Julien Sanchez

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Julien Sanchez, né le à Argenteuil (Val-d'Oise), est un homme politique français.

Élection
CirconscriptionFrance
Législature10e
Groupe politiquePatriotes pour l'Europe
Faits en bref Fonctions, Député européen ...
Julien Sanchez
Illustration.
Julien Sanchez en 2024.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(1 an, 7 mois et 27 jours)
Élection
Circonscription France
Législature 10e
Groupe politique Patriotes pour l'Europe
Vice-président du Rassemblement national
(chargé des élus)
En fonction depuis le
(3 ans, 4 mois et 10 jours)
Avec Louis Aliot
David Rachline
Hélène Laporte
Edwige Diaz
Sébastien Chenu
Président Jordan Bardella
Maire de Beaucaire

(10 ans, 3 mois et 17 jours)
Élection 5 avril 2014
Réélection 26 mai 2020
Coalition RN-LDP
Prédécesseur Jacques Bourbousson
Successeur Nelson Chaudon
Conseiller régional de
Languedoc-Roussillon puis d'Occitanie

(14 ans, 3 mois et 19 jours)
Élection 21 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
27 juin 2021
Circonscription Gard
Président Georges Frêche
Christian Bourquin
Damien Alary
Carole Delga
Groupe politique FN puis RN
(président de 2017-2021 et 2022-2024)
Successeur Viviane Tisseur
Biographie
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance Argenteuil (France)
Nationalité Française
Parti politique FN/RN (depuis 2000)

Image illustrative de l’article Julien Sanchez
Maires de Beaucaire
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Il adhère en 2000 au Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN), et devient conseiller de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen. Il est vice-président du RN depuis 2022.

À partir de 2010, il est conseiller régional du Languedoc-Roussillon puis d'Occitanie, présidant le groupe FN/RN. Il est maire de Beaucaire (Gard) de 2014 à 2024.

Élu député européen aux élections de 2024, il démissionne de ses responsabilités locales en raison du non-cumul des mandats. Il est tête de liste aux élections municipales de 2026 à Nîmes.

Origines et études

Julien Sanchez naît le à Argenteuil, dans le Val-d'Oise[1]. Il est issu d'une famille de pieds-noirs d'origine espagnole ; son père est plombier et sa mère agente hospitalière[2].

Après avoir passé sa scolarité à Alès (Gard), il étudie en licence d'administration économique et sociale (AES) à l'université de Montpellier[3].

Parcours politique

Débuts

Julien Sanchez adhère au Front national en 2000, à l'âge de 16 ans[2],[4]. Ses parents, engagés à la CGT, sont communistes et ses grands-parents « souverainistes »[5].

Il est repéré par Alain Jamet et par sa fille France, qui lui proposent en 2002 de travailler comme assistant du groupe FN au conseil régional du Languedoc-Roussillon[5]. En 2004, Marine Le Pen l'engage comme assistant au conseil régional d'Île-de-France.

Quelques mois plus tard, Jean-Marie Le Pen lui propose de s'occuper de la stratégie internet du FN ; pendant sept ans, il contribue ainsi à dynamiser l'image de son parti politique, réalisant également des entretiens, reportages, émissions et suivant les principaux dirigeants du mouvement dans leurs déplacements. Il anime également pendant plusieurs années le blog hebdomadaire de Jean-Marie Le Pen[6]. Qualifié de « communicant très habile » au sein du parti[7], il travaille au total pendant dix ans au service communication du FN[8].

Lors de la campagne présidentielle de 2012, Marine Le Pen lui confie une partie de ses relations presse puis les actions catégorielles du FN. Il continue en même temps à travailler pour Jean-Marie Le Pen, qu'il persiste à considérer comme un « modèle » après l'exclusion de celui-ci du parti[9].

En Île-de-France

En 2006, Julien Sanchez est nommé responsable Front national de la 7e circonscription de Seine-et-Marne. Il se présente dans cette circonscription lors des élections législatives en 2007, à l'issue desquelles il recueille 5,3 % des suffrages exprimés[10]. À l'occasion des élections cantonales de 2008, il obtient 10,7 % des voix dans le canton de Claye-Souilly[11].

Il adopte plusieurs prises de position qui rencontrent un certain écho en Île-de-France. Ainsi, en , il monte une polémique pour faire croire à un souhait du maire PS de Chelles, Jean-Paul Planchou, d'implanter une école islamique sur un terrain public[12].

Implantation dans le Gard

Conseiller régional

Julien Sanchez en 2007.

En 2010, il est élu sur la liste de France Jamet au conseil régional du Languedoc-Roussillon, dont il devient le benjamin[13],[14].

