Deux secteurs industriels ont façonné la commune de Jumet: le verre et le charbon[3].
Étymologie
Selon l'historien carolorégien Robert Hug[4],
un domaine agricole (fundus) gallo-romain—qui s'étendait au IIesiècle dans la Forêt charbonnière, au voisinage immédiat de la chaussée romaine de Bavay à Cologne—
était appelé Gimiacum, puisqu'il était propriété de citoyen Gimmius, dont la sépulture a été retrouvée lors de fouilles, à la fin du XXesiècle, d'une nécropole au Diarbois[5].
L'altitude minimum de 120 m se situe au pied de la colline de Heigne et le point le plus élevé à 183 m se trouve à l'extrémité ouest de la piste (unique) de l'aéroport dit «de Gosselies» (Brussels South Charleroi Airport).
C'est à Jumet que s'estompe, au sud, le plateau brabançon et que s'amorcent les pentes vers les vallées conjointes du Piéton[Note 1] et de la Sambre. Jumet est dans une zone d'affleurement des terrains houillers où les veines carbonifères sont relativement proches de la surface du sol[7].
Hydrographie
Le territoire de Jumet est parcouru par plusieurs petits cours d’eau, aujourd’hui pour la plupart voûtés sur la majeure partie de leur tracé. Trois ruisseaux y prennent traditionnellement leur source et ont, à des degrés divers, contribué à l’activité économique locale[8]:
Le ruisseau des Bans naît sur le plateau de Heigne. Son cours traverse les anciens bans de Jumet avant de s’orienter vers le nord et de se perdre dans les zones marécageuses de Gosselies. Ce ruisseau, bien que modeste, a constitué un élément du réseau hydrographique local avant son recouvrement progressif.
Le ruisseau Tic‑tic prend sa source à proximité de l’actuel aéroport de Charleroi. Il conflue ensuite avec le ruisseau de Houbois, issu de Ransart, pour former le ruisseau de Lodelinsart. Sur son parcours, le Tic‑tic alimente deux étangs situés au lieu‑dit Diarbois. L’appellation « Tic‑tic » est une onomatopée évoquant le bruit produit par la roue du moulin qu’il actionnait autrefois. Ce moulin, encore mentionné au cadastre de 1818, appartenait alors à Christophe Quinet. Il fut désaffecté au cours du XIXesiècle.
Le ruisseau des Marteaux prend naissance dans le secteur de la Brûlotte. Son cours passe notamment sous la rue Biernaux, à proximité des anciennes installations du Service des Travaux. Le toponyme « quartier des Marteaux », autrefois utilisé pour désigner la zone située au nord de la Brûlotte, témoigne de la présence ancienne de forges dont les marteaux étaient actionnés par la force hydraulique. Ce ruisseau est ainsi associé à l’activité métallurgique traditionnelle de Jumet, notamment les clouteries et chaîneteries.
Dans les sources anciennes, les localités de Jumet, Heigne et Roux apparaissent de manière constante comme des entités étroitement liées. Bien qu’elles aient longtemps constitué un ensemble administratif unique, les documents médiévaux les mentionnent fréquemment séparément. Cette distinction pourrait s’expliquer par l’existence, à l’origine, de trois domaines distincts, réunis en une seule entité au plus tard à l’époque mérovingienne. La Descripto Villarum de 866 atteste déjà cette union territoriale[9].
Cet ensemble demeura inchangé jusqu’en 1804, lorsque l’administration française entreprit une rationalisation des frontières communales. Avant cette réforme, les limites des communes ne formaient pas des lignes continues: elles comportaient franges, enclaves et intercalations, rendant les relevés cadastraux particulièrement complexes. Cette situation était particulièrement marquée entre Jumet et Gosselies, où l’imbrication des territoires était presque inextricable[9].
Les seigneuries de Gosselies
À l’époque moderne, Gosselies ne constituait pas un territoire homogène, mais était divisé en trois seigneuries distinctes, dont la réunion progressive a donné naissance au Gosselies actuel. Dom Ursmer Berlière, historien de la localité, a tenté d’en reconstituer les limites[9].
La seigneurie principale
Elle englobait le bourg de Gosselies et l’ensemble de la partie orientale du territoire actuel. Elle comprenait également[9]:
Relevant de l’abbaye de Liessies, elle regroupait les terres entourant le prieuré et s’étendait en un large coin jusqu’aux abords du bourg de Gosselies. Elle possédait également[9]:
les terres de Plomcot à Roux;
le Trieu des Mosnes, au pied du bois de Heigne, face aux étangs Caluwart[Note 2];
une maison située sur la place de Heigne (place Francq).
La seigneurie du Moncil
Appartenant au chapitre de Binche, elle contrôlait les terres situées depuis le bois de la Prelle jusqu’au Carrosse et à la partie méridionale du Gosselies actuel. Ces seigneuries comportaient en outre diverses enclaves réciproques, témoignant de la complexité du maillage territorial[9].
Les enclaves jumétoises
Jumet possédait également plusieurs enclaves dispersées dans les juridictions voisines. Un texte de 1614, rédigé par l’abbé de Liessies, décrit une seigneurie de Jumet traversant Gosselies, s’étendant vers Thiméon et atteignant la place de Mellet, tout en étant entièrement entourée d’autres villages. Les registres de répartition des tailles (1780–1792) confirment des extensions jumétoises à Mellet, Viesville, Thiméon, Heppignies et Wayaux[9]’[10].
une longue bande de terres entre l’ancien chemin de Namur et le bois Lombut, prolongée jusqu’aux limites de Ransart et recoupant la chaussée de Bruxelles vers Wayaux;
le Chapois et les terres environnantes, jusqu’aux abords de l’actuelle église de Gosselies;
les terres de Trévieusart, près du bois des Manants (limite de Thiméon);
le champ de la Sainte-Famille, près de Viesville;
une bande de terrains de part et d’autre de la chaussée de Bruxelles, à proximité de l'ancien site de Caterpillar; diverses parcelles isolées.
Ces enclaves relevaient directement de la juridiction de Lobbes. Les habitants y payaient leurs redevances à Jumet, et les unités de mesure agraire différaient selon la juridiction: à Gosselies, la verge mesurait 16,5 pieds de Saint-Lambert; à Jumet, 17,75 pieds[11].
Les terrains d’entrecour
Certaines terres bénéficiaient du droit d’entrecour, permettant une jouissance commune par les habitants de Jumet et de Gosselies, notamment les marais de Jumet-lez-Gosselies et ceux de Gosselies-lez-Jumet, situés entre le Chapois et le Laid Pige[Note 3]. En pratique, Gosselies laissait l’usage de ses marais à Jumet, et inversement[11].
Contestations et litiges
L’absence de cadastre et la complexité des limites favorisaient les contestations. Certains propriétaires n’hésitaient pas à se réclamer de Jumet pour bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse, puis à se déclarer gosseliens lorsque les conditions s’inversaient. Ces pratiques entraînèrent de nombreux litiges, parfois difficiles à trancher, au point que certaines terres jumétoises proches du bourg de Gosselies étaient imposées par Gosselies, qui reversait ensuite les montants à Jumet[11].
Évolution des frontières communales
Aux XVIIeetXVIIIesiècle, le territoire de Jumet présentait une mosaïque complexe d’enclaves et de terres contestées, héritage de découpages seigneuriaux anciens. Plusieurs parcelles dépendaient juridiquement de Gosselies, de Sart‑les‑Moines ou d’autres seigneuries, ce qui entraînait des situations administratives singulières. Ainsi, certains itinéraires officiels, comme celui menant au gibet de la justice Wargnies, devaient éviter les juridictions voisines[12].
Les enclaves situées sur le territoire de Gosselies firent l’objet de négociations prolongées, l’échange envisagé se heurtant à la disparité de valeur entre les terres proposées par Gosselies et celles appartenant à Jumet mais enclavées dans la localité voisine. Après de multiples discussions, un accord fut néanmoins conclu. Dans ce cadre, Jumet obtint les terres d’Hodiarbois, du Moncil, de Nayabois, de Plomcot, une partie de Sart-les-Moines, ainsi que les lieux-dits du Bordia, des Hayettes, du Trianois, de même que la maison Denecken à Heigne. En contrepartie, Jumet céda à Gosselies plusieurs biens et territoires, parmi lesquels la Chapois, la Cense du Marais, le Sépulchre, les Charnues, la Croix-Dominum, le hameau de Trévieusart et les terres de Piersoux[12].
Parmi les enclaves gosseliennes situées en terre jumétoise figuraient notamment Nayabois[Note 4] et Plomcot, aujourd’hui intégrés à Roux, ainsi qu’une petite parcelle relevant de Sart‑les‑Moines au cœur du village de Heigne. Ces anomalies territoriales résultaient vraisemblablement d’anciens démembrements de la seigneurie de Jumet et de donations successives. La réorganisation administrative française de 1804 mit fin à une partie de ces irrégularités: Jumet céda plusieurs terres périphériques à des communes voisines. En 1818, l’administration hollandaise détacha le quartier de Roux[Note 5], qui devint une commune autonome, fixant définitivement les frontières[12].
Les cartes de Ferraris (1771‑1778) et le relevé cadastral de Delnest (1818) montrent un territoire structuré autour de trois noyaux d’habitat Jumet, Heigne et Roux entourés de zones agricoles et de massifs boisés. L’économie locale restait majoritairement rurale, bien que des activités industrielles soient déjà présentes: brasseries, distilleries, blanchisseries, tannerie, verreries et premiers puits charbonniers. Jumet comptait également un moulin à eau et plusieurs moulins à vent, dont seul celui de Heigne a subsisté. Au début du XIXesiècle, Jumet demeurait donc une commune encore largement agricole, mais où les prémices de l’industrialisation étaient nettement perceptibles[13].
Géographie ecclésiastique
De l'époque franque (888) jusqu'à l'occupation par les troupes révolutionnaires françaises:
Jumet dépend de l'abbaye de Lobbes, incendiée le et officiellement dissoute en 1796. Les moines de Lobbes ont établi notamment, en 1231, le prieuré de Heigne à Jumet[14]. La chapelle Notre-Dame de Heigne en est un témoignage.
Jumet dépend de l'évêché de Liège de 888 à 1561, quand les bulles pontificalesSuper Universas du , du pape Paul IV et des limites du , du pape Pie IV, créent l'évèché de Namur aux dépens de celui de Liège;
Jumet n'étant pas cité dans la bulle, il faut attendre le Pouillé (l'inventaire) de 1639 pour lire que Jumet relève bien du diocèse de Namur et du décanat de Fleurus[15],[16];
Doyenné de Gilly: Église Saint-Lambert de Jumet-Hamendes.
Quartiers de Jumet
Jumet se compose des quartiers suivants:
La place du Chef-Lieu.le Chef-Lieu est situé au nord. Au Moyen-âge, le village comptait trois hameaux; Heigne, Roux et Jumet dont il y est le centre administratif qui comprend l'ancienne maison communale et l'église Saint-Sulpice[17];
Gohyssart, est situé au sud-ouest de la commune. L’origine de ce quartier remonte au XIIesiècle, à une époque où la population de la région augmente et où l’on doit défricher de nouvelles terres pour les rendre cultivables. Son nom provient du terme sarts, qui désigne des terrains essartés, c’est‑à‑dire déboisés, ainsi que du nom de leur propriétaire. Sart de Gohi serait en effet la forme contractée d’un ancien nom franc, Godo‑Hari[18];
Heigne est situé à l'ouest. Il est mentionné pour la première fois sous le nom de Hunia Castellum en 866. Depuis longtemps le plateau de Heigne est un lieu de culte, un sanctuaire païen se dressait là bien avant la première construction de l'église. En 1225, un prieuré est installé par les moines de Lobbes qui est destiné à accueillir les pèlerins et a gérer l'église qu'ils s'installèrent dans les restes de l'ancien fortin dont les ruines furent enlevés[19];
Vue sur l'actuelle place du Ballon au XXesiècle. Le quartier de Gohyssart a remplacer le quartier de la Station comme pôle commerciale de Jumet[20].la Station est situé au centre. Une gare a été construite à la Brûlotte par la société du Grand Central pour la ligne qui va de Charleroi à Luttre. Suite à la création de cette station dans ce quartier d'ouvriers, de nombreux commerces ont ouverts et un hôtel-restaurant a vu le jour sur la place de cette gare. Cette station a été fermée le et démolie l'année suivante[21];
Houbois, situé entre la chaussée de Bruxelles et les Hamandes. Le nom originel de ce quartier, « Houbwéz », signifie littéralement la hutte près du gué. Cette appellation évoque sans doute les premières habitations qui constituèrent le noyau du hameau. Il y a fort longtemps, le quartier n’était encore qu’un ensemble de bâtisses éparses au cœur de la campagne. Ce n’est qu’à la fin du XIXesiècle que l’essor des verreries et des charbonnages attira une importante main-d’œuvre, transformant progressivement le lieu en un hameau plus dense et structuré. Avec l’augmentation rapide de la population et l’éloignement du lieu de culte le plus proche, il fut décidé d’y ériger une église en 1868, dont la construction a été terminée en 1880[22];
les Hamandes situé à l'est de Jumet. L'endroit s'appelait autrefois les Petites Hamandes, le nom provient du roman «hamaides» venant lui-même d'un mot franc: hamita, qui signifie clôture, barrière. À l'époque médiévale l'endroit a probablement été couvert de prés clôturés où se pratiquait l'élevage. Les Hamandes joua un rôle dans l'économie de la région. C'est là en effet que fut installée une verrerie. Celle-ci fut introduite par la famille Colnet qui fonda en 1620 une «fournaise» aux Hamandes, dans le Bois-du-Sart. C'est dans ce quartier que Valentin Lambert construisit le château Mondron en 1881[23].
