Jacques III de Majorque
roi de Majorque
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jacques III ou Jaume III, né le à Catane et mort le à Llucmajor, est un souverain du XIVe siècle. Il est roi de Majorque (de 1324 à 1343), comte de Roussillon et de Cerdagne (de 1324 à 1344), seigneur de Montpellier (de 1324 à 1349) et prétendant à la principauté d'Achaïe.
| Roi de Majorque | |
|---|---|
| - | |
| Comte de Cerdagne | |
| - | |
| Comte de Roussillon | |
| - | |
| Seigneur de Montpellier | |
| - | |
| Comte de Cerdagne | |
|---|---|
| Comte de Roussillon | |
| Roi de Majorque | |
| Seigneur de Montpellier (d) |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Famille |
Casa reial de Mallorca (d) |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoints |
Constance d'Aragon (de à ) Yolande de Vilaragut (de à ) Reina de Mallorca (d) |
| Enfants |
Ferdinand of Majorca-Aragon (d) Jacques II d'Achaïe Isabelle Ire de Majorque |
Durant son règne, il tente principalement de libérer son royaume de la vassalité envers les couronnes d'Aragon et de France. Toutefois, durant la guerre de Cent Ans, les manœuvres de Pierre IV (roi d'Aragon), dit Pierre le Cérémonieux, le poussent à se brouiller avec le roi de France, Philippe VI, et à rechercher l'appui du roi d'Angleterre, Edouard III. Cette recherche d'une alliance à revers ligue les souverains aragonais et français contre lui. Isolé diplomatiquement, son royaume est envahi et annexé par Pierre le Cérémonieux, à l'exception de la seigneurie de Montpellier qu'il vend à Philippe VI de Valois. Le produit de cette vente sert à payer l'armée avec laquelle il essaye de reconquérir l'essentiel de son royaume en débarquant sur l'île de Majorque, mais il y meurt en 1349 à la bataille de Llucmajor.
Histoire

Fils de l’infant Ferdinand de Majorque (1278-1316), (fils cadet du roi Jacques II de Majorque), et d’Isabelle de Sabran (1297-1315), prétendante à la principauté d’Achaïe, Jacques naît en 1315, sans doute à Catane. Sa mère meurt très peu de temps après sa naissance ; son père entreprend alors de conquérir en son nom la principauté d’Achaïe. Pour mettre Jacques à l’abri des combats, l’infant Ferdinand confie l'enfant à Ramon Muntaner pour qu'il le conduise à Perpignan et qu'il soit élevé par sa grand-mère Esclarmonde de Foix, veuve du roi Jacques II de Majorque. Jacques III est en effet non seulement l'héritier de l'Achaïe, mais aussi, après son père, de celui du royaume de Majorque, dont le souverain, son oncle Sanche de Majorque, n’a pas de fils.
Après un voyage périlleux, Ramon Muntaner remet l'enfant à sa grand-mère, après avoir pris soin de le faire reconnaître comme légitime héritier de son père. Ce dernier meurt en 1316, vaincu par Louis de Bourgogne, son rival pour la principauté d’Achaïe. Le roi Sanche, soucieux de préserver son royaume des ambitions de son cousin le roi Jacques II (roi d'Aragon), fait de Jacques III son héritier. Lorsque Sanche meurt en 1324, se pose toutefois le problème de la régence du royaume de Majorque. En effet, le seul frère de Sanche encore en vie, Philippe, est un ecclésiastique, donc peu apte à prendre en main le royaume. Jacques d'Aragon fait alors valoir ses droits, comme plus proche cousin en ligne masculine de Jacques de Majorque ; le comte de Foix fait valoir qu'il est le cousin le plus proche, mais en ligne féminine. Les différents lignages de l'aristocratie roussillonnaise prennent parti pour l'un ou l'autre des prétendants à la régence, ce qui amène un grand désordre qui n'est pas résolu par la reconnaissance, à la fois par le roi d'Aragon et le comte de Foix, de l'infant Philippe comme régent. Pour sceller la paix, Jacques III, qui a neuf ans, épouse en 1325 l'infante Constance, petite-fille de Jacques d'Aragon, qui en a trois.
