpres, il n'autorisait aucun changement, même minime, dans les antiennes récitées au début et à la fin de chaque psaume.

En 1695, il abolit la pratique (en usage en Allemagne) selon laquelle les évêques et les abbés étaient nommés par des chapitres électifs. En 1699 par la bulle Regi saeculorum, il proclama le jubilé de 1700.

Curie romaine

Le 23 juin 1692, il publia la bulle papale Romanum decet pontificem, abolissant la charge de cardinal-neveu et transférant ses pouvoirs au cardinal secrétaire d'État. Cette disposition, rédigée par le cardinal Giovanni Francesco Albani, interdisait aux papes d'accorder des biens, des charges ou des revenus à un parent ; de plus, aucun parent ne pouvait être élevé au cardinalat. Ce document est entré dans l'histoire car il a sanctionné la fin du népotisme, pratique courante chez ses prédécesseurs. L'un des parents d'Innocent XII, le pape Paul IV issu de la célèbre famille princière Carafa, a, peut-être plus que tout autre pape, pratiqué la népotisme. Parallèlement, il s'efforça de lutter contre l'achat et la vente de charges au sein de la Chambre apostolique et, à cette fin, instaura un mode de vie plus simple et plus économe à sa cour. Il déclara lui-même : « Les pauvres sont mes neveux », comparant ainsi le népotisme de nombre de ses prédécesseurs à sa propre politique de charité publique. Par une série de brefs (publiés le 16 janvier 1693), il réglementa les attributions de la Congrégation pour la Visitation apostolique.

Il abolit le document de 1352 qui réglementait les relations entre le pape élu et les cardinaux électeurs, selon lequel le premier devait se sentir lié par les demandes des seconds et devait les satisfaire dans les premiers mois de son pontificat.

Ordres et instituts religieux

Piaristes

Le pontife accorda à leur ordre le droit d'enseigner à l'Université de Rome.

Ordre du Saint-Sacrement

Il reconnut la règle de l'ordre par un bref daté du 6 novembre 1693.

Clercs mariaux

En 1699, il reconnut la congrégation comme ordre de clercs réguliers.

Hospitalier de Saint-Hippolyte

Par une bulle papale datée du 20 mai 1700, il transforma la congrégation en ordre religieux, avec des vœux solennels de pauvreté, d'obéissance, de chasteté et d'hospitalité, sous la règle de saint Augustin et avec les privilèges des ordres mendiants.

Autres décisions

Le 5 août 1698, il établit une congrégation de Lorette à Rome et nomma le cardinal secrétaire d'État son préfet.

Relations avec les autres Églises chrétiennes

Sous le pontificat d'Innocent XII, l'union des orthodoxes de Transylvanie avec Rome fut conclue (7 mai 1700). Le clergé orthodoxe de Transylvanie et celui des autres territoires occidentaux peuplés de fidèles roumanophones (Banat, Crișana, Sătmar et Maramureș) y participèrent.

Le pape s'efforça de ramener l'Église copte au sein du catholicisme. Il nomma missionnaires les Pères mineurs réformés de San Pietro in Montorio à Rome. Ces derniers se rendirent auprès du patriarche d'Alexandrie pour le prier de rejoindre l'unité catholique. La réponse du patriarche fut hésitante ; il accepta toutefois d'autoriser des missionnaires envoyés d'Italie à s'installer au Caire.

Décisions en matière de doctrinale

Jansénisme

La controverse janséniste se poursuivit sous le pontificat d'Innocent XII. En 1668, sous le pontificat de Clément IX, le clergé français avait signé la Formule de condamnation papale des propositions contenues dans l'Augustinus de Jansen. Cependant, les jansénistes français et flamands, intolérants à l'autorité papale, refusèrent de signer la Formule. Lorsqu'ils demandèrent des modifications au texte, le pontife répondit par la négative, d'abord par un décret de la Sainte Inquisition, puis par deux brefs (le 6 février 1694, aux évêques de France, et le 23 novembre 1696, aux évêques de Flandre), qui mirent définitivement fin à la question. Une nouvelle condamnation du jansénisme fut promulguée en 1699.

