Jean Revol

peintre et écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Revol est un peintre, graveur, essayiste et écrivain français né à Lyon le , et mort le à Troyes[1].

Décès
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TroyesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean-Marie François RevolVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jean Revol
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Biographie

C'est Jean Revol lui-même qui évoque son enfance: « Je n'ai pas oublié ces nuits de mon enfance où j'allais régulièrement entrouvrir les volets de ma chambre[2] ». Lui savoir ce "besoin de nuit" initial permet d'entrer fondamentalement dans son œuvre "expressionniste dès l'origine", dans sa prédilection pour les paysages (la fenêtre au feu en 1964, l'Ile de la Cité en 1967, les buildings de West-Broadway à New-York en 1969) peints la nuit, habités de formes hantées, hallucinés.

Gaston Bachelard
Middlebury College

Un personnage polyvalent

Jean Revol commence à dessiner et à peindre en 1942 (Autoportraits) et à produire ses premiers écrits et critiques d'art en 1945.

Critique d’art à la NRF à partir de 1959 (il le restera jusqu'en 1988), il rencontre aussi bien Jacques Villon, Henri Matisse, Jean Dubuffet (qu'il rejoindra au sein de la Compagnie de l'Art brut[3]), que Marc Chagall, Georges Braque, Yves Klein, ou encore Pablo Picasso, Salvador Dalí, et Max Ernst. Il rencontre également de grands noms de la littérature, en particulier André Gide, André Malraux et Jean Paulhan, et est l'ami du philosophe Gaston Bachelard qui le considère « vraiment » comme son fils spirituel[4] et qui le définit ainsi : « c'est une poigne qui peint, c'est un artiste dont l'érudition est belle, le jugement remarquable »[5]. Jean Revol rencontre également les différents présidents de la République française depuis Charles de Gaulle.

Invité par Gaëtan Picon, Jean Revol s’installe en 1966 aux États-Unis où il enseigne l’Histoire de l’art au Middlebury College. Habitant New York, son ami Michael Lonsdale évoque la visite de son atelier situé dans le bas de Manhattan, à proximité du quartier chinois : « c'était un foutoir génial, il fallait se battre pour arriver à voir quelque chose. Déplacer, accrocher, se pencher, hisser, il était nécessaire de tout essayer pour avoir une vision claire d'une toile ou d'un dessin. Dans une mauvaise lumière, y arrivait-on que l'on devinait plus qu'on ne voyait des choses somptueuses. Une grande toile de New York, des cimetières, des avenues, des autoroutes de feu »[6].

Jean Revol devient membre de l'American Society of Psychopathology of Expression et est chargé de recherches sur les capacités artistiques des handicapés mentaux en 1972. Dans cet esprit, il fonde l'association « Personimages » et ses ateliers pour handicapés mentaux[2], affirmant que les tableaux de ses élèves lui offrent une nouvelle lecture de l'art contemporain: « Le travail de tous les grands noms, perçoit-il, se retrouve dans cet art primitif, non issu de la culture; c'est un art de progrès constant, d'élan continu »[7].

De retour en France, il reçoit en 1977 le prix de la Critique lyonnaise. Dans la continuité de sa vocation new-yorkaise, il fonde l'association Art-Crise et y reprend son travail de rapprochement des handicapés mentaux et de la création artistique, les accueillant dans son atelier de Ménilmontant. « Si vous cherchez la thérapie, vous n'aurez rien ; si vous cherchez l'art, vous aurez la thérapie » répète-t-il alors[8].

« Je suis comme l'Angleterre, je gagne toujours mes guerres » disait le volontiers pamphlétaire Jean Revol[4]. La longue et pénible maladie contre laquelle il eut à lutter ne lui donna hélas pas raison. Il mourut en l'hôpital de Troyes le [9]. C'est au cimetière d'Ervy-le-Châtel, au cœur du Pays d'Armance où il avait finalement choisi de s'installer, qu'il repose. Rendons lui justice en nous souvenant que Gérard Xuriguera, évoquant « les personnages et les paysages chaotiques et révulsés de Revol », l'avait situé aux côtés de John Christoforou, Bengt Lindström, Maurice Rocher, Roger-Edgar Gillet, Jean Rustin, Michel Aubert et Marcel Pouget parmi « les expressionnistes à part entière[10] ».

