Józef Chłopicki
général polonais
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Józef Chłopicki, armoiries Nieczuja, baron de l'Empire de Necznia, né le à Viezmia en Ukraine et mort le à Cracovie, est un général polonais.
Viezmia, Ukraine
Cracovie
| Józef Chłopicki | ||
Portrait du général Józef Chłopicki (huile sur toile anonyme, musée de l'Armée, Paris). | ||
| Naissance | Viezmia, Ukraine |
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| Décès | (à 86 ans) Cracovie |
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| Origine | Polonais | |
| Allégeance | ||
| Arme | Infanterie | |
| Grade | Général de brigade | |
| Années de service | 1787 – 1831 | |
| Conflits | Guerre russo-polonaise de 1792 Insurrection de Kościuszko Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes Insurrection de Novembre |
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| Faits d'armes | Bataille de la Trebbia Bataille de Castelfranco Veneto 1er siège de Saragosse 2e siège de Saragosse Siège de Tortose Bataille de Sagonte Siège de Valence Bataille de Grochów |
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| Distinctions | Baron de l'Empire Virtuti Militari Officier de la Légion d'honneur |
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| Hommages | Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, 37e colonne. | |
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Vétéran des guerres pour l'indépendance de la Pologne et des campagnes napoléoniennes en Europe, il est l'un des chefs militaires de l'insurrection de 1830 contre la domination russe sur le royaume de Pologne.
Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.
Contexte historique
Sa vie se déroule pendant une période difficile de l'histoire de la Pologne : après le premier partage de 1772, elle en subit un second (1793) puis un troisième (1795), qui met fin à la république des Deux Nations, (Pologne et Lituanie), partagée entre la Russie (Vilnius, Minsk), la Prusse (Poznań, Varsovie) et l'Autriche (Cracovie, Lublin). Après l'épisode du duché de Varsovie (1807-1815), de création napoléonienne, le congrès de Vienne transforme le pays en royaume de Pologne (ou royaume du Congrès), sauf la Posnanie restituée à la Prusse. Le royaume de Pologne, avec pour capitale Varsovie, est attribué au tsar de Russie, qui devient roi de Pologne. C'est un état théoriquement indépendant, mais où la mainmise de la Russie s'accentue dès le règne d'Alexandre 1er et encore plus sous celui de Nicolas 1er à partir de 1825, ce qui provoque l'insurrection de novembre 1830. La défaite des patriotes polonais permet à la Russie de limiter drastiquement l'autonomie du royaume avant qu'elle disparaisse totalement dans les années 1860.
Biographie
Jeunesse et premiers combats
Józef Chłopicki naît le à Viezmia, en Ukraine[1]. Il est le fils de Franciszek Chłopicki, échanson de Bracław, et de Marianna Lenkiewicz[2].
Il s'engage dans l'armée polonaise comme cadet au régiment d'infanterie du prince Calixte le , et passe successivement sous-lieutenant de grenadiers le puis lieutenant le . Il combat sous les ordres de Tadeusz Kościuszko de 1792 à 1794, lors de l'insurrection patriotique consécutive au deuxième partage de la Pologne ; affecté comme aide de camp auprès du général Rymkiewicz, il est promu capitaine le [1].
Après la défaite, il entre dans les légions polonaises de l'armée française avec le grade de capitaine adjudant-major le . Engagé dans la campagne d'Italie, il devient chef du 2e bataillon de la 1re légion polonaise le et participe, en , à la bataille de la Trebbia, où il est blessé. Il commande ensuite le 7e bataillon de la 1re légion en 1800 et est présent au siège de Peschiera, en , sous les ordres du général Jean-Henri Dombrowski[3].
Au service de Napoléon Ier

Au commencement des guerres napoléoniennes, Chłopicki sert à nouveau en Italie et prend part à la bataille de Castelfranco Veneto, le . Détaché à l'armée de Naples en 1806, il se rend en Prusse l'année suivante et est nommé colonel du 1er régiment de la légion polacco-italienne (devenue par la suite légion de la Vistule) le . En 1808, incorporé dans le 3e corps de l'armée d'Espagne, il joue un rôle actif lors du premier siège de Saragosse[1] ; le , à la tête du 1er régiment d'infanterie de la Vistule, il bat un contingent espagnol de 4 000 hommes envoyé en renfort des assiégés à Épila, lui infligeant une perte de 600 hommes et quatre canons[5]. Durant les opérations contre la place, il enlève le Monte Torrero et le couvent de Saint-Joseph, mais est blessé d'un biscaïen à la jambe le , alors qu'il mène ses troupes à l'assaut du monastère Sainte-Engrâce[4].
À partir de , les Français entament un second siège de la ville, au cours duquel Chłopicki se rend maître de plusieurs positions, dont Sainte-Engrâce, avant que les défenseurs ne soient acculés à la reddition le [4]. Commentant la prise de Sainte-Engrâce par l'officier polonais, le général Jean Antoine Brun écrit à Napoléon Ier : « le colonel Chlopicki, commandant la légion de la Vistule, par sa bravoure indomptable et sa présence d'esprit, est le principal auteur de la complète réussite de ce combat »[6]. En récompense de ses services, il est élevé au grade de général de brigade le [1].