Autres décisions

Innocent XII autorisa la publication de l'ouvrage théologique Fundamentum theologiae moralis du jésuite espagnol Tirso González de Santalla, confirmant ainsi l'approbation déjà accordée par Innocent XI.

Portrait de Bossuet par Hyacinthe Rigaud. Paris, musée du Louvre

En 1697, le Saint-Siège dut trancher une controverse doctrinale apparue en France trois ans auparavant et restée irrésolue. Les protagonistes étaient Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, et François de Salignac de La Mothe, dit Fénelon, archevêque de Cambrai. En 1694, les deux hauts prélats s'étaient entendus pour condamner les écrits d'une mystique, Madame Guyon, mais des désaccords les opposèrent par la suite. En 1697, Fénelon publia Explications des maximes des saints sur la vie intérieure, dans lequel il proposait une nouvelle interprétation de la condamnation de Madame Guyon. Cet ouvrage suscita l'ire du roi Louis XIV, qui nomma une commission chargée d'examiner ses idées. Fénelon prit les devants en envoyant son ouvrage à Rome, espérant ainsi obtenir l'approbation du Saint-Siège. La controverse s'éternisa pendant deux ans. Finalement, le pape trancha en faveur de Bossuet : 23 propositions du livre de Fénelon furent condamnées comme contraires à la doctrine chrétienne (Cum alias, 12 mars 1699).

Innocent XII, cependant, ne condamna pas les écrits du cardinal Celestino Sfondrati, que Bossuet accusait également de quiétisme[7].

Le pontife fut appelé à trancher une autre controverse, cette fois entre l'ordre des Carmes et les bollandistes. Ces derniers, un groupe d'érudits appartenant à l'ordre des Jésuites, contestaient l'attribution de la fondation même de l'ordre au prophète Élie. La controverse se prolongea pendant plusieurs années. En 1695, les bollandistes furent autorisés à se défendre. Le père Daniel van Papenbroeck publia ses idées dans un ouvrage de plus de 900 pages. La discussion s'envenima et l'intervention du pape Innocent XII fut sollicitée ; celui-ci imposa le silence aux parties en 1698.

Décisions en matière lithurgique

La querelle des rites

Après Alexandre VII (1655-1667), aucun pape n'était intervenu sur la question. La controverse fut relancée en 1693 par le jésuite Charles Maigrot, membre de la Société des Missions Étrangères de Paris et vicaire apostolique au Fujian. Il critiqua l'attitude alors répandue parmi les missionnaires de l'Ordre, à savoir la création d'une sorte de syncrétisme entre le christianisme et le confucianisme. Le pape évita de prendre ouvertement parti, appelant à la concorde et nommant une commission pour examiner l'affaire.

Autre décision

Le 15 mai 1693, Innocent XII décréta que toutes les églises devaient célébrer la fête de l'Immaculée Conception avec une octave[7].

Relations avec les monarchies européennes

France

Voir le gallicanisme et quatre articles

Innocent XII parvint à un rapprochement avec le roi de France Louis XIV. Peinture par Hyacinthe Rigaud.

Innocent XII parvint à résoudre par la conciliation un différend qui durait depuis cinquante ans : celui des prérogatives royales (les droits royaux) en matière de bénéfices ecclésiastiques liés aux nominations épiscopales. En septembre 1693, Louis XIV renonça Innocent XII parvint à résoudre par la conciliation un différend qui durait depuis cinquante ans : celui des prérogatives royales (les droits royaux) en matière de bénéfices ecclésiastiques liés aux nominations épiscopales. En septembre 1693, Louis XIV renonça définitivement à ses prétentions et révoqua l’édit de 1682 sur le pouvoir ecclésiastique (les « Quatre Articles »), qui ratifiait les décisions de l’assemblée du clergé de France. Simultanément, les évêques de France adressèrent une lettre au pape pour déplorer cet incident et réaffirmer leur reconnaissance de la pleine autorité papale sur le clergé français. Satisfait de cet accord, le pape confirma les nominations épiscopales effectuées par le roi de France, bien que les « Quatre Articles » n’aient pas été révoqués. Innocent XII accepta finalement d’étendre le droit aux droits royaux à tous les diocèses du royaume de France.

