Tombeau de Ramsès VI

From Wikipedia, the free encyclopedia

KV9[note 1] désigne le tombeau du pharaon Ramsès VI, situé dans l'allée principale de la vallée des Rois, sur la rive occidentale du Nil face à Louxor[1].

EmplacementVallée des Rois
Découvertefouillé durant l'Antiquité
Faits en bref Tombeaux de l'Égypte antique, Emplacement ...
KV9
Tombeau de Ramsès VI
Tombeaux de l'Égypte antique
Image illustrative de l’article Tombeau de Ramsès VI
Plan de la tombe KV9.
Emplacement Vallée des Rois
Coordonnées 25° 44′ 25″ nord, 32° 36′ 05″ est
Situation sur carte Égypte
KV9
Découverte fouillé durant l'Antiquité
Fouillé par James Burton
Georges Daressy
Dimensions
Hauteur maximale 6,92 m
Largeur minimale 2,48 m
Largeur maximale 13,03 m
Longueur totale 116,84 m
Superficie totale 510,07 m2
Volume total 1 572,26 m3
Classement
Vallée des Rois - KV9 +
Fermer

Découvertes et fouilles

De toutes les tombes de la vallée découvertes dans l'Antiquité, KV9 est de loin la plus visitée et celle qui a suscité le plus grand intérêt auprès des voyageurs. Elle a même été surnommée « Tombeau de Memnon », car on croyait que le roi légendaire, fils de la déesse Éos, y aurait été enterré. Il n'est donc pas surprenant qu'aucune fouille particulièrement ardue n'ait été menée, le site étant pratiquement dégagé[1].

La tombe fut arpentée et cartographiée par Richard Pococke en 1737-1738, puis par l'expédition napoléonienne de 1799, par Robert Hay en 1824, par James Burton en 1825. Le relevé épigraphique de l'expédition franco-toscane de Jean-François Champollion et Ippolito Rosellini remonte à 1828-1829 et les premières fouilles systématiques furent réalisées par Georges Daressy en 1888. De nouvelles fouilles épigraphiques furent réalisées en 1958 par Alexandre Piankoff et, en 1996 et 1998-2000, par Adam Lukaszewicz qui concentra son attention sur les graffitis gréco-romains[1]..

Localisation

Localisation des tombes KV9 et KV62 l'une par rapport à l'autre.

KV9 bénéficie d'un emplacement privilégié, tout près de la partie centrale de la vallée des Rois, où la formation rocheuse est excellente et la densité des tombes élevée. Elle est même située pratiquement sur la même ligne verticale que la célèbre KV62, la tombe de Toutânkhamon. Son entrée se trouve immédiatement au nord de celle de KV10 et est presque parallèle, mais plus au sud, à celle de KV8[1].

Architecture

La conception de la tombe est très aboutie et il s'agit de l'une des dernières tombes de la vallée à être entièrement achevée, avec un excellent résultat. Le profil de la tombe est très simple, avec une absence totale de chambres latérales et l'axe rectiligne caractéristique de toutes les tombes après le règne de Ramsès II. Il s'agit d'une tombe sans grandes prétentions architecturales, qui a pu être achevée peut-être grâce au fait qu'elle avait été commencée par le monarque précédent[1].

Après le couloir d'entrée (A) et les trois couloirs en pente douce (B, C, D), la tombe se poursuit vers une salle qui aurait dû abriter le puits funéraire (E), mais dont la construction n'a pas été réalisée : sa présence était purement rituelle, comme dans les autres tombes de la XXe dynastie. Après la salle du puits se trouve la salle des piliers (F), avec une rampe descendante menant à deux couloirs inférieurs (G, H) et à l'antichambre (I). Enfin, à la fin de la tombe, se trouve la chambre funéraire (J), peu vaste, qui communique avec une petite chambre (K) peut-être destinée à abriter les vases canopes. Comme le montre la description, le plan de KV9 représente parfaitement le modèle standard d'une tombe royale ramesside. Cette dernière salle K communique avec la tombe KV12 bien plus ancienne[1].

Décoration

Chaque pharaon a son propre programme décoratif, résultat de spéculations fondées sur les compositions existantes, et sans doute aussi d'un désir d'originalité. Selon les moyens et surtout le temps dont il dispose avant sa mort, ces décors sont plus ou moins élaborés. Certains se limitent à un seul livre religieux, d'autres présentent des synthèses très élaborées de cinq ou six compositions différentes. C'est le cas de la sépulture de Ramsès VI, une sépulture qu'il a réutilisée, pour des raisons qui restent encore mystérieuses, puisqu'à l'origine elle avait été construite pour Ramsès V. La tombe est dans un état de conservation enviable, avec seulement quelques dégâts mineurs causés par les inondations jusqu'à la chambre à piliers, et les peintures n'ont pas été autant détruites que dans d'autres tombes.

La tombe de Ramsès VI présente un décor pariétal complexe[2] :

  • le premier et le second corridor sont ornés de représentations du Livre des Portes et du Livre des cavernes ;
  • le troisième corridor, qui débouche sur un puits rituel, contient en plus de ces deux compositions le Livre de la vache du ciel ;
  • dans la salle à piliers se poursuivent les illustrations des Livres des portes et des cavernes. Le plafond est peint depuis l'entrée d'une voûte céleste ;
  • à partir du quatrième corridor, apparaissent des passages du grand livre secret, le Livre de l'Amdouat ;
  • extraits qui se poursuivent dans le cinquième couloir accompagnés à nouveau de scènes du Livre de la vache du ciel ;
  • c'est seulement sur les parois du vestibule que l'on rencontre le Livre des morts ;
  • dans la chambre funéraire, où ne subsiste aujourd'hui qu'un sarcophage brisé, les parois sont ornées du Livre de la terre et de celui du jour et de la nuit. Le plafond astronomique représente Nout sous un double aspect de jour et de nuit, reproduisant ainsi le cycle perpétuel de la renaissance du Soleil.

