Jacquemart

automate représentant un personnage sculpté en bois ou en métal et qui indique les heures en frappant une cloche avec un marteau From Wikipedia, the free encyclopedia

Un jacquemart, jacquemard[1] ou jaquemart est un automate d'art représentant un personnage sculpté en bois ou en métal, qui indique les heures en frappant une cloche avec un marteau.

Jacquemart de la collégiale Saint-Pierre de Louvain.

Histoire

L’un des plus anciens et des plus célèbres est celui de Dijon. Pris en 1382 à Courtrai par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, il fut installé en 1383 sur l’amorce de la tour sud de la façade occidentale de l’église Notre-Dame de Dijon. Il comportait à l’origine un automate mû par une horloge et sonnant sur une cloche. Ce personnage ne fut appelé Jacquemart[2] qu'à partir de 1458. Les Dijonnais lui adjoignirent en 1651 une épouse automate, Jacqueline. En 1714 ou peu après, ils ajoutèrent un fils, Jacquelinet et, en 1884, une fille, Jacquelinette. Ces deux enfants sonnent de quart d’heure en quart d’heure sur deux petites cloches.

Dans le Sud-Ouest, le seul existant est celui de Lavaur, situé en haut du clocher de la cathédrale Saint-Alain. La légende raconte que, durant les guerres de Religion, un prisonnier protestant était enfermé dans le clocher et avait l’obligation de sonner les cloches à toutes les heures. Il construisit une mécanique pour le faire à sa place[3].

La quarantaine de jacquemarts français sont répartis sur tout le territoire métropolitain à l'exception de la façade atlantique.

Étymologie

Jean de Nivelles, le jacquemart de la collégiale Sainte-Gertrude.

L'origine du mot « jacquemart » est incertaine : il pourrait venir :

  • de « jacques » ou « jaque », ancien sobriquet des paysans français[4], et « marteau », le jacquemart étant le paysan qui frappait l'angélus dans les champs,
  • du nom latin jaccomarchiardus (d'où « Jacques-Marc »), donné aux guetteurs de beffrois, qui portaient une « jaque » (en allemand : Jacke) de mailles,
  • du nom de plusieurs horlogers à Courtrai, Dijon, Lille[5],
  • du provençal Jaqueme, Jacques, auquel s'ajoute le suffixe -mart ou -mard[6].

Jacquemarts en Europe

Jacquemarts en Europe[7] :

Angleterre

Belgique

Les Zelenci, Maro et Baro de Dubrovnik.

Croatie

  • Maro et Baro, surnommés Zelenci (les hommes verts), jacquemarts de la tour horloge principale de Dubrovnik. Datant de 1477-1478, ils sont l’œuvre de Michelozzo. Les originaux, endommagés, ont été remplacés par des copies au début du XXe siècle et sont maintenant visibles dans le palais des recteurs.
Le Jacquemart de Thiers, automate sonnant les heures en forgeant une lame de couteau avec un marteau.

France

Le Jacquemart de l'église Notre-Dame de Dijon.
Houzou Bénard et Paquet Sivière à Auffay.
Moulins, la tour de l'Horloge, Jacquemart et Jacquette, leurs enfants

Italie

Suisse

Carte des Jacquemarts

Carte des Jacquemarts en Europe

Littérature

  • William Shakespeare fait plusieurs fois référence à la mécanique du jacquemart. Dans Richard III (IV, ii), le héros éponyme compare son complice, Buckingham, à un jacquemart (anglais : Quarter Jack), l’accusant d’interrompre ses méditations par ses interventions répétées : « […] like a Jack thou keep'st the stroke Betwixt thy begging and my meditation. »
  • Dans Le Campanile, une nouvelle d'Herman Melville publiée en 1855, l'automate tue son inventeur.

Notes et références

Voir aussi

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