Lors des élections cantonales de 2011, il obtient 42,8 % des suffrages au second tour dans le canton de Nîmes-5, où il est battu par le candidat UMP sortant, Franck Proust[15],[16].

Il est condamné en février 2013 par le tribunal correctionnel de Nîmes en tant que directeur de publication à 4 000 euros d’amende de dommages et intérêts, dont 1 000 avec sursis pour provocation à la discrimination raciale pour avoir laissé en pleine campagne électorale des utilisateurs poster publiquement sur son mur Facebook des commentaires à caractère raciste. Ces posts visaient notamment les musulmans et la compagne de Franck Proust, Leila Tella[17]. Julien Sanchez interjette alors appel. La décision est confirmée en appel en octobre 2013 avec une amende réduite à 3 000 euros puis un pourvoi en cassation est rejeté en mars 2015. Julien Sanchez dépose alors une requête à la Cour européenne des droits de l'homme qui la rejette en septembre 2021 estimant qu'il n'y a pas eu d’atteinte à la liberté d'expression[18]. Il fait une nouvelle fois appel auprès de cette instance européenne, appel rejeté en mai 2023 pour les mêmes raisons[19].

Candidat aux élections législatives de 2012 dans la première circonscription du Gard, il se qualifie au second tour pour une triangulaire, à l'issue de laquelle il termine à la troisième place, avec 23,8 %, derrière Françoise Dumas et le député sortant Yvan Lachaud[20].

À l'occasion des élections régionales de 2015, il est élu au conseil régional d'Occitanie sur la liste de Louis Aliot dans le Gard[21]. En , à la suite de l'entrée de France Jamet au Parlement européen, il est élu président du groupe Front national – Rassemblement bleu Marine au conseil régional[22].

En vue des élections régionales de 2021, Jean-Paul Garraud, ancien élu Les Républicains soutenu par Louis Aliot, est choisi comme tête de liste du Rassemblement national en Occitanie au détriment de Julien Sanchez, pourtant président du groupe au conseil régional[23]. Cette décision suscite la désapprobation d’élus du parti, qui écrivent à Marine Le Pen pour lui demander de revenir sur ce choix s'inscrivant dans sa stratégie de « recentrage »[24]. Alors que le RN obtient au second tour douze points de moins qu’en 2015, Julien Sanchez, tête de liste dans le Gard, est réélu à l’assemblée régionale et prend la première vice-présidence du groupe Rassemblement national[25]. Il retrouve la tête du groupe en 2022.

En , après son élection au Parlement européen, il remet son mandat et se voit remplacé par une ancienne adjointe à la mairie de Beaucaire, Viviane Tisseur[26].

Maire de Beaucaire (2014-2024)

Lors des élections municipales de 2014 à Beaucaire, la liste qu'il conduit arrive en tête du second tour dans le cadre d'une quadrangulaire, avec 39,8 % des voix exprimées[27]. Il est élu maire de Beaucaire par le nouveau conseil municipal[28] et devient vice-président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence. Il démissionne quelques semaines plus tard de toute fonction professionnelle rémunérée pour se consacrer à ses mandats électifs, comme il s’y était engagé au cours de la campagne.

Il prend comme directeur de cabinet Yoann Gillet, autre responsable du FN dans le Gard[29]. Après avoir gelé les embauches à la mairie dans le but de réaliser des économies, il recrute des contractuels, dont Damien Rieu, porte-parole du mouvement d'extrême droite Génération identitaire, au poste nouvellement créé de directeur adjoint de la communication de la ville[4],[30].

Candidat à un second mandat, la liste qu'il conduit l’emporte au premier tour de scrutin avec 59,5 % des voix, face à trois autres listes, le [31].

Il est notamment en conflit avec la présidente socialiste du conseil régional d'Occitanie, Carole Delga, pour obtenir la rénovation de la gare de Beaucaire et l'ouverture d'un lycée général dans la commune[32].

Décisions prises pour la ville

Il augmente les effectifs de la police municipale[33], prive de subventions un foyer socio-culturel (la « Maison du vivre ensemble »), stoppe les impayés dans les cantines scolaires de la ville[34], augmente la durée hebdomadaire de travail pour les agents municipaux à 36 heures et 36 minutes[a] et réduit à un euro la prime de fin d'année pour les agents municipaux absents plus de vingt jours par an[36].

