Jean Sarkozy

juriste et homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Jean Sarkozy, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique et gestionnaire de fonds. Membre du parti politique Les Républicains, il a été conseiller général des Hauts-de-Seine de à .

PrédécesseurLouis-Charles Bary
SuccesseurCanton supprimé
Nom de naissanceJean Nicolas Brice Sarközy de Nagy-Bocsa
Faits en bref Fonctions, Conseiller général des Hauts-de-Seine ...
Jean Sarkozy
Illustration.
Jean Sarkozy en 2008.
Fonctions
Conseiller général des Hauts-de-Seine

(7 ans et 20 jours)
Circonscription Canton de Neuilly-sur-Seine-Sud
Prédécesseur Louis-Charles Bary
Successeur Canton supprimé
Biographie
Nom de naissance Jean Nicolas Brice Sarközy de Nagy-Bocsa
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP (2008-2015)
LR (depuis 2015)
Père Nicolas Sarkozy
Mère Marie-Dominique Culioli
Fratrie Pierre Sarkozy
Louis Sarkozy
Giulia Sarkozy
Conjoint Jessica Sebaoun
Diplômé de Université Panthéon-Sorbonne
Profession Juriste
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Biographie

Enfance

Jean Nicolas Brice Sarközy de Nagy-Bocsa naît le [réf. souhaitée] à Neuilly-sur-Seine. Il est le second fils issu du mariage de Nicolas Sarkozy et de Marie-Dominique Culioli, né un an après son frère Pierre. Baptisé, Jean a pour parrain Brice Hortefeux[1],[2]. Ses parents se séparent en 1988 et divorcent en 1996. Durant ces huit années de séparation, son père vit avec sa nouvelle compagne Cécilia Ciganer et voit régulièrement Pierre et Jean. Ils sont élevés par leur mère[3].

Études

Jean Sarkozy fait ses études au collège Sainte-Croix, puis au lycée Pasteur, deux établissements situés à Neuilly-sur-Seine. En 2004, il obtient son baccalauréat littéraire[4] avec une mention bien[5].

En 2004, il entre en classe préparatoire section littéraire (hypokhâgne) au lycée Henri-IV mais se fait renvoyer de l'établissement[6]. En 2005, il admis en classe préparatoire section économie droit et gestion (filière D1) au lycée Turgot à Paris, mais ne passe pas en deuxième année[4].

En 2005 et 2006, il suit des cours de comédie[4], auprès de Jean-Laurent Cochet[7]. Il est pressenti en 2008 pour jouer Oscar aux côtés de Sophie Tapie, fille de Bernard Tapie, mais finit par y renoncer[8].

En 2006, il s'inscrit en droit à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne[3]. Il valide sa première année, échoue deux fois en deuxième année qu'il obtient finalement par correspondance[4] et, après sept années d'études supérieures, obtient sa licence en droit avec mention « bien »[9]. En 2012, il s'inscrit dans deux masters au Centre audiovisuel d'études juridiques, l'un en droit privé, l'autre en droit des affaires[10],[9]. En 2013, il est diplômé du master en Droit du patrimoine. Il passe l'examen d'entrée du barreau mais échoue[11]. Il s'engage dans un doctorat[11], mais ne soutient pas sa thèse. En 2016, il s'inscrit en formation continue à l'ESCP Business School et obtient un Executive Master en finance en 2017[12].

Parcours politique (2008-2015)

Jean Sarkozy, le 12 octobre 2009 à Paris.

Parallèlement à ses études, Jean Sarkozy s'implique dans la politique locale de Neuilly-sur-Seine. Aux élections municipales de mars 2008, il se présente sur la liste du candidat de l'UMP et porte-parole de l'Élysée David Martinon[13], qui voit s'opposer à lui Jean-Christophe Fromantin, candidat « divers droite ». Après la publication dans Le Figaro d'un sondage confidentiel[14] défavorable à Martinon, Jean Sarkozy et les deux principaux colistiers de David Martinon révisent leur positionnement, décident de ne plus soutenir leur tête de liste, et proposent « une liste de rassemblement » qu'ils souhaitent conduire[13]. Le , David Martinon se retire de la course, et remet sa démission de son poste de porte-parole de l'Élysée, qui est refusée[15]. Le , la liste de Jean-Christophe Fromantin reçoit le soutien de l'UMP[16] et obtient la majorité des voix à l'élection.

