Les sources chinoises indiquent que Kang Senghui est arrivé à Nankin, dans le Royaume de Wu (actuellement en Chine), en 247. Sa famille, qui était, dit-on, d'origine sogdienne, avait quitté l'Inde (où elle était établie depuis plusieurs générations) et s'était établie au Tonkin (nord du Viêt Nam actuel) pour y commercer[1],[2].
Selon son hagiographie, il a été conduit à la cour de la dynastie Wu, en tant que membre d'une commission qui enquêtait sur le bouddhisme. Afin de prouver la vérité de cette religion, Kang Senghui a produit, miraculeusement, devant l'empereur une relique du Bouddha Shakyamuni[1], à la suite de quoi, Sun Quan fit construire un monastère (le Jianchusi) dans les environs de la capitale, afin d'abriter cette relique[1],[2].
Il a traduit plusieurs textes, en particulier une série d'avadânas intitulée Lindu ji jing, et rédigé une importante préface et un commentaire sur l'Anban shouyi jing (« Écriture sur l'Ânâpâna [respiration] qui garde l'Esprit »), une adaptation du Satipaṭṭāna sutta, par An Shigao (IIe siècle). Il avait une bonne connaissance des textes du confucianisme, de l'astronomie et de la divination. Il a joué un rôle essentiel dans le développement du bouddhisme parmi la petite noblesse de la Chine du Sud[1].
Il aurait déjà introduit le bouddhisme ch'an au Vietnam trois siècles avant l'arrivée de Bodhidharma dans ce dernier pays[3].