Jean Robie

peintre et écrivain belge From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Robie (ou Jean-Baptiste Robie), né le à Bruxelles et mort le dans la même ville, est un peintre, voyageur et écrivain belge ayant vécu à Saint-Gilles.

Décès
(à 89 ans)
Bruxelles
Période d'activité
Nom dans la langue maternelle
Jean-Baptiste Claude RobieVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Jean Robie
Jean Robie devant la maison communale de Saint-Gilles, portrait par André Hennebicq.
Naissance
Décès
(à 89 ans)
Bruxelles
Période d'activité
Nom dans la langue maternelle
Jean-Baptiste Claude RobieVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres noms
Jean-Baptiste Robie
Nationalité
Belge
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Influencé par
Distinction
Site web
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Célèbre de son vivant pour ses natures mortes florales, il est surnommé « l'Amant des Roses ».

Biographie

Famille et formation

Fils de parents bruxellois, Jean-Baptiste Robie et Marie-Catherine Mommaert, Jean Robie naît en 1821 rue Haute à Bruxelles. Il est élevé dans la forge paternelle, en face de l'hôpital Saint-Pierre (dont il s'amusait à décorer les portes avec ses amis, armés de craies ou de peinture), entouré de six frères et cinq sœurs, où il vit une enfance matériellement difficile. Il se révèle une première fois à travers des enseignes qu'il conçoit, ensuite à travers des peintures sur porcelaine et sur verre, qu'il parvient à vendre[1].

Carrière

Bouquet d'asters.

Quelques années après la mort de sa femme et de deux de ses fils, emportés en 1832 par le choléra, le père de Jean Robie se remarie. Pour échapper à ce contexte familial difficile, Jean Robie, qui ne s'entend pas avec sa belle-mère, quitte le domicile pour s'installer à Paris où il exerce alors divers métiers manuels, notamment dans le bâtiment. En 1838, après une période de difficultés économiques et d'épisodes douloureux (il rentrera au domicile paternel et le quittera à nouveau, entamera des études à Paris mais sera amené à les abandonner), Jean Robie s'inscrit à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles (en dessin, perspective, figure antique) où il a notamment Balthazar-François Tasson-Snel pour professeurs. Il subvient à ses besoins en réalisant des décorations murales, et plus tardivement en vendant ses toiles, suivant les conseils de Théodore Fourmois. Il réalise tout d'abord des représentations de Napoléon, ensuite des paysages, et finalement des fleurs, surtout des roses très détaillées, presque photographiques[2].

Roses sur un mur de pierre.

Il expose Fleurs, fruits et gibier au Salon de Bruxelles de 1845 et reçoit une médaille de vermeil[3], puis, il obtient sa première médaille d’or au salon de Bruxelles de 1848 pour un tableau de fleurs[4]. Il expose ensuite au Salon de Paris de 1851 et à celui de 1861, où il obtient des médailles, de même qu'à l'Exposition des maîtres vivants à La Haye en 1861. À l'issue de l'Exposition historique de l'art belge 1830-1880, il est nommé commandeur de l’ordre de Léopold le [5].

En 1849, Jean Robie a suffisamment d'argent pour acheter un terrain situé chaussée de Charleroi à Saint-Gilles. Il y construit ensuite une grande maison, rachète des terrains limitrophes afin de bénéficier d'un plus grand espace extérieur. Il entame également une période de nombreux voyages, durant lesquels il explore l'Asie, l'Europe et l'Afrique, et puisera énormément dans cette expérience pour enrichir et transformer son art[6].

Il est nommé à la commission directrice du Musées des Beaux Arts de Bruxelles. Correspondant de l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux Arts de Belgique en 1890, il devient membre titulaire en 1891 et directeur de la classe Beaux Arts en 1899[7].

Le , Jean Robie meurt célibataire et sans enfants en son hôtel de la chaussée de Charleroi à Bruxelles, à l'âge de 89 ans. Il a nommé Emma et Jeanne Washer comme ses légataires universelles de tous ses biens, laissant derrière lui ses intentions quant au respect de sa mémoire. Il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise[N 1].

Voyages

Le Temple des singes à Bénarès.