Toujours au sein du 3e corps désormais commandé par le général Suchet, Chłopicki prend le commandement d'une brigade de la division du général Laval, composée du 4e régiment d'infanterie polonais et du 2e régiment d'infanterie de la Vistule. Récipiendaire de la Virtuti Militari, il se voit également attribuer la croix d'officier de la Légion d'honneur et celle de chevalier de la Couronne de fer du royaume d'Italie, auxquelles s'ajoutent 12 000 francs de rente sur les territoires de Hanovre et de la Westphalie. Il se signale dans de nombreux affrontements en Espagne, notamment au siège de Tortose, et s'empare de la ville de Teruel le [1]. Il est fait baron de l'Empire le [7].
Transféré à la division du général Musnier en [1], il participe, le 25 de ce mois, à la bataille de Sagonte où, investi du commandement de l'aile droite française, il repousse l'attaque du gros des forces espagnoles[8]. Il sert ensuite pendant le siège de Valence, lequel n'est pas encore achevé lorsque Chłopicki est rappelé en France le [1].
Le suivant, il est choisi pour diriger la 1re brigade de la division Claparède en prévision de la campagne de Russie[1]. Il a sous ses ordres les 1er et 2e régiments d'infanterie de la Vistule, forts de quatre bataillons en tout et commandés respectivement par les colonels Kasinowski et Michalowski. Comme le reste de la division, ses hommes font la campagne à la suite de la Garde impériale[9]. Alors que l'armée française marche sur Moscou, il est blessé d'une balle à la jambe droite près de Mojaïsk, le , et est autorisé à rentrer en France pour sa convalescence en octobre. Il donne finalement sa démission le , officiellement pour raisons de santé mais en réalité, d'après Georges Six, parce que, « malgré sa demande, il n'avait pas été nommé général de division »[1]. Un mémorialiste ayant servi sous ses ordres, Heinrich von Brandt, écrit à son propos :
« C'était un des officiers les plus braves, et d'une sévérité puritaine pour la discipline. […] Il ne devait plus paraître dans les rangs de l'armée française, où il a laissé la plus honorable réputation […]. Malgré sa sévérité excessive, nos soldats de la Vistule étaient désolés de ne plus l'avoir à leur tête[10]. »
Insurrection polonaise de 1830

Après le retour de la paix en 1814, il regagne la Pologne et accepte de servir le nouveau royaume du Congrès, formé sous l'égide du tsar Alexandre Ier. Promu major-général, il obtient le commandement de la 1re division d'infanterie[11]. Ses relations avec le chef de l'armée, le grand-duc Constantin, se dégradent néanmoins au fil du temps et il se démet de toutes ses fonctions militaires en [12].
Il vit alors dans la retraite jusqu'à l'insurrection de novembre 1830. Après avoir initialement refusé de se joindre aux insurgés, il accepte le poste de commandant en chef le puis, deux jours plus tard, se proclame dictateur[13]. Persuadé que le soulèvement est voué à l'échec, et avec le soutien du parti conservateur, il sabote les opérations offensives, retarde l'organisation de l'armée et tente de négocier avec le tsar Nicolas Ier[14]. Son approche se heurte toutefois à l'inflexibilité de l'empereur russe et il démissionne le [15]. Il s'engage ensuite comme simple volontaire mais commande à nouveau en chef les forces polonaises pendant quelques jours en [1]. À ce poste, il prépare et livre la bataille de Grochów, le , qu'il remporte face à une armée russe supérieure en nombre[16]. Il est cependant blessé d'un éclat d'obus aux deux jambes au cours des combats[1].
Retiré à Cracovie, Józef Chłopicki y meurt le [1]. Il est décrit par Ernest Luniński comme un individu « extraordinairement sagace, plein d'une ardeur et d'un courage incomparables »[6].
Distinctions
- Il est nommé officier de la Légion d'honneur le .
- Il fait partie des 660 personnalités à avoir leur nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile (pilier Ouest, 37e colonne, son nom ne respecte pas l'orthographe polonaise mais la phonétique « Klopisky »).
Armoiries
| Figure | Blasonnement |
| Armoiries du Clan Nieczuja (en) (pl)
De gueules à un tronc d'arbre coupé (ou écot) au naturel, avec trois branches élaguées sur la dextre, et deux sur le senestre, sur lequel est plantée une croix pattée ou une épée d'or.''[17] | |
| Armes du baron Chłopicki de Necznia et de l'Empire
Coupé : au 1er parti, à dextre de sable à un bouclier d'argent, chargé d'un chicot de chêne, sommé d'une croix, le tout de sable, surmonté d'un chicot de chêne d'argent, sommé d'une croix du même et soutenu d'un vol ouvert aussi d'argent ; et à senestre, des barons militaires ; au 2e, d'azur à un éclair en bande d'or.[18] |
Bibliographie
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Joseph Klopicki » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource).
- (pl) Eligiusz Kozłowski et Mieczysław Wrzosek, Historia oręża polskiego 1795-1939, Varsovie, Wiedza Powszechna, (ISBN 83-214-0339-5).
- (pl) Ernest Luniński, Napoleon, Legiony i Księstwo Warszawskie [« Napoléon, les légions et le duché de Varsovie »], Varsovie, Fonderie et imprimerie S. Orgelbrand Synów, .
- Alain Pigeard, « Les sièges de Saragosse (1808-1809) », Gloire & Empire, no 22, , p. 5-71 (ISSN 1774-8054).
- Georges Six (préf. commandant André Lasseray), Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. 2, Paris, Librairie Georges Saffroy, (lire en ligne).
- (pl) Henryk Żaliński, Stracone szanse : Wielka Emigracja o powstaniu listopadowym, Varsovie, Wydawnictwo MON, (ISBN 83-11-06829-1).