Karl Leisner

prêtre et martyr catholique allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Karl Leisner, né à Rees en Rhénanie, le , mort le à Planegg près de Munich, est un prêtre allemand.

Date de naissance
Date de décès (à 30 ans)
Faits en bref Bienheureux, martyr de la foi, Date de naissance ...
Karl Leisner
Image illustrative de l’article Karl Leisner
Karl Leisner, timbre-poste allemand (2015); inscription: Bénis aussi, ô Très-Haut, mes ennemis.
Bienheureux, martyr de la foi
Date de naissance
Lieu de naissance Rees, Rhénanie
Drapeau de la Prusse Prusse
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Date de décès (à 30 ans)
Lieu de décès Planegg, Bavière
Drapeau de l'Allemagne occupée Allemagne occupée
Nationalité Allemande
Vénéré à diocèse de Münster
Béatification  Berlin
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 12 août
Attributs Martyr
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Déporté, puis interné le , il est clandestinement ordonné prêtre au camp de Dachau le , par Gabriel Piguet. Il meurt à l'été 1945, peu après la libération du camp.

Reconnu martyr, il est béatifié en 1996 par le pape Jean-Paul II. Il est fêté liturgiquement le 12 août.

Biographie

Karl Leisner est né le à Rees en Rhénanie, et grandit ensuite à Clèves[1]. Fervent chrétien, Karl Leisner s'engage rapidement dans le mouvement de jeunesse catholique de Clèves, dont il devient responsable à l'âge de 18 ans en 1933.

L'évêque de son diocèse, Clemens August von Galen, lui confie alors la charge de responsable de la jeunesse dans l'ensemble du diocèse de Münster, en Westphalie[2]. La Gestapo commence alors à surveiller ce jeune militant, dont le journal intime, qu'il tient depuis l'âge de douze ans, témoigne de son aversion pour le régime nazi.

En 1934, alors que les partisans du Führer scandent « Heil Hitler », Leisner écrit dans son journal : « Le Christ est ma passion, Heil. »

Il rencontre le Mouvement de Schönstatt dès le lycée, mouvement qui deviendra la source principale de sa spiritualité, faisant partie d'un groupe de séminaristes.

Karl Leisner est ordonné diacre le . Mais il découvre peu après qu'il est atteint de tuberculose pulmonaire et part en convalescence en Forêt-Noire. C'est là qu'il est arrêté par la Gestapo le [2], à la suite d'une remarque concernant l'attentat manqué de Georg Elser contre Hitler le [3].

D'abord emprisonné à Fribourg-en-Brisgau, il est transféré au camp de concentration de Sachsenhausen, puis à celui de Dachau en Bavière en [2].

Premier clerc lié à Schönstatt interné à Dachau, il fut suivi par plusieurs autres, dont le fondateur Joseph Kentenich lui-même. En 1941, le père Josef Fischer crée un groupe de prêtres de Schönstatt dans le camp, groupe que rejoint Karl. En , il y a trois groupes, dont celui de Karl. Ce groupe choisit pendant l’automne 1944 une devise commune : « Victor in vinculis » (« Vainqueur dans les chaînes »).

Ordination sacerdotale

Le dimanche de Gaudete , dans le bloc 26 du camp de concentration, Gabriel Piguet, évêque de Clermont, déporté lui aussi, ordonne Karl Leisner prêtre[4]. Celui-ci est alors mourant. Il ne célèbrera de fait qu'une seule messe, pour la fête de saint Étienne, premier martyr du christianisme, le [4],[5].

Gabriel Piguet écrivit plus tard dans un livre[6] que cette ordination fut le jour le plus beau de sa vie, mais il insista surtout sur le fait que, malgré les conditions exceptionnelles, cette ordination célébrée dans la clandestinité respecta intégralement le rituel catholique : « Aucun rite prévu, si petit soit-il, ne fut supprimé. […] Rien, absolument rien ne fit défaut dans la grandeur religieuse de cette ordination sacerdotale qui est probablement unique dans les annales de l’histoire. »

La principale difficulté, pour que l'ordination fût licite, fut d'obtenir l'approbation écrite de Clemens August von Galen, évêque du diocèse d'origine de Leisner, ainsi que celle du cardinal Michael von Faulhaber, évêque de Munich (dans le diocèse duquel se trouve Dachau)[5]. Les détenus réussirent toutefois à introduire ces approbations dans le camp, ainsi que le saint chrême et le Pontifical romain (le livre qui contient le rite de l’ordination), grâce à l'aide d'une jeune fille de 20 ans nommée Josefa Mack (de), aspirant à la vie religieuse[4], qui avait accès à la plantation où travaillaient une partie des détenus et qui risqua sa vie pour faire passer les éléments nécessaires à l'ordination. La crosse épiscopale, la mitre et l'anneau épiscopal avaient été fabriqués par des détenus à l'intérieur du camp[7].