Jean Sarkozy se présente et est élu lors des élections cantonales des 9 et à Neuilly-sud (Hauts-de-Seine) et devient le plus jeune conseiller général de France, jusqu'à ce que Clara Dewaele devienne à 21 ans conseillère générale du canton de Morteaux-Coulibœuf (Calvados) en septembre de la même année[17].

Le , Jean Sarkozy est élu président du groupe UMP-Nouveau Centre-divers droite du conseil général des Hauts-de-Seine. Cette candidature « surprise »[réf. nécessaire] à l'assemblée départementale intervient alors que les tractations à la présidence du groupe UMP sont bien avancées au profit d'Hervé Marseille, conseiller général et maire Nouveau Centre de Meudon, soutenu par le président du Conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian. Pour succéder à la tête du groupe à Jean-Jacques Guillet, député et maire (UMP) qui ne peut pas cumuler les mandats, et après quelques négociations pour préserver l'unité de la majorité présidentielle, Jean Sarkozy obtient la présidence du groupe alors que le candidat annoncé n'obtient que la vice-présidence[18].

En 2011, à la suite des élections cantonales et de la réélection de Patrick Devedjian à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, Jean Sarkozy quitte la présidence du groupe UMP-NC-DVD pour devenir 7e vice-président de l'assemblée départementale, chargé de l'économie sociale et solidaire.

En , il annonce qu'il renonce à briguer un nouveau mandat aux élections départementales[19].

Carrière professionnelle (depuis 2009)

En 2013, il est chargé d'enseignement vacataire en « Droit spécial des sociétés » à l'université Paris-XII[20].

De 2009 à 2015, il est administrateur de l'Établissement public d'aménagement de la Défense (EPAD)[1], puis de l'Établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche (EPADESA)[21]. En 2009, son ambition d'être élu président de l'EPAD se heurte à une querelle publique en légitimité[22] (voir ci-dessous).

Jean Sarkozy travaille comme juriste au sein du cabinet d'avocats Realyze (anciennement Claude et Sarkozy), dont son père est l'un des quatre associés, sans que son rôle y soit très clair[23].

En mars 2017, il est embauché en tant que directeur opérationnel d'un gestionnaire de fonds britannique, Peninsula Capital Advisors[24],[25].

Vie personnelle

Le , il épouse Jessica Sebaoun, à Neuilly-sur-Seine[26], qu'il connaît depuis le lycée[3]. Elle est la fille d'Isabelle Darty et la petite-fille de Bernard Darty, l'un des fondateurs de la société du même nom. Le couple a deux enfants : Solal (né le ) et Lola (née le ).

Jean Sarkozy est caricaturé en par une marionnette à son effigie dans l'émission télévisée satirique Les Guignols de l'info.

Controverse autour de l'EPAD

Le , les médias annoncent que Jean Sarkozy pourrait accéder à la présidence de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD), pour succéder à Patrick Devedjian, qui est atteint par la limite d'âge du poste fixé à 65 ans à défaut d'une prolongation de deux ans de son mandat par le gouvernement. Cet organisme est chargé de l'aménagement urbain et de l'attribution des marchés immobiliers au sein du quartier d'affaires de La Défense. Hervé Marseille, un des administrateurs de l'établissement public en qualité de conseiller général, aurait remis sa démission afin de permettre l'arrivée de Jean Sarkozy à l'EPAD[27],[28]. La désignation du président aura lieu le .

Réactions de l'opposition

À l'annonce de cette potentielle présidence, l'opposition politique regrette que les choix se tournent vers un « si jeune homme »[29] « sans aucune compétence particulière »[30], à savoir « le fils du président de la République »[31], pour « devenir le président d'un établissement public avec un (tel) budget »[32]. Elle dénonce la « concentration du pouvoir dans les mains d'un clan »[33]. Les critiques portent sur l'absence évidente de diplôme universitaire[4] et d'expérience professionnelle. Elles rejoignent celles de Patrick Jarry, maire de Nanterre, et de Jean-Paul Huchon, président de la région. Le quotidien Libération parle de « népotisme »[34], terme utilisé par des journaux étrangers[35],[36],[37]. Une pétition en ligne d'un conseiller municipal de Puteaux Christophe Grébert (Mouvement démocrate)[38] pour qu'il renonce à postuler à ce poste a reçu plus de 93 000 signatures[39],[40]. La polémique agite la blogosphère et les réseaux sociaux[41],[42],[43],[44],[45],[46]. Pour les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, cette affaire relève du « népotisme de nouveau riche » car Nicolas Sarkozy « brûle les étapes dans son ambition de créer une lignée »[47]. Pour le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau, « cet événement n'est pas symbolique de la Ve République, mais plutôt de la culture monarchiste française latente dans notre pratique politique et constitutionnelle depuis 1789 »[48].

