Jihadi John
djihadiste et terroriste islamiste britannique
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Mohammed Emwazi, de son nom de naissance Muhammad Jassim Abdulkarim Olayan al-Dhafiri (en arabe : محمد جاسم عبد الكريم عليان الظفيري) également désigné sous les noms de guerre Abou Mouharib al-Mouhajir ou Abou Abdoullah al-Britani[1], né le , à Al Jahra, et mort le , à Raqqa, est un bourreau de l'État islamique.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
محمد اموازي |
| Noms de naissance |
Muhammad Jassim Abdulkarim Olayan al-Dhafiri, محمد جاسم عبد الكريم عليان الظفيري |
| Pseudonyme |
Jihadi John |
| Nationalités | |
| Allégeance | |
| Formation |
Université de Westminster Quintin Kynaston Community Academy (en) |
| Activités |
Guerrier (- |
| Période d'activité |
- |
| Membre de | |
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| Partenaire |
Il serait la personne vue dans plusieurs vidéos de l'organisation État islamique montrant les décapitations d'un certain nombre de captifs en 2014 et 2015. Un groupe de ses otages l'a surnommé « John » parce qu'il faisait partie d'une cellule terroriste composée de quatre personnes aux accents anglais, qu'ils ont appelée « The Beatles » ; la presse a ensuite commencé à l'appeler « Jihadi John » (en français : John le djihadiste) ou Djihad John.
Le , des responsables américains annoncent qu'il a été touché par une frappe de drone à Raqqa, en Syrie. Sa mort est confirmée par l'EI en .
Biographie
Mohammed Emwazi naît le à Al Jahra, au Koweït. Sa famille, d'origine irakienne, s'installe à Londres en 1993, après la guerre du Golfe[1],[2]. Son père dirige une entreprise de taxis, sa mère est femme au foyer[1]. Bon élève, il mène une enfance tranquille[1]. En 2006, il rejoint l'université de Westminster et en 2009 il finit diplômé en programmation informatique[1],[2],[3]. Cependant, il se radicalise au cours de ses études et en 2009 il commence à attirer l'attention du MI5, les services de renseignements britanniques[1].
Après ses études, il part faire un safari en Tanzanie, mais suspecté de chercher à rejoindre les chebab en Somalie, il est arrêté, peut-être à la demande de Londres, et renvoyé en Europe[1],[3]. Il aurait été interrogé par le MI5, qui selon CAGE, une organisation de défense des droits des musulmans, aurait tenté sans succès de le recruter[1],[2]. Mohammed Emwazi part ensuite brièvement vivre au Koweït pour vivre dans la famille de sa fiancée, puis retourne à Londres en mai 2010[1].
En 2012, Mohammed Emwazi parvient à quitter le Royaume-Uni et en 2013 il est signalé en Syrie[1].
Mohammed Emwazi rejoint alors un petit groupe affilié au Front al-Nosra qui pratique l'enlèvement d'otages occidentaux en vue d'en soutirer des rançons[4]. Le groupe enlève ainsi James Foley et John Cantlie près de Taftanaz (en) le [5], puis Federico Motka et David Haines près d'Atmé (en) le [6]. En raison du fort accent britannique de leurs quatre geôliers, les otages les surnomment entre eux les « Beatles »[7]. Mohammed Emwazi, considéré comme le plus grand et le plus posé du groupe, est surnommé « John » tandis que Shafee el-Sheikh est appelé « Ringo » et Alexanda Kotey « George »[7].
Vers le milieu de l'année 2013, le groupe des « Beatles » quitte le Front al-Nosra pour rallier l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL)[8]. Il se rend alors avec ses captifs à Alep, à l'hôpital Qadi Askar, où l'EIIL a décidé de rassembler tous ses prisonniers[8]. Mohammed Emwazi est alors actif dans les sous-sols de l'hôpital, reconverti en prison, où il participe aux séances de tortures qui sont infligées aux prisonniers, Occidentaux comme Syriens[9]. Des vidéos des caméras de surveillance de l'hôpital sont retrouvées au domicile d'Ayham al S. (ancien émir de l'amniyat à Yarmouk) en et rendues publiques par CNN le [10],[11],[12],[13].
