Jacques Boilleau d'Ausson

avocat, député à la Convention From Wikipedia, the free encyclopedia

Jacques Boilleau d'Ausson, dit Boilleau le jeune, né le 25 mai 1751 à Avallon (généralité de Bourgogne, actuel département de l'Yonne), mort guillotiné le 10 brumaire an II (le 31 octobre 1793)[1], est un homme politique de la Révolution française.

Date de naissance
Lieu de naissanceAvallon (Bourgogne)
Date de décès (à 42 ans)
Faits en bref Fonctions, Député de l'Yonne ...
Jacques Boilleau d'Ausson
Fonctions
Député de l'Yonne

(1 an, 1 mois et 25 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Avallon (Bourgogne)
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Girondins
Profession Avocat
députés de l'Yonne
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Biographie

Il est le frère cadet de Jean-Edme Boilleau, lui aussi homme politique. Sous l'Ancien Régime, il est avocat dans sa ville natale.

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre, Jacques Boilleau, alors juge de paix à Avallon, est élu député du département de l'Yonne, le quatrième sur neuf, à la Convention nationale[2].

Il siège sur les bancs de la Gironde. Le 25 septembre, il dénonce les écrits de Jean-Paul Marat et demande « que ce monstre soit décrété d'accusation »[3].

Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[4],[5] :

Je ne vois nul moyen plus puissant pour assurer la stabilité de la République, que de punir Louis de la manière dont on punit en France les traîtres et les conspirateurs. [...] Je suis humain, j'abhorre le sang ; ainsi je crois bien mériter [de la patrie] en votant pour la mort.

Le 13 avril 1793, il se prononce en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[6] :

Je déclare qu'ayant voté la mort du tyran sans appel, par cette haine implacable que je porte naturellement à tous les scélérats hypocrites, à tout homme qui est sans morale et sans principes comme sans vertus, il m'est impossible de voir avec indulgence les crimes de Marat. [...]

Le tyran a employé tous ses efforts pour soutenir le despotisme, Marat a employé tous les siens pour le faire renaître. Marat est donc digne de mort comme le tyran, et je le condamnerait comme lui, si j'en avais la faculté.

Je le décrète d'accusation.

Le 9 mai, Marat dénonce en retour Boilleau, dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[7]. Le 21 mai, il est élu membre de la Commission des Douze, le huitième sur douze par 182 voix, chargée d'examiner les arrêtés pris par la Commune insurrectionnelle de Paris[8]. Le 24 mai, la Commission décrète l'arrestation de Jacques-René Hébert, le substitut du procureur de la Commune et le rédacteur du journal Le Père Duchesne. Le 28 mai, Jacques Boilleau vote en faveur du rétablissement de la Commission, dissoute la veille[9]. À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin, il est décrété d'arrestation[10].

Le 8 juillet, au terme du rapport de Louis-Antoine de Saint-Just (député de l'Aisne), membre du Comité de salut public, Jacques Boilleau est maintenu en détention mais n'est pas décrété d'accusation. Le 3 octobre, au terme du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire. Il est condamné à mort et exécuté le 10 brumaire an II (le 31 octobre 1793)[1].

L'historienne Jacqueline Chaumié estime que Saint-Just fait preuve d'indulgence envers Jacques Boilleau en raison de son vote lors du procès de Louis XVI, en faveur de la mort et contre l'appel au peuple et le sursis. Jacques Boilleau rappelle cette indulgence lors de son procès[11].

Son frère aîné, appelé à prendre sa place, refuse de siéger à côté des « assassins » de son frère qui est remplacé par Pierre-Edme-Nicolas Jeannest-la-Noue le 9 frimaire an II ().

Dans le film Un peuple et son roi (2018) réalisé par Pierre Schoeller, Jacques Boilleau, dénonçant les écrits de Jean-Paul Marat et réclamant sa mise en accusation, est interprété par Emmanuel Matte, tandis que Marat est interprété par Denis Lavant.

Références

Voir aussi

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