Autres quartiers et lieux-dits
La Quairelle, situé à Gohyssart. Du nom wallon kwérèle que les mineurs nommaient le grès houiller[24];
Le Try-Charly, situé dans le quartier de la Station. Il se nomme en wallon, èl Trî Tchârlî, le trieu appartenant à Charlier. Au XIXesiècle siècle seulement que se constitua ce quartier qui auparavant, on n'y trouvait que quelques masures très modestes dont il en a encore au coin de la rue du Baÿ subside encore un exemple de ces anciennes constructions. En 1922, une église fut construite et en 1946, une paroisse autonome fut érigée[25];
La Brûlotte, il est situé dans le quartier de la Station. Autrefois il y avais à cet endroit des marteaux, des forges dont le pilon était actionné par l'énergie hydraulique. Un ruisseau, aujourd'hui voûté, qui traversait le quartier de la Brûlotte venant de la rue Biernaux, se nomme le ruisseau des Marteaux. Une verrerie se trouvait dans ce quartier dès le XVIIIesiècle qui se nommait verrerie Drion, qui fut reprise par la Société des Manufactures pour disparaître à la fin de ce siècle. Une usine électrique fut construite par référendum de la population en 1901[26]. Le nom du quartier signifie terre défricher par le feu[27];
Saint-Ghislain, quartier situé entre le Chef-Lieu et la chaussée de Bruxelles. Une chapelle dédiée à Saint-Ghislain existait a cet endroit mais elle fut détruite. C'est une des dernières haltes pour les pèlerins de la Madeleine avant de rentrer à Heigne[28];
Saint-Roch, situé à Heigne. Une chapelle dédiée à Saint-Roch justifie le nom du quartier. Cette chapelle fut édifiée en 1714 et détruite lors du bombardement américain le . Une nouvelle chapelle fut construite en 1951[29];
La Malavée, quartier situé au carrefour de la statue du Mamelouk. Ce mot ne désigne pas une souillon ni un endroit plus sale qu'un autre. L'adjectif du mot «male» signifie mauvais, difficile quant au mot «avée», signifie simplement le temp qu'il faut réciter une ave, c'est à dire un court moment, signification que le mot a gardé dans l'expression wallonne «in ave d'timps». Une male avée peut se traduire par «un mauvais moment à passer». Un quartier du même nom existe à Marcinelle[30];
La Coupe, quartier situé entre les quartiers de la Station et de Gohyssart. En wallon il se nomme à l'Coupe, ce nom viendrait de l'ancien français «coupet» qui signifie sommet et qui a donné le mot wallon coupète. Le quartier de la Coupe se trouve en effet au sommet d'une butte qui était autrefois couvert de forêts. Ces forêt furent défrichés et un moulin à vent fut édifiée au XIXesiècle qui ne reste plus rien actuellement de ce moulin. Au XIXesiècle, des tuiles romaines fut découvertes. Dès le XVIIIesiècle, une verrerie qui se nommait èl four del Coupe fut acquise par la famille Houtart avant de devenir la propriété de Bennert et Bivort en 1845[31];
Le Sarti, situé à Heigne vers Roux, ce nom rappelle que à cet endroit était couvert d'arbres d'une forêt qui fut défricher d'où il vient ce nom[32];
Le Chaumonceau, situé entre Gohyssart et Lodelinsart. Le nom viendrait du latin calvus mons, le mont chauve. C'était une colline dénudée au dessus du bois Saint-Charles disparut depuis. Un charbonnage fut ouvert au XVIIIesiècle et fermé en 1957[33];
Le Spinoy, quartier situé entre Heigne et le Chef-Lieu. Le nom de ce quartier rappelle autrefois l'endroit était plantés d'arbres épineux. Du latin «spinetum»[34];
Belle-Vue, il est situé au sommet de la chaussée de Bruxelles, tout près de Gosselies, il fut nommé à cause de la vue qu'on voyait de tout la région[35];
Le Brûlin, situé à la chaussée de Gilly à Houbois. Le nom vient du bas latin brogilium ou brolium qui peut désigner un prêt enclos ou encore un petit bois fermé de haies pour maintenir le gibier[36];
Tongres, il est situé à l'est de la chaussée de Bruxelles. Une chapelle avait été édifiée mais elle a été détruite en 1903[37];
Trianoy, il est situé vers Ransart à Houbois. À l'origine c'était un bois qui s'étendait vers Gilly entre Ransart et Houbois. Ces terres étaient possession gosselienne. Elle est citée pour la première sous la forme «Trannoy» en 1377 qui signifie un endroit planté de peupliers[38];
L'Altrée, situé près du quartier de Houbois, cet endroit devait être autrefois désert et inculte, car son nom viendrait de l'ancien français haloterée qui désigne une terre inculte et couverte de buissons[39].
Axe routier Est-Ouest de Gilly à Courcelles: rue Louis Lambert, chaussée de Gilly, rue Biernaux, rue Wattelar, rue de la Libération. Il est partiellement parcouru par les marcheurs du Tour de la Madeleine, fleuron du folklore de Jumet;
Axe routier nord-sud Bruxelles-Genappe-Gosselies-Charleroi, actuelle Nationale 5, il coupe la partie Est de la localité:
a été pavé vers 1720-1721, pour transporter en toutes saisons vers les lieux de consommation le charbon extrait dans la région de Charleroi[40];
emprunté les 15 et , étape finale de la marche des cent jours par les armées françaises de Napoléon 1er, arrêtées à Waterloo le ;
emprunté par 1 armée allemande le , venant de Bruxelles et se dirigeant vers la vallée de la Sambre.
Axes routiers récents
Axe routier Est-ouest: chaussée de Châtelet - route du Centre - [tronçon manquant de la rue de Marchienne à Jumet Gohyssart jusqu'à la rue des Quatre Seigneuries à Courcelles] - route du Centre jusqu'au Ring 3 et rue de la chaussée à Forchies-la-Marche;
Axe routier nord-sud: autoroute A54 Nivelles-Charleroi (E420), voie de délestage de la Nationale 5, elle coupe la partie nord-est.
Transports publics
Vue de l'ancienne gare de Jumet qui était construite dans le quartier de la Station.
Voies ferrées (Infrabel)
La gare de Jumet est fermée au service des voyageurs en 1953 et au service des marchandises en 1989. Les voyageurs ont dorénavant quelques alternatives:
La gare de Jumet-Hamendes avait une vocation de gare à marchandises[41].
TEC Charleroi
Arrêt de tram et de bus, la station Madeleine se trouve à proximité du dépôt TEC. C'est un stationnement incitatif à la sortie de la A54, comprenant plus de 200 places de stationnement pour automobiles.
La localité est sillonnée par:
les bus du TEC Charleroi des lignes 12b, 18, 28, 41, 50, 60, 63, 67, 68, 85, 86, 172 et 365a;
En 1810, Jumet est déjà la commune la plus peuplée de la région avec ses 5 420 habitants (Charleroi en compte 4 020 et Dampremy 392), c'est entre 1846 et 1871 que l'accroissement de la population est le plus fort, passant de 5 829 habitants en 1830 à 9 018 en 1846, à plus de 13 000 (la plupart des ouvriers) en 1864 (600 naissances par an), et à 20 240 en 1871[44].
Histoire
Des romains au royaume des Belgiques
Avant la conquête romaine
L’occupation du site avant la période romaine est confirmée par les découvertes réalisées au XIXesiècle sur le plateau du Diarbois, où l’on a mis au jour des traces indéniables de présence néolithique: silex taillés, pointes de flèches et autres artefacts. En 1880, toujours au Diarbois, la fouille d’un cimetière nervo‑romain a révélé une importante collection de vases, d’urnes et de monnaies, permettant de dater l’ensemble du IIesiècle de notre ère. Quelques années plus tard, en 1885, des tuiles romaines à rebord furent découvertes à la Coupe, renforçant encore les indications fournies par la toponymie[45]. Ces éléments ne permettent toutefois pas de considérer le Jumet de cette époque comme un village au sens moderne du terme. Il s’agissait plutôt d’une exploitation agricole peut‑être de taille notable mais qui n’était en réalité qu’une ferme accompagnée de ses dépendances. Les premiers véritables villages de nos régions ne se structureront solidement que bien plus tard, sous la domination franque[46].
Le territoire de Jumet est occupé par les Aduatuques, y installés vers -110 et qui comptent parmi les plus farouches résistants à l'envahisseur romain. Leur tribu est entièrement décimée par les Romains qui déportent et vendent comme esclaves 2/3 d'entre eux (César, dans ses «Commentaires», cite le nombre de 53 000 individus)[47].
Époque romaine (à partir de 57 av. J.-C.)
Le vaste territoire laissé libre par la disparition des Aduatuques est attribué par les Romains à un groupe de tribus d'origine germanique connu sous le nom de «Tongres» et c'est ainsi que, jusqu'à la fin de l'époque romaine, le territoire de Jumet (Gimiacum) est englobé dans la subdivision administrative appelée «Civitas Tungrorum», la Cité des Tongres, à la limite cependant de la Cité des Nerviens. La chaussée romaine de Bavay à Cologne passe à Liberchies, environ 10km au nord du territoire de Jumet[48]. Un diverticulum (chemin) nord-sud, traversant Gosselies et Jumet, relie Liberchies à la chaussée romaine de Bavay à Trèves, au point de jonction de Fontaine-Valmont (site des Castellains)[49].
Époque franque
À partir du VIIesiècle, Gimiacum est englobé dans le Pagus Darnuensis (pays de Darnau), subdivision du Pagus Lomacensis (pays de Lomme). Les terres de Jumet, Heigne et Roux, toujours associées, sont léguées à l'abbaye de Lobbes, au plus tard en 713[50].
Moyen Âge
La première mention connue de Jumet apparaît en 866 dans la Descriptio Villarum de l’abbaye de Lobbes, inventaire des domaines monastiques. Le texte y décrit Jumet comme une villa, c’est‑à‑dire un vaste domaine agricole structuré autour d’un centre d’exploitation. Le territoire comprenait: une réserve monastique (mansus indominicatus), exploitée directement par l’abbaye et située à l’emplacement du futur Chef‑Lieu, où se trouvait déjà une église paroissiale dépendant du doyenné de Fleurus; 60 manses à Jumet, ainsi que 8 manses à Heigne et 8 à Roux, chacune exploitée par une famille en échange de redevances fixes, principalement en nature[51].
L’abbaye possédait également des granges dîmières à Jumet et à Heigne[Note 8] pour l’entreposage des redevances agricoles. Les manses fournissaient alternativement: 9 muids d’épeautre et 3 muids d’orge, ou 1 porc et 30 fuseaux de laine. Ces données témoignent de la prédominance de l’épeautre pour la fabrication du pain, de l’usage de l’orge pour la bière, ainsi que de l’importance de l’élevage porcin et ovin. La présence ancienne de cultures de houblon est également attestée. Le domaine comprenait: un moulin banal sur le Piéton, une brasserie versant une redevance mensuelle de 20 aimes de cervoise, un bois commun et une forêt de glandée, particularité notable car laissés à l’usage des habitants sans redevance. Le texte mentionne un castellum à Heigne, terme qui a suscité des interprétations légendaires mais ne renvoie probablement qu’à une fortification modeste ou un poste d’observation. Au IXesiècle, Heigne comptait environ huit bonniers (= 7ha) de terres cultivées. La Descriptio Villarum offre un aperçu précieux de: la structure foncière des domaines monastiques au IXesiècle, l’économie rurale (céréales, élevage, brasserie), l’organisation sociale autour des manses et les pratiques seigneuriales, notamment les obligations liées aux installations banales. Malgré les siècles écoulés, Jumet conserva jusqu’au XIXesiècle un paysage encore proche de celui décrit en 866[52].
La présence d’un moulin[Note 9] à Jumet est attestée dès le haut Moyen Âge. La première mention connue figure dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes, daté de 866, où il est fait référence à un moulin établi sur le cours du Piéton, au pied de la colline de Heigne. Cet établissement est alors qualifié de moulin banal, statut découlant du système féodal qui imposait aux habitants l’usage exclusif de l’infrastructure seigneuriale pour la mouture des grains. Le moulin de Jumet apparaît sur l’ensemble des anciens plans de la région et demeura en activité jusqu’au milieu du XXesiècle. Au fil des siècles, le bâtiment connut de nombreuses transformations; la dernière configuration connue remontait vraisemblablement aux XVIeouXVIIesiècles. L’installation hydraulique comprenait une vanne aménagée sur le Piéton, destinée à alimenter une roue motrice actionnant les meules. L’exploitation du moulin se poursuivit jusqu’aux années 1950. Sa démolition fut décidée dans le cadre des travaux d’élargissement du canal Charleroi‑Bruxelles. Aucun relevé architectural complet ne fut réalisé avant la disparition de l’édifice[53].
Dès 866, le polyptique de l’abbaye de Lobbes mentionne l’existence d’une église à Jumet. Comme beaucoup d’édifices ruraux de cette époque, il s’agissait d’une construction de très modestes dimensions : une simple salle rectangulaire large de 4,70 m et longue d’environ 9 m. Au Xesiècle, l’église fut sans doute remaniée et dotée d’un chœur rectangulaire. C’est probablement à ce moment, vers 965, qu’Eracle, évêque de Liège, procéda à sa dédicace, lorsqu’il réintégra dans les possessions de Lobbes la villa de Jumet qu’un seigneur laïc s’était appropriée. La charte datée de 960‑965 précise : « Nous avons donc rendu à l’abbaye cette villa de Jumet dans toute son entièreté et nous avons dédicacé l’église qui y est construite. » Cet édifice subsista jusqu’aux XIVe – XVesiècles, époque à laquelle il fut agrandi seules subsistent une partie des fondations du chœur à trois pans, large de 8 m et profond de 2,30 m[54].
La chapelle Notre-Dame avec le site de la Maison des Éclaireurs, en face sont les vestiges de l'ancien prieuré de Heigne.