Les relations entre Paris et Rome restèrent cependant froides : la France n’invita pas le Saint-Siège à assister aux pourparlers de paix qui suivirent la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, qui se conclut par le traité de Rijswijk (1697).

Saint-Empire romain germanique

Innocent XII soutint Léopold Ier de Habsbourg, engagé dans la guerre contre les Turcs.

Il déplora la décision de l'empereur d'attribuer le neuvième électorat impérial, appartenant à la maison de Hanovre, au duc Ernest de Brunswick-Hanovre, sachant pourtant qu'il était protestant.

Le pontife remit en 1799 la Rose d'or à Wilhelmine Amélie de Brunswick-Lunebourg, épouse de Léopold Ier.

Espagne

Le roi d'Espagne Philippe V, petit-fils de Louis XIV, devenu héritier du trône d'Espagne par le testament rédigé par Charles II sur le conseil d'Innocent XII. Peinture de Jean Ranc.

Malgré deux mariages (contractés en 1679 et 1690), le roi Charles II d'Espagne n'eut pas d'enfants. La cour de Madrid craignait qu'à sa mort, le royaume d'Espagne ne soit démembré. Deux camps se formèrent : l'un pro-Habsbourg, l'autre pro-Français. Charles II choisit le premier et désigna Joseph Ferdinand de Bavière, prince-électeur du Saint-Empire romain germanique, comme son unique héritier. Cependant, l'héritier désigné mourut prématurément en 1699.

En septembre 1700, le roi Charles II écrivit à Innocent XII pour lui demander conseil sur sa succession, obtenant une réponse favorable aux demandes françaises. De l'avis du Saint-Siège, Charles II aurait dû léguer son testament à Philippe d'Anjou, petit-fils du roi Louis XIV. Innocent XII mourut peu après et n'eut pas le temps de savoir si son conseil avait été judicieux. Si les Bourbon sont sur le trône d'Espagne, c'est principalement grâce à l'action d'Innocent XII[1].

Pologne

Le successeur désigné au trône de Pologne, le duc Frédéric Auguste de Saxe, a renoncé à sa foi protestante avant de monter sur le trône sur le conseil d'Innocent XII.

Gouvernement des Etats pontificaux

Réforme

Innocent XII se consacra à la réforme du système judiciaire. Le pontife décida de résoudre un problème qui rendait les tribunaux romains inefficaces : la lenteur de la justice. Par la bulle papale Ad radicitus submovendum du 31 août 1692, il supprima tous les tribunaux et juges privés et confia toutes les affaires aux juges ordinaires. Il fit ensuite construire un palais où furent regroupés tous les tribunaux de la ville. Érigée à Montecitorio, la nouvelle Curie pontificale (aujourd’hui Palais Montecitorio) fut inaugurée en 1696. Elle fut rapidement connue sous le nom de Curie d’Innocent. Outre les tribunaux pontificaux, le palais abritait également le siège du Gouvernement de Rome et le quartier général de la police.

Dans le cadre de la réforme qui abolit la charge de cardinal-neveu, Innocent XII supprima également les charges qui y étaient habituellement rattachées. Parmi elles, celle du légat apostolitique d’Avignon, qui cessa d’exister. Il créa à sa place la Congrégation d’Avignon.

Rome et le Latium

En 1692, Innocent XII fit construire le nouvel aqueduc de Civitavecchia, déclara le zone franche et lui conféra le titre avantageux de ville. Il ordonna la construction du port d'Anzio (surnommé « Port de Nettuno»), ce qui apporta croissance et développement à cette ville du Latium. Il ouvrit deux bureaux de douane à Rome : l'un pour le trafic maritime (au port de Ripa Grande), l'autre pour les marchandises terrestres (dans le temple d'Hadrien à la piazza di Pietra). Il renforça les défenses militaires le long du littoral pour contrer la menace des pirates barbaresques.

En 1693, il décida de réorganiser l'assistance publique à Rome, en commençant par rassembler les enfants abandonnés dans un seul établissement et un seul lieu, prévoyant d'y concentrer également d'autres catégories de personnes pauvres (qui étaient alors prises en charge au pont Sisto et au palais du Latran). Ainsi naquit le noyau de ce qui allait devenir l'hospice apostolique San Michele a Ripa Grande.

À l'occasion du Jubilé de 1700, le pontife inaugura une nouvelle liaison routière entre la Via Appia Antica et la Via Campana (aujourd'hui Via Appia Nuova), toujours connue sous le nom d'Appio-Pignatelli.

Le pape a également réitéré l'interdiction des jeux de loterie. Cette disposition, comme les précédentes, était difficile à appliquer en raison du goût prononcé des Romains pour les jeux de hasard[8].

Patron des arts et des sciences

Innocent XII encouragea la construction de l'église de la Nativité-de-Jésus, confiée à l'archiconfrérie de la Compagnie de la Nativité (connue sous le nom d'Agonizzanti).

Il nomma le cardinal Enrico Nonis bibliothécaire de la Bibliothèque vaticane (6 mars 1700) et l'anatomiste bolonais Marcello Malpighi archiatre pontifical.

Il protégea l'écrivain anglais John Dryden. L'un des plus grands poètes anglais de son temps, il avait été nommé poète lauréat e, 1668 et historien royal en 1670, mais avait perdu tous ses bénéfices après la déposition du roi Jacques II en 1688.

En 1691, le pape Innocent XII fixa officiellement la date du réveillon du Nouvel An à la nuit de la Saint-Sylvestre, fête de la circoncision de Jésus. Après cette décision, la date du 1er janvier s'imposa dans tout le monde occidental.

Opposé à l’art théâtral, le pontife fit démolir le teatro Tordinona en 1697[8].

Mort et sépulture

Le jour de Noël 1699, déjà gravement souffrant de la goutte (une maladie rhumatismale), il ne put assister à l'inauguration de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre pour le Jubilé de 1700. Il fut remplacé par le cardinal de Bouillon. La cérémonie d'inauguration se déroula en présence de la reine Marie-Casimire-Louise de Pologne (qui, veuve, s'était installée à Rome) et de l'avant-dernier grand-duc de Toscane, Cosme III de Médicis.

Innocent XII mourut à l'âge de 85 ans le 27 septembre 1700 à Rome : il fut le premier pape de l'histoire de l'Église à mourir durant un Jubilé (le seul pendant 325 ans, jusqu'au décès du pape François en 2025). Il fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre du Vatican[1].

Consistoires pour la créations de nouveaux cardinaux

En quatre consistoires, Innocent XII créa 30 cardinaux. On retrouve notamment Louis-Antoine de Noailles, Fabrizio Paolucci, Vincenzo Grimani, Celestino Sfondrati, Johannes Philipp von Lamberg ou encore Henri-Albert de La Grange d'Arquien, père de la reine de Pologne et grande-duchesse de Lituanie Marie-Casimire-Louise de La Gragne d'Arquien[9].

Conformément à la politique anti-népotisme qui caractérisa son pontificat, Innocent XII n'employa aucun membre de sa famille à la Curie et refusa même le cardinalat à l'archevêque de Tarente, Francesco Pignatelli, en raison de leur lien de parenté. Il nomma en revanche l'évêque de Spolète, Pietro Gaddi da Forlì, assistant du trône pontifical[10].

Plus généralement, on constate qu’Innocent XII n’a élevé au cardinalat que peu de membres de la haute noblesse italienne. On ne retrouve ainsi aucun Carafa ou Caracciolo par exemple[10].

Béatifications et canonisations par Innocent XII

Béatifications :

Canonisations :

Diocèses érigés par Innocent XII

Vicariats apostolitiques

Nouveaux diocèses

Honneurs

Bulles

  • 22 juin 1692 : Romanum decet pontificem
  •  : portant suppression de l'Abbaye de Saint-Thierry du diocèse de Reims dite aussi abbaye de Mont d'Hor.

Divers

D'après la prophétie de saint Malachie, il serait rattaché à la devise Rastrum in porta.

Il est le dernier pape à avoir porté la barbe.

Succession apostolique

Innocent XII a ordonné les évêques suivants[11] :

Annexes

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