Jacques Lucas
chimiste français
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Jacques Lucas, né le , est professeur émérite à l'université de Rennes 1. Chimiste des solides, Jacques Lucas s'est spécialisé dans la découverte de nouveaux verres, a contribué à leur analyse, à la connaissance de leurs propriétés optiques ainsi qu'à leur utilisation dans divers domaines (télécommunications, vision nocturne et analyse in situ en chimie et médecine). Il est membre de l'Académie des sciences[1].
Biographie
Jacques Lucas, docteur ès sciences (1964), est nommé professeur à l'université de Rennes en 1968. Il est professeur émérite à l’université de Rennes où il a créé et dirigé le laboratoire Verres et Céramiques. Il a effectué toute sa carrière dans cette université ponctuée de nombreux séjours à l’étranger en tant que professeur invité comme à Tucson, Kyoto, Shanghai. Il a dirigé plus d’une centaine de doctorants et a publié plus de quatre cents articles dans le domaine de la chimie des solides et surtout des verres transmettant dans l’infrarouge[2].
Travaux scientifiques
Après un début de carrière consacré à la chimie de certains types de solides appartenant à la famille des pyrochlores et de matériaux fluorés il s’engage dans l’étude d'une famille inédite de verres, les verres de fluorures[3],[4],[5]. Ces composés, à base de fluorure de zirconium, inconnus jusque-là, attire l’attention du monde des télécommunications optiques en raison de leur potentialité d’ultra transparence[6],[7]. Élaborés sous forme de fibres, leur large fenêtre optique 0,4 à 7 micromètres (µm) laisse espérer une zone de très faibles pertes optiques estimée à 0,02 dB/km. Ces verres contiennent comme éléments constitutifs des terres rares[8]. Des fibres dopées ont ainsi été développées pour la réalisation de fibre laser ou d’amplificateur optique. Il s’engage ensuite dans la recherche d’autres verres contenant des atomes beaucoup plus lourds à base de tellure. Il découvre en collaboration avec Zhang[9],[10] les verres TeX (X= Cl, Br, I). Ces verres transmettent la lumière jusqu’à 20 µm[11],[12]. Il récidive avec la mise au point de verres sans halogène dans le système Te/Ge/Ga[13],[14]. Le développement des verres en particulier leur mise en forme sous forme de lentilles par un procédé de moulage inédit[15] a conduit à la création au sein du laboratoire d’une société appelée Vertex qui est devenue Umicore IRGlass. Elle est localisée près du campus. Des fibres optiques[16] à base de verres de tellure ont été fabriquées et ont permis la réalisation de capteurs optiques infra-rouge (IR) basés sur l’absorption de l’onde évanescente[17]. De nombreuses molécules et biomolécules ont ainsi été analysées in situ[18] donnant lieu à la création d’une société Diafir créée pour établir le diagnostic de liquide biologique par infra-rouge. Des fibres micro-structurées sont également développées au sein du laboratoire et donné lieu à la création de la société SelenOptics.
Honneurs et distinctions
Il est récipiendaire de nombreuses distinctions françaises et étrangères :
- Médaille de bronze du CNRS (1964).
- Médaille d'argent de la Société des hautes températures et réfractaires (1978).
- Médaille d'or de la Société d'encouragement de l'industrie nationale (1980).
- Prix de la fondation Schützenberger de l'Académie des sciences (1979).
- Médaille Louis Bourdon de l'Industrie nationale (1987).
- Prix Ivan Peychès de l'Académie des sciences (1987).
- Fellow de l’American Ceramic Society et George W. Morey Award de l'American Ceramic Society (1989).
- Grand Prix Innovation et Défense (1997).
- Membre de l'Academia Europaea (1998).
- Grand prix Pierre-Süe de la Société française de chimie (2000).
- Doctorat honoris causa de l'université de Pardubice, République tchèque (2000).
- Membre de l’Académie des sciences[1].
- Chevalier de la Légion d’honneur.