L’actuel site de la Maison des Éclaireurs, à Heigne, occupe l’emplacement de l’ancien château Dogniaux, où les moines cisterciens de l’abbaye de Lobbes s’établirent au XIIIesiècle. Depuis près de quatre siècles déjà, l’abbaye possédait les terres de Heigne et de ses environs, tandis que la chapelle locale relevait de l’autorité du Prince-Évêque de Liège. En octobre 1231, le prince-évêque Jean d’Eppes céda la chapelle de Heigne à l’abbaye de Lobbes, permettant l’installation d’une communauté monastique chargée du service religieux. L’église, déjà importante, fut probablement agrandie à cette occasion. La présence cistercienne se maintint jusqu’à la Révolution française. La renommée du culte marial à Heigne favorisa la fondation d’un prieuré, destiné notamment à accueillir les nombreux pèlerins fréquentant le sanctuaire. Comme dans de nombreux centres de pèlerinage médiévaux, le prieuré offrait hébergement et nourriture aux voyageurs. L’établissement subsista jusqu’en 1796, date à laquelle les religieux durent céder leurs biens à la commune de Jumet. L’ancien prieuré fut alors transformé en hospice, puis en pensionnat, avant d’être acquis par Antoine Houtart, maître verrier. La chapelle désaffectée servit ensuite de dépôt pour le verre[58].
Au tout début du XIIIesiècle, plus précisément en 1201, Jumet reçut un privilège que bien d’autres localités hennuyères ne parviendraient à obtenir qu’après de longues années: la reconnaissance officielle de certains de leurs droits. Dans l’ensemble du Hainaut, Jumet fut en effet la première à se voir octroyer une charte. Celle‑ci ne se limitait pas à confirmer des droits existants; elle introduisait également plusieurs dispositions allégeant de manière notable les obligations que le droit coutumier imposait jusque‑là aux exploitants des terres[59].
Aux XIeetXIIesiècles, un mouvement d’émancipation sociale se manifeste progressivement, notamment à la suite des croisades. Parallèlement, la vie rurale connaît un essor remarquable. C’est l’époque des grands défrichements, dont plusieurs toponymes conservent encore la trace: Gohyssart, Lodelinsart, Sart-Dame-Aveline,etc. Le terme sart ou sarty désigne en effet une zone nouvellement déboisée. Cette vaste mise en culture devient possible parce que de nombreux grands propriétaires fonciers, frappés par la dévaluation consécutive aux croisades, choisissent d’attribuer des terres à ceux qui acceptent de les exploiter, espérant ainsi accroître la valeur de leurs domaines. La première charte-loi connue dans le Hainaut est celle de Jumet, promulguée en 1201. Elle confère au comte de Hainaut le droit d’avouerie et définit avec précision les droits et obligations des habitants de Jumet. Le texte s’ouvre sur un aveu surprenant: Wéric, abbé de Lobbes, déclare céder l’avouerie de la terre de Jumet à Henri, comte de Hainaut, «pour obtenir le pardon de ses péchés», car dans ces terres «il y avait beaucoup de choses faites contre l’ordre du droit et de la raison». Cette remarque laisse entendre qu’un certain mécontentement régnait parmi la population, probablement informée des avantages accordés ailleurs. Pour apaiser cette contestation, l’abbé juge nécessaire de clarifier et d’officialiser les droits et devoirs de chacun[60].
Deux siècles et demi plus tard, les mayeur et échevins de Jumet rédigent un acte confirmant les privilèges dont les habitants «doivent avoir, jouir et posséder depuis si longtemps qu’il n’existe aucune mémoire du contraire». Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle charte, mais d’un record, une reconnaissance formelle de droits anciens. Cette démarche semble avoir été exigée par la communauté, soucieuse de préserver des privilèges que l’autorité supérieure avait tendance à négliger. Ainsi, en 1461, Henri Walgraffe, de Heigne, et Pièrard Liénard, de «Roux dessous Heingne», tous deux bourgmestres et mambourgs, sont mandatés par la communauté pour réclamer la mise par écrit officielle des avantages dont elle bénéficie. Ils justifient leur demande en affirmant que «la mémoire de l’homme est fragile et que les lettres et écrits deviennent caducs par vieillesse et soumis à ruine par accident». Les Jumétois prennent donc leurs précautions. Le premier paragraphe de cet acte fixe le droit de bourgeoisie: toute personne résidant à Jumet, Heigne ou Roux doit être considérée comme bourgeois. Autrement dit, tous les habitants jouissent des mêmes privilèges, ce qui laisse penser que l’émancipation des serfs est désormais acquise. Un étranger venant s’établir à Jumet par mariage peut acquérir la bourgeoisie moyennant le paiement de quatre «vieux esterlins»[61]’[Note 10].
L’acte s’achève en mentionnant deux droits directement liés à l’exploitation du sol. Il y est précisé que les bourgeois sont autorisés à prélever de l’argile sur les terres du seigneur, à condition toutefois de ne pas lui causer de préjudice. Cette indication laisse supposer que des briqueteries existaient déjà à Jumet au XVesiècle. Il faut dire qu’en plusieurs endroits, le sous-sol de la région renferme une argile particulièrement adaptée à la fabrication de briques. Les habitants de Jumet avaient d’ailleurs acquis très tôt une solide réputation de briquetiers, un savoir-faire qui perdura jusque bien après la Première Guerre mondiale. De nombreuses maisons jumétoises sont encore aujourd’hui bâties avec des briques moulées et cuites sur place, à partir de l’argile extraite directement des fondations[62].
Cet acte de 1461 témoigne clairement de l’évolution de la notion de liberté au fil des siècles. On est désormais bien loin du serf soumis aux corvées et aux exigences arbitraires de son seigneur. Le paysan n’est plus attaché à la terre comme un esclave: il devient un véritable exploitant agricole, bénéficiant de droits reconnus et garantis par l’autorité seigneuriale. Cette nouvelle condition, une fois établie, restera en vigueur pendant plusieurs siècles et ne subira que de faibles transformations sous l’Ancien Régime[62].
Sous l’Ancien Régime, l’organisation administrative de Jumet relevait d’un système seigneurial simple mais durable. Le village dépendait directement de l’abbé de Lobbes, seigneur foncier exerçant des droits étendus : perception des redevances, corvées, taxes extraordinaires et droits de justice. Jumet dut ainsi contribuer à plusieurs reprises à des dépenses imposées par ses autorités supérieures, notamment en 1164 pour l’entretien du château de Thuin et en 1466 pour une rançon exigée après le sac de Liège. L’abbé tenait ses pouvoirs du prince-évêque de Liège, suzerain du domaine, mais disposait d’une large autonomie dans son fief. Un acte de 1702 précise ses prérogatives : octroi des autorisations pour les biens communautaires, contrôle des procureurs, suspension des plaids, et droit de rémission pour certains crimes. L’avoué, représentant militaire et protecteur du domaine, tirait également profit de ses fonctions : il percevait divers revenus et pouvait lever des hommes pour la guerre. Ce droit d’avouerie, héréditaire mais soumis à serment devant l’abbé, restait strictement encadré ; tout abus pouvait mener à la grande excommunication. L’avouerie de Jumet subsista jusqu’en 1616, lorsque les archiducs Albert et Isabelle l’échangèrent contre la seigneurie d’Eschérenne afin de permettre la fondation de Philippeville. L’abbaye de Lobbes récupéra alors l’ensemble des droits d’avouerie, à l’exception de la mortemain et du meilleur catel[63].
Depuis le Moyen Âge, la transformation la plus marquante du paysage jumétois est la disparition progressive des vastes forêts qui couvraient autrefois presque tout le territoire. Une monographie de 1962 signalait déjà que Jumet ne comptait plus que trois petits massifs le bois d’Heigne, le bois du Comte et le bois Puissant dont l’étendue n’a cessé de diminuer depuis. Ces bois constituent les derniers vestiges de la sylva carbonaria, la grande forêt charbonnière qui, à l’époque romaine, recouvrait une grande partie de la Belgique actuelle. Malgré sa réputation d’imperméabilité, elle fut progressivement défrichée par les Romains puis par les peuples germaniques. L'ancien nom du bois d'Heigne était bois Saint‑Pierre de Lobbes, il entourait presque entièrement le hameau de Heigne et s’étendait jusqu’au Piéton. Vers le nord, il rejoignait le bois des Hayettes (ancien bois Saint‑Michel du Sart), prolongé lui-même par le bois de la Prelle, propriété du seigneur de Gosselies au XIVesiècle[64].
Le bois de Sourdeval et le bois Brûlés se trouvaient à l’ouest, le bois d’Heigne se prolongeait vers Roux par le bois de Sourdeval, partagé au XIIIesiècle entre les seigneurs de Gosselies et le duc de Brabant avant d’être cédé à l’abbaye de Lobbes. Ce massif était bordé par le bois Brûlé, encore mentionné en 1548. Au sud, le bois de Sourdeval rejoignait le bois du Râle, défriché dès le XIIesiècle. Le toponyme Roux dérive d’ailleurs du germanique rode, signifiant «défriché». Au sud‑est, après une zone de landes, s’étendait le bois de la Coupe, depuis l’actuelle place du même nom jusqu’à Chaumonceau, puis vers Marchienne-au-Pont où il se prolongeait par le bois de La Docherie. La chapelle Notre‑Dame‑au‑Bois se trouvait alors en pleine forêt[65].
Toute la partie orientale de Jumet formait un ensemble forestier continu: bois des Hamendes, bois des Queuwes, puis bois de Soleilmont sur Gilly, encore partiellement existant aujourd’hui. Le bois des Hamendes jouxtait le bois du Trianoy, mentionné en 1377, prolongé par le bois de Rainspesse et le bois de Berisart. Plusieurs lieux‑dits de Ransart (Les Raspes, Bois des Dames, le Soquoy) témoignent de cette ancienne couverture forestière. Au nord, le bois du Trianoy rejoignait le bois de Hodiarbois, rattaché à Gosselies jusqu’en 1804. Le bois du Comte, aujourd’hui privé, en constitue l’un des derniers fragments. Au sud, la forêt se prolongeait vers Lodelinsart, où des toponymes comme Gros Fayt rappellent un ancien paysage de hêtraies sur sols graveleux[66]. Plusieurs anciens toponymes de Jumet témoignent de la présence réelle ou supposée de la faune forestière. La rue des Patriotes portait autrefois le nom de rue du Renard, tandis que l’actuelle rue de l’Étoile était connue comme rue de la Trappe au Loup, appellation qui désignait jadis tout le quartier et suggère l’existence d’un piège à loups. La rue de Condé était appelée localement èl pîd du leu. Cette forme résulte d’une confusion entre pîd et l’ancien wallon pîdge (du latin petreus, «voie empierrée»). L’expression pourrait donc signifier «sentier du Loup», peut‑être en référence à un animal aperçu ou abattu. Cependant, plusieurs toponymes apparentés tels que Pont‑de‑Loup ou Bois‑de‑Loup dérivent en réalité du terme ancien lo (du latin lucus, «bois»), déformé par étymologie populaire. La forme primitive Funderlo («le bois près du pont») en est un exemple. Appliquée au Pîd du Leu, cette étymologie suggère plutôt le sens de «sentier traversant le bois», possiblement l’une des plus anciennes voies de Jumet[67].
Temps Modernes
L’introduction de l’industrie verrière à Jumet est attribuée à la famille de Colnet, qui fonde au XVIIesiècle la première verrerie locale aux Hamendes. Cette installation, spécialisée dans le verre à vitre et les bouteilles, est détruite en 1690. Issue d’une lignée de verriers actifs en Allemagne, dans le Pays de Liège et aux Pays-Bas, la famille possédait des armoiries associant un faucon symbole du droit de chasse des gentilshommes verriers et des rameaux de fougère, rappelant l’usage de la potasse dans la fabrication du verre. La lignée s’éteint à la fin du XVIIIesiècle[68]. L’essor de la verrerie jumétoise revient à la famille de Condé, alliée aux de Colnet par mariage. Vers 1650, Jean de Condé introduit l’usage de la houille pour chauffer les fours, innovation déterminante dans la région. Au milieu du XVIIIesiècle, Jumet devient, avec Charleroi, l’un des principaux centres verriers des Pays-Bas méridionaux. La famille décline toutefois à la fin de l’Ancien Régime. La famille Falleur (Faller), d’origine sarroise, s’établit également à Jumet au XVIIesiècle et participe durablement à l’activité verrière. Malgré une tentative d’adoption de la particule nobiliaire, seule une partie de la famille l’utilise[69].
La famille Houtart, installée à Heigne à la fin du XVIIesiècle, joue un rôle majeur dans la modernisation de la verrerie régionale. Au XVIIIesiècle, elle fonde plusieurs ateliers et contribue à diffuser la technique du soufflage en canons, jusque‑là monopole des verriers allemands. Cette ouverture de l’apprentissage permet d’éviter une crise de main‑d’œuvre et favorise l’expansion de l’industrie. Plusieurs membres de la famille occupent des fonctions publiques, et la lignée compte de nombreux maîtres verriers[70].
La Principauté de Liège et le comté de Hainaut furent engagés durant plusieurs siècles dans une série de conflits territoriaux, auxquels s’ajoutèrent ensuite les États bourguignons et brabançons, ceux‑ci agissant en qualité de comtes de Hainaut. La Principauté, issue de donations royales et non d’agrandissements militaires, formait un ensemble morcelé comprenant de nombreuses enclaves, situation qui lui conférait un statut particulier dans l’espace politique régional[71].
Jumet, possession liégeoise depuis la donation de l’abbaye de Lobbes à l’évêque de Liège en 888, occupait une position frontalière stratégique entre Hainaut, Brabant et Namur. Son éloignement du centre liégeois favorisa des liens pratiques avec les juridictions voisines, entraînant litiges, chevauchements de compétences et interventions répétées des autorités hennuyères et brabançonnes. L’avouerie de Jumet, concédée en 1201 au comte de Hainaut, devint une source récurrente de tensions. Intégrée aux possessions bourguignonnes en 1428, elle permit aux ducs de Bourgogne puis aux souverains espagnols d’affirmer périodiquement des droits sur le territoire, malgré la souveraineté reconnue du Prince‑Évêque. Plusieurs épisodes taxation de guerre en 1470, conflits forestiers au XVIesiècle, construction de Philippeville en 1616 illustrent ces rivalités[72].
