Mauricio Kagel
compositeur, chef d'orchestre, pédagogue et cinéaste
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Mauricio Kagel, né le à Buenos Aires et mort le à Cologne (Allemagne), est un compositeur, chef d'orchestre et metteur en scène argentin[1]. Il s'est principalement attaché au théâtre instrumental en renouvelant le matériau sonore (électroacoustique, sons divers). Mais il a également exploré les ressources dramatiques du langage musical contemporain dans des pièces radiophoniques, des films, des œuvres électroacoustiques, des formes anciennes.
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Hilde Heinitz (d), Juan Carlos Paz (en), Vincenzo Scaramuzza |
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Biographie
Né en 1931 à Buenos Aires dans une famille juive, Mauricio Kagel suit des études de musique, d'histoire de la littérature et de philosophie, à l'université de Buenos Aires et devient conseiller artistique de l'Agrupacion Nueva Musica à l'âge de 18 ans. Il commence à composer ses premières pièces instrumentales et électroacoustiques. De 1955 à 1957, il est directeur des réalisations culturelles à l'Université et des études à l'Opéra de chambre, et chef d'orchestre au Teatro Colón. En 1957, il s'installe à Cologne, où il crée deux ans plus tard le Kölner Ensemble für Neue Musik, et entre 1969 et 1975, dirige les Cours de musique nouvelle à Cologne. À partir de 1974, il occupe la chaire de théâtre musical, ouverte pour lui à la Hochschule für Musik.
L'œuvre de Kagel est étendue et variée. Mauricio Kagel aborda, dès 1959, la problématique de la composition musicale et du théâtre[2]. Au début des années 1960, le compositeur a mis l'accent sur le théâtre instrumental, dont Sur Scène (1959) est la première manifestation et va faire de lui une autorité dans le paysage de la création musicale européenne. Par la suite, ses pièces instrumentales et scéniques se multiplient entrecoupées de symphonies de conception « ouverte », Hétérophonie et Diaphonies I, II et III. Dans les années 1970, il dirige son travail vers la grande tradition démontée (Bach, Beethoven, Brahms), à laquelle il intègre des formes de musique de variété.
En 1970, Ludwig van vient souligner, par le retentissement de sa version cinématographique, l'invention de Kagel dans les genres de la scène, du concert, du cinéma et de la radio. L'année suivante, Staatstheater (« Théâtre national ») précède de peu un retour à l'orchestre symphonique avec les Variationen ohne Fuge (« Variations sans fugue »). Pièces instrumentales et pièces théâtrales continuent de s'imbriquer dans cette exploration des sons inouïs et des gestes « producteurs » de musique : de Charakterstück (« Pièce de caractère ») pour quatuor de cithares et Exotica pour instruments extra-européens (1972) aux deux opéras Die Erschöpfung der Welt (« L'épuisement du monde », 1980) et Aus Deutschland (1981).
À partir des années 1980, Kagel brise de plus en plus les conventions et les habitudes auditives, avec notamment : Rrrrrrr…, ensemble de 41 pièces (1980-1982) et le Troisième quatuor à cordes (1986-1987).
Mauricio Kagel est l'auteur de compositions pour orchestre, voix, piano et orchestre de chambre, de nombreuses œuvres scéniques, de dix-sept films et onze pièces radiophoniques.
Il a reçu également le prix Erasmus.
Il meurt à l'âge de 76 ans le à Cologne (Allemagne), où il était installé depuis 1957.
En 2011, il est fondé un prix qui porte son nom, récompensant un compositeur, remis par la fondation d'art de Rhénanie-du-Nord-Westphalie[3].
