Jean Boulier
écrivain français
From Wikipedia, the free encyclopedia
L'abbé Jean Boulier est un intellectuel catholique engagé, né à Paris le et mort dans la même ville le [1]. Il fut une figure marquante du catholicisme ouvrier.
Biographie
Issu d'une famille bourgeoise et plutôt anti-clérical de Boulogne-sur-Mer, il suit néanmoins sa scolarité chez les Jésuites[2]. Admirateur de Maurras, il milite aux Camelots du Roi et à l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF)[2]. En 1912, il devient jésuite[2]. A la fin de sa formation, il fut affecté à l’Action populaire où il travailla sur les questions internationales, auprès du Père Desbuquois. Avec l'abbé Guérin, il contribué a introduire en France la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) en 1926[2]. En 1927, il crée avec Joseph Follet le mouvement de jeunesse des Compagnons de Saint François[2]. Il trouve difficilement un compromis avec les Jésuites Danset et Corbillé sur l'intégration de la JOC dans l'ACJF en 1927. Cela le conduit à quitter Paris à intégrer les résidences jésuite à Nancy puis à Strasbourg avant de finalement en 1932 rompre avec la Compagnie[2].
Il devient ensuite vicaire de la paroisse missionnaire du Rosaire (1932-1938)[2], puis à Monaco (1938-1941) dans l'église Sainte-Dévote[2]. Dans cette Principauté où le catholicisme est une religion d'État, il se fait remarquer par une manière personnelle et appréciée de pratiquer son ministère et surtout par un sermon qu'il prononça un dimanche en chaire, au cours duquel il attaqua avec violence le film allemand antisémite Le Juif Suss qui venait d'être projeté à Monaco. Quelques jours après, il était privé de sa paroisse et chassé du territoire de la Principauté par les autorités monégasques.
À la Libération, il participe à l'expérience des prêtres ouvriers et s'engage dans le Mouvement de la paix, dont il participe à la formation[3] et où il est une figure très mise en avant sous le nom d'abbé Boulier. En 1950-1951, il soutient le quotidien breton Ouest-Matin lors de ses révélations sur les atrocités commises lors de la guerre d'Indochine. Ses positions sont jugées trop proches des thèses communistes par l'Église, qui prononce sa réduction à l'état laïc en 1953. Il obtient un sursis à la demande du cardinal Maurice Feltin, mais il est définitivement exclu du clergé une dizaine d'années plus tard après une étude sur le martyre de l'hérétique et héros national tchécoslovaque Jan Hus [réf. nécessaire].
Le 25 mai 1959, avec les principaux responsables du Secours populaire français et de son journal La Défense et les mères d'Alban Liechti et de Jacques Alexandre, il est inculpé de « complicité de provocation à la désobéissance » pour avoir soutenu les soldats du refus réfractaires à servir dans la guerre d'Algérie[4]. Il est condamné à 15 jours de prison et 2 000 francs d'amende avec sursis[5].
Il publie une autobiographie en 1977, intitulée J'étais un prêtre rouge (Paris, Athanor) ainsi que des livres d'histoire comme Jan Hus (Bruxelles, Éditions Complexes), paru en 1958, ou des ouvrages politiques comme Un Prêtre prend position (Minuit, 1949).