Au XVIIesiècle, les troubles politiques liégeois et la présence de troupes étrangères accentuèrent l’ambiguïté locale. Une partie de la population jumétoise manifesta une préférence pour l’autorité brabançonne, tandis que les institutions liégeoises réaffirmaient régulièrement leur souveraineté. Malgré ces tensions et les pratiques opportunistes de certains habitants, Jumet demeura officiellement terre liégeoise jusqu’à la fin de l’Ancien Régime[72].
Au XVIIesiècle, la terre de Jumet fit l’objet d’un long conflit de juridiction entre la Principauté de Liège et le Brabant. En 1656, lors de l’autorisation du canal de la Sambre par Philippe IV, la neutralité de Jumet est implicitement reconnue, le roi précisant que les barques passant par le territoire ne peuvent être soumises à aucune imposition[Note 11]. En 1666, le Conseil Privé du Roi confirme que Jumet relève de la Principauté de Liège, position réaffirmée en 1668 par le prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière, qui y confirme la haute justice liégeoise et accorde divers privilèges aux habitants. Malgré ces déclarations, le Brabant multiplie les ingérences administratives et judiciaires. À partir des années 1690, plusieurs habitants et magistrats de Jumet contestent l’autorité liégeoise et se tournent vers les institutions brabançonnes, provoquant une série de conflits entre les deux pouvoirs[73].
En 1702, la Conférence alliée, chargée de gouverner les Pays-Bas durant la guerre de Succession, tranche en faveur de Liège et reconnaît officiellement Jumet comme terre liégeoise. Le différend se prolonge néanmoins au XVIIIesiècle. Des incidents, dont l’arrestation du sergent Pierre Richir en 1734, ravivent les tensions. À partir de 1743, l’administration brabançonne impose progressivement ses règlements à Jumet, sans réaction notable du prince-évêque. Le 28 juin 1780, le prince-évêque renonce finalement à toute prétention sur Jumet au profit de l’impératrice Marie‑Thérèse. Jumet devient alors officiellement brabançon, mettant fin à plusieurs siècles de contestation territoriale[74].
Pays-Bas autrichiens (1713-1794)
Jumet est à la limite du duché de Brabant (Marchienne-au-Pont relève de la Principauté de Liège, Charleroi-Dampremy-Lodelinsart du comté de Namur, Gosselies et Ransart sont terres franches du duché de Brabant. Pendant le XVIIIesiècle, jusqu'en 1780, le lien avec les princes-évêques de Liège est présumé nominal et c'est en vain que ces derniers réclament ces terres de bout de ligne, enclavées quasi dans les Pays-Bas[56].
À Jumet, la période révolutionnaire laissa peu de traces matérielles, mais les archives communales témoignent des difficultés subies par la population. Dès 1794, le village fut successivement occupé par des troupes autrichiennes puis françaises, qui imposèrent logements, réquisitions de chevaux, de chariots et de fourrage, ainsi que la fourniture de guides locaux. Bien que la commune ait pris en charge une partie des frais, ceux‑ci furent remboursés en assignats dévalués. L’hostilité envers le nouveau régime culmina avec la destruction de l’« Arbre de la Liberté » planté sur la place communale, un incident qui fit écho jusqu’à Bruxelles[76]. Le prieuré de Heigne fut vendu en même temps que l'église. L'église devient par la suite un magasin à verre d'une verrerie à bouteilles et à vitres, fondée par Henri Houtart à Heigne en 1760[77].
L'Entreprenant, un aérostat gonflé à l'hydrogène, est acheminé de Maubeuge - où a été construite une unité gazière - jusqu'au plateau du moulin de Jumey où il sera utilisé. Le ballon gonflé et dépourvu de sa nacelle est traîné par des cavaliers; il traverse Jumet le , «...le général Jourdan a témoigné le désir qu'il (l'aérostat) pût être transporté à Jumet pour juger les mouvements de l'ennemi qu'on soupçonnait se rassembler, l'ordre a été donné et il a passé la Sambre à 4 heures, est arrivé vers 6 h 1/2 à Jumet, il marchait au grand trot des cavaliers d'escorte qui tenaient les cordes»[78].
Le ballon s'est élevé depuis le plateau occupé actuellement par le dépôt du TEC Charleroi et l'extrémité ouest de la piste de l'aéroport de Gosselies. C'est là aussi que se trouvait l'état-major[79] du général français Jourdan et les représentants du Peuple Guyton de Morveau, Gillet et Saint-Just, «sur le plateau du moulin de Jumey…»[Note 12] situé à l'altitude approximative de 180 mètres[80].
En juin 1815, lors de la campagne des Cent-Jours, Napoléon entre en Belgique et atteint Charleroi le . Le 16, il engage les Prussiens à Ligny tandis que le maréchal Ney marche vers les Quatre-Bras. À Gosselies, l’avant‑garde française affronte des troupes prussiennes, mais l’intervention des lanciers de Piré et l’arrivée des corps de Reille et d’Erlon permettent la prise rapide de la localité[81].
La jonction entre Ney et Reille s’effectue à Belle‑Vue, où Ney échappe de peu à un tir isolé provenant de la verrerie Falleur. Le , les habitants de Jumet entendent toute la journée le canon de Waterloo. Après la défaite de Mont‑Saint‑Jean, la chaussée est envahie par les débris de l’armée française en retraite. Napoléon traverse Jumet vers trois heures du matin, en route vers Philippeville, abandonnant à Charleroi une partie de ses effets personnels. Selon la tradition locale, deux habitants de Jumet ainsi qu’un nommé Cowache de Charleroi se seraient emparés de certains objets impériaux, dont un chapeau attribué à Napoléon, vendu par la suite pour quinze francs[81].
Le royaume uni des Pays-Bas (1815-1830)
À la fin de l'année 1815, dès la constitution du royaume uni des Pays-Bas, Jumet s'étendait sur plus de 9 km, de Ransart à Courcelles (lieu-dit Rianwelz). La commune de Jumet est, à cette époque, divisée en quatre sections. Les habitants de la quatrième section, composée des hameaux du Roux, de Hubes et de Wilbeauroux réclament l'indépendance. En conséquence, la commune de Jumet en est amputée en 1819[82].
Après la chute de l’Empire napoléonien, les provinces belges sont intégrées au Royaume uni des Pays-Bas (1815‑1830). Cette période est marquée par une politique de centralisation hollandaise : imposition du néerlandais comme langue officielle, contrôle de la presse, exclusion des Belges surtout des Wallons des fonctions publiques et alourdissement de la fiscalité. Ces mesures nourrissent un mécontentement croissant qui conduit à la Révolution belge de 1830. Les premiers troubles éclatent à Bruxelles le , puis l’opéra La Muette de Portici déclenche l’émeute le 25. Dans la région de Charleroi, l’un des initiateurs locaux est Auguste Frison (1795‑?), brasseur installé à Jumet et opposant précoce à l’administration hollandaise. Le , il mobilise des patriotes de Jumet, rejoints par ceux de Lodelinsart et Dampremy, pour une démonstration armée à Charleroi et pour chasser la garnison hollandaise de leur commune[83].
Avec Antoine Fonson, François‑Joseph Houtart et Louis Puissant, Frison organise ensuite le soutien logistique aux insurgés bruxellois : achat d’armes, création d’une garde bourgeoise et coupure des communications de la forteresse de Charleroi. Le drapeau belge est hissé dans plusieurs communes le . Le , un contingent de volontaires de la région dont trente‑deux Jumétois part combattre à Bruxelles. Parmi eux, Jean‑Charles Dehennaut (1793‑1830), originaire de Jumet et engagé avec la compagnie de Gosselies, est tué le lors des combats près de l’Hôtel de Belle‑Vue. Il est inhumé à la place des Martyrs, et sa famille reçoit une pension du nouveau gouvernement belge[84].
En 1818, la commune de Jumet constitue l’un des pôles verriers les plus actifs de la région carolorégienne. Cinq établissements sont alors en activité: La verrerie de la Brûlotte, propriété de la veuve Alexandre Drion. La verrerie de Heigne, exploitée par Emmanuel Houtart. Deux verreries appartenant à Henry Houtart, situées respectivement à Belle‑Vue et à la Coupe. La verrerie du Bois‑del‑Ville, dirigée par Jean‑Joseph Ledoux. Ces ateliers, héritiers d’une tradition verrière implantée dès l’époque moderne, témoignent de la densité industrielle déjà présente dans le paysage jumétois avant l’essor des grandes manufactures du XIXesiècle[13].
À la même époque, l’exploitation houillère se développe progressivement sur le territoire communal. Le plan cadastral de 1818 signale cinq puits en activité, encore modestes et de type cayats, c’est‑à‑dire des fosses peu profondes et de faible extension, sans commune mesure avec les charbonnages mécanisés qui apparaîtront plus tard. Les sites répertoriés sont les suivants: Un puits communal, situé à l’emplacement de l’actuelle rue des Combattants, dans le quartier de la Station. Deux puits relevant du «Gouvernement belge», identifiés comme les puits de Chaumonceau et de Gohissart; ce dernier se trouvait à l’emplacement de l’église actuelle de Gohyssart. Un puits au champ du Pont Lotin, approximativement à mi‑chemin entre le Carrosse et l’ancien hôpital civil, exploité par Pierre Poschet, originaire de Chimay. Un puits de la rue Pont‑Bergerand, situé en contrebas du «Vieux Gohissart», exploité par la Société du Bois de Jumet, future Société d’Amercœur (1880). Le plan de Delnest ne mentionne que les exploitations encore actives en 1818. Il est toutefois établi que de nombreux autres cayats avaient été ouverts puis abandonnés auparavant. Plusieurs de ces anciennes fosses seront ultérieurement remises en service, soit par la Société d’Amercœur, soit par le charbonnage du Centre de Jumet[13].
Depuis l'indépendance belge
Auguste‑Joseph Frison est élu premier bourgmestre de Jumet le . Dès son entrée en fonction, il renonce à ses émoluments et souhaite la gratuité de la charge, initiative relayée par d’autres magistrats. Il siège à la Chambre des représentants en 1833 et 1839, puis reçoit le titre de chevalier de l’Ordre de Léopold le . François‑Joseph Houtart, ancien combattant des affrontements de la Montagne‑de‑Fer, du Parc et de Campenhout, devient à son tour membre de la Chambre des représentants avant d’exercer un mandat de sénateur de 1863 à 1870[85].
Au cours de la seconde moitié du XIXesiècle, Jumet connaît une phase de transformation sociale marquée par l’affirmation du mouvement ouvrier et l’émergence d’une génération de patrons qualifiés de « sociaux » ou « progressistes ». Dans ce contexte, plusieurs initiatives structurantes voient le jour : Schmidt et Falleur organisent les ouvriers verriers, tandis que Callewaert fonde à Gohyssart le premier syndicat de houilleurs de la localité et du pays sous le nom de l'Union des Mineurs et une coopérative dénommé Eurêka. Parallèlement, des industriels tels qu’Henri Lambert et Jules Francq développent des conceptions sociales novatrices et s’intéressent activement aux conditions de vie des travailleurs les plus modestes. Ces évolutions se reflètent rapidement dans la vie politique locale. Dès les années 1870, des représentants du courant libéral progressiste le Parti Ouvrier Belge n’étant fondé qu’en 1885 accèdent au Conseil communal de Jumet. Les bourgmestres Léopold Jacqmain et Jean‑Baptiste Ledoux se distinguent alors par une politique axée sur l’amélioration des conditions de vie de la population. Sous leur administration, la commune modernise ses infrastructures, renforce ses équipements collectifs et accorde une attention particulière au développement de l’enseignement et de la formation professionnelle. L’action de ces édiles contribue à façonner durablement la physionomie de Jumet, dont plusieurs traits caractéristiques actuels trouvent leur origine dans les aménagements réalisés durant cette période[86]’[87].
Le Monde illustré du , illustrant le pillage des verrerie et le château Baudoux.Le château d'Eugène Baudoux après l'incendie en mars 1886.L'étenderie de la verrerie Baudoux après l'incendie de 1886.
L’émergence du mouvement ouvrier à Jumet remonte aux années 1866‑1868, période marquée par les premiers troubles sociaux dans la région. Quatre unions ouvrières y sont alors actives: les Affranchis de Jumet, les Francs Prolétaires de Houbois, les Libres Penseurs de Gohissart et un groupe non nommé à Heigne. Ces associations, encore éloignées de la forme syndicale moderne, rassemblent les travailleurs autour d’idéaux communs face à la misère et à l’exploitation. À partir de 1880, les ouvriers tendent à se regrouper par métier. En 1882, Albert Delwarte, Oscar Falleur et Xavier Schmidt fondent l’Union Verrière à Lodelinsart, en réaction à la volonté patronale d’introduire une main‑d’œuvre meilleur marché et de réduire les salaires des ouvriers du verre chaud. L’Union s’installe à Charleroi en 1883. L’introduction des fours à bassin en 1886 provoque une grève qui dégénère en émeute: plusieurs verreries, dont celle de Baudoux, sont détruites, et les dirigeants de l’Union Verrière sont condamnés à de lourdes peines. L’organisation se désagrège, entraînant la création de multiples petits syndicats. En 1894, Edmond Gilles fonde à Lodelinsart la Nouvelle Union Verrière, regroupant l’ensemble des métiers du verre chaud et du verre froid. Devenue influente, elle est toutefois fragilisée par des dissensions internes. Une grève à la verrerie Misonne en 1903 entraîne le départ d’une partie des coupeurs, puis la scission définitive en 1904 au profit du syndicat des coupeurs et magasiniers verriers. Ce dernier fait construire à Jumet L’Idéal, un vaste complexe comprenant salles de réunion, de spectacle et de projection. Important lieu de sociabilité ouvrière, il fonctionne jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. L’édifice est détruit par un incendie dans les années 1960 et remplacé par un bâtiment commercial[88].