Le ventre de Nout

Le plafond astronomique de la chambre funéraire illustre certaines scènes du Livre du jour et de la nuit. Il raconte le voyage du soleil à l'intérieur de Nout, également connue sous le nom de dame du Ciel et des Étoiles, mère du Soleil. Chaque soir, la divinité avale l'astre qui traverse son corps pour renaître au matin. Une représentation dynamique, comme le détail où le soleil apparaît sous la forme d'un disque rouge dans le ventre de Nout, puis d'un disque blanc ailé lorsqu'il émerge de son sexe. Les personnages peints sur le fond bleu nuit figurent des constellations, mais aussi des momies qui se régénèrent à chaque passage du soleil. Les chacals, eux, sont selon la tradition, des auxiliaires de dont ils tirent la barque.

Les damnés

Sur la paroi ouest de la chambre funéraire, des hommes sont représentés à l'envers, décapités, privés de leur intégrité physique. Il s'agit des damnés qui symbolisent les forces destructrices. Peints en rouge, couleur du sang, ils sont voués à l'anéantissement éternel.

Le Livre d'Aker

La paroi est de la salle du sarcophage est ornée d'une vaste fresque qui serait issue d'un mystérieux Livre de la terre ou d'Aker. Ce dieu, sans doute d'origine préhistorique, est chargé d'ouvrir les portes de la Terre pour permettre à la barque de Rê d'accéder au monde inférieur. Il est déjà mentionné dans ce rôle d'ouvreur par les Textes des pyramides. Comme la plupart des grandes compositions religieuses, ce décor fait la synthèse de toutes les croyances et mythologies expliquant le grand mystère de la disparition et de la renaissance du soleil.

L'enfant et les douze génies

L'homme ithyphallique, au centre de la partie gauche de la paroi est, celui qui cache les heures. Son corps est relié par des lignes pointillées à des génies qui figurent les douze heures de la nuit. Son sexe donne naissance à un enfant assis portant sa main à la bouche, selon une représentation traditionnelle chez les Égyptiens : c'est en effet ainsi qu'est dessiné le hiéroglyphe qui signifie enfant. Cette image symbolise à nouveau le parcours nocturne et la régénération du soleil.

La femme aux bras dressés

C'est une nouvelle figure de Nout, dans la partie droite de la paroi est. Dans cette attitude, elle redonne vie au soleil, qu'elle élève depuis les profondeurs du monde souterrain. Sous ses bras, deux divinités obscures figurent l'Occident à droite et l'Orient à gauche.

Illustrations

Contenu

En entrant dans la chambre funéraire, on pouvait voir le sarcophage extérieur en granit rouge appartenant à Ramsès VI, et à l'intérieur, un autre inachevé en conglomérat vert, dont le masque est aujourd'hui exposé au British Museum de Londres. Un autre cercueil en calcite, dont quelques fragments ont été découverts, pour être un cercueil du roi encore plus interne que deux autres. Lors des fouilles de Georges Daressy en 1888, quelques fragments de mobilier funéraire, des vases et des pièces de monnaie appartenant à des touristes gréco-romains ont été découverts dans la tombe. Lors des fouilles d'Edwin Brock en 1985, des poteries, des fragments de bois, des fragments d'ouchebtis en calcite et une pièce de monnaie de l'empereur romain Maximien ont été découverts dans la tombe. Il ne reste aucune trace de la sépulture de Ramsès V[3].

Inscriptions ultérieures

Comme la tombe a été ouverte et pillée dès l'antiquité, elle fut très souvent visitée, donnant ainsi à de nombreux graffitis datant de l'époque gréco-romaine. Parmi ces inscriptions, certaines sont celles de personnes ayant écrit leurs noms. Mais d'autres disent « J'ai visité et je n'ai rien aimé sauf le sarcophage ! » ; « J'ai admiré ! » ou bien « Je ne peux pas lire les hiéroglyphes ! ». Selon un professeur de l'université de Varsovie, la vallée des rois dont cette tombe était déjà une destination touristique dans l'Antiquité[4],[5].

Inhumation

Un ostracon indique que Ramsès V a été enterré le 1er jour du 2e mois de la saison Akhet de l'an II de Ramsès VI, son successeur, soit près de seize mois après la mort du souverain, ce qui est très irrégulier puisque la tradition égyptienne veut qu'un roi soit momifié et enterré précisément soixante-dix jours après le début du règne de son successeur[6]. Cette date tardive est probablement due aux troubles sociaux et sécuritaires qui secouent la région à cette époque[6]. Ramsès VI ayant usurpé la tombe de Ramsès V, l'endroit où il a finalement été inhumé est inconnu, mais il est certain qu'il devait avoir sa propre tombe. En effet, un ostracon trouvé dans la vallée des Rois indique que les ouvriers ont placé les portes et fermé la tombe le lendemain de l'enterrement du souverain, soit bien avant la mort de Ramsès VI : la tombe KV9 n'a donc pas pu servir de tombe commune, contrairement à ce qui a pu être suggéré par le passé[7]. Cette tombe et KV9, ont cependant été toutes deux pillées car les momies des deux souverains ont été retrouvées en 1898 dans la cachette de la tombe d'Amenhotep II[8].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI