Bibliothèque Solvay

bâtiment de la bibliothèque à Bruxelles, Belgique From Wikipedia, the free encyclopedia

La Bibliothèque Solvay est un bâtiment de style éclectique et Art nouveau édifié en 1902 sur le territoire de la Ville de Bruxelles par les architectes Constant Bosmans et Henri Vandeveld.

Type
Institut
Destination initiale
Institut
Destination actuelle
Lieu évènementiel
Faits en bref Type, Destination initiale ...
Bibliothèque Solvay
Présentation
Type
Institut
Destination initiale
Institut
Destination actuelle
Lieu évènementiel
Style
Architecte
Construction
1902
Patrimonialité
08/08/1988
Site web
Localisation
Pays
Région
Ville
Adresse
137 Rue Belliard
B-1000 Bruxelles
Coordonnées
Fermer

Localisation

La Bibliothèque Solvay se dresse dans le parc Léopold, situé à l'arrière du Parlement européen et du Muséum des sciences naturelles à Bruxelles.

La façade sud-est dans l'écrin de verdure du parc Léopold.

Historique

Buste d'Ernest Solvay.

C'est en 1902 que les architectes Constant Bosmans et Henri Vandeveld (à ne pas confondre avec le célèbre Henry Van de Velde) construisent, dans le cadre de la « Cité de la Science », l'institut de sociologie (connu actuellement sous le nom de « Bibliothèque Solvay ») sur base d'un projet établi par Émile Waxweiler, professeur de sociologie à l'Université libre de Bruxelles[1].

Érigée à partir de 1891 sous l'action conjointe de la ville et de l'Université libre de Bruxelles avec l'aide de mécènes comme Ernest Solvay, cette « Cité de la Science » regroupe l'institut de sociologie (« Bibliothèque Solvay »), l'institut de physiologie, l'institut d'anatomie, l'institut de dentisterie, l'institut Pasteur et l'école de commerce.

Ernest Solvay n'est pas juste un mécène qui soutient financièrement les projets des autres. Ses fondations suivent ses propres idées et projets. Son soutien aux projets médicaux de Paul Héger (trois bâtiments voisins dans le parc) s'explique par sa volonté de ramener les phénomènes de la vie à des déterminismes physico-chimiques. Il a rapidement la conviction que les phénomènes sociaux s'étudient aussi à partir de fondements physiques et chimiques. Les phénomènes sociaux, il faut les étudier, selon lui, pour améliorer le sort des ouvriers, avant que des conflits néfastes pour l'industrie n'éclatent. "Il faut hâter ces progrès économiques et intellectuels, parce que, si nous ne le faisons pas, on nous forcera à le faire au-delà de ce qui est pratique, avec violence et dans de mauvaises conditions", dit-il dans sa fonction de sénateur libéral, le , et demande d'abord au gouvernement de fonder un institut des sciences sociales. Et comme le gouvernement ne donne pas suite à sa demande, il se lance lui-même[2].

Son premier Institut des Sciences sociales, Ernest Solvay l'installe provisoirement dans les locaux de l'hôtel Ravenstein et il confie ses premières recherches à trois socialistes : Émile Vandervelde, Hector Denis et Guillaume De Greef. Au cours des années 1900 et 1901, Solvay décide, d'un côté, d'installer son institut au parc Léopold et, de l'autre, que les convictions, collectivistes, de ses collaborateurs étaient trop éloignés des siennes. Il obtient l'aval de la ville pour la construction d'un bâtiment supplémentaire dans le parc, le . Le , il présente les statuts pour un nouveau Institut de Sociologie, avec Emile Waxweiler comme directeur et ses anciens collaborateurs comme simples chercheurs. Ces derniers ne sont pas d'accord de perdre la direction et quittent donc le projet. L'organisation de l'Institut, les plans du bâtiment ainsi que la conception de l'aménagement intérieur furent laissés aux soins du directeur : « cellules », « cabinets scientifiques » et importante bibliothèque où chaque chercheur pouvait avoir accès à tous les livres. L'institut part d'emblée d'un caractère multidisciplinaire, incluant statistiques, technologie économique, histoire et anthropologie. En plus de la recherche, il a comme but de devenir un centre international de documentation sociologique. Construits dans le plus pur style Art nouveau, les bâtiments élevés au Parc Léopold sont inaugurés le . L'institut n'a aucun lien institutionnel avec l'ULB mais le personnel est souvent partagé avec cette dernière[3].

Ernest Solvay meurt en 1922, ses héritiers transfèrent l'institut de Sociologie à l'université en 1923, après avoir essayé de le donner à la Société des Nations[4].

Entre 1967 et 1981 la Bibliothèque héberge les Éditions de l'Université après quoi elle est laissée à l'abandon'[5].

Dès 1983, les associations Inter-Environnement Bruxelles et du Quartier Léopold demandent qu'on classe le bâtiment, alors dans un piteux état. C'est qui est fait en 1988, accompagné de la promesse que les lieux rénovés devraient avoir un usage public de caractère pédagogique, culturel et scientifique, excluant tout usage commercial. En 1991, la ville de Bruxelles, propriétaire, conclut un bail emphytéotique de 99 ans avec la SDRB, réaffirmant un engagement pour une affectation d'intérêt collectif[6].

En 1991, des membres du Parti populaire européen commencent des négociations secrètes pour la transformation en club fermé de parlementaires.