À la fin du XIXesiècle, l’industrie belge est frappée par une crise économique majeure. L’effondrement des marchés, la hausse des prix et la diminution des salaires provoquent une dégradation rapide des conditions de vie des ouvriers, déjà fortement précarisés dans les bassins industriels du pays. Cette conjoncture alimente un mécontentement social croissant qui, en 1886, se transforme en un vaste mouvement de contestation. Dans le bassin industriel du Pays Noir, la grève débute le au puits Sainte-Henriette à Fleurus, avant de s’étendre à la fosse du Nord de Gilly. Le mouvement gagne rapidement l’ensemble de la région. Les grévistes se dirigent vers Charleroi-Nord et imposent l’arrêt du travail dans plusieurs établissements, notamment les ateliers Libotte, la verrerie Brasseur et la chaudronnerie Frère. Au cours de la journée, plusieurs verreries Jonet, Fourcault, Gilson et Dorlodot sont saccagées, tandis que les forces de l’ordre sont massivement mobilisées à Charleroi[89].
Vers 16 heures, un groupe estimé entre 4 000 et 5 000 grévistes, rejoints par des femmes et des enfants, se dirige vers les Hamendes. L’usine locale est pillée, détruite puis incendiée. La verrerie Baudoux est également prise pour cible; son propriétaire ne doit son salut qu’à la fuite, les émeutiers cherchant à le précipiter dans le bassin de verre en fusion. Après la destruction de l’établissement industriel, les manifestants s’en prennent à la demeure de la famille Baudoux, qu’ils pillent et incendient. Une trentaine de lanciers dépêchés sur place doivent battre en retraite face à la foule. Alors que la verrerie et le château brûlent, les troubles se propagent à l’ensemble du Pays Noir. Une colonne de grévistes se dirige vers Roux, où les affrontements avec les forces de l’ordre provoquent vingt morts et de nombreux blessés. Les émeutes ne prennent fin que le , après plusieurs jours de violences. La répression judiciaire qui suit est particulièrement sévère[Note 13]. De nombreux ouvriers sont condamnés à de lourdes peines ou contraints à l’exil. Une partie d’entre eux émigre vers les États-Unis, où ils fondent de nouvelles verreries qui, au fil du temps, deviendront concurrentes de l’industrie verrière belge. La commune de Jumet constitue l’un des principaux foyers de cette émigration. Les événements de 1886 marquent durablement la mémoire ouvrière et jouent un rôle important dans l’évolution des mouvements sociaux en Belgique[90].
Au XIXesiècle, la Wallonie connaît une grave crise économique touchant à la fois l’industrie et l’agriculture. La baisse des salaires, la hausse du coût de la vie et les épidémies agricoles poussent de nombreux ouvriers, notamment des verriers, à émigrer vers les États‑Unis, où les salaires sont nettement plus élevés. À partir du milieu du siècle, plusieurs centaines de familles wallonnes dont plus de deux cents originaires de Jumet s’installent principalement au Wisconsin et en Pennsylvanie. Le long de la ligne Pittsburgh–Greensburg, une nouvelle communauté verrière se forme autour d’une usine fondée par l’Américain H. S. Mackee. La localité, d’abord surnommée New-Jumet, est officiellement nommée Jeannette en 1888, en hommage à l’épouse jumétoise du fondateur de la verrerie, devenu maire. L’immigration wallonne se poursuit jusqu’au début du XXesiècle, laissant une forte empreinte culturelle et onomastique dans la région, où de nombreux habitants portent encore des noms d’origine jumétoise[91].
La chaussée de Bruxelles au début du XXesiècle.
Au niveau santé, le premier établissement hospitalier moderne de la commune fut la clinique privée du docteur Louis Dogniaux, ouverte en 1892 à Heigne. En 1902, l’établissement connut une première extension avec la construction d’un bâtiment supplémentaire portant sa capacité à environ 130 lits[Note 14]. En 1909, Dogniaux fit édifier, à la rue du Masy, un hôtel-dieu destiné à l’accueil des patients indigents. Parallèlement à ces initiatives privées, les notables locaux organisèrent, dès le début du XXesiècle, diverses manifestations populaires afin de financer la création d’un hôpital civil. Ce projet aboutit en 1911 avec l’inauguration d’un hôpital-sanatorium, construit sans subvention publique et considéré comme l’un des établissements les plus modernes de la région. Devenu obsolète après un demi‑siècle d’activité, l’hôpital fut désaffecté et remplacé en 1968 par une nouvelle clinique située rue de Gosselies. Cette dernière, à son tour dépassée par l’évolution des techniques médicales et pénalisée par sa proximité avec l’aéroport, fut abandonnée au profit de la Polyclinique de la Madeleine, implantée rue de Borfilet, puis démolie en 2006[92].
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la localité de Jumet joua un rôle notable dans l’organisation de la résistance en province de Hainaut. Dès 1941, elle devint l’un des foyers du Mouvement National Belge, au sein duquel fut établi le Grand état-major provincial. Les membres du MNB, activement pourchassés par les autorités d’occupation allemandes, subirent de lourdes pertes: dans la seule province de Hainaut, 119 résistants affiliés au mouvement furent tués. Un monument commémoratif fut inauguré le dans la rue Ledoux afin d’honorer ces victimes. Le médaillon qui l’orne représente Émile Ruiters, chef provincial du MNB pour le Hainaut et ses extensions. Avec Albert Losa, originaire de Lodelinsart, il participa à la structuration du réseau résistant dans la région de Charleroi. Arrêté le , Ruiters mourut en captivité au camp de Gross-Rosen, en Allemagne, le [93]. Sous l'occupation allemande, Jumet a été intégrée dans le Grand Charleroi, elle fessait partie alors du District III de 1942 à 1944.
En 1944, dans le cadre des opérations préparatoires au débarquement allié, l’aviation américaine intensifia ses bombardements sur les infrastructures de communication. Le , un raid visant la gare de formation de Monceau manqua sa cible et frappa plusieurs rues de Jumet, notamment les rues des Aiselies, Anseele, Masure et de la Madeleine. La rue Masure fut particulièrement touchée: environ une centaine d’habitations furent détruites, causant 52 morts et plus de 60 blessés graves. Un monument dédié aux victimes fut ultérieurement érigé devant l’école de la rue Anseele[94]. Le , les troupes américaines traversèrent Jumet en empruntant la chaussée, poursuivant l’armée allemande en retraite lors de la libération de la région[95].
Après la guerre, l'émergence de nouvelles sources d'énergies, de nombreux charbonnages ferment leurs portes. C'est le cas des puits Saint-Louis et Saint-Quentin en 1967[96]’[97], Chaumonceau en 1957[98], Belle-Vue en 1961[99] et Hamendes en 1960[100]. En 1977, la commune de Jumet a été fusionnée avec Charleroi. En 1997, la verrerie Verlipack anciennement Verrerie de la Coupe a fermée définitivement ses portes ce qui marquera la fin de toutes activités verrière dans la commune[101].
Le dernier bourgmestre de la période hollandaise est Auguste Puissant. Viennent ensuite:
Auguste Frison (1795-1870) philanthrope et franc-maçon, bourgmestre de 1830 à 1857.
Clément Tahon (1828-1877) avocat catholique, bourgmestre de 1857 à 1864, issu de la famille qui a exploité le moulin à vent du lieu-dit Bellevue qui a servi de poste d'observation aux armées françaises lors de la bataille de Fleurus (le ballon de Fleurus).
Léopold Jacqmain (1813-1898), notaire libéral, bourgmestre de 1864 à 1877.
Jean-Baptiste Ledoux (1835-1917), philanthrope franc-maçon libéral et anticlérical, bourgmestre de 1877 à 1912, à l'origine de la construction d'un orphelinat et de la maison de retraite pour personnes âgées.
Joseph Lauwers (1867-1933), avocat libéral, bourgmestre de 1912 à 1919 (démissionnaire le ). François Dewiest fera fonction de bourgmestre en 1919 et 1920.
Jules-Maximilien Francq (1860-1933), commerçant et dirigeant d'une petite entreprise, libre-penseur et franc-maçon anticlérical, bourgmestre de 1920 à 1922, démissionnaire de cette fonction le .
Aimable-Pierre-François Dewiest (1864-1943), agent d'assurances, bourgmestre socialiste de 1922 au , date de l'incorporation de Jumet dans le Grand Charleroi; pour raison de santé, il est remplacé le par Auguste Delvaux, bourgmestre faisant fonction.
Auguste Delvaux (1875-1951), ouvrier verrier étendeur, bourgmestre socialiste de 1944 à 1951.
Marceau Remson (1900-1978), employé, bourgmestre socialiste de 1951 à 1964.
Jean Deterville (1923), docteur en droit, bourgmestre socialiste de 1965 à 1970.
Raymond Payen (1923-1997), chef d'entreprise, bourgmestre social-chrétien de 1971 à 1976[103].
Construit en 1913 par l'architecte E. Claes, sa façade Art nouveau en béton témoigne d'un certain modernisme éclectique avec des emprunts de modern-style. Bâtiment désaffecté en 1986 puis classé en 1992[104],[105].
Maison communale
Située sur la place du Chef-Lieu, c'est le plus ancien Hôtel de Ville conservé dans l'entité de Charleroi.
C'est un édifice néo-classique construit entre 1825 et 1827 d'après les plans de l'architecte Jean Kuypers, qui deviendra plus tard l'architecte de la ville de Charleroi où il sera l'auteur du Palais de Justice de la place de la Ville Haute et de l'église Saint-Antoine à la Ville Basse[106].
Façade enduite alignant des fenêtres rectangulaires sur deux niveaux marqués par des bandeaux. Travées d'entrée en saillie, ouvertes au rez-de-chaussée par une triple arcade en plein cintre, surmontées d'un étage supplémentaire percé d'une fenêtre en demi-lune. À droite, petit corps contemporain, traité de la même manière, avec au rez-de-chaussée une travéeserlienne[107].
La construction du château Mondron, sans doute le plus remarquable des châteaux d'industrie de la région, débute en 1881 à l'instigation de l'industriel Valentin Lambert (1810-1886) qui jouera un rôle considérable dans le développement de la verrerie à vitres. Géré par l'A.S.B.L. Saint-Lambert-Mondron, il se prête à la location de salles dans un cadre d'espaces verts aménagés. Le château est le point de chute de la marche Sainte-Rita de Jumet-Hamendes[108]. Une église fut ajoutée en 1929 à la suite de la demande des héritiers des familles Mondron et Lambert sous la dédicace de Saint-Lambert[108].
Monuments commémoratifs
Monument aux morts de Jumet
Le monument aux morts.
Il est situé rue de la Station, il a été inauguré le . En 1919, des fonds ont étés récoltés ainsi qu'un comité qui a été formé pour l'élevé. Ce monument est l'œuvre du sculpteur Weygers. La statue du «Semeur de la Paix» a été placée en remplacement d'une lanterne électrique qui surmontait le monument. Après la Seconde Guerre mondiale, le monument fut complété des noms des 139 victimes militaires et civils et une urne en bronze est ajouté ou se trouve la «flamme du souvenir»[109]’[110].
Le Ballon de l'an II
Le Ballon de l'an II, sculpture sur la place du Ballon.
Cette œuvre de l'artiste Giuseppe Miggiano est exposée au carrefour de la place du Ballon[Note 15]. Elle commémore le passage à cet endroit, le 24 juin 1794, d'un ballon à hydrogène transporté depuis Maubeuge, pour observer les mouvements des coalisés avant et pendant la bataille de Fleurus en 1794 (An II de la première république)[111].
Autres monuments commémoratifs
Parmi les monuments et plaques de commémorations qui se trouvent sur le territoire de Jumet on note notamment:
une stèle dédiée à Robert Arcq, écrivain et historien à côté de la chapelle de Heigne;
deux plaques qui commémorent les 600e et 652e du Tour de la Madeleine situées à l'entrée de la place Jules Francq;
un monument aux victimes des bombardements du quartier Saint-Roch, située devant l'école communale de Heigne, rue Anseele[112];
l'arbre du centenaire de l'indépendance de la Belgique a été planté en 1930 derrière le monument aux morts, rue de la Station[110];
une stèle qui commémore le jumelage de Jumet avec Saint-Junien, situé derrière le monument aux morts[113];
une statue d'un mamelouk, édifiée en 1999 sur un rond-point dans le quartier de la Malavée;
un buste à l'effigie d'Orsini Dewerpe, enseignant, auteur-compositeur et musicien, installé devant l'athénée du même nom;
le monument en mémoire du Mouvement National Belge, installé en novembre 1947 à la rue Ledoux[93];
un monument aux victimes des deux guerres situé dans le cimetière du Chef-Lieu;
deux plaques commémoratives dédiées aux volontaire de 1830 et aux Jumétois morts au Congo, imposées dans l'ancienne maison communale;
un monument dédié aux 241 victimes de la Serna[114]’[115], élevé dans le zoning de Jumet.
Patrimoine religieux
La chapelle Notre-Dame de Heigne.L'église Saint-Sulpice.
La chapelle Notre-Dame de Heigne
La chapelle Notre-Dame de Heigne est un édifice religieux classé de style roman datant du XIIesiècle, ayant subi des transformations aux XVIIeetXVIIIesiècles[14]. C'était un lieu de pèlerinage relativement important dépendant du prieuré de Heigne, fondé en 1231[116] et situé à Jumet, prieuré dépendant de l'abbaye de Lobbes[117]. En 1937, des fouilles sont effectuées par l'architecte Simon Brigode auxquelles succèdent une restauration de l'édifice.
