Jean Joyet
peintre, graveur, lithographe et sculpteur français (1919-1994)
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Jean Joyet, né le à Saint-Victurnien (Haute-Vienne) et mort le à Colombes, est un peintre, graveur, lithographe et sculpteur français de l'École de Paris.
Biographie
Jean Joseph Claude Joyet[1] est le fils d'Hippolyte Joyet, postier, et de Marguerite Redempt, institutrice, tous deux natifs de la Haute-Vienne.
Formation
Après des études classiques au lycée Gay-Lussac de Limoges (Haute-Vienne), où il se lie d'amitié avec l'helléniste Jean Plaud (qui deviendra professeur au Collège de France), Jean Joyet entre en 1938 à l'École des beaux-arts de Paris, mais ses études sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale à laquelle il participe comme officier.
Reçu au concours de l'École des beaux-arts de Paris , il y est admis à nouveauu le 1er octobre 1948[2] dans les ateliers du peintre Jean Dupas et de René Jaudon pour la lithographie[3].
En cette même année 1948, il obtient le prix Chenavard en gravure.
L'influence espagnole
Lauréat du prix de la Casa de Velázquez[4] (22e promotion), Jean Joyet séjourne pendant deux ans à Madrid, de 1951 à 1952[5]. Ce séjour, où il perfectionne sa connaissance du castillan qu'il parle couramment, ainsi que son admiration pour Goya, influence profondément son œuvre de peintre et de graveur. Ses paysages et scènes de corridas, mais aussi ses caricatures d'hommes politiques français gravées sur cuivre, témoignent de cette influence.
En 1951, Jean Joyet épouse une condisciple des Beaux-Arts, Marcelle Deloron (Prix de Rome 1949). Il est sélectionné pour le Prix Drouant-David de la Jeune Peinture en 1955[6]. Entre 1955 et 1966 Jean Joyet et Marcelle Deloron séjournent régulièrement plusieurs mois par an en Espagne. Ils parcourent le pays, La Castille, Tolède, l'Andalousie entre autres et y réalisent de nombreuses œuvres[7].
Le peintre et le sculpteur
À partir des années 1960, en plus de paysages, Jean Joyet peint des maternités, des enfants, des nus, et se consacre de plus en plus à la sculpture. Il est lié aux autres peintres de la « Jeune peinture » de l'École de Paris, notamment Louis Vuillermoz, Jean-Pierre Alaux, Geoffroy Dauvergne et Maurice Boitel, dans le groupe duquel il exposait au Salon Comparaisons avec Paul Collomb, Noe Canjura, Daniel du Janerand, Louis Vuillermoz et André Vignoles.
La peinture de Jean Joyet est une peinture mêlant semi figuratif et abstrait où il utilise souvent des couleurs vives appliquées sur des fonds plus sombres afin de créer des effets de contraste qui font ressortir le sujet de son inspiration : scènes de la vie courante ou familiale, nus, bouquets de fleurs. Ses sculptures associent la pierre, l’os et le métal (bronze, cuivre, etc.) souvent à partir d’objets récupérés (dans la vie quotidienne ou le monde industriel). Ce sont des statues d’hommes ou de femmes, des figures humaines, ou des animaux, comme ses « Chouettes » ou des chats ou des Arthropodes, ainsi que des silhouettes stylisées qui reflètent souvent l’influence espagnole précédemment évoquée, ou des sculptures abstraites (les « Bidules » et les « Arborescences » métalliques).
De 1952 à 1965, son atelier est au no 17 rue Paul-Albert, de 1965 à 1984 au no 7 rue Bachelet à Paris, puis à partir de 1985 à Colombes dans le quartier de la gare des Vallées, à proximité de la coulée verte.
Jean Joyet meurt le à Colombes[8],[9]. Il est enterré au cimetière de Louyat à Limoges. Une rétrospective lui est consacré à la Fondation Taylor en 2004.
Illustrations
- Carnets d'Espagne (1951-1966), 73 reproductions de peintures et aquarelles exécutées lors de ses séjours en Espagne, éditions de Vialoube, 1993, (ISBN 2877880117).
- Jean Berteault, La Jeune Fille et la Mort, L'Amitié par le Livre, 1980[10].
- Marcel Aymé, Le Passe-muraille, édition de 1987.
Salons
- Salon de la Jeune Peinture[6].
- Salon d'automne : Portrait de Jean-François (peinture) ; Figure féminine (sculpture), 1983.
- Salon des indépendants : Prétexte floral ; Ubu roi (sculpture métal et pierre), 1971.
- Salon d'Art sacré de 1971.
- Salon Comparaisons : 1961 ; 1976 : L'Homme et la petite fille, sculpture ; 1980 : Le Cri, sculpture ; La Chouette, sculpture.
- Salon d'hiver de 1948.
- Salon de la Société nationale des beaux-arts dont il obtient le prix des Jeunes : 1954 ; 1957 ; 1987 : L'Enfant au poulet, gravure (no 890), illustration pour Le Passe Muraille de Marcel Aymé.
- 1er Biarritz - San Sebastian : École de Paris, peinture, sculpture, Musée San Telmo, Saint-Sébastien et Casino Bellevue, Biarritz, 1965[11].
Expositions
- Exposition collective à la Maison des beaux-arts, 1949.
- Galerie Cardo Matignon, avenue Matignon, Paris 8e, 1957[6].
- Galerie la belle Gabrielle, à l'occasion de la réouverture le , au no 3 rue Norvins à Paris.
- Galerie Norval, no 14 rue des Beaux-Arts, Paris 6e, 1959 (avec Philippe Cara Costea et André La Vernède), 1962.
- Exposition organisée à l'occasion des États généraux du désarmement, Cercle Volney, Paris, mai 1963.
- Galerie Falvart, no 60 boulevard Malesherbes, Paris 8e, février-.
- Galerie Dauphine, place Dauphine, Paris, les arthropodes, 1968.
- Paris, Biennale de sculpture, Formes humaines, 1980.
- Paris, Espace Cardin, La couleur dans la rue, .
- Paris, Fondation Taylor, peintures et sculptures, rétrospective-hommage, .
- Saint-Victurnien, du au , œuvres de Jean Joyet et de Marcelle Deloron, avec le concours de la municipalité et l'Association Jade.
Récompenses
- 1948 : prix Chenavard de gravure.
- 1952 : prix de la Casa de Velázquez.
- 1958 : prix du Club du Tableau (avec André La Vernède).
Collections publiques
- En Espagne
- Madrid, collections de la Casa de Velázquez.
- En France
- Albi, musée Toulouse-Lautrec.
- Paris :
- École nationale supérieure des beaux-arts.
- Fonds national d'art contemporain : dépôts au ministère de la justice à Paris, à l'hôtel de préfecture de la Drôme à Valence, à l'hôtel de sous-Préfecture de Grasse, à l'hôtel de préfecture de Meurthe-et-Moselle à Nancy, àl'École militaire d'administration de Montpellier.
- musée d'art moderne de la ville de Paris : achat de quatre œuvres de 1957 à 1961.

