Décalcomanie
technique
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La décalcomanie est un procédé de transfert sur une surface d'une image dessinée sur un support calque en papier ou en plastique. L'image est appliquée à l'envers sur la surface choisie puis « décalquée » sur le dos du support avec un objet quelconque, comme la tranche d'une pièce de monnaie.

Formes
Le principe de la décalcomanie remonte au XIXe siècle et a des utilisations techniques très diverses[pas clair]. Elle est principalement connue du grand public pour son usage ludique, bien que celui-ci soit de moins en moins répandu.
Décalcomanie de loisirs
Décalcomanie à l'eau ou waterslide
Celle-ci, la plus connue, est un procédé qui permet d’appliquer une image, généralement de petites dimensions (quelques centimètres) sur n’importe quel support lisse. L’image est imprimée à l’envers, les couleurs de premier plan en premier, sur un papier adéquat. Trempé dans l’eau, le papier se ramollit, on applique l’image sur le support choisi en frottant délicatement, et on retire le papier : l’image apparaît sur le support. La décalcomanie de ce type demandait beaucoup d’attention car l’image pouvait se fragmenter ou se coller imparfaitement sur le support. L'intérêt de la décalcomanie par rapport à un autocollant moderne est qu'il n'y a pas de « fond » : seule la partie « imprimée » se colle sur le support, ce qui autorise facilement des formes non-rectangulaires et des parties transparentes dans le dessin.
Plus tard, l'image était à l’endroit, imprimée sur une très fine pellicule transparente et après détrempage du papier support, on maintenait l'image avec un doigt tandis qu'on retirait le papier support (cette décalcomanie était parfois appelée décalcoglissante), la difficulté étant alors que le film ne se froisse pas.
Décalcomanie par transfert à sec
C'est une forme de décalcomanie à sec destinée aux enfants qui a connu un vif succès du début des années 1970 au milieu des années 1980. Elle se caractérise par une planche de décors en couleur sur laquelle l'enfant place des motifs et personnages en grattant une feuille transparente de transferts à l'aide d'un stylo ou d'une pièce de monnaie. Letraset (Royaume-Uni), qui a inventé les caractères transfert à sec en 1959 est l'entreprise pionnière pour la fabrication de ce type de jeu. Face à l'engouement des enfants à travers le monde, de nombreuses marques de décalcomanies à sec ont vu le jour à l'époque : parmi les plus populaires, Action transfert et Panorama de Letraset, Kalkitos de Gillette, Trans’Rama de Jesco, Decorama de Touret, Transfert de Hemma, Décotransfert des éditions Dargaud, Décalco sports des éditions du Lion. La seule marque qui a perduré[réf. nécessaire] et qui existe encore est Kalkitos, qui appartient aujourd'hui à une société singapourienne Ideas Empire.
Décalcomanie auto-adhésive
Dans le cas de la décalcomanie autocollante à sec, la décalcomanie est directement autoadhésive. Pour l'appliquer, on retire le papier protecteur siliconé et on applique le motif directement sur le support ; on améliore l'adhésion en appuyant fermement avec une arête en plastique — comme une carte de crédit par exemple — ou en chauffant avec un sèche-cheveux.
Décalcomanie historique
Cette décalcomanie connue du grand public dérive des applications de la lithographie, puis de la chromolithographie développée tout au long du XIXe siècle, et parvenue à un haut degré de technicité.
Papier report
L’invention du papier report est due au graveur français Simon François Ravenet[1], installé en Angleterre, et qui travaillait pour une fabrique de porcelaine à Chelsea. Il imagine d’imprimer en taille-douce (sur plaque de cuivre) un papier particulier, qui permettait de reporter son dessin sur les pièces de porcelaine.
Aloys Senefelder développe au début du XIXe siècle la lithographie qu’il a inventée, et qui est le premier procédé d’impression non basé sur le relief. On dessine ou on écrit sur une pierre calcaire, à l’envers. En cherchant à faciliter cette opération, Senefelder met au point le papier report : un papier spécialement préparé pour que l’on puisse écrire et dessiner normalement, à l’endroit. Appliqué ensuite sur la pierre lithographique, l’encre y est reportée, le papier enlevé, et on peut poursuivre les opérations de la même façon que si le dessin avait été fait directement sur la pierre.
Ce principe va être repris et amplifié par la chromolithographie, qui est un développement technologique de la lithographie en plusieurs couleurs. L’impression définitive est réalisée sur un papier report ; elle est ensuite transférée sur des objets en relief tels que des emballages, des boîtes de conserves, des boîtes de sardines, etc.
En imprimant une image en couleurs sur un support transparent, on peut réaliser des imitations de vitraux, appliquées sur des vitres, et plus tard des décorations de vitrines et des publicités : la vitrauphanie.