La chapelle Notre-Dame des Affligés de Jumet, classée en 1980, est un lieu de pèlerinage connu depuis le XVIesiècle. La chapelle actuelle fut construite en 1677 et agrandie en 1707[118].
L'église Saint-Sulpice de Jumet a des origines très anciennes. Les traces matérielles les plus anciennes d'un édifice religieux à cet endroit datent du Xesiècle. Trois églises précédant la construction actuelle sont identifiées lors de fouilles effectuées en 1967. De style classique, le bâtiment actuel est érigé entre 1750 et 1753 par un architecte anonyme. L'église de brique et pierre calcaire est très homogène. Elle est classée depuis 1949 au patrimoine culturel[119].
«L'église de Gohyssart à Jumet, intéressant témoignage de l'art religieux du XIXesiècle (Introduction de Luc-Francis Genicot)[120]», est une église de style néo-roman (1863-1866), consacrée le , édifiée d'après les plans de l'architecte tournaisien Justin Bruyenne (1811-1896) «dans l'effervescence exaltée d'une région en pleine révolution industrielle et en proie à une transformation sociale profonde et irréversible (préface de Jean-Pierre De Clercq)[121]», près du chemin où est passé le ballon L'Entreprenant, en 1794, et où circule le charroi transportant la production houillère de la fosse Saint Louis (rue du Pont Bergerand) et de la Fosse du Ballon (ou fosse Cense) voisine vers le pavé Puissant (rue Puissant) et la chaussée de Bruxelles. Elle est proche aussi de la fosse Amercœur dite Fosse Notre-Dame-au-Bois dont le potentiel de la production nécessite l'importation d'une main-d'œuvre très importante que l'Église catholique veut garder dans son giron.
L'église Saint-Joseph
L'église Saint-Joseph.
À la fin du XIXesiècle, le hameau de Houbois, anciennement dispersé dans la campagne, connaît un essor démographique lié au développement industriel et à l’arrivée d’ouvriers verriers et mineurs. Situé à plus de trois kilomètres du centre de Jumet, le quartier obtient en 1868 l’autorisation de construire une chapelle dépendante de la paroisse Saint‑Sulpice. En 1869, le curé André acquiert un terrain de 74 ares auprès de Mlle Daubresse, moyennant une rente viagère et diverses obligations religieuses. Les travaux sont toutefois retardés par le manque de moyens financiers. Les plans de l’architecte Cador, déposés en 1876, doivent être réduits: la tour, les tourelles et deux travées sont supprimées[Note 16], ne laissant que des fondations inachevées sous l’actuelle place. Malgré souscriptions, dons et subsides, la Fabrique d’église connaît de graves difficultés budgétaires tout au long du chantier. L’adjudication est attribuée en 1877 aux entrepreneurs Lombard et Léon, et l’édifice est progressivement achevé entre 1879 et 1881, non sans incidents, notamment la destruction des vitraux peu après leur pose[122].
L’église fut achevée en 1880, mais les dettes persistèrent plusieurs années. La Fabrique d’église ne respecta par ailleurs pas les conditions du don du terrain effectué en 1876 par le curé André, qui prévoyait la préservation d’un espace planté d’arbres; une partie fut utilisée pour la construction de l’école des Sœurs. Houbois fut érigé en paroisse autonome le , sous le vocable de Saint-Joseph. Le curé André, décédé en 1887, ne connut pas l’aboutissement de son entreprise[123].
L'église du Sacré-Cœur
L'église du Sacré-Cœur.
Le quartier du Try-Charly, à Jumet, demeura jusqu’au milieu du XIXesiècle un hameau peu développé, composé de quelques habitations modestes dont subsistent encore des exemples rue du Bay. Son essor débuta avec le percement de la ligne du Grand Central et l’établissement d’une gare à la Brûlotte, ainsi qu’avec l’expansion de l’industrie verrière, qui en fit l’un des pôles urbains majeurs de Jumet à la fin du siècle. L’augmentation de la population entraîna la création d’une chapelle de proximité. Une ancienne Maison du Peuple, construite vers 1892 rue Vandervelde et vendue en 1905, fut acquise par des vicaires et aménagée en chapelle provisoire. Celle-ci fut reconnue par arrêté royal le comme dépendance de la paroisse Saint-Sulpice[124].
La construction d’une église définitive devint rapidement nécessaire. En 1920, les terrains de l’ancienne savonnerie Frère, rue du Bay, furent achetés pour cet usage. L’édifice, bâti en 1922 selon une technique rapide mêlant béton armé et remplissage en briques, fut achevé début 1923. La cloche fut bénie le et l’église consacrée le . Des travaux de toiture durent être réalisés en 1929 en raison d’infiltrations. La chapelle provisoire fut aliénée en 1924 et redevint habitation privée. Le , la création d’une paroisse propre au quartier fut jugée opportune. Le , l’évêque Carton de Wiart érigea la paroisse du Sacré-Cœur, détachée de Saint-Sulpice, décision confirmée par arrêté royal du . Le Try-Charly devint ainsi la quatrième paroisse de Jumet[125]. L'église du Try-Charly est sur le même plan que celle de Genval dans le Brabant-Wallon[126].
La chapelle Notre-Dame-au-Bois
La chapelle Notre-Dame-au-Bois.
Chapelle de style baroque tardif construite une première fois en 1757 pour commémorer des événements miraculeux, démontée et reconstruite en retrait de la route par Clément Bivort en 1855. La chapelle est un lieu de pèlerinage[127].
Construit en brique et pierre calcaire sur un plan rectangulaire, l'édifice, monté sur un petit soubassement appareillé et cantonné de pilastres de briques, se termine par un chevet semi-circulaire aveugle. En façade, entre deux harpes d'angle, porte à encadrement calcaire à crossettes surmontée d'un entablement à fronton semi-circulaire portant le chronogramme «Vierge Marie/Danc Ce boIs/eXaVCe/nos VoeVX» (1741).
Large cordon larmier se prolongeant latéralement en corniche. Pignon en forme de fronton en plein cintre bordé de pierre et flanqué de volutes. Deux registres séparés par un cordon, comportant l'un, un second chronogramme «Mère De grâCe InfInIe/reCeVez/toVs nos VoeVX» (1733), l'autre, une niche en plein cintre à encadrement calcaire.
Le temple protestant de Gohyssart, faisant partie de l'Église Unie de Belgique.
Parmi le petit patrimoine religieux et d'autres lieux de culte qui existe actuellement ou qui on disparues qui se trouve sur le territoire de Jumet on note notamment:
le temple protestant, il est situé rue Dewiest à Gohyssart et il a été inaugurée le [129];
la potale dédiée à Saint-Hubert. Datant du XVIIIesiècle, elle se situait avant encastrée dans le mur qui longe l'ancienne propriété du charbonnage d'Amercœur, qui était située en face du cimetière de Goyssart, elle a été déplacée à côté de la chapelle Notre-Dame du Bois[130]’[131];
la chapelle Saint-Roch, située rue Anseele, une première chapelle fut construite en 1714 mais elle fut détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et elle fut reconstruite en 1951[132]’[29];
la chapelle Notre-Dame de Beauraing, située rue Puissant;
la chapelle Notre-Dame de Fatima, située dans rue de la Station. Elle remplace une chapelle édifiée en 1848, l'actuelle date de 1953;
la chapelle Saint-Ghislain, située rue Derbèque, elle fut construite au XVIIIesiècle mais elle fut détruite[133]’[28];
la chapelle Notre-Dame de la Consolation, elle se situe rue de la Consolation. Elle date du XVIIIesiècle[134];
la chapelle Notre-Dame de Tongre, situé place de Tongre, elle avait été bâtie en 1660 mais elle fut détruite en 1903 pour dégager la place[135]’[136]’[137];
la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, elle était située dans le quartier du Try-Charly, au coin des rues Biernaux et de la Station. Suite à la rectification de la rue, elle fut démolie en 1907[138];
la chapelle Saint-Antoine, elle fut édifiée au coin de la place du Ballon et de la rue César De Paepe mais elle fut démolie à la fin du XIXesiècle[138];
un calvaire avait été édifiée au lieu-dit du Fond Sacrot, au coin des rues de l'Industrie et Jeannette (anciennement rue Paul Pastur). Elle fut démolie avant le Seconde Guerre mondiale puit reconstruite sur un pignon d'une maison[139] mais elle fut détruite lors de la construction d'un garage en 1983[140].
La chapelle Notre-Dame des Affligés.
Intérieure de l'église Saint-Lambert, accolée à l'arrière du château Mondron.
Jumet c'est aussi le Tour de la Madeleine, qui est à la fois une procession religieuse et une marche folklorique, où plusieurs milliers de figurants défilent le dimanche le plus proche du 22 juillet, fête de Sainte Marie-Madeleine.
Marche Sainte Rita de Jumet-Hamendes
Depuis 2001, une marche folklorique, en l'honneur de Sainte Rita se déroule dans le quartier de Jumet-Hamendes. La rentrée et les temps forts de cette marche s’articulent autour du Château Mondron. Elle a lieu chaque année le deuxième dimanche de septembre[141].
Culture locale
Média
Depuis 1980, Jumet a sa propre radio locale intitulée J600 (J pour Jumet et 600 parce que créée pour le 600eanniversaire du Tour de la Madeleine). Elle émet chaque jour en fréquence modulée 106.1.
Cette radio, dont les émissions sont animées par des bénévoles, émet depuis le quartier de Heigne. Lors des festivités du Tour de la Madeleine, elle en retransmet les événements les plus marquants.
Bibliothèque publique
Le réseau des bibliothèques publiques de Charleroi dispose de la bibliothèque filiale «La Madeleine», rue Ledoux, 23A, dans le quartier de la Station[142].
Carnaval
Le carnaval du Ballon, fondé en 2019, ce carnaval se déroule dans le quartier de Gohyssart dont il est animé par des gilles et des costumés[143].
Loisirs
Promenades vertes
RAVeL 1
La section de Jumet est sillonnée d'Ouest en Est par l'assiette des anciennes lignes de chemins de fer 119 (Châtelineau)-Châtelet-Luttre-(Pont-à-Celles) et 121 Roux-Lambusart, reconverti en itinéraire réservé aux piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite et aux cavaliers, et nommé réseau RAVeL 1.
Le domaine est acquis en 1677 par la famille espagnole de la Serna qui s'en sépare en 1960. Le château est rasé en 1970 pour permettre le développement de la zone industrielle de Jumet, mais le parc appartient à la Ville de Charleroi et est ouvert au public. Seize hectares de bois maintenus dans un état semi-sauvage et propices aux promenades. Les promenades de printemps y sont particulièrement fleuries[114].
Le patron-verrier Henry-Joseph Bivort (1809-1880) était le frère de Clément, directeur des charbonnages d'Amercœur et administrateur de nombreuses sociétés. En 1868, il fait construire une vaste maison bourgeoise dans sa propriété de la Bruhaute et y aménage un parc. Le château est aujourd'hui rasé, mais le parc est ouvert au public. Il répond aux règles paysagères anglaises par sa longue drève de marronniers centenaires. Une pièce d'eau en forme de goutte agrémente le centre du site où sont plantés de nombreux arbres rares et remarquables[144].
Parc Sadin
Situé chaussée de Bruxelles et à la rue Rogier. Sadin était le nom du directeur de la Société anonyme des Verreries nationale qui étaient situé à la chaussée de Bruxelles. En 1892, elle est absorbée par la Société anonyme des Verreries de Jumet[145].
Enseignement
Primaires
Communales
Au niveau de l'enseignement communale, Jumet possède: École de Heigne, rue Édouard Anseele; École de Gohyssart, rue Dewiest; École Robert Arcq, rue Vandeweyer; École du Trî Charly, rue Surlet; École du Brûlin, rue du Brûlin; École de Houbois, chaussée de Gilly et École des Hamandes, rue François Deterville.
Libres
Au niveau de l'enseignement libre, Jumet possède: Centre scolaire Catholique Saint-Joseph-Notre-Dame, section primaire, rue du Chaumonceau; École fondamentale libre Saint-Joseph Heigne, rue Derbèque; Institut Saint-Joseph, rue Émile Strimelle; École fondamentale libre Notre-Dame, rue Auguste Frison et son implantation à la rue Saint-Ghislain; École fondamentale Saint-Joseph, rue Egmont; Athénée royale Orsini Dewerpe section maternelle et primaire (Le Petit Orsini) faisant partie de l'Athénée royale de Jumet Orsini Dewerpe, rue Puissant.
Secondaires
Au niveau secondaire on trouve à Jumet: Athénée royale Orsini Dewerpe, rue Jean-Baptiste Ledoux; Centre scolaire Catholique Saint-Joseph-Notre-Dame, section secondaire, rue Émile Strimelle.
Économie
Tissu économique actuel à Jumet
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Industries de l'époque
Industrie verrière du XVIIesiècle au XXesiècle
Grandes consommatrices d'énergie, les verreries ont contribué au développement de l'extraction charbonnière.
Au cœur des gisements miniers, Jumet est pionnière puisque la famille de Colnet - lignée de gentilshommes verriers - y construit la première fournaise (four) en 1621, dans le bois du Sart, aux Hamendes. Ils trouvent sur place les matières premières, le bois de chauffe et la potasse (en provenance de cendres de bois ou de végétaux tels la fougère) nécessaires à la fabrication du verre. La verrerie produit surtout du verre à vitres «en plat» et des petits objets en verre commun (petits récipients, fioles, etc).
C'est à Jumet que l'industrie verrière semble avoir été le plus anciennement pratiquée dans la région carolorégienne. Les de Colnet avaient importé leur savoir-faire de Thiérache, où ils avaient déjà exploité, dès le XIVesiècle, des fours dont le verre était soufflé selon les deux techniques de l'époque:
le soufflage en manchons (introduit à Jumet en 1727)[3]:
travail du soufflage destiné à façonner un cylindre de verre;
travail de l'étendage qui permet la transformation du cylindre froid en une feuille de verre plat, en le fendant sur sa longueur et en le déployant avec des tenailles.
le soufflage en plateau: les disques de verre ou cives sont obtenus grâce à la force centrifuge et par l'ouverture d'une bulle de verre. Il n'apparaît qu'au XIVesiècle et est abandonné au milieu du XVIIIesiècle.