Œuvres
- Sonant (1960), pour harpe, guitare, contrebasse et percussions
- Atem (1970) musique soliste[4]
- Acustica (1970) électroacoustique
- Ludwig van (1970) film
- Guten Morgen ! (1971) pièce radiophonique
- Staatstheater (1971) théâtre musical
- Zwei-Mann-Orchester (1973) théâtre musical[5]
- Mare Nostrum (1975) théâtre musical[6]
- Le Tribun ou Dix marches et neuf contretemps pour manquer la victoire (1978) théâtre musical[7]
- Finale (1980/81) théâtre musical[7]
- Aus Deutschland (1981) théâtre musical
- Passion selon saint Bach (1985) forme à l'ancienne
- La Trahison orale (1988) théâtre musical
- Idées fixes (1989) théâtre musical
- La Rose des Vents, cycle pour orchestre de salon (clarinette, deux violons, alto, violoncelle, contrebasse, piano, harmonium, percussion et flûte de pan) :
- Osten (1989)
- Süden (1989)
- Nordosten (1991)
- Nordwesten (1991)
- Südosten (1991)
- Südwesten (1992)
- Westen (1994)
- Norden (1994)
- Der Turm zu Babel (2001) 18 mélodies pour voix seule
Filiation et postérité
Élèves : Carola Bauckholt (en), María de Alvear, Manos Tsangaris, David Sawer, Juan María Solare
Bibliographie
- Paul Attinello, Kagel, Mauricio, in: Stanley Sadie/John Tyrrell (éd.), The New Grove Dictionary of Music and Musicians, 2nd edition, London (Macmillan Publishers) 2001.
- François Decarsin, Liszt's Nuages gris and Kagel's Unguis incarnatus est: A Model and Its Issue translated by Jonathan Dunsby. Music Analysis 4 / 1985, no. 3, pp. 259–263.
- Björn Heile, ‘’The Music of Mauricio Kagel’’, Aldershot, Hants; Burlington/VT: Ashgate 2006; (ISBN 0-7546-3523-6).
- Christiane Hillebrand, Film als totale Komposition. Der Komponist, Filme- und Theatermann Mauricio Kagel, Frankfurt/Main, Peter Lang, 1996.
- Knut Holtsträter, Mauricio Kagels musikalisches Werk. Böhlau, Köln / Weimar / Wien 2010, (ISBN 978-3-412-20245-3).
- Deborah Kagel, Mit Kind und Kagel. Der Fadenschein muss gewahrt bleiben. Erinnerungen an ein ungewöhnliches Familienleben, Lots of Dots Publications, (ISBN 978-3-9822732-0-4).
- Werner Klüppelholz, Mauricio Kagel 1970–1980. DuMont, Köln 1981, (ISBN 3-7701-1246-6).
- Werner Klüppelholz/Lothar Prox (éd.), Mauricio Kagel. Das filmische Werk I. 1965–1985, DuMont, Köln 1985, (ISBN 3-7701-1865-0).
- Werner Klüppelholz, Kagel…/1991. DuMont, Köln 1991, (ISBN 3-7701-2813-3).
- Werner Klüppelholz, Kagel. Dialoge, Monologe. DuMont, Köln 2001, (ISBN 3-7701-5267-0).
- Eva Lorenz, Die gewandelte Rollenverteilung von Komponist, Interpret und Rezipient in der Neuen Musik. Dargestellt am Beispiel von Dieter Schnebel, Mauricio Kagel und Vinko Globokar. (= Forum Musikwissenschaft, éd. Peter Ackermann, Band 5). Fernwald 2016, ISBN 978-3-929379-42-6-
- Jürgen Maehder, Mauricio Kagel's Experimental Musical Theatre and the Concept of Musical Material in Avantgarde Music, in: Kii-Ming Lo (éd.), Tan yin lun yue. Yin yue yan chu yu yin yue yan jiu [= "Interprétation musicale – compréhension musicale. Pratique musicale et musicologie"], Taipei (Gao Tan Wen Hua) 2000, pp. 19-46 (anglais) and pp. 129-156 (chinois).
- Jürgen Maehder, Funktionen der Sprechstimme im experimentellen Musiktheater Mauricio Kagels, in: Hans-Peter Bayerdörfer (éd.), Stimmen ─ Klänge ─ Töne. Synergien im szenischen Spiel, Tübingen (Gunter Narr) 2002, pp. 209-228.
- Rainer Nonnenmann, Eulenspiegel der neuen Musik – Ein Epitaph für Mauricio Kagel, In: MusikTexte, vol. 119, Köln décembre 2008, pp. 64–66.