Début 2014, Jihadi John aurait reçu une balle dans le dos lors d'affrontements avec les rebelles à Haritan[14].
Fin 2014, l'État islamique décide d'exécuter plusieurs de ses otages occidentaux en représailles aux frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis. Jihadi John apparaît alors comme bourreau dans les vidéos de décapitations des otages[2]. C'est de sa main gauche que sont tués James Foley, Steven Sotloff, David Haines, Alan Henning, Peter Kassig, Kenji Gotō et Haruna Yukawa (ja)[2]. Il décapite également Wissaam Missa'af Attar, un soldat chrétien syrien de Hama (parfois présenté comme un conscrit[15], parfois comme un officier[16]), fait prisonnier lors de la bataille de l'aéroport militaire de Tabqa, et exécuté avec 17 de ses compagnons d'infortune dans une vidéo publiée le sous le titre « N'en déplaise aux mécréants »[17].
En , Jihadi John est filmé dans les environs de Deir ez-Zor en train de menacer le Royaume-Uni à visage découvert : « Je suis Mohammed Emwazi. Je retournerai bientôt en Grande-Bretagne avec le khalifa... Nous tuerons les kouffar... Je continuerai à couper des têtes. »[18],[19],[20]. Récupérée par des combattants de l'Armée syrienne libre, la vidéo est diffusée deux mois plus tard, par bribes, par les médias britanniques[18],[19].
Dans la nuit du au , vers minuit, les renseignements britanniques localisent Jihadi John à la sortie de la mosquée al-Charaksa de Raqqa. Une heure plus tard, un commando du SAS décolle de la base aérienne Ali Al Salem (en) au Koweït à bord de deux Chinooks, direction le gouvernorat de Raqqa. Les hélicoptères se posent à 56 km au nord de Raqqa et, à 3 h du matin, des hommes du commando parviennent à atteindre une position sûre à 8 km au nord de Raqqa en avançant de nuit avec des buggies. De là, ils font décoller des mini-drones à 19 h afin de surveiller les alentours de la mosquée al-Charaksa. Les images des mini-drones sont retransmises en direct au 22 SAS à Hereford et au US Central Command à Doha. Jihadi John est identifié par le SAS[21]. Trahi par sa démarche[22], son identité est confirmée par l'US Central Command, qui donne l'ordre de tir à 23 h 40 (UTC+3). La voiture de Jihadi John est alors frappée par un missile Hellfire tiré depuis un drone Reaper, décollé une heure plus tôt de la base aérienne d'Incirlik et piloté à distance depuis la base aérienne de Creech (en), près de Las Vegas[23]. Depuis cinq mois, Jihadi John était épié par les services de renseignement occidentaux mais n'avait pas pu être visé jusque-là, du fait qu'il se trouvait fréquemment dans des lieux bondés (mosquées, aswaq etc.) et/ou en compagnie de femmes et d'enfants[22],[23].
Le , sa mort dans une « frappe aérienne » américaine est annoncée par le porte-parole du Pentagone Peter Cook (en)[24],[25]. Le lendemain, sa mort est confirmée par des journalistes citoyens de Raqqa Is Being Slaughtered Silently, qui affirment qu'il a été tué dans la rue Fayçal, à une soixantaine de mètres de la mosquée al-Charaksa et du palais de justice, à 90 mètres de la place de l'Horloge et à 150 mètres des quartiers généraux de l'État islamique à Raqqa[26],[27].
Le , l'État islamique lui rend un hommage posthume en lui consacrant les deux pages de sa rubrique Among the believers are men du treizième numéro de son webzine Dabiq[28]. Dans ces deux pages, on apprend, entre autres, que Jihadi John aurait participé aux batailles de la base aérienne de Taftanaz et de la Division-17[14].