Vers 1650, d'autres verriers expérimentés arrivent à Jumet:
Engagé dans une verrerie liégeoise en 1650, Martin Falleur (1620-1685) s'installe à Jumet où il développe son art. Il est originaire de la Forêt-Noire.
Jean de Condé, issu d'une famille lorraine, épouse en 1654 Marie de Colnet, nièce de Jean de Colnet, maître verrier à la verrerie des Hamendes. Leur fille Marie de Condé (1656-1741) épousera en 1680 Gédéon Desandrouin (1640-1735), maitre verrier dans le Clermontois, arrivé en 1667 après la prise de la forteresse de Charleroi par les armées de Louis XIV[146].
Avant celle du verre à vitres, la production de bouteilles prend un développement important dès le milieu du XVIIesiècle, la famille Falleur s'y distingue.
Au XVIIIesiècle, l'arrivée de verriers allemands dans la région de Charleroi - surtout le périmètre limité de Lodelinsart, Gilly, Dampremy, Charleroi et Jumet - va donner un élan capital à l'industrie verrière. En effet, ceux-ci étaient passés maîtres dans le procédé de soufflage en canons.
Leurs noms méritent d'être cités: Jean Gaspar Müller, Jean Ulric Greiner, Jean Georges Reinhardt, trois souffleurs originaires de Sarre - arrivés en 1726 - et Melchior Andries et Jean Engelhardt - arrivés en 1729 - pour la production de verre plat, Joseph Schmidt, Balthasar Andries et Jean Andries arrivés en 1734, enfin Philippe Amrhein et Jean Gaspar Weygant arrivés en 1740.
En 1763, quatre verreries existent à Jumet et emploient quarante-cinq ouvriers dont treize souffleurs. Elles sont exploitées respectivement par les familles Falleur, de Dorlodot, de Condé et de Colnet. Avec Charleroi, et grâce au savoir-faire des verriers allemands, Jumet est la plus importante commune verrière des Pays-Bas autrichiens. La production consiste essentiellement en feuilles de vitrage ordinaire de teinte légèrement verdâtre, dont les verreries ont le monopole dans les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège.
Plus d’une centaine de verreries différentes ont cohabité ou se sont succédé en l'espace d'un siècle dans le périmètre limité de Lodelinsart, Gilly, Dampremy, Charleroi et Jumet + Roux[Note 17].
Après la révolution française (1794), d'autres industriels apparaissent: les Ledoux installent deux nouvelles fabriques, qui produiront du verre à vitres blanc en recourant à la soude artificielle. Les Drion et les Houtart reprennent les verreries exploitées précédemment par les de Colnet et les de Dorlodot.
Après l'indépendance belge, en 1834, Jumet est la commune qui groupe le plus d'établissements verriers, soit sept sur les dix-huit que compte la région de Charleroi où se trouve concentrée la quasi-totalité de la production belge de verres à vitres et à bouteilles.
En 1836 se constitue la société anonyme «Manufactures de glaces, verre à vitre, cristaux et gobeleterie» qui reprend notamment deux verreries jumétoises appartenant respectivement aux familles Drion et Houtart. Une autre société anonyme, la «Société de Charleroy pour la fabrication du verre et de la gobeleterie» est créée à Charleroi la même année, mais ne vécut qu'une dizaine d'années. L'objectif de ces sociétés était de réunir les capitaux nécessaires à un plus grand développement. Jusqu'en 1845, l'augmentation de la production ne se fera que par le développement des verreries existantes. Jusqu'en 1881, ce ne sont pas moins que treize nouveaux établissements qui seront érigés dans la commune. Les perfectionnements techniques, chauffage au gaz et surtout la mise au point au milieu des années 1880 des fours à bassins, dynamisent le secteur qui connaîtra une prospérité inégalée. Les ouvriers s'organisent en syndicats; si l'Union Verrière ne résiste pas aux multiples condamnations de ses membres après les émeutes de 1886, la Nouvelle Union Verrière d'Edmond Gilles prospéra dès 1894 auprès des ouvriers du verre chaud et le Syndicat des verriers magasiniers belges, dont le siège est situé à Jumet, auprès du verre froid. On estime qu'à la fin du XIXesiècle, la moitié de la main d'œuvre jumétoise était employée dans le secteur du verre. Jusqu'à la fin du XIXesiècle, toute la production de bouteilles de Belgique était réalisée par trois verreries de Jumet. Ruinée par la concurrence allemande, elle était près de disparaître lorsque Léon Monnoyer, président des Verreries de Jumet, décida de consacrer un de ses sièges exclusivement à la fabrication de bouteilles. C'est ainsi qu'en 1911, cet établissement était le seul producteur belge de bouteilles, avec une production annuelle de 12 000 000 de pièces réalisées entièrement à la bouche grâce à des souffleurs venus d'Allemagne.
Avec le développement des machines, et notamment du procédé Fourcault d'étirage du verre, l'industrie verrière va être totalement bouleversée. L'ouvrier verrier devient un rouage dans le processus de fabrication. Les ouvriers spécialisés, souffleurs, étendeurs, coupeurs, jadis si fiers de leurs privilèges vont disparaître en quelques années. Peu avant la Première Guerre mondiale, la surface de verre à vitres produite est élevée: pour exemples, les verreries des Hamendes, dirigées par Louis Lambert et employant 1 400 personnes, produisent en 1912 plus de 5 000 000 m² de vitres, la Société anonyme des Verreries belges (ex-verreries Baudoux) produit 4 000 000 m² en employant 1 200 personnes[147].
En septembre 1930, les ultimes canons de la verrerie à vitres sont soufflés à la Verrerie de la Coupe de Jumet. C'est également en 1930 que les sociétés belges produisant du verre à vitres se regroupent au sein de l'Union des Verreries Mécaniques Belges (UVMB), en vue de réorganiser un secteur possédant des moyens de production pléthorique. De nombreuses installations, dont plusieurs jumétoises (notamment les Verreries du Centre), furent définitivement arrêtées. En 1961 est constituée la S.A.Glaverbel, par la fusion de l'UVMB et de la société Glaver. La verrerie des Hamendes assurera à elle seule toute la production belge de verre à vitres. Le secteur de la bouteillerie connaît lui aussi sa concentration lors de la création, en 1963, des Bouteilleries Belges Réunies, regroupant les trois principaux établissements belges, dont les verreries de la Coupe (Bennert et Bivort) à Jumet. Cédé ensuite à la S.A.Verlipack, l'établissement est définitivement fermé en 1997, mettant ainsi un point définitif à l'aventure du verre à Jumet[148].
La Charte de Jumet[149] de 1461 réglait déjà le partage de la houille extraite dans la commune de Jumet entre le seigneur et les habitants. Primitivement, l'extraction de la houille se pratique par effleurement et sur une petite échelle ou est effectuée soit par des carrières à ciel ouvert, soit par des galeries inclinées partant de la surface du sol et poursuivant sur une pente douce le déhouillement des veines en profondeur[150]. Ces systèmes d'exploitation sont en usage dans la région de Charleroi jusqu'au XVIIesiècle, époque où le pays de Charleroi commence à se peupler et à prendre de l'extension. Il faut attendre le recensement de 1768 pour que Jumet compte environ huit cents maisons[151] et un compte de l'abbaye de Lobbes des années 1698-1702 cite le chiffre de quarante veines données en bail, mais dont les trois quarts ne sont plus exploitées[152].
Démarches pour exploiter une veine de houille à Jumet au XVIIIesiècle
Dans la principauté de Liège, pour se lancer dans l'exploitation d'une veine de charbon, il faut d'abord obtenir l'autorisation du propriétaire du sol. À Jumet, c'est l'abbé de Lobbes qui est le seigneur trèsfoncier et c'est lui qui va concéder les baux d'exploitation minière sous forme d'une autorisation qu'on appelle congé. En retour, le futur exploitant devra lui payer un «droit de terrage», une redevance minière seigneuriale qui peut s'acquitter soit sous la forme du «cens»[Note 18] par le paiement annuel d'une somme fixe ou de «l'entrecens» sous forme d'une redevance proportionnelle à l'importance de l'extraction. Néanmoins, le droit minier en principauté de Liège permet au propriétaire de la surface du sol d'exploiter sur son bien la terre-houille (mélange de terre et de houille) qui peut être ramassée en surface «au jet de pelle». C'est donc bien pour l'exploitation de la houille tendre que le congé est nécessaire. L'exploitation est confiée au parçonnier, qui n'est pas nécessairement un houilleur de profession; il peut être un travailleur agricole qui se livre à l'extraction du charbon quand les travaux des champs lui en laissent le temps. En général, il a du sous-sol une connaissance très précise car à Jumet les veines carbonifères s'enchevêtrent, se confondent ou se perdent.
Au milieu du XVIIIesiècle, l'exploitation des veines à faible profondeur touche à sa fin car les couches supérieures sont épuisées. Approfondir reste une solution, mais il faut disposer de moyens techniques performants pour faire face aux difficultés d'extraction et surtout, il faut pouvoir évacuer les eaux souterraines. Vers 1712, l'Anglais Thomas Newcomen a bien inventé une machine d'exhaure, mais ça représente un lourd investissement pour un petit parçonnier; c'est pourquoi l'exploitation des veines carbonifères profondes sera dorénavant financée par des hommes assis sur un coussin financier confortable.
Volet technique de l'extraction en profondeur au XVIIIesiècle
Dans l'exploitation d'une fosse, plusieurs fonctions doivent être assurées:
descendre et remonter les personnes qui y travaillent;
ramener à la surface la houille extraite et transporter au fond le matériel destiné aux travaux et à l'entretien;
épuiser les eaux souterraines et aérer les galeries ou conduits.
Ces conditions d'exploitation sont assurées par des puits ou bures et la profondeur à laquelle on descend est fonction de la capacité à renouveler l'air et épuiser les eaux: environ deux cents mètres.
Le puits d'extraction: creusé par des avalleurs qui, au fur et à mesure de l'avancement des travaux garnissent les parois d'un revêtement pour éviter les éboulements. Au fond du puits, à côté de la bure, est disposée une vaste salle bien étançonnée d'où on charge la houille extraite; c'est là que débouchent les galeries principales permettant aux hiercheurs d'amener les houilles extraites des tailles pour les évacuer au jour chargées dans des cuffats (cuves de bois pourvues d'une armature de fer). Le plus ancien de ces engins d'extraction est un simple treuil à bras appelé bourriquet.
Le puits d'aérage: le problème de l'aérage reste le grand problème de l'approfondissement des fosses; si dans une fosse de trente ou quarante mètres l'air se renouvelle naturellement, il n'en est plus de même à de plus grandes profondeurs où le grisou (gaz méthane) risque d'asphyxier les travailleurs et de provoquer des explosions. Toute la technique consiste donc à créer dans la fosse un courant d'air par l'enfoncement d'un nouveau puits dit puits ou bure d'aérage. En y ajoutant dehors une cheminée en briques, le tirage est considérablement amélioré.
L'exhaure ou épuisement des eaux souterraines: là où le niveau d'exploitation est peu profond dans une exploitation proche d'une vallée - cas rare en l'occurrence - on place un conduit amenant en pente douce les eaux directement à l'extérieur. Pour toutes les autres exploitations, il faut amener les eaux des galeries au plus profond de la mine, dans un réservoir appelé bougnou, vidé la nuit (en dehors des heures d'extraction) à l'aide de petits tonneaux appelés tinnes remontés au jour pour y être vidés. Quand on commence à exploiter plus profondément, il faut épuiser avec une machine à feu du type Newcomen. En 1747, une machine d'exhaure installée dans la Cour Puissant (actuellement Allée verte) pompe les eaux du bougnou de la houillère de Notre-Dame-au-Bois de Jumet.
Le temps des investisseurs à Jumet
Avec l'arrivée du grand capitalisme dans les exploitations, les années 1735-1740 marquent un tournant, car des hommes d'affaires, gros industriels soucieux de participer à la production d'un combustible nécessaire pour leurs autres entreprises, et des gens fortunés, riches propriétaires désireux d'y placer des fonds, vont investir de grosses sommes dans l'industrie houillère à Jumet: François-Louis Puissant et son fils François-Joseph, maîtres de forges à Charleroi, Simon Bivort, propriétaire d'une papeterie habitant Namur, Pierre-Joseph Renson, maître de forges habitant Dinant.
En 1745, ces investisseurs vont obtenir du Sieur Abbé de Lobbes un bail consenti à la «Société Notre-Dame-au-Bois de Jumet» qu'ils viennent de créer[153].
Voies de communication
Écouler la houille à un rythme soutenu auprès des consommateurs lointains implique le transport en toutes saisons. Au XVIIIesiècle, seule la route Bruxelles-Charleroi, pavée dès 1720-1721, répond à ce critère. Pour écouler sa production vers cette route, la «Société Notre-Dame-au-Bois de Jumet» trace une route pavée de grès (actuelle rue Puissant) depuis la Cour Puissant[154].
Plus tard, la production des puits sera aussi évacuée par:
Société anonyme des charbonnages d'Amercœur, constituée en société anonyme le par plusieurs petites concessions, Notre Dame du Bois, Petite veine, Broce et Naye-à-Bois s'étendant sur 398 Ha. En 1929, la société emploie 1 673 ouvriers et produit annuellement plus de 300 000 tonnes de charbon maigre et demi-gras; en 1955, elle n'en emploie plus que 743 et un an plus tard 167:
Puits Belle-Vue à Jumet-Gohyssart, rue de Bayemont, abandonné en 1961;
Puits Naye-à-Bois (sur Roux dès 1819, fermé en 1959), site de la centrale électrique d'Amercœur;
Puits de Chaumonceau en bordure de la rue Puissant, abandonné en 1960.