Restauré en 1991 (près de 5 millions d'euros de subsides publics) sous la conduite des architectes Francis Metzger et Luc Deleuze, le bâtiment est rouvert en 1994 sous le nom de « Bibliothèque Solvay »[7],[8].

En 2000, une convention d’occupation est signée entre la SDRB et la société de gestion Maison de l'Europe qui change de nome plus tard en Edificio[5], qui gère aussi le Concert Noble.

Forum Europe et Friends of Europe commencent à y organiser des séminaires de lobbying.

En 2002, New Defence Agenda s'y installe également.

Depuis 2013, seule la société Edificio SA occupe le bâtiment et y organise toutes sortes d'évènements culturels, sociaux et caritatifs.

Une nouvelle réfection menée en 2010 concerne la toiture, qui n'avait jamais été réparée depuis la construction de l'édifice[9].

Architecture extérieure

Fleuron.

L'extérieur de l'ancienne bibliothèque Solvay, édifié en pierre d'Euville[1] assemblée en grand appareil, présente un style éclectique très sobre auquel se mêlent quelques éléments Art nouveau très discrets comme les pinacles qui surmontent les corniches.

La façade principale, résolument éclectique, arbore au-dessus de la porte d'entrée un cartouche portant l'inscription « Instituts Solvay - Institut de sociologie ».

La façade sud-est, par contre, présente plutôt les caractéristiques de l'architecture néo-classique : fenêtres encadrées de pilastres, corniche largement débordante, frise de dés sous la corniche…

Architecture et décoration intérieure

Le hall d'entrée

Vitrail.

Le hall d'entrée possède un superbe pavement en mosaïque d'esprit Art nouveau ainsi que des baies ornées de vitraux.

Édifié en pierre d'Euville, il est surmonté de belles coupoles réalisées dans ce même matériau.

La salle de lecture

L'élément central de la Bibliothèque Solvay consiste en une grande salle de lecture d'esprit Art nouveau étagée sur deux niveaux et éclairée par de vastes baies.

Niveau inférieur

Détail des peintures.

Le niveau inférieur de la salle de lecture, recouvert de parquet, est délimité par une balustrade en bois et métal dans laquelle sont intégrés des luminaires.

De l'autre côté de cette balustrade, les murs longitudinaux sont couverts de rayonnages dans lesquels s'insèrent, à intervalles réguliers, des portes en bois surmontées chacune d'un entablement dont l'architrave porte un cartouche sculpté dans le bois.

Au-dessus des rayonnages, les murs présentent un riche décor de peintures de couleur rouge et or attribuées sans certitude à Adolphe Crespin[9].

Au nord-est, la salle de lecture est prolongée par une salle annexe dont elle est séparée par trois grandes arcades cintrés séparées par des pilastres plats et frappées chacune d'une clé d'arc en stuc ornée de volutes, de feuilles d'acanthe et de rubans.

Galerie

Détail de la rambarde.

À l'étage court une galerie dont les murs sont couverts de rayonnages en bois alternant avec des portes, comme au rez-de-chaussée.

Ces rayonnages sont interrompus par de magnifiques piliers en fer forgé peints en couleur vert pâle, dont le style hésite entre l'éclectisme et l'Art nouveau auquel il emprunte ses volutes terminées en coup de fouet.

Au-dessus des rayonnages, les murs sont ornés de peintures de couleur rouge et or, semblables à celles du rez-de-chaussée et surmontées d'une frise d'oves et d'une corniche moulurée.

La galerie est protégée par une rambarde en bois composée de pilastres plats ornés de motifs de gouttes délimitant des panneaux composés chacun de trois petites arcades cintrés reposant sur des balustres en bois alternant avec des tiges en fer forgé agrémentées de feuillages.

La rambarde comporte à intervalles réguliers un panneau carré orné d'un blason en fer forgé marqué d'un I et d'un S entrecroisés, signifiant tout à la fois « Institut de Sociologie » et « Instituts Solvay », soit les mentions qui figurent dans le cartouche placé au-dessus de la porte d'entrée du bâtiment. Chacun de ces blasons est surmonté d'un luminaire à trois globes.

À l'étage, la salle annexe située au nord-est est séparée de la salle de lecture par trois grandes arcades rectangulaires séparées par des pilastres plats aux chapiteaux dorés.

Niveau supérieur et plafond

Le niveau supérieur de la salle, au-dessus de la frise d'oves et de la corniche, est occupé par de nombreuses fenêtres. Les murs gouttereaux sont percés d'une série de triplets de fenêtres rectangulaires disposés entre les piliers en fer forgé tandis que le pignon nord-est est percé de trois groupes de trois fenêtres de hauteur décroissante.

De part et d'autre des grandes baies du pignon sont peints des blasons marqués d'un I et d'un S entrecroisés (« Institut de Sociologie » et « Instituts Solvay »), qui font écho à ceux qui ornent les balustrades de la galerie du premier étage.

La salle est surmontée d'un plafond à caissons porté par une charpente en fer forgé soutenue par les piliers en fer forgé ancrés dans les murs.

Chaque caisson est orné d'une toile marouflée[9] peinte de motifs similaires aux motifs décorant les murs. Lors de la restauration de 1991, certaines de ces toiles ont dû être refaites à l'identique[9] car elles s'étaient décollées du plafond et avaient été endommagées voire carrément brûlées par des vandales.

Références

Voir aussi

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