Livres de Jean Revol

  • Braque et Villon: message vivant du cubisme, Gallimard, 1961.
  • Coucou bazar, catalogue des travaux de Jean Dubuffet, fascicule XXVII, Weber Lausanne éditeur, 1976, co-écrit avec Max Loreau, Jean Dubuffet, Gilbert Lascault et Daniel Abadie.
  • Bellmer, peintures, gouaches, collages, monographie, éditions La Différence, 1983.
  • Secrets de l'évidence, éditions La Différence, 1984.
  • Art de débiles, débiles de l'art ?, éditions Art-crise, 1988.
  • Contre Matisse, éditions La Différence, 1993.
  • Faut-il décourager les Arts ?, éditions La Différence, 1994.
  • La Lutte avec l’Ange, éditions Chomarat, 2001.
  • Voir l'imaginaire et imaginer le vrai, éditions La Différence, 2008.

Articles de Jean Revol (sélection)

  • Soutine: matière suppliciée et Rétrospectice Chagall (Musée des arts décoratifs), La Nouvelle Revue Française, n°80, .
  • Rétrospective Wols, La Nouvelle Revue Française, n°86, .
  • Trésors de l'art indien, La Nouvelle Revue Française, n°91, .
  • Trésors de l'art indien et Jean Dubuffet, La Nouvelle Revue Française, n°91, .
  • Art naïf et art mystique, La Nouvelle Revue Française, n°101, .
  • Gustave Moreau, La Nouvelle Revue Française, n°106, .
  • Mark Tobey, La Nouvelle Revue Française, n°108, .
  • Goya et le mouvement romantique, La Nouvelle Revue Française, n°110, .
  • Sculpture monumentale d'Océanie (Galerie Jeanne Bucher), La Nouvelle Revue Française, n°111, .
  • Chefs-d'œuvre de l'art mexicain, La Nouvelle Revue Française, n°114, .
  • Le Corbusier (Musée d'art moderne), La Nouvelle Revue Française, n°121, .
  • Art et aliénation, II, La Nouvelle Revue Française, n°122, .
  • Victor Hugo dessinateur, La Nouvelle Revue Française, n°135, .
  • Art et alénation, III: Van Gogh et l'invention de l'image, La Nouvelle Revue Française, n°138, .
  • "La Renaissance méridionale" et "Le grand atelier" par André Chastel (Gallimard), La Nouvelle Revue Française, n°159, .
  • Le chef-d'œuvre inconnu, La Nouvelle Revue Française, n°170, .
  • Les grandes épreuves de l'esprit, La Nouvelle Revue Française, n°174, .
  • Daniel Abel (Galerie Connaître suivi de Dubuffet et l'art brut, La Nouvelle Revue Française, n°182, .
  • Jean Gimpel, contre l'art et les artistes, Les Cahiers du chemin, n°11, .
  • Francis Bacon, Les Cahiers du chemin, n°14, .
  • Critique, La Nouvelle Revue Française, n°252, .
  • André Malraux, l'irréel, Les Cahiers du chemin, n°23, .
  • Exposition Eugène Leroy, La Nouvelle Revue Française, n°312, .
  • Tendances de la peinture française, La Nouvelle Revue Française, n°326, .
  • Nicolas de Staël (Grand Palais), La Nouvelle Revue Française, n°344, .
  • Il faut se mettre nu, texte pour l'exposition Jean Raine au Centre culturel de Toulouse, 1981[11].
  • Jean Raine au Musée cantonal de Lausanne, Art Press, 1981[12].
  • Des fastes du gothique au Camp du drap d'or, La Nouvelle Revue Française, n°349, .
  • Magdalena Abakanowicz (Galerie Jeanne Bucher), La Nouvelle Revue Française, n°352, .
  • Pierre Bonnard, La Nouvelle Revue Française, n°376, .
  • Caspar David Friedrich (Centre culturel du Marais), La Nouvelle Revue Française, n°377, .
  • Arts de l'espace ou espaces de l'art, La Nouvelle Revue Française, n°381, .
  • Figure et vérité, La Nouvelle Revue Française, n°387, .
  • Rodin et Redon, La Nouvelle Revue Française, n°386, .
  • De ces chimères-là..., La Nouvelle Revue Française, n°399, .
  • Vienne, la fausse sortie, La Nouvelle Revue Française, n°401, .
  • Matisse, Rodin, La Nouvelle Revue Française, n°413, .
  • Rembrandt, Segers, La Nouvelle Revue Française, n°414-415, juillet-.
  • Ames mortes et portraits, Revue L'Arc, Cahiers méditerranéens n°10, .
  • Préface du livre de Liliane Atlan Le rêve des animaux rongeurs, Éditions de l'Harmattan, 1999.
  • Bernard Requichot, Revue Temporel, n°3, [13].