Société des charbonnages du Centre de Jumet constituée en société anonyme le par la réunion de plusieurs petites exploitations, le Bois d'Heigne et Cabinette[Note 19], la Caillette, la vallée du Piéton et le Grand Bordia[Note 20], le Bois de Presles et Trieu des Agneaux. En 1930, la société emploie 960 ouvriers, en 1956 elle occupe encore 792 ouvriers:
Puits Saint-Quentin, à Jumet-Heigne, rue de de la Croix Pouillon. Enfoncé en 1838 et abandonné en 1967[Note 21];
Saint-Louis[Note 22], quartier Bruhaute, rue du vigneron[Note 23]. Enfoncé en 1891 et abandonné en 1967[156].
Société anonyme des Charbonnages réunis de Charleroi:
Puits du Bois de Jumet, à Jumet-Hamendes, entre la rue de la Liberté et la rue des Hamendes. Fermé le [157],[158],[159].
Anciennes industries jumétoises
Anciennes usines et ateliers
Parmi les usines et ateliers qui s'étaient en activités à Jumet, on note notamment:
les Usines de Jumet ou connu sous le nom d'ateliers Germeau, créées par les ingénieures, les frères Germeaux. Elles étaient réputées dans le monde entier, l'entreprise était spécialisée dans la fabrication de chaudière notamment pour l'industrie, les mines et les navires marchands. Après la fermeture des ateliers Germeau, le site a été occupé par les usines Lecomte, qui fabriquait des produits réfractaires destinés aux industries de la région notamment les verreries et aux émailleries[160];
la Fonderie Wéry et fils se trouvait dans l'actuelle rue Dewiest, elle fabriquait des pompes, robinets, lampes de mine[161].
la Poêlerie-Émaillerie de Jumet Dehon-Lefèbvre, fondé en 1897 par François-Joseph Dehon qui a ouvert un magasin de quinqaillerie et de poêlerie à la rue Wattelar à Heigne. Il crée de nombreux modèles d'appareils de chauffage en tôle émaillée sous sa marque DLJ. À la suite de la Foire commerciale de Bruxelles en 1931, à la suite du succès, l'entreprise s'est fait connaître dans tout le pays. En 1936, une nouvelle émaillerie fut construite à la rue du Vigneron. Cette émaillerie sera la seule émaillerie de Jumet et une des rare située en dehors de la ville de Gosselies. En 1977, elle est cédée aux Établissement Jordan[162];
la savonnerie de la Rosace exploitée par la société Frère, qui s'était installée à la rue du Baÿ. En 1920, le site a été mis en vente et c'est sur ce site qui a été construite l'église du Sacré-Chœur[25];
les Régies des Eaux et l'Électricité, ont étés la fierté de la commune. Le Service de l'électricité a été créée par un référendum auprès des habitants en 1900. À la rue Biernaux, une première centrale fut inaugurée en 1901[163]’[164].
Parmi les brasseries et distilleries qui s'étaient en activités à Jumet, on note notamment:
la brasserie de l'Union, fondée en 1864, a produit jusqu'à 350.000 hl, en 1978[166],[167]. Cette brasserie fut fondée par Jean-Baptiste Biernaux et Léopold Deposson sous le nom de Brasserie de Jumet mais surnommée par les Jumétois «Brasserie Biernaux» puis plus tard sous le nom de l'Union, elle devient une des entreprises brassicoles de la région de Charleroi[168]’[169]’[170]. Elle est fermée en 2006;
la Brasserie de la Concorde, qui était située au coin des rues Sohier et de l'Industrie[171];
la Brasserie du Château d'eau, qui était située à la chaussée de Bruxelles[172];
la distillerie Firmin Piron-Cooremans qui était située rue Berteaux[173];
la Brasserie Piron-Duval qui était située à la chaussée de Bruxelles peut avant le carrefour de la rue Berteaux[173];
la brasserie des frères Coyette qui était située à la Mallavée, cette brasserie a été absorbée en 1952 par la Brasserie de l'Union[174]. Elle fut la plus importante de Jumet[175];
la Brasserie de la Madeleine, fondée en 1892, était situé rue de l'institut Dogniaux par A. Tricot. Cette brasserie a été reprise par l'Union et les bâtiments furent transformés en magasin de vins et liqueurs sous le nom des Établissements vinicoles Côte d'Or[174];
la brasserie Quisenaire-Lavendy qui était située à la rue Bara au Try-Charly[176].
Service de santé
Maison de repos
Résidence Biernaux sprl, rue Maximilien Wattelart, Résidence Saint-Vincent, rue de Bayemont, Les Marronniers, maison de repos et de soins, rue Jules Wauters et Résidence Jules Bosse, rue de Gosselies, (faisant partie du CPAS de Charleroi).
Clinique
Polyclinique de la Madeleine HUmani-CHU Charleroi-Chimay[177], rue de Borfilet.
Sports et vie associative
Sports
Clubs
Au niveau sportif, Jumet possède des clubs de: football: Royal Jumet Sport Club[178]; rugby: Black-Star Charleroi[179]; tir à l'arc: Silver Star Charleroi; hockey: Wolves Charleroi[180]; basketball: Spirou Basket Jeunes; tennis: RECT Jumet.
Infrastructures sportives
Au niveau des infrastructures sportives dans la localité on trouve: un centre omnisports et deux terrains de football au sentier de l'Épée, courts de tennis de la RECT Jumet, rue de Jeannette, un centre de karting[181], rue de l'Alliance et le Centre Sportif de l'Arc-en-Ciel, place du Prieuré.
Vie associative
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François-Louis et François-Joseph Puissant, maîtres de forges: François-Louis Puissant (1690-1757) est le deuxième fils de Noël. Né à Charleroi le , il épouse le en l'église de Marcinelle Marie-Dorothée Molle et ils s'établissent à Charleroi où ils ont onze enfants dont François-Joseph baptisé à Charleroi le et inhumé dans l'église de Marcinelle où sa pierre sépulcrale est toujours en place et bien visible[182].
Clément Bivort (1819-1875): né à Jumet le et décédé en son château de Fontaine-l'Évêque le . Directeur de la S.A. Charbonnages de Monceau-Fontaine et du Martinet dès 1842, il est également administrateur de la Société d'Amercœur constituée en 1823 à Jumet et dont la famille Bivort possède la moitié des parts. Il en devient le directeur au plus tard en 1860. Il devient vice-président de l'Association charbonnière des bassins de Charleroi et de la Basse-Sambre. En 1860, il est conseiller provincial du canton de Fontaine-l'Évêque. Le mécénat de la famille Bivort et de la Société d'Amercœur ont contribué à l'édification de l'église de l'Immaculée-Conception de Jumet-Gohyssart. En 1875, il forme avec l'avocat Clément Tahon (†1877), bourgmestre de Jumet, président du Cercle catholique de Charleroi de 1871 à 1877, un comité provisoire pour l'édition d'un journal catholique à Charleroi afin de lutter contre «la propagation impie des ennemis de la religion». Il est le frère d'Édouard (1814-1886), curé de Gohyssart de 1866 à 1886 et le frère d'Henri-Joseph Bivort-Schmidt (1809-1880), maître de verrerie à Jumet-Coupe depuis 1845 et dont le château construit en 1868 se trouvait dans le parc qui porte aujourd'hui son nom à la rue Wattelar. À eux trois, ils contrôlent la vie sociale, économique et culturelle de Jumet-Gohyssart[183].
Eugène Baudoux: (1841-1912): maître-verrier. En 1883, il entreprend dans sa verrerie des Hamendes la construction d'un four à bassin très perfectionné en tirant parti des expériences de l'ingénieur Martin-André Opperman (1846-1930) et de son frère Léon Baudoux (1837-1898). Il construit ensuite un deuxième et encore un troisième four encore plus grands. Ce dernier peut contenir 350 tonnes de verre en fusion et exige la présence permanente d'une centaine de souffleurs. Avec ses nouveaux outils, il impose des conditions de travail défavorables. En 1886, dans une économie en récession, le conflit ne va pas tarder à éclater. Le , les grévistes saccagent ses installations et incendient son château. Eugène Baudoux attaquera en justice Jumet et les communes environnantes pour n'avoir pu maintenir l'ordre. Il exige et obtient de plantureuses indemnités qui lui permettront de remettre ses usines en état. En novembre 1886, il a déjà reconstruit un four à bassin[184].
Louis Lambert (1842-1921): né le , Louis Lambert est le fils de Valentin Lambert, administrateur de plusieurs sociétés charbonnières et de la Banque centrale de la Sambre, qui a joué un rôle moteur dans le développement de la verrerie à vitres dans la région de Charleroi. Louis Lambert développe considérablement sa verrerie des Hamendes et en fait une des plus importantes de la région et du monde. Il est président de l'Association des Maîtres de verreries belges de 1890 à 1895 et devient également président du conseil d'administration de plusieurs entreprises charbonnières et métallurgiques. En 1895, il participe à la création des verreries du Donetz, en Russie, dont son fils Fernand deviendra directeur. Il décède à Charleroi le [185].
Émile Gobbe (Auberchicourt 1849 - Jumet 1915), maître verrier. Avec Émile Fourcault, il met au point un type de four à bassin qui équipera la majorité des verreries dans le monde. Il invente et développe vers 1901 de la machine à étirer le verre, dans les dépendances du «château Gobbe» à la rue Léopold Jacqmain.
Fernand Biernaux (1870-1945): ingénieur-brasseur de génie, il marque le monde de la brasserie en Belgique et est le premier à produire des bières à basse fermentation[186].
Fernand Mayence, né à Jumet en 1879 et y décédé en 1959, philologue, helléniste, archéologue et professeur d'université belge.
Léon Molle (1881-1959), chef d'orchestre au Théâtre Royal de la Monnaie.
Adhémar Hennaut (1899-1976), né à Jumet, dirigeant du Parti Communiste belge (1921-1928), de l'Opposition de gauche (1928-1930) et de la Ligue des Communistes Internationalistes (1932-1939).
Ce sentier (du Laid Pige) a été supprimer suite à la réalisation de la bretelle de l'autoroute qui passe derrière la chapelle Notre-Dame des Affligés (Arcq 1973, p.29).
Une fosse et un pâturage a été mentionnée en 1620 et 1621 dans un compte de la seigneurie de Gosselies. Cette fosse deviendra par la suite le puits de Naye-à-Bois qui faisait partie du charbonnage d'Amercœur (Arcq 1973, p.30).
Roux lui-même était un minuscule hameau à cet époque, mais les autres hameaux de Wilbeauroux, Plomcot, Judonsart, Hubes, Nolichamps, Naye-à-Bois, le Martinet, la Bassée, le Sarty et les Aiselies (Arcq 1973, p.30).
Les vestiges de la grange du prieuré correspondent au bâtiment encore visible à gauche de l’entrée de la Maison des Éclaireurs. Ce bâtiment est décrit dans le procès-verbal d’estimation du prieuré de Heigne, rédigé lors de la vente des biens en 1796. Le document en donne la caractérisation suivante : Selon cette estimation, l’édifice, alors en mauvais état, présentait une longueur de trente‑sept pieds et une largeur de vingt‑deux pieds. Il comportait une cave destinée au stockage des légumes. Environ deux tiers de la construction étaient affectés à un usage carcéral, tandis que la partie restante servait à la perception de divers droits seigneuriaux, désignés sous les appellations de « poules », « assises » et autres redevances dues au prieuré et au monastère (Arcq 1973, p.39).
L’esterlin était autrefois une unité de poids monétaire. À l’origine, il correspondait à la quantité d’or équivalente au poids de 32 grains de blé. Dans le comté de Hainaut, cette mesure représentait le vingtième d’une once, soit environ 1,5 gramme. Le terme a traversé les siècles et subsiste aujourd’hui dans l’expression «livre sterling», qui en conserve le lointain souvenir (Arcq 1973, p.45).
Le projet de canal, initialement proposé par l’archiduc Léopold-Guillaume, fut abandonné en raison de l’opposition des Provinces-Unies. Destiné au transport de la houille provenant du bassin de Charleroi, il fut successivement relancé en 1699 par Maximilien-Emmanuel de Bavière, puis réexaminé en 1750, 1783 et en 1803 sous Napoléon. Les discussions reprirent en 1819 et aboutirent au projet de l’ingénieur Vifquain, approuvé le . Les travaux, confiés à la société Claessens, Castinel et Cie, débutèrent le et le canal fut inauguré le (Arcq 173, p.61).
La commune de Jumet fut condamnée au paiement de pénalités financières importantes, dont l’ampleur eut pour effet de freiner durablement son développement économique et administratif (Arcq 2002, p.112).
Jusqu'en 1997, cette place de Jumet-Gohyssart a aussi porté le nom de «Place Ferrer», en hommage à Francisco Ferrer, anarchiste libre-penseur espagnol, promoteur de la pédagogie rationaliste, condamné injustement et fusillé le .
L’église, dans sa configuration d’origine, devait présenter des proportions similaires à celles de l’église de Gohyssart. Quant à la tour, elle aurait pu adopter un aspect proche de celle-ci, tout en étant flanquée de deux tourelles latérales (Arcq 1988, p.144-145).
L'histoire de Jumet et celle de Roux sont allées de pair, à quelques exceptions près jusqu'à ce que l'arrêté royal de Guillaume Ier des Pays-Bas, du , fasse de Roux une commune à part entière.
Suivant Darquenne, le cens, rétribution annuelle et très modique, variait entre 12 et 20 livres (une livre vaut un franc du système monétaire belge de 1965). In Roger Darquenne, Histoire économique du département de Jemappes, Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, tome 79, Mons, 1965, p.76.
La Société du Bois d'Heigne et Cabinette exploitait la fosse de Saint-Quentin. Presque tous les actionnaires de cette société étaient de la ville de Saint-Quentin, d'où le nom donné à cette mine.
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