Dans son rapport de 2020 sur le premier mandat de Julien Sanchez, la chambre régionale des comptes d'Occitanie note globalement une bonne situation financière (augmentation de la capacité d’autofinancement)[37] mais pointe, d'après les termes de Libération, des « défaillances en série », une « gestion hasardeuse », des « recrutements irréguliers », des « rémunérations anormales en heures supplémentaires », une « absence de stratégie RH » et un « budget en communication disproportionné »[9]. Libération indique en 2023 que « la mairie accumule les factures impayées, parfois pour des sommes modiques » et que « des prestataires et des fournisseurs s'impatientent »[9]. De son côté, le maire fait état d'une situation budgétaire rétablie, de la rénovation d'écoles et du projet Sud Canal prévoyant 300 logements neufs[38].

Député européen (depuis 2024)

Il figure en dix-septième sur la liste RN conduite par Jordan Bardella aux élections européennes de 2024 en France. Alors qu'il avait été symboliquement investi en dernière position lors des élections européennes précédentes, sa présence en position éligible est considérée comme une surprise[39].

La liste ayant obtenu trente sièges, Julien Sanchez est élu au Parlement européen. Il doit alors quitter ses responsabilités locales en raison de la loi sur le non-cumul des mandats[40].

Membre du groupe récemment créé Patriotes pour l'Europe (PfE), il siège aux commissions des Budgets et du Contrôle budgétaire[41].

Élections municipales de 2026 à Nîmes

Le , le Rassemblement national le présente comme la tête de la liste RN-UDR-RPR-L'Avenir français pour les élections municipales de 2026 à Nîmes[42].

Responsabilités au RN

Julien Sanchez est membre du comité central du Front national puis du Rassemblent national depuis 2007, délégué national et présentateur des grandes manifestations du Front national (congrès, conventions, universités d’été, 1er mai).

En 2016, Marine Le Pen le nomme membre de son conseil stratégique pour l'élection présidentielle aux côtés d'une trentaine de cadres nationaux du Front national[43]. Il est ensuite porte-parole de la campagne du FN aux élections législatives de 2017[44]. Après le départ de Florian Philippot du FN, en , il est nommé porte-parole du parti, aux côtés de Sébastien Chenu et Jordan Bardella[45].

À l'occasion du XVIe congrès du Front national en 2018, Julien Sanchez, déjà membre du bureau national du Front national[46], est réélu par les adhérents au conseil national (ex-comité central), passant de la 15e (en 2014) à la 6e position[47].

En 2022, il est le suppléant de Yoann Gillet, élu député de la 1re circonscription du Gard face à Françoise Dumas, candidate de la majorité présidentielle[48].

Il soutient la candidature de Jordan Bardella au congrès de 2022, qui vise à désigner le successeur de Marine Le Pen à la tête du parti. Après la victoire de Bardella, Julien Sanchez devient vice-président du RN chargé des élus[49].

En 2025, il est désigné par le RN comme superviseur des investitures du parti pour les élections municipales de 2026. Selon Blast, sa collaboratrice au Parlement européen, Rachel Sembah, devrait être la tête de liste du RN pour ravir la mairie de Nîmes[50].

Controverses

Changements de noms de rue à Beaucaire

En 2015, il débaptise la rue du 19-Mars-1962 en la remplaçant par la rue du 5-Juillet-1962, en référence au massacre d'Oran[51]. Un an plus tard, il choisit de nommer une rue circulaire de la commune « rue du Brexit »[52],[53].

Mesures contre les magasins ouverts la nuit

En 2016, il lui est reproché d'avoir pris des « mesures discriminatoires » en interdisant l'ouverture de magasins la nuit[54], mais la justice le relaxe l'année suivante de faits de discrimination[55].

Porc obligatoire le lundi dans les cantines municipales

En 2018, il annonce que les cantines scolaires municipales des écoles primaires serviront du porc tous les lundis sans menus de substitution[56]. En octobre 2023, le Conseil d'État le somme de les rétablir. Après avoir réitéré son refus auprès de l'AFP, l'édile finit par se plier à cette décision[57].

Gestion sociale brutale de la ville

Un audit de 2020 sur la gestion sociale de la municipalité pointe des « comportements brutaux ou destructeurs », un « sous-effectif », un « manque de moyens humains » et une « surcharge de temps de travail », mal-être entraînant des départs en cascades et une explosion des jours d'absences (+150 %) ; des employés auraient été injuriés, y compris par des membres de l'entourage du maire[9],[58].

Recours juridiques multipliés

Julien Sanchez multiplie les recours juridiques durant ses mandats. En 2023, les frais de contentieux bondissent de 50 % depuis 2014, soit 253 000 euros en total de frais d'avocat[9].

Détail des mandats et fonctions

Au Parlement européen

Mandats locaux

Fonctions politiques

  •  : porte-parole du Front national (FN) puis du Rassemblement national (RN)
  • Depuis le  : membre du bureau national du FN puis du RN
  • Depuis le  : vice-président du RN, chargé des élus

Notes et références

Liens externes

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