- Wieland Reich, Mauricio Kagel: Sankt-Bach-Passion. Kompositionstechnik und didaktische Perspektiven, Pfau, Saarbrücken 1995; (ISBN 3-930735-21-0).
- Christina Richter-Ibáñez, Mauricio Kagels Buenos Aires (1946-1957). Kulturpolitik – Küstlernetzwerk – Kompositionen, Bielefeld (transcript Verlag) 2014.
- Albrecht Riethmüller, Einige Gedanken bei Gelegenheit von Mauricio Kagels "Ludwig van" (1970), in: Albrecht Riethmüller (éd.), Beethoven im Film, München (text + kritik) 2022, pp. 209 – 220. (ISBN 978-3-96707-608-0).
- Eckhard Roelcke, Instrumentales Theater. Anmerkungen zu Mauricio Kagels Match und Sur Scène, in: Musiktheater im 20. Jahrhundert (= Hamburger Jahrbuch für Musikwissenschaft, vol. 10), Laaber (Laaber Verlag) 1988, pp. 215-238.
- Christian Martin Schmidt, Mauricio Kagel: Match, in: Rudolf Stephan (éd.), Die Musik der 60er Jahre, (=Veröffentlichung des Instituts für Neue Musik und Musikerziehung Darmstadt, vol. 12), Schott Verlag, Mainz 1972, pp. 145-153.
- Dieter Schnebel, Mauricio Kagel. Musik, Theater, Film. DuMont Schauberg, Köln 1970.
- Klaus Schöning (éd.), Das Buch der Hörspiele – Mauricio Kagel zum fünfzigsten Geburtstag. Suhrkamp, Frankfurt am Main 1981.
- Ragnhild Smidt Børresen, Mauricio Kagels Chorbuch. en studie i estetiske virkemidler, Ph.D. Diss. Univ. Oslo 1986.
- Juan María Solare, Die Neugierde ist grenzenlos (ein posthumes Interview mit Mauricio Kagel). In: KunstMusik. Nr. 12, Sommer 2009, (ISSN 1612-6173), pp. 10–39.
- Brunhilde Sonntag, Untersuchungen zur Collage-Technik in der Musik des 20. Jahrhunderts, (=Perspektiven zur Musikpädagogik und Musikwissenschaft, vol. 3), Regensburg, Bosse, 1977.
- Pia Steigerwald: "An Tasten". Studien zur Klaviermusik von Mauricio Kagel, Wolke Verlagsgesellschaft, Hofheim 2011, (ISBN 978-3-936000-75-7).
- Jürg Stenzl, Traum und Musik in: Heinz-Klaus Metzger/Rainer Riehn (éd.), Musik und Traum (= Musik-Konzepte, Vol. 74), München (text + kritik) 1991, pp. 8-102.
- Ivanka Stoianova, Multiplicité, non-directionalité et jeu dans les pratiques contemporaines du spectacle musico-théâtral (I). Théâtre instrumental et 'impromuz'. Mauricio Kagel, Staatstheater, Ghédalia Tazartès, Ghédal et son double, in: Musique en Jeu, 27/1977, pp. 38-48.
- Ivanka Stoïanova, Texte ─ geste ─ musique, Paris (10/18) 1978,
- Ivanka Stoïanova, Entre Détermination et aventure. Essais sur la musique de la deuxième moitié du XXe siècle, Paris (L'Harmattan) 2004.
- Ulrich Tadday (éd.): Mauricio Kagel. (= Musik-Konzepte, vol. 124). Edition text + kritik, München 2004, (ISBN 3-88377-761-7).
- Gerd Zacher, Meine Erfahrungen mit der Improvisation ajoutée, in: Werner Klüppelholz (éd.), Kagel..../1991, Köln DuMont Schauberg, 1991, pp. 136-154.
- Karl-Heinz Zarius, Staatsteater von Mauricio Kagel. Grenze und Übergang, Wien, Universal Edition 1977.
- Barbara Zuber Theatrale Aktion in und mit Musik: Zum Handlungs- und Rollenbegriff in John Cages und Mauricio Kagels Musiktheater, in: Hans-Peter Bayerdörfer (éd.), Musiktheater als Herausforderung, Tübingen. Niemeyer 1999, pp. 190-209.