Comme prix de sa reconnaissance de Philippe, Jacques II d'Aragon impose au royaume de dures conditions économiques. Les finances majorquines sont minées par l'aide due au roi d'Aragon pour la conquête du royaume de Sardaigne. Il semble que Jacques III soit à cette date encore reconnu comme prince par une large part de l'aristocratie d’Achaïe. En 1335, Jacques est reconnu majeur et s'attache à réorganiser son royaume. En 1337, il promulgue les lois palatines qui mettent en place une étiquette de cour, qui est reprise par la suite par la majeure part des cours d'Occident. Le royaume de Majorque ne peut toutefois survivre qu’en maintenant la paix avec le royaume d’Aragon. Or, en 1336, Pierre IV d'Aragon accède au trône à Barcelone. Malgré leur jeunesse et leur proche parenté, les deux cousins se vouent une haine farouche. Pierre tente de réimposer à Jacques le serment de vassalité auquel Jacques II d'Aragon avait renoncé en 1295.
En 1331, Jacques III âgé de 16 ans fait hommage à Philippe VI de Valois pour la ville de Montpellier, que sa famille tient d'un mariage[1]. Montpellier est située dans le royaume de France mais est une possession du roi de Majorque, à l'instar de la Guyenne pour le roi d'Angleterre. Le royaume de Majorque est lui-même État vassal du royaume d'Aragon mais supporte mal le poids fiscal de cette vassalité imposée par la force. Montpellier a elle-même beaucoup d'indépendance étant à trois jours de marche du reste des possessions continentales du roi de Majorque en Roussillon, et est commercialement dépendante du Languedoc. L'usage de monnaies françaises y est courant et ses intérêts commerciaux la poussent vers le royaume de France[2]. Suspicieux quant aux velléités d'indépendance de Jacques III de Majorque qui a rechigné à lui rendre hommage, Pierre IV d'Aragon dit le Cérémonieux travaille à la réunion des deux couronnes.

En 1339, alors que la guerre de Cent Ans a débuté depuis deux ans, inquiété par les rumeurs de mariage d'un fils de Jacques III avec une fille d'Édouard III, colportées par le roi d'Aragon qui travaille activement à isoler son vassal, Philippe VI de Valois somme le roi de Majorque de renouveler son hommage pour la ville de Montpellier. Jacques III lui répond qu'il doute de la légalité de cet hommage et s'en remet au pape[3]. Voyant que la France est mise en difficulté par l'Angleterre, Jacques III fait organiser des joutes à Montpellier ce qui est en contradiction avec l'ordre du roi de France qui les a interdites en temps de guerre : c'est une remise en cause claire de la souveraineté de Philippe VI sur Montpellier[4]. Pierre IV (roi d'Aragon) joue double jeu assurant à Jacques qu'il l'aiderait militairement en cas de conflit avec la France, poussant le roi de Majorque à s'affirmer, de plus en plus enclin à une alliance avec le roi d'Angleterre, mais dans le même temps, il fait alliance avec le roi de France[5]. Philippe VI fait saisir la ville de Montpellier et les vicomtés d'Omella et de Carladès et charge Jean II le Bon de monter une armée pour entrer en Roussillon. Mais Jacques III se rend compte qu'il a été joué par le roi d'Aragon et fait amende honorable. Philippe VI a bien compris que les jeux sont faits. Il approuve l'alliance avec Pierre le Cérémonieux et rend ses possessions françaises au roi de Majorque sachant pertinemment que celui-ci ne pourra pas les conserver cerné par une si puissante alliance. Pierre IV (roi d'Aragon) ouvre en 1343 un procès pour trahison de son beau-frère, ce qui lui permet de revendiquer sa couronne. Fort de cette légitimité, il envahit les Îles Baléares en 1343. Les armées de Jacques sont défaites à la bataille de Santa Ponça. En 1344, Pierre envahit le Roussillon et la Cerdagne. Philippe VI soutient l'offensive aragonaise en interdisant tout ravitaillement du roi de Majorque en armes, vivres ou chevaux, le [1]. Complètement isolé, Jacques III doit se rendre et remettre son royaume à son cousin. Son sort est scellé par les Corts à Barcelone, où