Décalcomanie sur porcelaine
Le principe du report trouve un intérêt majeur dans les impressions sur porcelaine. Jusque-là le décor des porcelaines était réalisé à la main. C’était un travail de spécialiste qui demandait une grande habileté et beaucoup de temps, même s’il s’agissait de répéter des motifs préétablis, souvent traditionnels. Une fois le décor réalisé, les pièces sont mises au four et les peintures utilisées s’intègrent définitivement au support. On pouvait donc, par le procédé du report, appliquer ce même type de peintures. Les premiers reports, appelés décalques, furent réalisés par le graveur français Simon François Ravenet en Angleterre, perpétués par d’autres, mais restèrent limités à une seule couleur jusqu’à l’apparition de la lithographie. Le motif est soigneusement créé, puis on procède à son impression en autant d’exemplaires que nécessaire. La décalcomanie est placée sur la pièce à décorer, trempée dans un bain d’eau qui décolle le papier support, et on peut procéder à la cuisson. D’abord imprimées en lithographie, les décalcomanies peuvent être imprimées par toutes les techniques actuelles. La décalcomanie permet de décorer n’importe quelle pièce.
Autre
Vers 1936, le peintre Oscar Dominguez pratique un procédé proche du monotype, qu’il appelle « décalcomanie », bien qu’il n’y ait aucun rapport entre ces deux techniques. Sa technique consistait à étaler de la gouache sur une surface lustrée et à presser sur la peinture humide une autre feuille de papier en la faisant bouger. Il obtenait ainsi des formes accidentelles et abstraites[2]. D’autres peintres surréalistes utilisent également cette « décalcomanie du désir » ou encore « décalcomanie sans objet préconçu », comme l'appelait Dominguez.
Kalkitos
Les Kalkitos étaient un passe-temps très populaire auprès des enfants dans les années 1970 et 1980. Également appelés « jeu » par le fabricant, ils ressemblent à un album d'autocollants.
Les Kalkitos (nom commercial au Brésil et au Portugal, et connus aux États-Unis sous le nom d'Action Transfers[3]) se composaient de bandes de carton, disponibles en deux tailles : petite et grande, avec des images imprimées sur une face. Ces images représentaient des scènes historiques, sportives ou des dessins animés. Pour compléter le jeu, les Kalkitos incluaient une feuille transparente (semblable à du papier calque) avec des personnages et des objets à transférer sur les images imprimées en frottant le verso de la feuille transparente avec un stylo, un crayon ou un objet pointu. L'image sur la feuille transparente était obtenue par un procédé appelé chromolithographie et sa fixation sur les bandes de carton ne nécessitait aucune autre méthode, car cette image, après frottement, était auto-adhésive[4]. Grâce à leur faible coût, il était possible, avec plusieurs Kalkitos en main, de créer différentes compositions sur le même thème. Au verso de la bande de carton (cette bande était pliée en trois), figuraient le mode d'emploi et un bref résumé de l'environnement imprimé[4].
Kalkitos proposait plusieurs scénarios, dont les titres suivants : Gladiateurs dans l'Arène, Le Port, La Lampe d'Aladin, Les Pompiers, Alice au Pays des Merveilles, Robin des Bois, La Bataille d'Angleterre, Les Bédouins, Football, Motocross, Sous-marin Atomique, Les Animaux du Pôle, La Bataille dans la Forêt, Expédition Alpiniste, Attaque du Château, Masques Italiens, La Cité du Futur, Astérix, Dom Pixote, Yogi l'Ours, Les Kamikazes, Le Cheval Sauvage de l'Ouest, Ski, Buffalo Bill, Bataille Spatiale, Ballet, Gengis Khan, La Tente Rouge, Popeye sur l'Île, Pinocchio, David Crockett, Défilé de Mode, Exploration Galactique, et bien d'autres.
La société britannique Letraset fut la première à explorer la chromolithographie, en déposant le procédé pour la fabrication d'autocollants dans les années 1960. Au milieu des années 1960, une division de cette entreprise fut créée pour développer le produit commercialisé sous le nom d'Action Transfers, destiné aux enfants et aux adolescents. Initialement, les Action Transfers étaient proposés avec des images monochromes, puis la qualité du produit s'améliora rapidement avec l'apparition d'images en couleur.
Dans les années 1970, Letraset autorisa son partenaire italien, Sodecor, à exploiter le produit sous la marque « Trasferelli »[4]. Face à la popularisation de ce loisir créatif sur le marché européen, Letraset vendit la licence à d'autres entreprises, telles que Waddingtons, Patterson Blick et Gillette.
Au Portugal, Kalkitos était commercialisé par Gillette Portuguesa Ltd.[5]. Au Brésil, le produit était commercialisé par The Gillette Company sous le nom de Kalkitos by Paper Mate et imprimé à Curitiba par la société Impressora Paranaense SA. À la fin des années 1980, la popularité de ce loisir déclina et sa production fut arrêtée, tant au Brésil qu'au Portugal.
Au Brésil, le principal concurrent de Kalkitos était « Transfer », commercialisé par « Editora Abril ».
Dans la culture populaire
En 1982, la décalcomanie est évoquée dans le morceau à succès de Richard Gotainer intitulé Le Mambo du décalco.
Elle est également mentionnée dans le tube de Chagrin d'amour, Chacun fait (c'qui lui plaît) dans un style analogue des années 1980. En 2016, le groupe de K-Pop Mamamoo sort une chanson intitulée Décalcomanie.
En 2019, Jeon Jungkook, le plus jeune membre du groupe de K-Pop BTS poste sur Twitter l'extrait d'une chanson qu'il a écrite, nommée Décalcomanie.