Réactions de la majorité présidentielle

Selon des personnalités de la majorité comme François Fillon ou Jean-François Copé[49],[50], Jean Sarkozy tire sa légitimité de son élection au conseil général dans le canton de Neuilly-Sud[51],[49]. Ils comparent son cas à celui de Martine Aubry, fille de Jacques Delors[50],[49]. À ce propos, Arnaud Montebourg fait remarquer que la carrière de la première secrétaire du Parti socialiste n'est pas comparable à celle de Jean Sarkozy[52]. Son cas est également comparé[Par qui ?] à celui de Marine Le Pen (fille de Jean-Marie Le Pen), de Louis Giscard d'Estaing (fils de Valéry Giscard d'Estaing)[53] et de Marie Bové (fille de José Bové)[54]. Pour Luc Chatel et Henri Guaino, sa filiation avec le président de la République ne lui donne ni lui retire des droits[51]. Malgré l'unité affichée, des députés UMP s'inquiètent des retombées potentielles de cette affaire sur l'opinion publique et l'électorat[55].

Retours de Jean et Nicolas Sarkozy

Interviewé à la télévision sur la chaîne France 3 le , Jean Sarkozy déclare qu'il ira « jusqu'au bout »[56]. Cette intervention prend un relief particulier comparée au discours le même jour, à l’Élysée, de Nicolas Sarkozy : « La création du lycée (…) c'est un geste qui signifiait, très concrètement, la fin des privilèges de la naissance. Cela voulait dire : désormais, en France, c'est de l'école que sortiront les élites. Et pas de la naissance. Cela voulait dire : désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être « bien né » : pour réussir, il faut travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur[57]. » Le , Nicolas Sarkozy donne un entretien au Figaro dans lequel il déclare : « À travers cette polémique, qui est visé ? Ce n'est pas mon fils. C'est moi[58]. »

Hostilité de la population

Les sondages d'opinion montrent l'hostilité des Français à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, 64 % s'y opposant selon un sondage CSA du [59],[60],[61]. Le , Jean Sarkozy annonce dans le journal de 20 h de France 2 qu'il renonce à présenter sa candidature à la présidence de l'EPAD[62], mais compte intégrer son conseil d'administration. D'après Le Monde, cette décision aurait été prise à la suite d'une réunion à l'Élysée avec son père en présence de Claude Guéant dans l'espoir de calmer les remous profonds provoqués dans l'électorat de droite par cette affaire[63]. Le , Jean Sarkozy est élu administrateur de l'EPAD, par 30 voix contre 15 pour son adversaire.

Diffusion à l’international

Durant le mois d'octobre, l'information est rapportée par les médias étrangers, chaînes de télévision et journaux[64]. La télévision chinoise évoque cette question, ainsi CCTV diffuse un reportage de 3 minutes, retraçant le parcours surprenant de « Jean Sarkozy, fils du président français Nicolas Sarkozy », 23 ans, qui se voit confier le plus vaste projet d'Europe[65]. Le quotidien Le Pays du Burkina Faso indique que l'Afrique n'a plus l'exclusivité des fils de président qui ont de l'ambition à revendre[66]. Le Daily Telegraph, un quotidien du Royaume-Uni, le compare ironiquement à Alexandre le Grand, Cléopâtre ou Mozart[67]. La Libre Belgique, un quotidien belge francophone, évoque une « amnésie collective » rappelant les nominations de proches de Carla Bruni-Sarkozy à la tête de grandes institutions culturelles et les carrières des enfants des Présidents de la République précédents. Nicolas Sarkozy avait quant à lui, lors de sa candidature à la présidence de la République, promis que « la France aurait une République exemplaire, caractérisée notamment par des nominations irréprochables »[68].

Conclusion

À la suite de cette polémique, Jean Sarkozy renonce à briguer ce poste : le , Joëlle Ceccaldi-Raynaud (fille de Charles Ceccaldi-Raynaud) est élue présidente du conseil d'administration de l'Établissement public d'aménagement de la Défense (EPAD), tandis que Jean Sarkozy en devient administrateur[22].

Notes et références

Liens externes

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