Jean Dusaulx
personnalité politique française
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Jean-Joseph Dusaulx, dit aussi Jean Dussaulx, né à Chartres le [1] et mort à Paris le , est un homme de lettres et homme politique français. Membre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, traducteur de Juvénal et disciple de Rousseau, il fut en politique un révolutionnaire modéré.
| Jean-Joseph Dusaulx | |
portrait de Jean Dusaulx par Gaucher d'après Ducreux | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Seine | |
| – (3 mois et 14 jours) |
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| Gouvernement | Assemblée législative |
| Député à la Convention nationale | |
| – (3 ans, 1 mois et 13 jours) |
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| Député au Conseil des anciens | |
| – (1 an, 10 mois et 20 jours |
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| Président du Conseil des anciens | |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Chartres (Eure-et-Loir) |
| Date de décès | (à 70 ans) |
| Lieu de décès | Ancien 3e arrondissement de Paris |
| Nationalité | |
| Parti politique | Modérés Girondins |
| Profession | Avocat Ecrivain Bibliothécaire à l'Arsenal |
| députés de la Seine | |
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Biographie
Petit-neveu du théologien janséniste Pierre Nicole (1625-1695), Jean Dusaulx est le fils de Claude Dusaulx, avocat en parlement, maire de Loens[précision nécessaire] à Chartres, conseiller du Roi, assesseur en la Maréchaussée au département de l'Orléanais, échevin de la ville de Chartres, décédé en 1739, et de Marie Magdeleine Gallois, décédée en 1750[2].
Il fait ses études au collège Henri-IV de La Flèche, puis aux collèges du Plessis et Louis-le-Grand à Paris. Avocat en parlement, demeurant à Paris rue du Jardinet, paroisse Saint-Cosme (1751), puis rue Montorgueil, paroisse Saint-Eustache (1755), puis rue des deux portes, paroisse Saint-Sauveur (1756), puis rue du Dauphin, paroisse Saint-Roch (1760), il achète une charge de commissaire de gendarmerie de France et participe durant la campagne de Hanovre à la bataille de Minden pendant la guerre de Sept Ans. Il partage ses loisirs entre les belles-lettres et sa passion pour le jeu. Alors qu'il se trouve en poste à Lunéville et qu'il n'a encore que 21 ans, il se fait connaître par une traduction des Satires de Juvénal, qui lui ouvre les portes de l'Académie de Stanislas. Il retourne ensuite à Paris, où il peaufine sa traduction, qu'il publie en 1770. L'admiration qu'elle suscite lui vaut d'entrer en 1776 à l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, dont il deviendra membre à part entière lors de la nouvelle fondation de l'Institut en 1795.
Ayant obtenu sa retraite du service militaire, il devient secrétaire du duc d'Orléans. Quand éclate la Révolution, à laquelle il participe avec ardeur malgré son âge déjà avancé, il est nommé commissaire du Comité de la Bastille. En , il fait devant l'assemblée constituante un Discours historique dans lequel il retrace l'histoire de la prise de la Bastille et qu'il publie la même année, accompagné d'extraits de son journal. Elu député suppléant à l' assemblée législative en septembre 1791 il est nommé député de la Seine député à part entière le 3 juin 1792, où il se prononce contre la destruction des chefs-d'œuvre artistiques et dénonce les massacres de Septembre. Député à la Convention, il se range parmi les modérés et vote contre l'exécution de Louis XVI. Menacé lui-même d'être condamné à mort par le Comité de salut public, en la personne de Billaud-Varenne, et incarcéré pendant quelque temps à la prison du Port-Libre, il est sauvé par Marat, qui obtient sa grâce en le dépeignant comme un vieux radoteur, incapable d'un acte dangereux.
Mandat à la Législative
La France devient une monarchie constitutionnelle en application par la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Jean Dusaulx est élu député suppléant du département de la Seine, le sixième sur huit, à l'Assemblée nationale législative[3]. Il est appelé à siéger le 6 juin 1792 à la faveur de la démission de Jean-Marie Boscary[4].
