Jean Legendre

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Constant Legendre, né le à Paris et mort le à Compiègne[1], est un homme politique français, ancien député-maire de Compiègne.

Circonscription2e de l'Oise
Groupe politiqueIPAS
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Jean Legendre
Illustration.
Fonctions
Député français

(3 ans et 10 mois)
Élection 30 novembre 1958
Circonscription 2e de l'Oise
Législature Ire (Cinquième République)
Groupe politique IPAS
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Edmond Nessler

(13 ans et 29 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Circonscription Oise
Législature Ire et IIe constituante
Ire, IIe et IIIe (Quatrième République)
Groupe politique PRL (1945-1948)
RPF (1951-1952)
IPAS (1952-1958)
Maire de Compiègne

(6 ans, 4 mois et 11 jours)
Prédécesseur James-Henri de Rothschild
Successeur Henri Adnot

(28 ans, 7 mois et 8 jours)
Prédécesseur Henri Adnot
Successeur Philippe Marini
Président du Conseil régional de Picardie

(2 ans, 1 mois et 11 jours)
Prédécesseur Création du poste
Successeur Charles Baur
Biographie
Nom de naissance Jean Constant Legendre
Date de naissance
Lieu de naissance 11e arrondissement de Paris
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Compiègne (Oise)
Nationalité Française
Parti politique PRL - CNIP
Profession Journaliste
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Biographie

Jean Legendre est le fils d'un agriculteur[2]. Après avoir milité au sein de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF), dès ses 16 ans[2],[3], il devient journaliste politique au quotidien conservateur L'Écho de Paris, en 1930[4] ou en 1932[2]. Il milite en parallèle au Centre de propagande des républicains nationaux (CPRN), en tant qu'orateur national[5] et rédacteur de brochures hostiles aux partis de gauche[6],[7]. Le CPRN fondé et dirigé par Henry de Kerillis est lié à L'Écho de Paris ; Kerillis est le chef de son service politique.

Il cherche à se porter candidat aux législatives de 1936 à Senlis (Oise) mais il renonce à sa candidature au profit du baron Alfred de Pontalba[8], président de la fédération départementale de l'Union nationale des combattants et candidat du PDP, ce que déplore le dirigeant du CPRN, Kerillis[9].

Il poursuit son action pour le CPRN et ses groupes de province après la victoire du Front populaire, à Dijon par exemple[10], et milite pour un groupement local de la Fédération républicaine dans le Nord[11]. Il se rapproche du Parti social français à la fin des années 1930 ; le directeur du bureau politique de ce parti, Edmond Barrachin, veut le présenter aux futures législatives de 1940 (qui évidemment n'ont pas lieu) dans le Nord ou dans l'Oise, où il a commencé à s'implanter[12].

Prisonnier de guerre pendant plus de trois ans sous l'Occupation, il rejoint la résistance en 1943 ou 1944 : il entre en contact ou est membre du réseau Libération-Nord dans le département de Seine-et-Oise, à Enghien-les-Bains où il réside (groupe « Denais »)[4],[13]. Comme il avait des attaches dans l'Oise, notamment dans le domaine de la presse depuis l'avant-guerre, des résistants locaux lui demandent de fonder un périodique à la Libération, L’Oise républicaine, qui parait en novembre 1944[14],[13].

Soutenu par ce périodique dont il est le rédacteur en chef, se présentant comme résistant et prisonnier de guerre[13], il est élu député de l'Oise en 1945 et maire de Compiègne en 1947. Il milite d'abord au Parti républicain de la liberté, dont il préside la commission de propagande[15]. Il démissionne du groupe parlementaire du PRL en septembre 1948[16] pour rejoindre le groupe « Action démocratique et sociale » (ADS), constitué en décembre 1948. Il fait alors partie de l'intergroupe du Rassemblement du peuple français (RPF), un groupe de députés ayant adhéré au RPF fondé par le général de Gaulle[17]. Legendre affirme avoir adhéré au RPF dès ses débuts en 1947 car ce parti permettait la double appartenance et avoir appartenu à son comité directeur[13]. Il est réélu en 1951 comme candidat gaulliste[4],[13] et intègre le groupe parlementaire du RPF. Il apporte toutefois son soutien à Antoine Pinay en mars 1952 ce qui conduit à son départ du RPF et à son adhésion au Centre national des indépendants et paysans (CNIP), à l'instar d'autres anciens du PRL[18],[4]. Il reste fidèle au CNIP jusqu'aux années 1970[19].

Il est battu aux municipales de 1954, mais est réélu maire en 1959, 1965, 1971 et 1977[4],[13] jusqu'à sa démission en 1987 en faveur de son adjoint Philippe Marini.

Lors de l'affaire des fuites, il attaque vivement François Mitterrand, ministre de l’intérieur, notamment lors des débats à l'Assemblée nationale le [20],[21]. Il affirme avoir été sous la Quatrième République, à l'Assemblée nationale, un « tombeur de ministères » en raison de ses discours[13].

Cet ancien membre du RPF vote pour l'investiture du général de Gaulle en 1958. Mais il critique les politiques gaulliennes sous la Ve République, notamment la force de frappe et la politique qui a mené à l'indépendance de l'Algérie en 1962[4]. Il fait partie des 13 députés du CNIP qui votent contre le gouvernement de Michel Debré en octobre 1959, à l'issue de la déclaration de politique générale[22]. Il fait encore partie des députés du CNIP les plus acharnés à défendre l'Algérie française à la fin de la guerre d'Algérie[23]. Il assume avoir défendu l'Algérie française et « l'honneur de l'Armée » et souligne avoir « travaillé activement à la mise en place du Marché commun » dans sa profession de foi en 1962[24]. Battu aux élections législatives de 1962 au premier tour, il appelle à voter pour un candidat socialiste, contre le candidat gaulliste au second tour[25]. Il se présente en 1967, sans succès, comme candidat du Centre démocrate et du CNIP, critiquant la politique de Georges Pompidou et de l'UNR et appelant à la constitution des « Etats Unis d'Europe »[26]. Son hostilité ouverte aux politiques gaulliennes explique en partie ses échecs électoraux aux législatives et son soutien à la candidature de Jean-Louis Tixier-Vignancour aux élections présidentielles de 1965[4].

Il assume avoir été au Parlement un défenseur des betteraviers de l'Oise[13],[27].

Il préside le Conseil régional de Picardie à partir de [28], mandat au cours duquel il impose le projet de voie industrielle de la vallée de l'Oise. Âgé de 69 ans, il ne se représente pas en 1976[29].

Compiègne lui doit en partie son développement économique, d'abord à travers l'implantation de l'usine Colgate-Palmolive (1953), ensuite grâce à la création de l'Université de Technologie de Compiègne (1972), l'ensemble étant soutenu par une politique amiable de réserves foncières[30].

Sépulture de Jean Legendre au cimetière sud de Compiègne.

Notes et références

Liens externes

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