Jean Robie se rend dans les pays européens suivants : France, Pays-Bas, Suisse, Italie, Allemagne, Royaume-Uni et Autriche. Il effectue aussi des voyages plus lointains : Égypte (en 1878 et à quatre autres reprise), Australie, où il obtient le premier prix à l'Exposition universelle de 1879 de Sydney. Un long voyage le mène aux Indes en 1880-1881. Il visite l'Australie, où il obtient le premier prix à l'Exposition universelle de Sydney. Enfin, en 1889, il se rend en Syrie et en Palestine[6].

Œuvre

Caractéristiques

Campement de chasseurs de tigres.
Nature morte avec un citron pelé.

En 1894, Edmond De Taye écrit

« Jean Robie est et restera l'habile peintre de fleurs et de fruits, dont on admire la souplesse, la fraîcheur, le charme de la composition et le prestige des couleurs. […] Il a prouvé une virtuosité solide, quoique précieuse, de la facture jointe à la recherche de la composition pittoresque et riche. Le maître, d'ailleurs essentiellement délicat et observateur, a le sentiment poétique des sujets qu'il peint. Il brosse ses fleurs comme il les aime, avec amour. Il sait, de plus, choisir à merveille des accessoires pittoresques : coins de paysages, murs en ruines, oiseaux, etc… et les grouper ensuite comme si leur conception était le fruit d'une trouvaille[8]. »

En 1910, critique d'art Sander Pierron écrit :

« Certes le maître bruxellois n'est point de ces artistes marqués par le destin pour modifier l'esthétique et faire accomplit à l'art une étape nouvelle en créant des œuvres d'une personnalité transcendantale. Il a peint la fleur selon son apparence suave et charmante et s'il a parfois réussi à lui donner presqu'une âme, il fut aussi d'une splendide sincérité, mais il était d'un temps où la tradition était tellement souveraine, qu'il n'a jamais eu la témérité de s'en affranchir et de marcher avec les conquêtes des chercheurs assoiffés de lumière et de techniques indépendantes. Pourtant, il affectionna avant n'importe qui Hippolyte Boulenger et encouragea sa manière naturaliste de manière positive en achetant ses toiles. Ses goûts étaient éclectiques, et son cœur généreux[7]. »

Collections muséales

Les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique conservent six œuvres peintes de Jean Robie : Raisins (1861), Fleurs, fruits et accessoires (1875), Incendie de la jungle (1892), L'Été (1892) et Roses d'automne (1901)[9].

Dans le monde, ses toiles sont notamment visibles au Victoria and Albert Museum, au Musée des Beaux-Arts de Boston, au Mildred Lane Kemper Art Museum, et à la Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud[10].

Œuvres littéraires

Jean Robie est l'auteur de[11] :

  • Fragment d'un voyage dans l'Inde et à Ceylan, Bruxelles, Parent et Cie, 1883 et 1885, 2 vol[11].
  • « Amritsar et le temple d'or », in: Bulletins de l'Académie royale de Belgique, classe des beaux-arts, n° 11, Bruxelles : Hayez, 1900
  • De l'importance du paysage dans l'art moderne, Bruxelles, Hayez, 1900.
  • L'Art et la Lumière, 1898
  • Notes d'un frileux, 1888
  • Notes et croquis
  • Le Désert et le Mirage, discours prononcé dans la séance publique de la classe des beaux-arts de l'Académie royale de Belgique le
  • Les Débuts d'un peintre, Bruxelles, Polleunis, Ceuterick et Lefébure, 1886.

Honneurs

Distinctions

Jean Robie est :

Hommages

La rue Jean Robie, située à Saint-Gilles (commune à laquelle il est associé), lui est dédiée[réf. souhaitée].

En 2013, une exposition posthume a lieu au Musée Charlier : Jean Robie. Peintre, écrivain et ses voyages en Inde, du au , dans le cadre d'Europalia-India[14].

La rose Jean Robie, l'Amant des roses est baptisée en 2014 au Royal Concours de la rose nouvelle au Roeulx ; Charles Picqué est le parrain de la rose et Nancy de Fays la marraine[15].

Références et notes

Voir aussi

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