Le 8 août 1792, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[5].
Mandat à la Convention
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jean Dussaulx est réélu député de la Seine, le quatorzième sur vingt-quatre, à la Convention nationale[6].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention durant la guerre et le bannissement à la paix[7], et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[8]. Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[9]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[10].
À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, Dussaulx, initialement compris dans le décret d'arrestation, est élargi du décret sur motion de Marat[11] :
J'ai déjà témoigné aux pétitionnaires mon étonnement de d'avoir vu sur leur liste Dusaulx, vieillard radoteur incapable d'être chef de parti [...].
Mandat aux Anciens
Sous le Directoire, Jean Dusaulx est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Le 1er thermidor an IV (le 19 juillet 1796), est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Georges Desgraves, Pierre Dupont de Nemours, Pierre-Toussaint Durand de Maillane et Louis-Alexandre Himbert[12].
Au Conseil, il s'élève avec force contre les loteries, les tripots et les jeux de hasard. Il avait auparavant publié deux ouvrages sur la passion du jeu, dont il avait souffert pendant sa jeunesse. Peu avant sa retraite en , il déclare : « Depuis neuf ans que je suis dans les fonctions publiques, ennemi des factieux, étranger à tous les partis, je n'ai plaidé qu'en faveur de la justice et des mœurs... J'ai la douce satisfaction de pouvoir dire que mes mains sont aussi pures que mon cœur[Note 1]. »
Admirateur de Jean-Jacques Rousseau, Dusaulx a entretenu avec le philosophe une longue correspondance, dont il fit paraître vers la fin de sa vie de larges extraits. Il avait assisté à une lecture des Confessions pendant l'hiver de 1770-1771 et avait eu l'honneur d'organiser un dîner littéraire en hommage à leur auteur[13]. Aussi trouve-t-on de nombreux échos rousseauistes dans la relation de son Voyage à Barège et dans les Hautes-Pyrénées, ouvrage à la manière de Sterne, dans lequel il dit avoir voulu « peindre les sensations et les sentiments que tout homme instruit, sensible et suffisamment organisé, doit éprouver sur des monts de tout premier ordre »[14].
En 1801, sa veuve, Marie-Jeanne Lieujau, fait imprimer chez Didot jeune des Mémoires sur la vie de J. Dusaulx, qui ne sont pas mis dans le commerce.
Famille
Son oncle, Jacques Dusaulx, est prêtre licencié de Sorbonne, chanoine de l'église cathédrale de Chartres.
Jean Dusaulx a une sœur unique : Marie Anne Dusaulx, qui le 6 octobre 1751 épouse au Coudray[15], près de Chartres, Louis Jacques Triballet, écuyer, conseiller du Roi, commissaire des guerres employé au département de Longwy (1751), puis au département d'Alençon (1754), puis à l'armée du Bas-Rhin dans la ville et principauté de Gottingen (1758), fils de Michel Triballet, receveur des tailles de l'élection de Chartres et de Marie Madeleine Jahan de Lislet[16].
Principales publications
- Les Satires de Juvénal, traduites par M. Dusaulx, 1770. Révisée par Jules Pierrot et rééditée par Felix Lemaistre dans les Œuvres complètes de Juvénal et de Perse, Garnier, Paris, 1866 Texte en ligne ;
- Satires de Perse, Traduites en Vers et en Prose, Pour servir de suite à la Traduction de Juvenal. avec un discours sur la satire et les satiriques par [ Jean-François Dreux du Radier, juriste homme de lettre]. Paris, chez la Vve Duchesne, 1772 ;
- Lettre et réflexions sur la fureur du jeu, auxquelles on a joint une autre lettre morale, 1775 ;
- Voyage à Barège et dans les Hautes-Pyrénées, fait en 1788, 1796 ;
- De mes rapports avec J.-J. Rousseau et de notre correspondance, suivie d'une notice très importante (Citation : Sine ira et studio, quorum causas procul habeo - Tacit), Paris, Imprimerie de Didot Jeune, l'an vi - 1798, 376 p. (lire en ligne).