Le camp de Dachau est libéré par l'armée américaine le . Karl peut en sortir malgré la mise en quarantaine du camp le . Il part au sanatorium de Planegg (près de Munich) où il meurt le [5]. Il écrit dans les dernières lignes de son journal : « Bénis aussi, Seigneur, mes ennemis ! »

Il est enterré dans la crypte de la cathédrale de Xanten[1].

Béatification

Un procès en béatification est engagé en 1975. Le , Jean-Paul II donne son accord pour l'ouverture du procès de béatification et, le célèbre au stade olympique de Berlin la béatification de Karl Leisner[8] et de Bernhard Lichtenberg. Le pape utilise à cette occasion la crosse épiscopale que Gabriel Piguet avait utilisée en 1944 pour ordonner Karl. Dans la courbure de cette crosse est sculptée autour d'une croix la formule « Victor in vinculis » (« Vainqueur dans les chaînes »)[9]. La fête liturgique du bienheureux Karl est fixée au [10].

Son procès de canonisation est ouvert le [11].

Postérité

Un modèle pour la jeunesse d'Europe

Lors d'une rencontre à Strasbourg le avec des jeunes Européens, le pape Jean-Paul II a donné Karl Leisner comme modèle à la jeunesse d'Europe (avec le Français jociste arrêté au STO Marcel Callo). Européen convaincu dès sa jeunesse, celui-ci écrivait dans son journal le , peu de temps avant sa mort : « Une seule chose : pauvre Europe ! Retourne à ton Seigneur Jésus-Christ ! Là est ta Source pour tout ce que tu portes de plus beau. Retourne aux sources vives de la véritable force divine ! Oh Seigneur, permets-moi de te servir un peu comme instrument pour cela, je t’en supplie ! »

Stiftung Internationaler Karl Leisner Kreis

En 2010, fut créée la Fondation du Cercle International Karl Leisner avec un capital de 51 000 euros. Cette fondation est dédiée à la mémoire et à l'inspiration de la vie de Karl Leisner. Elle organise des pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle[12].

Karl-Leisner-Jugend

La Karl-Leisner-Jugend est une organisation de jeunesse catholique[13].

Bibliographie

  • René Lejeune, 'Comme l’or passé au feu. Carl Leisner 1915-1945, Hauteville / Suisse, Éditions du Parvis, , 285 p..
    • Une traduction en allemand a été publiée en 1991.
    • Une nouvelle version simplifiée a été éditée sous le titre Le prisonnier du Bloc 26. Bx Carl Leisner martyr du nazisme, Paris, Téqui, .
  • (de) Hermann Gebert, Geschichte einer Berufung. Karl Leisner (1915-1945), Vallendar, Patris Verlag, .
    • En français: Histoire d'une vocation : Karl Leisner (1915-1945), Éditions Sainte-Madeleine, .
  • Joachim Schmiedl (trad. de l'allemand), Bienheureux Karl Leisner. Jusqu’au bout de l’amour, Paris, Téqui, .
  • Arnaud Join-Lambert, Karl Leisner, Bruyères-le-Chatel, Nouvelle Cité, coll. « Prier 15 jours avec » (no 132), , 128 p. (ISBN 978-2-85313-582-5).
  • Arnaud Join-Lambert, « Karl Leisner : le prêtre d’une seule eucharistie », Prêtres diocésains, vol. 1472, no 1472, , p. 546-553 (ISSN 0032-7956).
  • (de) Hans-Karl Seeger, Karl Leisners letztes Tagebuch. In Handschrift, in Druckschrift und kommentiert. “Segne auch, Höchster, meine Feinde !”, Münster, Dialogverlag,
    • La reproduction et le commentaire du 27e et dernier cahier du Journal spirituel, commencé le .
  • Marie Malcurat et Didier Chardez, Karl Leisner : Victor in Vinculis, Durbuy / Belgique, Éditions Coccinelle BD, , 48 p. (ISBN 978-2-93027-356-3).
    • Album disponible en français, allemand, anglais, néerlandais, polonais et espagnol.
  • (de) Hans-Karl Seeger, « Seliger Neupriester Karl Leisner », dans Helmut Moll (éd. sur mandat de la Conférence épiscopale allemande), Zeugen für Christus. Das deutsche Martyrologium des 20. Jahrhunderts, vol. 1, Paderborn, , 8e éd. (1re éd. 1999) (ISBN 978-3-506-79130-6), p. 523–529.
  • (de) Ekkart Sauser, « LEISNER, Karl », dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL), vol. 14, Herzberg, (ISBN 3-88309-073-5, lire en ligne), colonnes 1182-1187

Notes et références

Liens externes

Articles connexes

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