Thèmes picturaux (sélection)

  • La lutte avec l'Ange.
  • Chants et danses de la mort.
  • Don Quichotte, vers 1960 (eaux-fortes).
  • New-York (Broadway by night), vers 1970.
  • Portraits (autoportraits, Gaston Bachelard, Michael Lonsdale).

Conférences

  • La lutte avec l'Ange, La Machine à Lire, Bordeaux, [14].
  • Gaston Bachelard, Médiathèque Albert-Gabriel, Bar-sur-Aube, .

Expositions

En l'absence de précision, il s'agit d'expositions personnelles.

Collections publiques

France

Drapeau de la Suisse Suisse

Marcel Arland
Michael Lonsdale

Collections privées

Réception critique

  • « Jean Revol domine les cauchemars. Avec ses visions, il fait des réalités. » - Gaston Bachelard[34]
  • « Les premières œuvres de Jean Revol, c'était déjà la lutte avec l'Ange. Une lutte sans détours ni feintes, le corps tendu vers ce haut pays dont on lui refuse l'accès, les poings d'autant plus rageurs qu'ils veulent abattre d'un seul coup l'obstacle, le ton d'autant plus furieux que le calme et le silence de l'Autre semblent dire: "Pas si vite. La nuit sera longue". » - Marcel Arland[35]
  • « Un maître du noir et blanc.... » - Pierre Restany[36]
  • « Son paysagisme abstrait dissimule une nature romantique sous l'apparence de ce que Michel Seuphor appelle un néo-expressionnisme de signes tortueux s'enchevêtrant avec violence. » - Gérald Schurr[3]
  • « L'œuvre résolument figurative et expressive de Jean Revol est une image du destin de personne, ce que le peintre appelle lui-même un personnage. » - Michael Lonsdale[34]
  • « Ses toiles sont un savant mélange de couleurs tonitruantes et d'immenses dessins noirs et blancs. Tournesols, rats, paysages, chaires animales et humaines confondues, un même nom naît de la touche, qu'elle soit pigment ou poussière de craie noire. » - Jean-Louis Ferrier[8]
  • « Gaston Bachelard a écrit de Jean Revol qu'il réveille les vivants et les morts. Cette peinture recrée le monde, vision onirique, enchantée, fantastique, fantasmagorique, entre rêve et cauchemar. Comme ses dessins, lutte de l'ombre avec la lumière, en un constant va-et-vient entre angoisse et bonheur. » - Pierre Bour
  • « Dans les toiles de Jean Revol, la couleur, en la densité que lui donne son application au couteau, s'élève à la surface comme jouissance sans méditation. » - Anne Mounic[37]
  • « Il accusait notre monde de nous entourer d'images positives et agréables pour ne pas nous heurter. Par la publicité, par exemple. Alors, dans sa production, il nous confronte à la vraie réalité. Sans échappatoire. » - Christian Noorbergen[25]

Prix et distinctions

Références

Annexes

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