il est décidé de lui laisser son fief de Montpellier. Mais il refuse et s’enfuit chez un de ses amis, Gaston Fébus, comte de Foix, avec une quarantaine de ses chevaliers. Il reste néanmoins en possession de la seigneurie de Montpellier, située en royaume de France et sur laquelle Pierre IV n'a aucun droit. De là, il lance plusieurs attaques infructueuses sur le Roussillon. Il rencontre Philippe VI de Valois à Avignon, lui revend la ville de Montpellier et engage une partie de la Cerdagne et du Roussillon le pour 120 000 écus d'or et put ainsi se reconstituer une armée et une flotte imposantes avec lesquelles il attaque Majorque. Les accords stipulent qu'il conserve les droits sur sa ville jusqu'à sa mort[6]. Celle-ci survient le , à la bataille de Llucmajor : Montpellier appartient désormais à la couronne de France, la Cerdagne et le Roussillon sont par contre contestés par le roi d'Aragon et restent aragonais et catalans. Les enfants du roi de Majorque, Jacques et Isabelle, sont emmenés en captivité à Barcelone. Jacques IV de Majorque fut prétendant au trône de Majorque, mais ne put jamais l'arracher à la couronne d'Aragon. À sa mort en 1375, la dynastie de Majorque s'éteignit définitivement. Sa sœur, Isabelle Ire de Majorque, céda en effet rapidement ses droits au duc Louis Ier d'Anjou.

Les Lois palatines
Les Lois palatines sont promulguées le .
Le livre des Lois palatines a longtemps été considéré comme élaboré sous l’influence du régent Felip (Philippe), voire qu'il a été rédigé par lui [réf. souhaitée]. Aujourd’hui, le véritable auteur est confirmé : le roi Jaume III (Jacques III), et lui seul. Il avait vingt-deux ans. Écrit en latin, le livre a été réalisé à Palma de Majorque, probablement par la même équipe de copistes et d’enlumineurs qui ont produit deux autres manuscrits : le Llibre de franqueses i privilegis del regne de Mallorca (daté de 1334 et conservé aux Archives del Reialme de Mallorca à Palma) et le Còdex de les Franquícies de Mallorca (Codex des Franchises, conservé aux archives de la Couronne d’Aragon à Barcelone). Des règlements concernant la Cour royale existent dans beaucoup de pays, mais les Lois palatines de Jacques III se démarquent, par la description minutieuse de chaque fonction, aussi modeste soit-elle.
L’objectif final est de défendre et conserver le royaume de Majorque en le mettant à l’abri des divisions internes et des périls externes. Les problèmes sont réels. La rébellion contre le régent Philippe a été mal vécue par Jacques pendant son enfance à Perpignan. Les appétits de conquête du roi de France sur Montpellier et ceux du souverain de Catalogne-Aragon sur tout le royaume de Majorque menacent. Les Lleis Palatines de Jacques III sont un acte politique, pour affirmer son autorité et son prestige. Vu de l’extérieur, le royaume de Majorque donne l’image d’un royaume en plein épanouissement, avec sa cour brillante, son organisation méticuleuse et son administration efficace.
Les Lois palatines sont promulguées dans la ville de Palma le . Le manuscrit compte 74 feuillets, formant un total de 148 pages écrites, en plusieurs couleurs, avec huit grandes représentations de scènes de la Cour. Dans l’introduction, Jacques III déclare que les Lois palatines ont été lues intégralement devant son Conseil royal, composé de nobles et de clercs, comptant 14 membres ; il ordonne qu’elles soient observées strictement par chacun.
Le roi annonce qu’il a repris un grand nombre de règles déjà appliquées : il les confirme et en ajoute d’autres. Puis, Jacques III commence une métaphore : selon lui, les fonctions et les métiers de la Maison royale peuvent se comparer au corps humain ; tous les membres ont une fonction propre et doivent l’accomplir suivant un plan établi par le créateur. Le roi décrit les quatre services principaux : majordom, camarlenc, canceller, mestre racional. Le majordom et le camarlenc sont des nobles, ils exercent leur fonction uniquement lors des principales fêtes de l’année.
Ascendance
| 32. Alphonse II d'Aragon | |||||||||||||||||||
| 16. Pierre II d'Aragon | |||||||||||||||||||
| 33. Sancha de Castille | |||||||||||||||||||
| 8. Jacques Ier de Majorque | |||||||||||||||||||
| 34. Guilhem VIII de Montpellier | |||||||||||||||||||
| 17. Marie de Montpellier | |||||||||||||||||||
| 35. Eudoxie Comnène | |||||||||||||||||||
| 4. Jacques II de Majorque | |||||||||||||||||||
| 36. Béla III de Hongrie | |||||||||||||||||||
| 18. André II de Hongrie | |||||||||||||||||||
| 37. Agnès d'Antioche | |||||||||||||||||||
| 9. Yolande de Hongrie | |||||||||||||||||||
| 38. Pierre II de Courtenay | |||||||||||||||||||
| 19. Yolande de Courtenay | |||||||||||||||||||
| 39. Yolande de Hainaut | |||||||||||||||||||
| 2. Ferdinand de Majorque | |||||||||||||||||||
| 40. Raymond-Roger de Foix | |||||||||||||||||||
| 20. Roger-Bernard II de Foix | |||||||||||||||||||
| 41. Philippa de Montcada | |||||||||||||||||||
| 10. Roger IV de Foix | |||||||||||||||||||
| 42. Arnaud Ier de Castelbon | |||||||||||||||||||
| 21. Ermessinde de Castelbon | |||||||||||||||||||
| 43. Arnaude de Caboet | |||||||||||||||||||
| 5. Esclarmonde de Foix | |||||||||||||||||||
| 44. Guillaume Ier de Cardona | |||||||||||||||||||
| 22. Ramon Folch IV de Cardona | |||||||||||||||||||
| 45. Géraude de Jorba | |||||||||||||||||||
| 11. Brunissende de Cardona | |||||||||||||||||||
| 46. Raimond III de Torroja | |||||||||||||||||||
| 23. Inés de Torroja | |||||||||||||||||||
| 47. Sibylle de Santa Fé | |||||||||||||||||||
| 1. Jacques III de Majorque | |||||||||||||||||||
| 48. Guillaume de Sabran | |||||||||||||||||||
| 24. Elzéar de Sabran | |||||||||||||||||||
| 49. Ermesende | |||||||||||||||||||
| 12. Ermengaud de Sabran | |||||||||||||||||||
| 50. Isnard III d'Agoult | |||||||||||||||||||
| 25. Cécile d'Agoult | |||||||||||||||||||
| 51. Béatrix de Rians | |||||||||||||||||||
| 6. Isnard de Sabran | |||||||||||||||||||
| 52. ? | |||||||||||||||||||
| 26. | |||||||||||||||||||
| 53. ? | |||||||||||||||||||
| 13. Laudune d'Albe | |||||||||||||||||||
| 54. ? | |||||||||||||||||||
| 27. | |||||||||||||||||||
| 55. ? | |||||||||||||||||||
| 3. Isabelle de Sabran | |||||||||||||||||||
| 56. Jean de Villehardouin | |||||||||||||||||||
| 28. Geoffroi Ier de Villehardouin | |||||||||||||||||||
| 57. Céline de Briel | |||||||||||||||||||
| 14. Guillaume II de Villehardouin | |||||||||||||||||||
| 58. ? | |||||||||||||||||||
| 29. Élisabeth de Chappes | |||||||||||||||||||
| 59. ? | |||||||||||||||||||
| 7. Marguerite de Villehardouin | |||||||||||||||||||
| 60. Michel Ier Doukas | |||||||||||||||||||
| 30. Michel II Doukas | |||||||||||||||||||
| 61. N. Mélissène | |||||||||||||||||||
| 15. Anne Doukas | |||||||||||||||||||
| 62. Jean Pétraliphas | |||||||||||||||||||
| 31. Théodora Pétraliphaina | |||||||||||||||||||
| 63. ? | |||||||||||||||||||

